Et si ce qui est décrit dans Genèse 1-3 était… réellement arrivé ?

La semaine dernière, Florent Varak et Guillaume Bourin présentaient les principales positions chrétiennes concernant l’existence d’Adam. Cette semaine, ils se concentrent davantage sur le texte de Genèse 1-11 et sur les différentes lectures possibles de ce passage très débattu.

 

 

Dans cet épisode, de nombreuses données historiques et théologiques sont passées en revue. Voici les principaux points abordés :

(1) Une brève histoire de l’interprétation de Gen 1-11
(2) Les deux principales approches, ou catégories d’approches, dans lesquelles les spécialistes se positionnent aujourd’hui : les approches littéraires (par ex. la « théorie du cadre »), et les approches littérales (les lectures chronologiques, historiques de Gen 1-11)
(3) Guillaume discute en détail de la proposition de Blocher, la fameuse « théorie du cadre », selon laquelle Gen 1-3 ne serait pas un récit à vocation historique
(4) Guillaume et Florent finissent par justifier leur approche, différente de celle de Blocher, qui envisage Gen 1-3 et même Gen 1-11 comme une narration historique

 

Prenez le temps d’évaluer chacun des arguments proposés dans ce podcast ? Qu’en pensez-vous ? Quel est votre point de vue ? A vos commentaires 😉

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode d’Un pasteur vous répond sur la création, avec Florent Varak et Guillaume Bourin.

 

 

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d’homilétique à l’Institut biblique de Genève, enseignant à l’Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass). Retrouvez ses podcasts hebdomadaires, “Un pasteur vous répond”, chez nous amis de Toutpoursagloire.com. Il est diplômé d’un master en théologie de la faculté Master’s Seminary et il est actuellement candidat au doctorat à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine.

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Guillaume dirige également les formations théologiques #Transmettre dans l’espace francophone. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d’un master en théologie (M.Div.) et d’un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

 

 

 

>> Ressources additionnelles du Bon Combat : 

 

>> Bibliographie sélective :

Voici les ouvrages que nous considérons « indispensables » sur la question. Certains privilégient le consensus scientifique actuel et d’autres prennent une position plus littérale quant à Adam et Eve. Si vous désirez suggérer une publication ou un ouvrage que nous aurions omis, écrivez-nous.

  • Barrett, Matthew J.  et Caneday, Ardel (s. dir), Four Views on the Historical Adam (2013). Un recensement des 4 positions principales accompagné d’une analyse croisée.
  • Berthoud, Jean-Marc, Creation, Bible, et Science, L’âge de l’homme, 2008.
  • Berthoud, Pierre, En quête des origines, Excelsis, 2008.
  • Blocher, Henri, Révélations des Origines, Presses Bibliques Universitaires, 2001.
  • Jaeger, Lydia (s. dir), Adam qui es tu ?, (2013), 216 pages. Une série d’essais de scientifiques et d’érudits évangéliques priligégiant le consensus scientifique actuel.
  • Jaeger, Lydia, Ce que les Cieux racontent, Excelsis, 2008.
  • Moreland J. P. (philosophie), Meyer, Stephen C. , Shaw, Christopher, Gauger, Ann K.  (science), et Grudem, Wayne (Bible/théologie), s. dir., Theistic Evolution, A Scientific, Philosophical, and Theological Critique, Crossway, 2017. 1001 pages. Un ouvrage multidisciplinaire remarquable qui contre avec précision le consensus darwinien.
  • Mortenson, Terry, Searching for Adam: Genesis & the Truth About Man’s Origin, Master Books, 2016, 608 pages. Une défense multidisciplinaire de la position créationiste la plus littérale.
  • Nevin, Norman C., Should Christian Embrace Evolution ?, P&R publishing, 2011
  • Richelle, Matthieu, Comprendre Aujourd’hui, Genèse 1-11 , Edifac, 2013
  • VanDoodewaard, William, The Quest for the Historical Adam: Genesis, Hermeneutics, and Human Origins, Reformation Heritage, 2015, 400 pages. Une description fascinante de l’histoire de l’interprétation chrétienne d’Adam et Eve. Fascinante parce que la notion de peuples préadamiques précède de longtemps l’émergence de la science moderne.
  • Williams, Peter, “L’absence de soufrance avant Adam”, La Revue Réformée, N° 276 .

