Adam | Adam a t-il réellement existé ?

Adam a t-il réellement existé ?

Le débat sur l’historicité d’Adam  fait rage dans les milieux chrétiens outre-atlantique. Dans notre microcosme évangélique francophone, cette question reste marginale. Cependant, certains, se déclarant eux-mêmes évangéliques, mettent en doute l’existence d’un premier homme historique appelé Adam.(1)
Kevin DeYoung, pasteur à East Lansing dans le Michigan (USA), a écrit en février 2012 un article dont le titre est “10 raisons de croire en un Adam Historique“.
J’ai retranscrit ci-dessous ses 10 points, à la suite desquels j’ai pris la liberté d’en mentionner quelques autres.

 

 

Voici les 10 raisons évoquées par Kevin DeYoung dans son article :

 

1. La Bible ne met pas une séparation artificielle entre histoire et théologie.
Bien sur, la Genèse n’est pas un manuel d’histoire ou un livre de science, mais de là à dire que nous devrions séparer le bon grain théologique de l’ivraie historique, il y a tout un monde. Un telle division procède plus des philosophes des Lumières que la Parole de Dieu.

2. Le récit biblique de la création est destiné à supplanter les autres récits antiques de la création plutôt que de les imiter.
Ce que Moïse veut montrer au peuple de Dieu, ce sont « les choses telles qu’elles se sont passées. » Le Pentateuque est rempli de mises en garde contre tout compromis avec la culture païenne. Il serait dès lors surprenant que la Genèse débute avec un récit mythique de plus.

3. Les premiers chapitres de la Genèse ont bien un style particulier, mais rien n’indique que ce style soit poétique.
Comparez Genèse 1 avec le psaume 104, par exemple, et vous verrez à quel point ces textes sont différents. Il n’est tout simplement pas exact de parler de poésie quand on parle de la Genèse. Et même si c’était le cas, qui a dit la poésie serait historiquement moins fidèle ?

4. Il n’y a pas de cloison entre l’histoire d’Adam en Genèse 2 et celle d’Abraham en Genèse 12.
Vous ne pouvez pas mettre les chapitres 1 à 11 de la Genèse de côté comme s’il s’agissait d’une forme de préhistoire […]. Moïse fait délibérément le lien entre Abram et toute l’histoire qui s’est déroulée avant lui, et ce jusqu’à l’évènement d’Adam et Eve dans le jardin.

5. Les généalogies de 1 Chroniques 1 et de Luc 3 traitent Adam comme un personnage historique.

6. Paul croyait en un Adam historique (Rom. 5.12-21; 1 Cor. 15:21-22, 45-49.).
Même certains révisionnistes sont assez honnêtes pour admettre cela; ils maintiennent simplement que Paul (et Luc) avaient tort.

7. Tout le poids de l’histoire de l’interprétation penche du côté de l’historicité d’Adam.
La littérature du judaïsme de la période du second temple affirme qu’Adam était un personnage historique. L’histoire de l’interprétation de l’église le fait également.

8. Sans ascendance commune, nous perdons toute base solide pour croire que toutes les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique ont la même nature, la même dignité, la même image de Dieu, le même problème de péché, et que, malgré nos divisions, nous faisons tous partie d’une même famille provenant des mêmes parents.

9. Sans Adam historique, la doctrine paulinienne du péché et de la culpabilité originels ne tient plus.

10. Sans Adam historique, la doctrine paulinienne du second Adam ne tient plus.

 

 

Voici quelques arguments supplémentaires qu’il me parait important de relever :

 

11- En Romains 5:14, Paul met clairement en parallèle le personnage d’Adam avec le personnage de Moïse.
Sauf à considérer que Moïse ne soit pas lui non plus un personnage ayant eu une existence réelle, il devient très difficile de dire que Paul ne s’est pas prononcé en faveur de l’historicité d’Adam. Et par la bouche de Paul, c’est bien le Saint-Esprit atteste de ces choses.

12- Jésus lui-même fait référence à un Adam historique, lorsqu’il mentionne la création de l’homme et de la femme en répondant aux pharisiens sur la question du divorce (Matt. 19:3-6)

13- Jude croyait autant en l’historicité d’Adam que Paul ou Jésus (cf. Jude 14)

14- Si Adam n’est pas un personnage historique, est-ce que  ceux que la Bible déclare être ses descendants directs le sont ?
Est-ce que Noé l’est ? Est-ce qu’Abraham l’est ? Derrière ces questions se profile l’interrogation au sujet de l’historicité de tout ou partie de la Genèse : quand commence t-elle ? Et pourquoi ?

