Jean Calvin : trois bénéfices de la résurrection de Jésus-Christ

Il y a quelques années de cela, je publiais à l’occasion de Pâques les trois bénéfices de la résurrection de Jésus-Christ relevés par le Catéchisme de Heidelberg. Je réalise que sur ce point, Heidelberg doit beaucoup au Petit Catéchisme rédigé quelque temps auparavant par Calvin.

Calvin lui-même liste trois bénéfices de la résurrection dans la question 74 de son catéchisme pour enfants :

En combien de points cette résurrection nous profite-t-elle ?

Le premier est que la justice nous a été pleinement acquise en elle (Romains 4.24).
Le second, que cela nous est un gage certain que nous ressusciterons un jour pour une immortalité glorieuse (1 Corinthiens 15.20-23).
Le troisième, que si nous en sommes réellement participant [litt. « si nous communiquons réellement avec elle], nous ressuscitons dès à présent en nouveauté de vie, pour servir Dieu et vivre saintement, selon son plaisir (Romains 6.4).

 

Voici le commentaire qu’en fait Sinclair Ferguson :

Tout d’abord, par sa résurrection, Jésus-Christ a vaincu la mort afin de nous communiquer la justice qu’il a gagnée pour nous par sa propre mort. En 1 Co 15, Paul précise que si Jésus n’est pas ressuscité notre foi « est vaine » et nous « sommes encore dans nos péchés » (v. 17). « Mais pourquoi ? » me demanderez-vous. « Si Jésus est mort sur la croix pour nos péchés, portant la malédiction que nous méritons, ne devrions-nous pas être libres de nos péchés qu’il soit ressuscité ou non ? » En d’autres termes, pourquoi la résurrection, et non la croix seulement, est-elle nécessaire au pardon des péchés ? Tout simplement parce que sans la résurrection, rien n’a été vaincu : ni le péché, ni la mort, ni le diable. La résurrection de Jésus d’entre les morts témoigne non seulement que Jésus est le Fils de Dieu (Ro 1.4) mais également que cette offrande de vie était un sacrifice acceptable pour Dieu. Si Jésus n’était pas ressuscité, cela indiquerait que l’œuvre du salut n’a pas été accomplie. Inversement, son élévation témoigne de la satisfaction de la justice divine. La punition a pris fin. Christ s’est avéré digne. La dette a été payée. La mort a été vaincue. Le péché a été expié.

LISEZ >> Pourquoi la résurrection est-elle essentielle au pardon des péchés ?

[…]

La résurrection signifie que la mort de Jésus a été suffisante pour expier le péché, pour nous réconcilier avec Dieu, pour nous présenter saints devant Dieu. Christ a gagné, […] c’est la bonne nouvelle du tombeau vide. La résurrection signifie que Christ a été déclaré juste par le Père, de sorte que par la foi nous pouvons maintenant partager sa justice. C’est pourquoi Ro 4.25 dit que Jésus « a été livré pour nos offenses et ressuscité pour notre justification ». La croix et le tombeau vide ne peuvent être dissociés. Les deux événements dépendent l’un de l’autre. Ensemble, ils démontrent que le paiement de Christ pour le péché a été accepté et que sa victoire est la nôtre.

Deuxièmement, par la puissance du Christ, nous aussi sommes déjà ressuscités pour une vie nouvelle. Notre espoir d’une vie nouvelle ne consiste pas simplement en un futur radieux : c’est également une réalité présente. L’expression « en Christ » apparaît une dizaine de fois dans le Nouveau Testament. Cette petite phrase parle de l’union glorieuse que les croyants ont avec Christ par la foi. Tout comme, par nature, nous étions « en Adam » lorsqu’il a péché dans le jardin, ainsi par la foi nous étions « en Christ » lorsqu’il a souffert, qu’il est mort, et qu’il est ressuscité. Nous sommes morts dans sa mort et nous sommes ressuscités dans sa résurrection pour une vie nouvelle (Ro 6.5-11). Nous ne sommes plus les mêmes personnes. Nous qui étions morts dans nos offenses, nous avons été rendus vivants avec Christ (Ep 2.5).

N’oubliez jamais votre union avec Christ. Nous avons des sentiments de culpabilité et nous ne pouvons pas vraiment croire que nous sommes justifiés parce que nous oublions que chaque coup de fouet que nous méritons nous a déjà été porté à notre suppléant. Et la preuve la plus convaincante de notre acquittement a déjà été démontrée à la résurrection. De même, nous luttons avec des sentiments d’impuissance et nous ne pouvons pas vraiment croire en la perspective de la sanctification parce que nous oublions que nous sommes morts à notre « ancien moi » et que nous avons une vie spirituelle tout aussi réelle que le nouveau corps spirituel de Christ. En raison de notre union avec Christ, notre nouvelle vie commence maintenant.

Mais cette nouvelle vie n’est pas aussi bonne qu’elle le sera dans le futur. Le troisième avantage de la résurrection de Christ est qu’elle garantit notre future résurrection glorieuse. La résurrection du Christ constitue les prémices d’une moisson de résurrections à venir (1 Co 15.23). Il ne nous est pas difficile d’imaginer des femmes semblables celles qui se précipitent du tombeau vide pour dire aux disciples qu’il n’est plus mort, venant des champs avec la bonne nouvelle que les premiers épis de maïs mûrs venait d’être cueillis et que le reste d’une récolte s’annonçant splendide récolte n’était pas loin derrière. « Si ce maïs est bon, » pouvons-nous les entendre dire, « le reste de la récolte le sera aussi ! » Pâques confirme que de nouveaux corps arrivent. […] C’est pourquoi « nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses. » (Ph 3.20-21).

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).