 

 

Processed with VSCOcam with f2 preset

Abonnez-vous


LOGO-iTunes-REAL

soundcloud_460x290

12065637851779660844srd_rss_logo-svg-med

 

<p>“Que dit la Bible ?” est le podcast hebdomadaire du blog Le Bon Combat. Retrouvez l’ensemble des questions posées et de nos entretiens sur l’onglet dédié, en haut et à droite de la barre de menu du site !</p>

  • Benoît Hébert

    Encore merci pour ce partage. Je ne sais pas si qq chose m’a échappé, mais suggérez vous qu’Henri Blocher ait renoncé à une interprétation historique d’Adam et Eve ? Il ne me semble pas que ce soit le cas.

    Le titre de l’article sous entend-il que pour que les choses se « soient vraiment passées », il faut aussi interpréter les 6 jours de la création de manière littérale ?

    Je signale une série d’article de Georges Daras sur le site science et foi qui m’a fait bcp réfléchir. Extrait :
    http://www.scienceetfoi.com/adam-et-eve-ont-ils-existe-reponse-aux-arguments-des-evangeliques-3-par-daras/

    « La critique de Blocher contre la lecture non historicisante est ferme: “à péché historique, rédemption historique. […] Les deux fois il a dû s’agir d’un acte réel, sinon le second Adam n’aurait pas pu réparer l’oeuvre du premier.” (Révélation, p. 166) À mon avis, l’erreur de Blocher est de ne concevoir l’historicité que dans le sens étroit d’historicité du récit de la Genèse. Le récit n’aurait de sens qu’en rapport au fait réel qu’il rapporte. Là aussi, c’est réduire la notion de réalité à celle de réalité du récit de la Genèse. Or, j’ai montré que le péché et la faute peuvent être historiques et réels, non en raison d’une soi-disant correspondance entre le récit et des faits, mais en référence à l’expérience de “l’auteur”, de la communauté de foi, qui exprime cette expérience sous la forme de récit narratif, récit qui raconte une histoire mais qui n’est pas de l’histoire (on pourrait parler avec Robert Alter de “fiction historicisée”). Il s’ensuit que, si l’historicité et la réalité du péché et de la faute sont maintenues — bien qu’autrement que ne le fait Blocher, on l’a vu— alors le lien avec la rédemption en Jésus-Christ peut être fait sans problème. Et je peux même souscrire à l’affirmation de Blocher: “à péché historique, rédemption historique”! »

    • Non, nous mentionnons bien qu’Henri Blocher croit à un Adam historique et à une chute historique. Par contre, les tenants de la théorie du cadre (Blocher inclus) rejettent généralement une trame pleinement historique du récit de Genèse 1-3

  • Micaël Gelin

    Merci les frères pour cette série ! C’est stimulant !

  • Jaeger, Lydia, Ce que les Cieux racontent, Excelsis, 2008. : ne traite pas vraiment de la question

  • Francine

    Pour tailler encore une fois dans le lard du mammouth, je rappellerai que parmi les nombreuses et dégoûtantes gibbosités graisseuses qui l’ont définitivement discrédité aux yeux du public, il y a eu celle de l’enseignement de l’histoire sans chronologie : des élèves de quatrième, par exemple, passaient les trois quarts de l’année à étudier l’habillement sous Louis XIV, sans avoir la moindre idée des dates auxquelles était né et mort ce roi de France. Pas d’histoire sans chronologie ! c’est du simple bon sens ; et son corollaire : pas de date (au moins approximative) ? c’est pas de l’histoire !

    Ceci posé, on remarque immédiatement dans ce débat sur le Genèse que le qualificatif historique est employé à tout bout de champ de manière inappropriée, et fautive. A quoi bon parler d’un Adam « historique » sans proposer aucun terminus ad quem et terminus a quo pour sa vie ? C’est pas de l’histoire ! Les trois premiers chapitres de la bible ne contenant aucune indication qui permettent de déterminer l’époque à laquelle ce qu’il rapporte s’est « réellement passé », nous n’avons pas affaire, à l’évidence, à un document « historique ». Mais alors pourquoi ces discussions à perte de vue sur l’historicité du récit de la Création ? C’est une ruse d’hypocrite, un ménagement de la chèvre et du chou, pour éviter de répondre aux vraies questions qui fâchent, parce qu’elles n’admettent que oui ou non pour réponse, et qu’elles ne permettent plus de s’en tirer avec du verbiage philosophique ou théologique.

