Un chrétien peut-il être possédé par un démon ?

Un chrétien réellement né de nouveau peut-il être possédé par un démon ? Sans réellement répondre par l’affirmative, notre ami Emmanuel Maennlein, de France Évangélisation, estime dans une vidéo qu’une forme de cohabitation est possible entre une entité occulte et un croyant régénéré (voir la vidéo à la fin de cet article).

L’approche que défend Emmanuel est apparentée au “modèle ekbalistique”, du verbe grec ekballō qui signifie “chasser”, “jeter au loin”. Même si Emmanuel reste relativement modéré dans ses préconisations, ses conclusions appuient la nécessité d’une forme “d’exorcisme militant” plus ou moins prononcée. Il propose d’ailleurs une formation que vous pouvez retrouver ici.

Notre invité, Frank Godin, défend une approche qu’il qualifie de “pastorale”, à la suite de David Powlison. Nous avons décidé de l’interroger dans le cadre de ce 44ème épisode de Coram Deo. Franck a déjà réfléchi et écrit sur cette question. Voici deux de ses articles :

1. Comment libérer les captifs de Satan ?
2. Recommandation pour le combat spirituel

 

Prenez le temps d’écouter cet épisode sur ce sujet particulièrement difficile. Quel est votre avis sur la question ?

 

 

Disciple de Jésus, Franck est marié à Flavie. Ils ont 4 enfants. Après un cursus à l’Institut Biblique de Genève, Franck et sa famille ont rejoint une implantation à Toulouse.

Franck a aussi le souci que les graffeurs entendent l’Évangile avec GospelOnWallz.

 

 

 

>> Musique : Rolling Stones, Sympathy for the Devil
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Coram Deo est l'émission hebdomadaire de Pascal Denault et Guillaume Bourin pour CFOI-FM, dont les podcasts sont retransmis sur Le Bon Combat tous les mardis.

  • Jean-David Daviet

    Les liens vers toutpoursagloire sont coupés par trois points de suspension, et du coup ne redirigent pas vers l’article

  • Peps Cafe

    Bonjour !

    Merci pour cette émission que j’ai écouté avec intérêt. Mais, considérant le biais assumé des animateurs, un tel sujet aurait mérité un intéressant débat contradictoire, pour confronter les points de vue, entre Frank Godin et le pasteur Gilles Boucomont. Après tout, ce dernier a développé depuis quelques années une expérience d’accompagnement et de libération, redécouvrant la guérison divine, et l’autorité de Christ pour la délivrance. Il a notamment étudié, outre la théologie, l’écoute pastorale et les soins palliatifs, et il propose à Paris une formation solide en trois volets intitulé « Libéreration ». Il est enfin l’auteur d’un ouvrage en deux parties : « Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit »(T.1) et… « Mener le bon combat » (T.2). Ed. Première partie. Ces ouvrages visent à poser les bases du mandat libérateur du chrétien, défendant une approche « tripartite » de l’homme (corps, âme, esprit) et à offrir à son lecteur une formation enracinée dans la Bible, avant d’aborder le sujet de la délivrance et du combat spirituel. Voici à ce sujet les commentaires de l’équipe de la Maison de la Bible, laquelle a retenu les ouvrages dans leur assortiment : https://maisonbible.fr/fr/13775-au-nom-de-jesus-t-1-liberer-le-corps–l-ame–l-esprit-9782916539478.html ; https://maisonbible.fr/fr/13778-au-nom-de-jesus-t-2-mener-le-bon-combat-9782916539515.html

    • Peps Cafe

      (Suite de mon premier commentaire ci-dessus)Ceci posé, quelques remarques :

      1)Il me paraît peu pertinent de coller des étiquettes (opposant les supposés partisans d’un « modèle ekbalistique » aux partisans d’un « modèle pastoral » ou « biblique »), comme d’opposer « la délivrance » à « l’accompagnement » (pastoral), alors que les deux sont liés. Selon les situations, certaines personnes auront d’abord besoin d’être libérées, avant de pouvoir être accompagnées. Et dans les deux cas, la repentance joue un rôle majeur. Elle est même une clé de la vie chrétienne.
      D’autre part, il est important d’avoir une approche équilibrée : certains pensent que tout serait psychique, tandis que d’autres s’opposent à la pratique de la délivrance sous prétexte qu’à partir du moment où nous sommes en Christ, il ne peut y avoir d’autre présence de Christ en nous. Or, l’approche tripartite, qui considère que Dieu nous a fait corps, âme, esprit, nous conduit à discerner si nous avons à faire à du somatique, du psychique ou du spirituel, comme à un « traitement holistique », sachant qu’aucun de ces domaines n’est véritablement étanche.