15- Nier qu’Adam ait été un personnage historique conduit tout naturellement à nier qu’il y ait eu un évènement historique appelé “la chute“.
Or le Nouveau-Testament dans son ensemble présente la chute comme un évènement historique, dans lequel un seul homme est désigné responsable de l’entrée du péché et de la mort dans le monde (Rom. 5:12ss, 1 Cor. 15:21-22).
Pas d’Adam historique = pas de chute historique = pas de péché originel = de quoi avons-nous besoin d’être sauvé ?
C’est alors le fondement même de la Bonne Nouvelle qui tombe à terre.

16- Nier qu’Adam ait eu une existence historique conduit implicitement à remettre en cause l’enseignement de Paul sur la résurrection.
Car tous ceux qui revivront en Christ sont nécessairement et préalablement morts en Adam, c’est à dire en sa chute. Et il faut nécessairement que la mort soit venue par un seul homme pour que la résurrection vienne également par un seul homme (cf. 1 Cor. 15:21-22). En d’autre termes, si dans la ligne de temps créée par Dieu il n’y a ni Adam historique ni chute historique, alors dans cette ligne de temps il n’y aura pas non plus de résurrection corporelle…
Or, si les morts ne ressuscitent pas corporellement, « votre foi est vaine, et vous êtes encore dans vos péchés. » (1 Cor. 15:17)

 

Ce billet a été écrit à la volée, et je n’ai pas cherché à développer ces pensées plus en profondeur. Mais je pense que dans l’avenir le débat gagnera en intensité, et les occasions d’écrire à nouveau sur ce sujet ne manqueront pas.
La plupart des tenants de la théorie du cadre (2) doivent faire face au challenge inhérent à leur position, à savoir déterminer ce qui est historique de ce qui ne l’est pas dans le récit des origines. Et je crains qu’en matière d’historicité d’Adam, plusieurs d’entre eux soient en équilibre précaire sur un bien mince fil herméneutique…

 

GB

 

Notes et références :

(1) Voir par exemple le blog Création et Evolution de Benoit Hébert qui relaie plus que largement ce type de pensée. (retour)
(2) La théorie du cadre est probablement l’approche littéraire des textes créationnels de la Genèse la plus répandue dans les milieux évangéliques francophones. Pour lire une critique de cette position, voir l’article du Pasteur Paulin Bédard, “Critique de l’interprétation Cadre ou Littéraire de Genèse 1“, dans le n° 252 de La Revue Réformée de novembre 2009. (retour)

<p>Réflexions et ressources d’édification centrées sur Dieu</p>

  • Bonsoir Guillaume,

    En parcourant votre blog dont j’aime particulièrement le titre, je m’aperçois que notre site Science et foi est cité. Permettez moi donc quelques commentaires.

    Tout d’abord, notre site traite de bien d’autres questions que celle là, comme la compatibilité des découvertes de la science avec la foi évangélique, et une grande partie de notre énergie est dédiée à la défense de la foi chrétienne face aux arguments des scientistes et autres rationalistes.

    Nous avons aussi pour vocation de faire prendre conscience à la communauté évangélique de la nature et de la puissance des preuves en faveur du grand âge de la terre et de l’évolution, qui sont aujourd’hui une arme intellectuelle redoutable entre les mains de certains athées, parce que certains chrétiens se sont trompés de combat. Ils croient qu’en luttant contre la science, ils vont défendre la foi, alors que c’est en dénonçant les amalgames philosophiques illégitimes entre science et athéisme que nous pourrons rendre ce qui appartient à Dieu: la gloire d’une création reflétant sa beauté et sa toute puissance et d’une vocation scientifique divine dédiée à découvrir cet ordre.

    J’aimerai faire quelques remarques très courtes concernant certains points de cet article. Il évoque des thèmes difficiles abondamment traités sur notre site.

