Dix manières de prier dans les temps de combat spirituel

Je continue ma série d’articles visant à lister des sujets de prière sur des thèmes particuliers et je dois vous avouer que semaine après semaine, je me rends compte de mes profondes carences en la matière. Bonar disait : « Je crois que je suis à blâmer, je travaille plus que je ne prie ». C’est bel et bien mon cas 😢 et d’avance merci de prier pour moi (et pour vous-mêmes si vous êtes en pareil cas !

Jusqu’ici j’ai proposé les listes suivantes :

 

Cette semaine, j’aimerais m’arrêter sur les contextes particuliers d’oppression, d’épreuve, ou de combat spirituel. Comment aborder la prière dans de telles périodes ? Comment nous y préparer ? Comment les traverser ?

Voici quelques suggestions.

 

 

(1) En temps de paix, priez que Dieu vous garde vigilant !

C’est une tendance que l’on observe dans tous les domaines de l’existence humaine : lorsque nous sommes paix et que l’adversité est loin de nous, nous nous relâchons dans notre vigilance. Cependant, l’exhortation de l’apôtre Pierre devrait résonner dans nos coeurs : « Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (1 Pi 5.8).

Prions donc que Dieu nous garde veillant.

 

 

(2) Lorsque l’épreuve commence, priez pour être capable de faire preuve de discernement

En matière de combat spirituel, notre adversaire est particulièrement compétent pour brouiller les pistes et nous empêcher de prendre la juste mesure de notre condition. D’une part, il est un expert quant il s’agit de saper les fondements de notre foi tout en nous amenant à penser que tout va bien dans notre vie. D’autre part, il sait exploiter notre inclination à blâmer notre entourage –souvent d’autres croyants– ou même Dieu pour nos circonstances (voir ci-dessous).

Nous avons besoin d’un discernement renouvelé pour faire face à de telles tromperies, qu’elles émanent de notre coeur ou de l’extérieur. Prions.

 

 

(3) Confessez que la puissance de l’attaque que vous subissez n’est rien comparée au pouvoir absolu de Dieu sur toutes choses

L’apôtre Jean dit aux lecteurs de sa première lettre : « Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde » ( 1 Jn 4.4). Même si, au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes en plein combat, et quand bien même l’issue vous paraîtrait incertaine, souvenez-vous que notre Dieu est tout puissant. Sa souveraineté s’étend sur absolument tout ce qui existe.

Confessez régulièrement cette réalité et demandez à Dieu de l’ancrer dans votre coeur, de la rendre concrète dans votre vie. « La victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jean 5.4)

 

 

(4) Priez pour être capable de résister aux tentations du diable ou de toute autre créature qui ferait son oeuvre

L’épreuve spirituelle peut prendre différentes formes, mais c’est souvent la tentation –en particulier la tentation d’apostasie, de « pause spirituelle »– qui est la plus spectaculaire dans nos vies. Je ne suis pas de ceux qui vous encouragent à voir satan ou un démon particulier derrière chacun des tests de votre foi. À vrai dire, vous n’avez pas besoin d’eux : votre coeur est un terreau fertile pour toutes sortes de mauvais désirs et, dans votre état naturel, vous êtes le meilleur piège qui ait été conçu contre vous.

Néanmoins, l’activité démoniaque existe et elle est à considérer à sa juste mesure : les anges déchus ne sont, au final, que des créatures et nous pouvons être en mesure de leur résister par la puissance de Dieu. Ce ne sera pas par notre volonté ou par quelque prière ou incantation que l’on vous proposerait de réciter : c’est uniquement par la grâce et la puissance de Dieu que vous tiendrez ferme.

Plus le navire de vos prières vous conduira à voguer sur les océans infinis de la grâce de Dieu, plus vous serez armés pour résister à de tels coups de vent.

 

 

(5) Priez pour que le diable s’enfuie loin de vous

Ne cherchez pas à contester avec lui, ni même à argumenter. Même notre exemple suprême, Jésus-Christ, n’a fait que lui opposer la Parole de Dieu (Mt 4.1-11). Vous n’êtes pas Dieu, vous ne commandez pas satan, vous ne pouvez pas lui dire « retire-toi » comme Jésus l’a fait et espérer qu’il vous obéisse. Mais vous pouvez remettre votre sort entre les mains de votre Dieu et crier, comme l’ange, « Que l’Eternel te réprime ! » (Zc 3.2 ; cf. Jd 9).