      2) Ceci dit, pour répondre à la question initiale, il ne semble pas qu’il soit biblique de dire qu’un chrétien puisse être « possédé », mais il existe pourtant des exemples bibliques de croyants, non pas « possédés » mais « démonisés », non relevés dans l’émission :
      Pierre, dans les évangiles, qui vient pourtant de faire une belle déclaration de foi (« tu es le messie ! » cf marc 8v29), s’oppose au plan de Dieu comme quoi Jésus doit mourir et faisant des reproches à celui-ci. Jésus se retourne alors et (…) réprimanda Pierre ; il lui dit : « Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Marc 8v33). Jésus ne dit pas à pierre qu’il est satan mais parle à satan, qui a pris en quelques secondes possession de l’âme de pierre, pour le rendre contredisant contre son seigneur. Jésus, qui vient de prendre autorité sur la puissance mauvaise, opère donc chez celui qui est un converti(Luc 5v8), un confessant(1 Cor.12v3), un disciple du seigneur, ce qui ressemble à une délivrance.
      Ailleurs, en Jean 8v41-47, Jésus interpelle sans ménagement des juifs qui ont pourtant cru en lui mais qui se trouvent dans une certaine ambivalence spirituelle : il leur dit que leur refus radical de Dieu le père fait d’eux des fils du diable : Mais vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui répliquèrent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul père, Dieu ! » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre père, vous m’auriez aimé, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c’est Lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce que vous n’êtes pas capables d’écouter ma parole. Vous êtes bien de votre père, le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. ».

      3) Ce refus d’admettre la démonisation du chrétien, même né de nouveau, n’est-il pas problématique ? Un peu comme si nous proclamions, versets bibliques à l’appui, que la dépression serait impossible pour les chrétiens ?
      Il faut donc bien constater, expérience à l’appui, en plus des exemples bibliques cités plus haut, que des personnes franchement régénérées et consacrées peuvent être démonisées. Il est trop facile de contester leur consécration, leur conversion, et leur foi, pour justifier que quelque chose d’autre que Dieu soit actif en eux.
      Veillons aussi à ne pas faire de raccourcis : reconnaître et admettre que de nombreux chrétiens puissent être démonisés ne consiste pas à entrer dans une fascination morbide ou malsaine qui donnerait trop de pouvoir (ou de gloire) à l’ennemi du Christ. Ni même à nier le péché, qui représente la porte d’entrée des démons dans la vie d’un chrétien.

      4) Enfin, l’enjeu ne semble pas tant, pour « un cessationniste »(ou non) de ne pas nier la réalité des démons, mais plutôt à comprendre et à réaliser ce que signifie la victoire de Jésus à la croix et au tombeau vide. Comment cette victoire peut-elle être une réalité pour aujourd’hui, dans le monde réel, si elle n’est pas effectivement réalisée par les disciples de Christ du XXIe siècle, soit ceux qui se réclament encore de nos jours de Son autorité (je souligne) ? A quoi servirait-il que Jésus ait libéré des gens il y a deux mille ans s’il ne continuait pas cette œuvre par son corps qui est l’Église ? Jésus signifie, sauf erreur, « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit », soit Celui qui nous libère de nos prisons. Et nous ? « Elargissons-nous » l’horizon des gens ?
      Réaliser la victoire du Christ, après avoir reconnu et explicitement nommé la domination du Prince de ce monde, n’est-ce pas étendre concrètement la bénédiction de cette victoire ?
      Ne nous trompons pas de combat. Et si « le bon combat » n’est pas mené, au Nom de Jésus, alors toute prédication sera vaine. (1 Corinthiens 15:14). Et notre prière « Que Son règne vienne; que Sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. (Matthieu 6:10) » sera une prière dans le vide…