    1. Ironiquement, c’est la doctrine d’une Bible infaillible en matière d’histoire qui est la conséquence d’une pensée rationaliste et moderne imposée au texte biblique. On peut tout à fait croire dans l’historicité des événements majeurs du christianisme (naissance virginale du Christ, miracles des évangiles et des actes, résurrection et ascension de Jésus…), sans pour autant faire de l’exactitude historique un dogme, en particulier en ce qui concerne les premiers chapitres de la Bible, écrits dans des circonstances toutes différentes des évangiles. Ici tout est amalgamé.

    2. Oui la Genèse s’oppose aux mythes païens. Est-il pour autant justifié de croire que Moïse a fait un compte rendu scientifiquement et historiquement exact au sens moderne? Ne sommes nous pas en train de projeter nos exigences sur le texte?

    3. Il est exact de mettre en évidence la structure poétique de la Genèse, en particulier du chapitre 1, parce que cette structure s’y trouve! La remarque concernant poésie et histoire donne à réfléchir, car une poésie peut en effet raconter une « histoire ». La question est plutôt de savoir si la Genèse a été écrite avec des connaissances scientifiques modernes. La réponse est non car Genèse 1 fait mention du « raqia »: le firmament, dôme solide séparant les eaux d’en haut de celle d’en bas. C’est la vision antique du cosmos partagé par tous les peuples du Proche Orient Ancien…ce dont très peu de croyants sont conscients, et que beaucoup de traductions concordistes transforment en « étendue ».
    http://www.scienceetfoi.com/le-firmament-de-genese-1-est-solide-mais-la-vraie-question-nest-pas-la/

    4. Tout à fait exact, mais cela ne prouve rien.

    5. Tout à fait, mais cela ne prouve rien non plus, car les généalogies étaient écrites avec des buts théologiques et politiques, et non avec des critères moderne. Les âges démesurés des patriarches répondent à des symboliques aujourd’hui bien connues et ne doivent pas être interprétés littéralement…

    6. Oui Paul croyait en un Adam historique, il croyait aussi qu’il était l’ancêtre commun de toute l’humanité. Il partageait à ce niveau les croyances de ses contemporains.

    7. Parfois la tradition de l’église est juste, parfois elle a tord. Les réformateurs ont utilisé cet argument assez abondamment…

    8. La race humaine a une unité, car nous sommes une seule espèce, très probablement tous descendants d’une population africaine. Nous sommes tous des « africains ». L’unité de l’humanité, l’universalité du péché, l’image de Dieu dans l’homme sont des réalités indépendantes du fait que nous descendions tous et toutes d' »Adam et Eve ».

    9. Je ne crois pas à la théorie de la « culpabilité originelle », pas plus qu’à la nécessité du baptême des enfants pour laver l’homme de cette « tâche originelle ». L’universalité du péché est une réalité expérimentale et existentielle que certains qualifie de doctrine biblique « la plus vérifiable en pratique », mais pourquoi le nourrisson devrait-il supporter la culpabilité d’Adam et Eve?

    10. Georges Daras apporte des éléments de réponse qui font réfléchir à l’affirmation simpliste
    « Sans Adam historique, la doctrine paulinienne du second Adam ne tient plus »

    http://www.scienceetfoi.com/adam-et-eve-ont-ils-existe-reponse-aux-arguments-evangeliques-2-par-daras/

    Il en faudrait bien plus pour aborder des questions aussi complexes et ramifiées…

    • Benoit,

      Une réponse très rapide sur tes 10 commentaires :

      1- Le point en question fait justement référence au fait que le but premier de Genèse 1-3 n’est pas d’être « un livre d’histoire » (au sens d’un traité académique historique). Cela n’entache en rien le caractère historique du récit.

      2- Mais, qui parle de « compte rendu scientifique au sens moderne »… à part toi ?

      3- Encore une fois, quelle que soit les figures de style employées et la terminologie originale utilisée, cela n’entache en rien le caractère historique du récit. Tu veux y voir des informations scientifiques précises, alors que ce n’est manifestement pas le but de l’auteur. La problématique terminologique que tu soulèves est plus compliquée qu’un simple transfert de concept d’une culture proche orientale à une autre. Des questions très simples comme « qui a emprunté le concept à qui? » ou « est-ce qu’un même mot (ou translation du mot) désigne nécessairement un même concept dans deux cultures différentes? » doivent être posées avant de comparer les croisements terminologiques transculturels.
      L’important n’est pas le mot utilisé, mais le concept représenté par le mot. Ce n’est pas parce que tu vas retrouver tel concept matérialisé par un mot dans une culture donnée qu’une translation de ce mot voudra nécessairement désigner le même concept dans une autre culture.
      Attention à l’erreur classique « word/thing fallacy. »

      4- Ce n’est pas une question de preuve, mais d’historicité. Quand le récit de la Genèse devient-il historique ? Quand passe t-on à des descriptions de faits, dans ta position ?
      Cela soulève de nombreuses questions.
      Je serais curieux de savoir combien d’auteurs tu imagines pour le livre de la Genèse, par exemple.