Seul Dieu a le pouvoir de faire fuir le diable. C’est pourquoi, tout d’abord « soumettez-vous à Dieu » puis « résistez au diable et il fuira loin de vous » (Jc 4.7)

 

 

(6) Suppliez Dieu de vous aider à ne pas vous tromper d’ennemi

Ce sujet de prière reprend le numéro (2). L’humain accablé par l’épreuve et oppressé par ses circonstances est prompt à chercher à responsable. Cela ne devrait pas être notre premier réflexe : notre Dieu ne contrôle-t-il pas toutes choses ? Ne pouvons-nous pas lui présenter nos requêtes de prières plutôt que de chercher un bouc-émissaire ?

Là encore, lorsque la tentation ou la souffrance nous tenaille, le seul qui soit capable de nous préserver de notre mauvais coeur est notre Dieu.

 

 

(7) « Priez sans cesse »

Au sujet de ce verset d’1 Thessaloniciens 5.17, Ian Duguid écrit :

« La prière ne doit pas se limiter aux jours de détresse, ni même à des heures fixes de la journée : elle doit aussi exulter de vos moments de joie. Lorsque vous avez une relation étroite avec quelqu’un, vous voulez interagir régulièrement avec lui (ou elle), en partageant vos joies et vos peines. Quand mes enfants rentrent à la maison, je veux les entendre parler de leur journée –ce qui était bon, ce qui leur a été difficile, et même ce qui les a laissés indifférents. Cela n’a pas besoin d’être d’une importance vitale : si je m’intéresse à cela, c’est parce que je suis leur père. En fait, je considérerais que j’ai échoué en tant que parent si mes enfants ne me s’adresseraient à mois qu’en cas de besoin d’aide. »

Ce ne sont pas ces dix manières de prier qui vont affermir votre position dans les temps de combat spirituel ; c’est bien votre vie de prière qui est la clé. Parlez à votre Père en tous temps !

 

 

(8) « Priez par l’Esprit »

Toujours de Ian Duguid :

« La prière ‘dans l’Esprit’ n’est que le débordement de notre relation avec Dieu, une conversation fondée et enracinée dans sa parole. Paul identifie la parole de Dieu comme l’épée de l’Esprit (Ép. 6.17) ; ainsi, la prière dans l’Esprit est la celle qui découle de la compréhension de sa Parole. En lisant la Parole, l’Esprit nous pousse à prier. Prier dans l’Esprit n’est donc pas une expérience mystique étrange, mais elle consiste plutôt à glorifier, remercier, et demander à Dieu des choses qui sont en accord avec les paroles de l’Écriture que l’Esprit lui-même a inspirées. »

De nombreux textes des Ecritures parlent du grand combat spirituel que nous sommes appelés à mener. Méditons-les, et transformons les en prières !

 

 

(9) Demandez à Dieu s’accomplir ses promesses

Au sein des textes qui traitent spécifiquement de la question du combat spirituel, nous retrouvons de très nombreuses promesses divines pour nous qui passons par de telles circonstances (exemple : Dt 3.22; Rm 8.21 ; Ps 91.1-4; etc.). Nous devrions les méditer, nous les approprier par la foi, et les présenter à Dieu dans la prière.

« Il n’est pas de détresse si grande qui n’ait de promesse appropriée grandement suffisante pour la soulager », disait le pasteur Samuel Clarke (voir cet article). Dieu ne parle pas en vain, et sa Parole ne revient pas à lui sans effet. Demandez à votre Dieu d’accomplir ses promesses en temps voulu dans votre vie.

 

 

(10) Priez jusqu’à ce que vous ayez prié

N’avez-vous pas parfois l’impression qu’une chape de plomb se dresse au-dessus de votre tête et empêche vos prières de passer ? A moins peut-être que, comme moi parfois, vous avez l’impression que votre coeur est coulé dans un sarcophage de béton et que vos prières sont superficielles au plus haut point…

Moody encourageait ses auditeurs à « prier jusqu’à ce qu’ils aient prié », autrement à prier jusqu’à ce qu’ils aient présenté tous leurs besoins devant Dieu, sans égard à ce qu’ils ressentaient. Ne nous arrêtons pas à ce que nos ressentis et à nos sentiments nous dictent, méfions-nous de notre « coeur lourd », surtout en période de combat spirituel. Persévérons dans la prière et cherchons à « crever le plafond », qui n’est de toute façon pas un obstacle à ce que Dieu nous entende.

Déversons notre coeur devant Dieu. Il prend soin des siens.

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).