      Bien fraternellement et à bientôt,
      Pep’s

    • dan

      corps, âme, esprit…
      Et qu’a fait Gilles Boucomont du plus important ?!
      On peut perdre ses esprits pendant quelques temps sans que cela porte à trop de conséquences, mais je n’ose imaginer les conséquence d’un perte de cœur au delà de quelques minutes…

    • Franck

      Content de vous retrouver ici « Peps Cafe » ^^
      Sans avoir feuilleté les ouvrages ni m’être intéressé à la pensée de M. Boucomont, j’ai déjà un problème avec la prémisse de base, commune à beaucoup de « ministères ekkbalistiques », savoir cette vision trichotomiste qui ne survit pas à un examen scripturaire il me semble. Vincent Joey Marty en fait la démonstration ici : http://leboncombat.fr/ame-et-esprit-est-ce-la-meme-chose/

      • Peps Cafe

        Bonjour Frank,
        Le plaisir est partagé !^^

        Je vous remercie pour l’article de Vincent Joey Marty, que j’ai lu avec intérêt.
        Personnellement, je trouve que cette discussion, très complexe, est très importante et essentielle, avec des finalités et conséquences pratiques.
        Mais notre démarche n’est pas aisée, puisque dans la Bible, sauf erreur de ma part, certains textes sont manifestement plutôt « bipartites », considérant que l’homme est corps et souffle (âme et/ou esprit), quand d’autres sont « tripartites » (corps, âme, esprit : par ex, « Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! » dans 1Thessaloniciens 5v23).
        Ensuite, l’autre enjeu reste à discerner si les termes que nous utilisons pour « âme » et « esprit » sont tirés des représentations gréco-romaines ou de la représentation sémitique et hébraïque, et si notre français rend bien justice au bon sens des termes « âme » et « esprit ». Mais l’important reste la représentation qui avait cours à l’époque de Jésus, laquelle est à la charnière entre nos deux racines hébraïque et grecque.
        Ceci dit, je trouve que défendre une vision tripartite de l’être humain (corps, âme, esprit) a beaucoup d’avantages : finalement assez répandue en Occident depuis 2000 ans, elle a tout de même eu la faveur des courants majoritaires du judéo-christianisme [5 derniers siècles av JC et le Christianisme naissant jusque dans les 1200’s]. Ce n’est donc pas le seul propre des « ministères ekkbalistiques » (je découvre le terme). Concernant les ouvrages de Gilles Boucomont, je me permets d’ailleurs de vous encourager à prendre le temps nécessaire de les lire, afin de vous faire une meilleure idée.

        Ensuite, si nous nous plaçons dans une perspective pastorale [pour info, membre du conseil spirituel de mon église locale, je fais de l’accompagnement et du suivi pastoral en équipe dans ce cadre], je constate qu’elle permet un vrai discernement/distinction de ce qui est l’ordre du « psy » et du « spi » (sachant que les deux domaines ne sont pas étanches mais liées). Confondre l’un et l’autre me paraît compliquer la tache d’accompagnement pastoral et de libération.
        Enfin, il me semble que, face à une logique d’affrontement d’un monde « binaire » (« bon/mauvais »), la vision biblique me paraît privilégier une approche « ternaire ». L’on constate que, dès qu’un tiers intervient, la parole peut circuler, de sorte qu’il y a dialogue et échange. Et n’y-a-t-il pas « circulation » entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit ? L’Eglise (un minimum de « deux ou trois » réunis au nom de Jésus) n’est-elle pas une sorte de « pile » (composée d’un minimum de trois éléments reliés et chargés), où le Saint-Esprit peut circuler ?

        Bien à vous et bien fraternellement,
        Pep’s
        PS : je serai très intéressé par vos retours sur les exemples bibliques donnés plus haut pour « la démonisation » (cas de Pierre en Marc 8 et les juifs qui ont cru en Jésus en Jean 8). Merci par avance !