      5- C’est un point de vue… qu’il te faut étayer.
      J’espère que tu intègres que les généalogies sont systématiquement rappelées dans presque tous les livres historiques de l’Ancien Testament. Certaines portions narratives ne sont valorisées qu’en raison de leur lien avec une lignée généalogique précise (Ruth par exemple). D’autre part, si tu considères que les ages élevés sont problématiques, tu continueras à rencontrer ce problème après Gen. 12 (cf. l’age d’Abraham à sa mort). Enfin, si, dans un but théologique ou politique, quelqu’un s’amuse à lier la lignée de Christ à des généalogies qui sont fausses, alors nous sommes en face d’une intention de tromper, ou d’un mensonge. Comment croire à un tel message, dès lors ?
      Si la Parole de Dieu est la véritée, alors ce qu’elle révèle est vrai. Il ne s’agit pas d’un problème de précision ici : on parle d’intention d’un auteur. Un auteur qui écrit une généalogie fausse est un auteur qui cherche à tromper. Point final.

      6- Paul ne se contentait pas de le croire, il le prophétisait sous l’inspiration du Saint-Esprit… Ses lettres ne sont pas un recueil de simples « pensées » ou « opinions » théologiques.

      7- Non Benoit, les Réformateurs soumettaient simplement la tradition à la Bible. L’herméneutique Réformée ne rejette pas la tradition interprétative, mais la soumet aux Ecritures. Au sens strict du terme, la Réforme est la redécouverte de la tradition, et non son rejet. C’est plutôt une certaine herméneutique médiévale que les Réformateurs ont rejeté. Je suis conscient que certains mouvements anabaptistes rejetaient toute forme de tradition et revendiquaient une forme de Solo Scriptura. Mais même les héritiers cette approche ont aujourd’hui une tradition interprétative… Et nos milieux évangéliques sont plutôt héritiers de la (so called) Réforme Magistérielle que de la Réforme Radicale. Au sens strict du terme, nous évangéliques ne rejetons pas la tradition. Nous la soumettons simplement à la direction des principes régulateurs de la Parole.
      L’histoire de la controverse doctrinale est éminemment importante, dans l’interprétation d’un texte donné ou d’un problème théologique. Quand tout le poids de l’histoire interprétative pèse contre une approche -en l’occurrence l’historicité d’Adam- alors celui qui la tient doit apporter des évidences exégétiques irréfutables. Or, dans le cas d’une négation du Adam historique, on les cherche encore..

      8- Ce n’est pas ainsi que le voient les récits bibliques….

      9- Que le baptême ne lave pas la tâche originelle (ni quelque tache morale que ce soit), soit. Mais rejeter le péché originel est un non sens. Que faire alors de passages comme le Ps. 51 et tous les parallèles qui démontrent la culpabilité de l’enfant « dès le ventre de sa mère » ?

      10- Oui j’ai lu ces articles il y a bien longtemps. Je pense qu’il s’agit d’une contorsion théologique. Mais je ne ne souhaite répondre ni ici, ni maintenant.

      Pour finir Benoit, si je ne remets pas en cause tes motivations, j’ai par contre de sérieuses réserves sur ta méthode.
      Toute la théologie Paulinenne tombe par terre, si l’existence d’un premier Adam historique est rejetée.
      Accepter ce style d’approche est la porte ouverte à une forme de néo-libéralisme.
      Et sans vouloir être blessant ou dur à ton égard, je pense que ta tolérance (ta sympathie?) à l’égard de ces positions y contribue largement.

      Guillaume

  • Bonjour Guillaume,

    J’espère que tu passes un bon dimanche. Nous pourrions débattre sans fin sur toutes ces questions difficiles mais non essentielles (c’est mon point de vue).

    L’important est que nos lecteurs puissent se faire un avis par eux mêmes sur toutes ces questions en disposant des argumentations non caricaturées et non amalgamées des uns et des autres.

