Tolérer une calomnie, c’est y participer

C’est bien vilaine chose que la calomnie. Nous y voyons à juste titre une transgression du neuvième commandement qui englobe toute une palette de « péchés de langue ». Il nous faut être honnête et regarder ce sujet avec transparence : nous sommes tous concernés, et pas uniquement parce que nous en avons été victime… La langue, dit Jacques, est un feu, est un feu « placé parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne » (Jc 3.6)

Mais il est possible de transgresser le neuvième commandement autrement qu’en ouvrant la bouche : vous pouvez très bien le faire par vos silences. Thomas Watson en offre un aperçu dans son exposition d’Exode 20.16 :

« Un aspect implicite mais essentiel du neuvième commandement est de défendre ceux qui sont insultés par des lèvres menteuses.

Tel est le sens du commandement, non seulement que nous ne devons pas calomnier ou accuser les autres, mais que nous devons témoigner en faveur de ceux qui sont ainsi injustement accablés et nous lever pour les défendre lorsque nous savons qu’ils sont faussement mis en cause. Un homme peut faire autant de tort à un autre par son silence que par la calomnie, notamment lorsqu’il sait qu’il est accusé à tort mais refuse de prendre sa défense. Si certains lancent de fausses rumeurs, nous devrions faire en sorte d’y couper court.

Quand les apôtres furent remplis du vin de l’Esprit et accusés d’ivresse, Pierre maintint ouvertement leur innocence : « Ils ne sont pas ivres, comme vous le supposez », cf. Ac 2.15. Jonathan, sachant que David était un homme digne —et que tout ce que Saül disait de lui n’était que calomnie— fit tout pour le justifie : . « Que le roi ne commette pas un péché à l’égard de son serviteur David, car il n’en a point commis envers toi… Pourquoi pécherais-tu contre le sang innocent, et ferais-tu sans raison mourir David? » 1 Sam. 19:4, 5. Lorsque les premiers chrétiens furent faussement accusés d’inceste et du meurtre de leurs enfants, Tertullien écrivit une lettre devenue célèbre pour tenter les justifier.

Il s’agit là du rôle normal d’un ami et d’un chrétien : être l’avocat de son prochain lorsqu’il est attaqué dans sa réputation. »

 

Une simple question pour nous tous : nous lèverons-nous, dans l’avenir, pour défendre nos prochains qui sont victimes de calomnies ? Serons-nous prêt à nous battre ainsi pour la vérité ?

 

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).