        • David MAS

          Bonjour Peps Café,
          Merci pour vos commentaires très intéressants ici ou ailleurs :-). Je ne suis pas très expérimenté en matière de théologie mais je peux vous proposer mon interprétation (toute simple) concernant les paroles de Jésus en Marc 8:33 « Retire-toi ! Derrière moi, Satan, car tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Selon moi, Jésus s’adresse à Satan qui avait influencé Pierre pour qu’il réprimande Christ. Pierre ne parvenait pas à accepter que le Christ devait mourir et Satan encore moins ! Satan a donc influencé Pierre pour le pousser à réprimander Christ. On trouve un cas similaire avec Judas en Jean 13:27. Je crois que Satan peut nous influencer sans pour autant que nous soyons « démonisés ». C’est le cas d’Ève dans le jardin d’Eden : sous l’influence du serpent et de ses paroles, elle a pris du fruit de l’arbre.
          Par ailleurs, pour ce qui est de Jean 8v41-47, je crois que Jésus veut simplement dire qu’il y a sur la terre que deux grandes familles: celle de Dieu et celle du diable. Chacun doit savoir à laquelle il appartient. Je ne vois aucun lien avec les démons chez le chrétien, puisque l’auditoire n’était clairement pas chrétien (il ne croyait pas Jésus).

          • Peps Cafe

            Bonjour David,
            Je vous remercie pour vos encouragements, ainsi que pour votre lecture attentive et votre réponse.
            Je vous réponds tardivement et vous prie de m’en excuser. Sinon, je vous rassure aussi : je ne suis pas non très expérimenté en matière de théologie ! 😉 Concernant votre interprétation au sujet des paroles de Jésus à Pierre, je partage votre avis comme quoi « Jésus s’adresse à Satan qui avait influencé Pierre pour qu’il réprimande Christ. Pierre ne parvenait pas à accepter que le Christ devait mourir et Satan encore moins ! Satan a donc influencé Pierre pour le pousser à réprimander Christ ». Mais si Satan « peut nous influencer » de la sorte, comme vous le dites si bien, nous pouvons donc bien, dans ce cas, être « démonisés »(qui n’est pas synonyme de « possédés »), si nous lui ouvrons la porte. Sinon, intéressant parallèle avec Ève dans le jardin d’Eden.
            Pour ce qui est de Jean 8v41-47, effectivement, chacun doit savoir à quelle « famille » il appartient et qui est notre Père. Mais si on lit bien le texte, l’auditoire a cru en Jésus. Sauf que ledit auditoire n’est pas allé plus loin concernant l’identité de Jésus. Ainsi, lorsque nous entendons la parole de Jésus (« qui dites-vous que je suis ? »), la réponse que nous aimerions lui donner est révélatrice de là où nous en sommes (« Tu es… »). Et selon notre réponse, nous recevrons en retour une identité particulière (« Je suis… »).
            En clair, mieux nous comprenons qui est Jésus et mieux nous comprenons qui nous sommes. Mais il est essentiel de demeurer ferme dans cette révélation et cette compréhension.
            En fin de compte, notre prière quotidienne pourrait être : « Seigneur, révèle-toi toi-même » et « révèle-moi moi-même ».

            Bien à vous et bien fraternellement,
            Pep’s

  • David MAS

    Très intéressant d’écouter les deux points de vue. Vous avez tout de même un sérieux désaccord avec Emmanuel Maennlein. Le débat contradictoire aurait été intéressant. Personnellement je suis beaucoup plus convaincu par votre approche, malgré tout le respect que j’ai pour E. Maennlein. Il utilise un argument pourtant assez fort : « nous sommes obligés de prendre en compte les différents témoignages qui nous sont relatés, on ne peut pas simplement balayer cela d’un revers de main. » Mais je crois qu’il donne trop d’importance à des témoignages et expériences humaines et pas assez à la Parole de Dieu, qui ne vient pas appuyer les témoignages cités. Les différents cas de chrétiens « démonisés » ne peuvent pas faire office de dogme, on s’éloignerait beaucoup trop du « sola scriptura » et de la notion centrale de la repentance. Merci en tout cas d’avoir offert un point de vue différent.

  • dan

    Nous avons tous des démons en nous car ils sont nécessaires à la vie ! La question est de savoir si on les contrôle où si c’est eux qui nous contrôlent. Il ne s’agit pas de chasser n’importe quoi mais de bien identifier, un peu comme dans nos ordinateurs, ce qui est normal dans le « système » et ce qui n’a rien à y faire. Un bon coup d’anti-virus et autres malwares et on reprend le contrôle

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