    La principale différence entre nous réside, me semble-t-il, dans ton attachement à la doctrine de l’infaillibilité historique et scientifique de toute la Bible au nom de son inspiration, et au fait que la Bible, pour moi et d’autres ne répond pas à de tels critères. Nous sommes « non-concordistes » et vous êtes « concordiste ».

    L’étude de la signification de « raqia » (firmament) dans le contexte culturel de la Bible me paraît à cet égard un cas d’école, et je laisse ce dernier lien vers un article de Paul Seely. Théologien évangélique qui avec d’autres à bcp marqué mon cheminement intellectuel et spirituel sur ces sujets.

    http://faculty.gordon.edu/hu/bi/Ted_Hildebrandt/OTeSources/01-Genesis/Text/Articles-Books/Seely-Firmament-WTJ.pdf

    • Oui merci, c’est un bon dimanche 🙂 (je suis décalé de 7h par rapport à toi).

      Non, je ne te suivrai pas quand tu dis que ce n’est pas important. Bien au contraire !
      Si tu es dans l’erreur en ce qui concerne les trois premiers chapitres de la Genèse, tu seras dans l’erreur sur un ensemble de doctrines fondamentales des Ecritures (hamartiologie y compris).

      Je ne crois pas être concordiste, attendu que j’estime la Bible exempte d’erreur dans les manuscrits originaux, et que je ne crois pas que la science soit sans erreur.

      Je crois à l’infaillibilité historique de la Bible. Par contre, je ne parlerais pas d’infaillibilité « scientifique » au sens où tu l’entends. La Bible n’est pas un traité de sciences, et par conséquent le langage qu’elle emploi ne satisfera le spectre analytique d’une approche comme la tienne.

  • Guillaume Muller

    Sauf erreur de ma part, le point 8 peut rester valable si l’on substitue Noé (& sa femme) à Adam (& Eve), du moins en ce qui concerne l’ascendance commune, la non distinction de race ou d’origine ethnique, la même dignité, la même image de Dieu, et que, malgré nos divisions, nous faisons tous partie d’une même famille provenant des mêmes parents. Seul reste à mon sens la notion d’introduction du péché dans le monde comme relevé par Paul…

  • dan

    Mon arrière-arrière-arrière… * 100’000…grand-père a mangé une pomme qu’on lui avait interdit de manger et je dois payer du prix de la mort sa faute… à lui ???
    Mais de quel Dieu parle-t-on ?!
    Personne n’est embarrassé aux entournures d’attester ainsi – par une compréhension aussi éculée – que Dieu puisse être un dictateur si stupide et si méchant ???
    Heureusement que ce n’est pas le ridicule qui tue ! Voilà où nous entraîne la logique de l’esprit…
    Bref, si l’on doit payer aujourd’hui ce que Adam a pu faire comme choix, c’est que nous sommes Adam, il n’y a aucune autre alternative possible. Quant à l’Adam historique, j’éviterai de faire des pronostiques… (sachant par exemple que Ratzinger lui-même décrète que Jésus n’aurait pratiquement laissé aucune trace dans l’histoire, alors Adam…)
    Pour com-prendre la chute de l’homme il faut commencer par s’intéresser à l’étymologie du mot « co-naissance ». C’est à dire « naître-avec ». Pour naître il faut commencer par mourir : voilà donc pourquoi manger de l’arbre de la connaissance (*) implique forcément le principe de la mortalité. Dieu commence juste par nous expliquer le principe de la connaissance avec la Genèse, ça s’arrête là. Adam a commis l’horrible péché de vouloir devenir connaissant, c’est à dire de vouloir s’attaquer à devenir en puissance l’omniscient, c’est à dire à devenir Dieu, lui, Adam, qui n’est « que » poussière, néant. (**)
    Si l’on pose l’alternative :
    – je veux rester sot au paradis (ne pas manger de l’arbre de la connaissance = rester un crétin éternellement)
    – je veux devenir Un en Dieu, même si ça doit me coûter ma confortable position au paradis
    QUE CHOISISSEZ VOUS ?
    Ne nous étonnons pas alors maintenant d’avoir à vivre comme Jésus :
    Oubliés le confort et la sécurité,
    Affrontées, les peurs,
    Je me mets en danger volontairement, sachant que rien d’important ne peut m’arriver lorsque je regarde la télé,
    Mon cœur et mon âme, je les saccage,
    Bouleversée ma vie,
    Détruite ma réputation !
    C’est ça être chrétien. Sinon, c’est retour à la case départ : paradis pour les crétins.
    Voilà pourquoi Jésus nous demande de haïr nos proches (luc 14:26). C’est parce que devenir digne de Jésus ne se limite pas à faire semblant de manger sa chair, ou d’attester que patati et patata sont tombés du bateau une fois par semaine ! Non ! Se faire baptiser est peut-être nécessaire mais c’est bien loin de suffire, le baptême n’est qu’un point de départ à confirmer. Et la confirmation n’est pas une nouvelle promesse faite devant une soutane fuchsia !
    Devenir un disciple de Jésus c’est jeter son ancienne vie à la poubelle et mettre un cailloux dessus.
    Jésus serait-il démocrate, ou républicain ??? Non !
    Il faut être prêt à mettre sa vie en jeu si l’on souhaite la salvation, le sang de Jésus c’est son propre sang à soi-même que l’on doit mettre en jeu comme Jésus l’a fait. Le paradis et l’enfer sont la carotte et le coup de pied au c** destinés aux ÂNES, incapables d’avancer par eux-mêmes.

