Souvenez vous que les athées aussi « croient » en Dieu

« L’insensé dit en son cœur: Il n’y a point de Dieu! » (Ps 14:1)

Ne vous est-il jamais arrivé d’être fatigué, voire exaspéré, de l’attitude de certains de nos contemporains qui prennent plaisir à dire que Dieu n’existe pas et qu’ainsi ils peuvent faire ce qui bon leur semble. Cependant, n’en déplaise à Michel Onfray , « être athée » est quelque chose pour laquelle il faut développer beaucoup d’énergie et de …foi. En effet, Paul déclare en Romains 1:18–21 que :

« La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive, car ce qu’on peut connaître de Dieu est manifeste pour eux, Dieu le leur ayant fait connaître. En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. »

 

Ce verset est capital pour une juste compréhension de la manière dont nous devons défendre notre foi vis-à-vis de nos contemporains. Tout d’abord, il faut noter que Paul ne nous dit pas que les hommes « peuvent » connaitre Dieu, mais qu’ils Le connaissent. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, lorsque vous évangélisez, votre plus grand défi n’est pas de prouver l’existence de Dieu. Dieu s’en est déjà chargé depuis que votre interlocuteur est né.

Tout homme, en grandissant dans la connaissance du monde qui l’entoure et de lui-même grandit nécessairement dans une certaine connaissance de Dieu qui se révèle au travers de Sa création. Le problème est qu’en grandissant, il développe un effort de « suppression » de plus en plus puissant et sophistiqué pour étouffer ce témoignage. Ce n’est pas que l’homme ne « sait pas » que Dieu existe, mais il « rejette » son existence. Son « rejet » est le témoignage qu’il en est effectivement conscient, mais il le rejette. Car, comment pourrait-il rejeter ce qu’il ne connait pas ? Ensuite, il faut souligner que c’est Dieu qui se fait connaitre. Ceci est important, car cela souligne clairement que l’homme ne peut connaitre de façon autonome quoi que ce soit à propos de Dieu.

Toute connaissance de Dieu est toujours une conséquence d’une acte de condescendance divine au sein d’une alliance, un acte au sein duquel Dieu se « fait voir » au travers de sa Création. Plus que le simple fait de « se rendre manifeste », cette révélation « naturelle » est une conséquence au second degré du Dieu qui parle au sein de Sa création.

Ce que je veux dire par là, c’est que la présence « manifeste » de Dieu au sein de la nature est double et indirecte :

  • C’est une révélation de Lui-même par le témoignage visible de la création qu’il a accomplie au commencement et qui est la conséquence de ses paroles créatrices (Gen 1).
  • C’est une révélation de Lui-même au travers de la constance et la continuité de l’univers qui nous entoure (lois physiques, biologiques…). En effet, c’est encore Sa Parole qui soutient toutes choses au sein de l’Univers (Heb 1 :3).

 

Cette « parole de Dieu » au sein de la création est une révélation au second degré dans le sens où, comme le souligne Paul, l’homme naturel observe uniquement les conséquences physiques de ce que Dieu a dit (création) ou de ce que Dieu dit (providence) [1]. Il n’entend pas les paroles, mais il en voit les conséquences au sein de l’univers qu’il observe et qui en porte l’empreinte.

En passant, c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la position évolutionniste théiste est irrecevable, car elle mélange clairement les deux (création et providence)…mais, je sais, c’est un autre débat ! Bref, l’homme est au bénéfice, dès sa naissance, d’une révélation que l’on peut qualifier de « naturelle ». Mais, en accord avec ses passions rebelles à la Gloire de Dieu et conformément au cadre de vie mensonger au sein duquel il s’est établi « roi », il supprime, jour après jour, cette « connaissance ». C’est pour cela qu’il est « inexcusable ». Ne l’oubliez jamais, ce n’est pas premièrement par ce que l’homme refuse l’offre du salut offerte en Jésus-Christ qu’il est condamné à l’enfer, mais c’est parce qu’il rejette volontairement Dieu en préférant adorer la créature plutôt que le créateur, en préférant le mensonge plutôt que la vérité (Rom 1:25).

Enfin, il est intéressant de noter que Paul, au sein de cette « manifestation de Dieu », ne parle pas de la majesté ou de la puissance de Dieu en premier…mais il parle de Sa colère. Ceci est cohérent avec les versets précédents, car Paul explique de quoi nous avons été sauvés par le biais de la justice qui a été manifestée en Christ (1:16–17). Cette colère ne doit pas être comprise comme une manifestation excessive d’un certain égocentrisme divin. Mais, elle est la juste expression de la justice de Dieu envers l’homme qui a transgressé l’alliance avec son créateur (Rom 5:12–21). C’est une colère qui reflète Sa justice, Sa sainteté, Sa droiture et Son intégrité. Ce n’est qu’après que Paul parle que Dieu, qui est invisible, se rends manifeste (dans Sa majesté et Sa puissance) au travers de Ses œuvres. L’univers entier, qui est l’ouvrage de ses « mains » reflète Sa perfection, Sa puissance éternelle et Sa divinité. Ainsi, de nos jours, le fait d’être athée, ou partisan d’une vision scientifique matérialiste qui place l’homme au centre de toutes choses, peut paraitre aux yeux du monde l’attitude la plus « raisonnable ». Mais aux yeux de Dieu, ceci équivaut à de la folie, à un manque flagrant d’intelligence.

 

Ainsi, lorsque vous évangéliserez, ne vous souciez pas premièrement des choses que vous pourriez dire pour « prouver » l’existence de Dieu, mais, en gardant à l’esprit que nos contemporains connaissent « déjà » Dieu mais qu’ils le rejettent, souciez-vous avant tout de leur présenter un témoignage rempli des écritures, et particulièrement de la révélation finale et complète que Dieu a faite de Lui-même en la personne de Jésus-Christ.

Souciez-vous avant tout de connaitre et proclamer l’évangile de Jésus-Christ, car c’est ainsi que Dieu transformera dans sa grâce le cœur de vos auditeurs (1 Pierre 1:21–23). Il est vrai que c’est une bonne chose de disposer dans son arsenal d’apologète, par exemple, d’arguments scientifiques. Mais, ne vous y trompez-pas, ce n’est pas au sein de la révélation naturelle que Dieu a révélé sa justice. C’est exclusivement dans l’évangile ! Exclusivement dans sa révélation écrite qui déploie devant nous la beauté de l’histoire de la rédemption. C’est pour cela que c’est l’évangile qui est une puissance pour le salut de quiconque croit…et non notre capacité à convaincre l’autre.

Ce n’est que grâce à la puissance du Saint-Esprit que l’homme naturel peut alors accepter droitement et ainsi « comprendre » que Son Créateur est son Seigneur, qu’il est digne d’être adoré. Et c’est ainsi, équipé des lunettes de la Parole de Dieu, et conduit par le Saint-Esprit, que l’homme peut accepter à sa juste valeur la réalité qui l’entoure et qui porte dans ses moindres recoins une signature divine.

 

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Notes et références :

[1] Voir V.S. Poythress, Redeeming Science, Crossway (2006), p.37–42

 

 

 

 

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Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.