    L’individu Adam a-t-il existé ? c’est oui ou c’est non.
    Si Adam n’a pas existé en tant qu’individu, il n’a pas pu avoir un fils qui s’appelait Seth.
    Si Seth n’a pas existé en tant qu’individu, il n’a certainement pas eu un fils qui s’appelait Enosh.
    Si Enosh n’a pas existé, il n’a pas eu un fils qui s’appelait Kénan etc. etc.
    Auquel cas il est tout à fait hypocrite d’essayer de maintenir un semblant de vérité mystique au récit de la chute « historique ».

    MAIS si Adam a existé en tant qu’individu, il est donc MORT un jour, et par conséquent sa vie a duré un CERTAIN NOMBRE D’ANNÉES. Le texte massorétique, tout comme la septante, rapporte 930. Si Adam a eu, au sens propre, un fils qui s’appelait Seth, lui aussi a sa biographie : le massorétique dit qu’il a vécu 912 ans, la septante aussi ; et ainsi de suite jusqu’à Lémec, où les deux divergent. En elles-mêmes, peu importe l’exactitude de ces séries de nombres, le point capital c’est que, dans leur contexte, elles n’ont de sens que par rapport à des individu vrais.

    Les nombres entiers assez grands ont une grande vertu : c’est qu’il est difficile de tricher avec eux. 3, 4, 7, 8, 12 vous pouvez les allégoriser à qui mieux mieux. Mais essayer de spiritualiser 1066 (Hastings), 1515 (Marignan), 1812 (Austerlitz), ou le numéro de votre carte bancaire, c’est beaucoup plus difficile ! et c’est sans doute la raison pour laquelle les cornacs du mammouth historique n’aiment pas les dates ; ça fait trop simple et trop bête ; impossible de faire un discours pédant là-dessus.

    A défaut de dates, la Genèse, contient certaines données numériques. Cependant, qu’il soit biblique ou laïque, l’esprit clérical n’a jamais vu d’un bon œil les nombres entiers supérieurs à cent : 930, 912, 905, 910, 895, 962… ça ne veut rien dire ; même un enfant de quatrième comprend que c’est juste des nombres. Allez donc gloser, et essayer de passer pour intelligent là-dessus !

  • Marc Fiquet

    Bonjour Guillaume, bonjour Florent,
    Merci pour cette initiative, je vois que ça cogite, ça fait plaisir 😉
    2 remarques me viennent à l’écoute de cette analyse:
    1. L’exercice n’était pas simple en moins de 15 mn – bravo pour ce qui a été dit – mais pourquoi passer sous silence le fait que plusieurs Pères de l’Eglise ont fait déjà de belles propositions pour nous aider à réfléchir sur une lecture non littérale de Genèse notamment 2-3 ? (Irénée, Origène et même ce brave Augustin, même s’il a fini par faire bien des dégâts avec son interprétation d’une chute historique :-D) on a l’impression en écoutant l’exposé que les discussions ont commencé au XVIIe siècle et surtout au XIXe avec la critique, or, ce n’est pas la réalité, dès les premiers siècles ces textes très allégoriques ont déjà posé des difficultés d’interprétation aux anciens et des propositions ont été faites.
    2. Je ne voudrais pas faire preuve de condescendance, mais la question finale de Williams me parait fort triviale aujourd’hui, car pour savoir quelle type d’interprétation correspond le mieux à Genèse 1-11, il suffit de « regarder par la fenêtre »… Le Dieu de la Bible est celui de la Nature, que me dit donc l’observation de la nature ? Je retiendrai l’interprétation de l’Ecriture qui s’accorde avec mon observation du monde, je ne vais pas réinventer une réalité physique du monde qui correspond à ma propre lecture des Ecritures sous prétexte d’un présupposé innerantique qui devient pour le coup un piège pour saisir la vérité. Lorsque les géologues ont découvert dans les années 1830 qu’il n’y avait jamais eu de déluge global sur la Terre, il y avait dans ces équipes de nombreux chrétiens fervents qui faisaient de la science, leur but n’était pas de contredire la Bible, mais devant la puissance des faits, ils ont du revoir leur conception de l’interprétation traditionnelle de ces textes.

    • Florent Varak

      Bonjour Marc, merci pour les remarques. Je reviens juste sur « lorsque les géologues ont découvert dans les années 1830 qu’il n’y avait jamais eu de déluge global sur la terre… » Est-ce que tous les géologues ont ces conclusions? Plusieurs géologues défendent aujourd’hui un déluge global. J’espère qu’il n’y a pas de condescendance à leur égard.