    (*) les arbres symbolisent la Parole de Dieu
    (**) bien entendu il faut comprendre que Dieu a subtilement glissé à Adam qu’il pouvait éviter de rester un éternel crétin du paradis, via son serpent préféré, mais que, attention !, c’est interdit de le faire !
    Arf !!! Dieu présente les choses de telle manière que ceux qui hésitent à quitter leur costume de crétin patenté puissent continuer sans aucun scrupules. Seuls les téméraires peuvent réellement espérer suivre Jésus. C’est clairement dit, encore faut-il savoir lire !

    • Archeo Doxa (Archeodoxa)

      Simple correction: ‘connaissance’ vient du latin ‘cognoscere’ et la logique de lier le mot à co-naissance est une naïveté qui circule. J’aimerais bien voir le contexte de la citation de Ratzinger. Jésus n’a certainement pas laissé de grandes constructions comme les empereurs romains ayant aussi laissé, de leur vivant, leurs statues et leur effigies sur les pièces de monnaies. L’impacte de Jésus fut sur la pensée de l’époque et la morale des peuples; là sont ses traces. Un archéologue se voit déçu devant la sobriété de l’architecture des israéliens comparée aux constructions égyptiennes déployant une énergie folle en labeur et en esclavage pour des mausolées à la gloire des pharaons. Israël a en effet reçu/donné un héritage qui a marqué le monde en l’éloignant de la superstition païenne. Les traces laissées par les exploiteurs (ex: le pouvoir politique) du christianisme ne collent pas avec les évangiles. Je m’arrête ici car en écrivant trop je pourrais proliférer des bêtises… Je m’abstiendrai, je le promets, de traiter de crétins ceux qui ne pensent comme moi.

      • dan

        merci pour cette précision nécessaire, car effectivement l’étymologie de connaissance ne provient pas de la « naissance » mais de gnose, le savoir. Toutefois cela n’empêche en rien que la connaissance (par exemple la connaissance d’une femme par l’acte intime) passe par une mort nécessaire, une « petite » mort. L’on meurt à soi-même pour re-naître plus proche de Dieu, l’Omniscient.

      • dan

        https://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C1018_B16_JesusdeNazareth%20_129p.pdf

        (désolé pour la qualité, c’est un OCR brut, donc tout est mélangé. J’ai retravaillé le document pour en faire un véritable pdf si ça t’intéresse)

      • dan

        étymologie de « connaissance » https://sites.google.com/site/etymologielatingrec/home/c/connaissance

        Le lien le plus manifeste entre mort et connaissance se trouve dans l’initiation, et se réfère ainsi soit aux rites franc-maçons (« meurs et deviens »), soit à la gnose des hérétiques (dont les premiers s’inspirent)
        Bibliquement on parle de « connaître la femme » pour désigner l’union la plus intime, et cet acte est aussi désigné comme la « petite mort »
        La connaissance, en dépit de son étymologie, passe effectivement par la mort suivie d’une résurrection. C’est le principe de la nuit où la lune reflète la lumière du soleil (symbolisant la connaissance)

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