      • Marc Fiquet

        Oui Florent, comme plusieurs historiens défendent également qu’il n’y a jamais eu de Jésus historique voire même jamais de chambres à gaz… C’est pour cela que l’on parle en science de consensus. (voir cet article pour en savoir plus sur la notion de concensus http://www.scienceetfoi.com/ya-pas-debat/)
        Ces théories du déluge global ne sont pas enseignées dans les universités publiques et font partie de cercles qui ne franchissent pas les publications à comité de lecture. Si le récit de Noé était à prendre au pied de la lettre, vu les 4 millions d’espèces vivantes estimées sur la surface du globe à ce jour, il faudrait imaginer une théorie plus évolutionniste que la théorie de l’évolution actuelle pour expliquer la répartition des espèces actuelles à partir du seul contenant d’une arche et de qq couples il y a 4000 ans… Et ce n’est pas le seul pb qu’une lecture littérale de ce récit pose avec l’observation de la nature.
        Concentrons-nous plutôt sur le sens spirituel, là au moins tous les chrétiens sont d’accords 😉 et il y a un vrai message pour ceux que nous cherchons à convaincre de l’amour de Dieu (il est question d’alliance non ?) ne prenons pas le risque de rejouer le procès Galilée Bible en main.

  • Francine

    Il fallait bien en venir au déluge…

    Nul besoin de chercher longtemps le « message spirituel » de Noé pour notre temps, puisque c’est le Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous le fait remarquer : Car, dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emportât tous: il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme.

    Si Noé n’a pas construit une arche, s’il n’y est pas entré avec sa famille, s’il n’y a pas eu de déluge noyant les autres hommes, où est le message ? : Il en sera de même à l’avènement du Fils de l’homme, c’est-à-dire que comme au temps de Noé… rien n’arrivera !

    Noé n’avait certainement aucune idée des dimensions de la terre, ni de celles des plus hautes montagnes qui s’y trouvent. Si on ne croit pas à une dictée mot-à-mot du texte biblique, ce qui nous est rapporté de son expérience dans l’arche ne peut provenir que de son témoignage ou de celui de ses fils. Si donc il ne voyait que de l’eau jusqu’à l’horizon, recouvrant même les monts auquel il était habitué, le récit de Genèse est tout à fait acceptable et n’implique effectivement pas qu’une couche d’eau ait subitement recouvert uniformément le globe.

    Mais le tragique problème des répétiteurs des thèses de biologos, c’est qu’ils ne savent pas où s’arrêter dans la dénégation du surnaturel biblique. Noé ne connaissait rien à la géographie et à la cosmogonie, soit. Mais son âge, et l’âge de ses fils, il devait bien les savoir ! la date de ce grand déluge, global ou pas, l’a suffisamment marqué pour qu’on puisse lire Gen. 7:11 : L’an six cent de la vie de Noé, au deuxième mois, le dix-septième jour du mois… Cette précision du 17° jour est d’un ridicule total, si le nombre 600 de son âge est faux ! Un déluge seulement local, cela ne remet pas forcément en cause l’inerrance des Écritures ; par contre si les âges des patriarches sont fabuleux, il est impossible de la maintenir. Et on ne peut pas s’en tirer en invoquant un quelconque « cadre » littéraire ou narratif pour les trois premiers chapitres de la Genèse ; l’âge d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas plus crédible : c’est donc tout le livre de la Genèse qu’il faut classer dans la fiction ; et les avertissements de Jésus-Christ qu’il en tire aussi. Cette attitude de scienceetfoi est tragique, parce que prétendant (sans doute de bonne foi), vouloir faciliter l’ouverture des « jeunes » à l’Évangile, elle ne peut que les endurcir dans l’incrédulité.

    Un deuxième problème, moins grave mais cependant révélateur, c’est son étrange délusion quant au génie scientifique de ses acteurs. En se limitant en la France : il y a combien de bacheliers S ? de BTS informatique ? d’ingénieurs ENSI ? de centraliens, de normaliens, de polytechniciens ? Ils se comptent par millions, centaines de milliers, dizaines de milliers et milliers ! Aucun de ces parcours n’est suffisant à faire de chacun d’eux un Galilée ; ils savent tout simplement ce que d’autres ont découvert avant eux. A l’opposé, Galilée, est une figure marquante, parce qu’il est allé contre l’apparence et les idées dominantes, et qu’il avait raison. Quand donc notre savoir en science (et cela vaut aussi pour la théologie), ne dépasse pas ce que chacun peut lire dans Wikipedia, il est bien dérisoire d’invoquer Galilée, ou de mettre en avant des titres.

%d blogueurs aiment cette page :