Que veut dire Paul lorsqu’il parle d’interpréter les langues ?

« En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète »
(1 Cor 14.27)

Que signifier « interpréter » dans le cadre du phénomène du parler en langues ?

 

Dans un autre podcast mis en ligne il y a quelques mois, Pascal Denault soutenait que le parler en langue lors de la Pentecôte impliquait une sorte de « miracle auditif », les auditeurs étant miraculeusement capables de comprendre ce qui était dit « dans leur langue » (écoutez ce podcast ici). Cette approche n’a cependant pas l’assentiment de la majorité : il est plus courant de comprendre l’interprétation comme un phénomène de traduction, qu’il soit miraculeux ou non (dans le cas de la Pentecôte, chaque auditeur maitrisait déjà la/les langues qu’il entendait).

Dans ce 85ème épisode, Florent Varak propose une autre perspective. Selon celle-ci, l’interprétation consisterait en une explication donnant le sens de ce qui venait d’être dit dans « une autre langue ».

Florent avance les arguments suivants :

(1) À la Pentecôte, si « interprétation » il y a, c’est probablement le discours de Pierre qui joue ce rôle. En effet, aucune « traduction » n’était nécessaire.
(2) Un phénomène aussi déroutant que le parler en langue nécessitait avant tout une explication à destination ceux qui l’entendaient
(3) Le sens des termes originaux traduits par « interpréter » (hermeneuo et ses dérivés) permet cette comprehension.

 

Pour Florent Varak, Actes 2 fonctionne comme un paradigme de parler en langue. Les autres cas que le livre des Actes décrit et dont les épîtres font écho doivent être lus à la lumière de ce passage fondateur. Si, à la Pentecôte, l’interprétation consiste en une exposition du sens des paroles qui venaient d’êtres prononcées « en langues », il y a fort à parier qu’il en est de même dans les autres épisodes de ce type.

Qu’en pensez-vous ? À vos commentaires !

 

 

Florent Varak est pasteur, auteur de plusieurs livres , conférencier, professeur d’homilétique à l’Institut biblique de Genève, enseignant à l’Ecole biblique de Lyon et nouveau directeur international du développement des églises évangéliques des Frères (Encompass). Retrouvez ses podcasts hebdomadaires, “Un pasteur vous répond”, chez nous amis de Toutpoursagloire.com. Il est diplômé d’un master en théologie de la faculté Master’s Seminary et il est actuellement candidat au doctorat à la Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine.

 

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“Que dit la Bible ?” est le podcast hebdomadaire du blog Le Bon Combat. Retrouvez l'ensemble des questions posées et de nos entretiens sur l'onglet dédié, en haut et à droite de la barre de menu du site !

  • Francine

    Qu’en pensez-vous ? À vos commentaires !

    C’est de la provocation… Francine n’en pense pas moins, ni plus d’ailleurs.

    1) Le parler en langues ne peut pas se réduire à l’annonce d’un jugement sur les incrédules : Celui qui parle en langues s’édifie lui-même. Parole qui suppose une pratique privée de ce don ; Paul, d’après son propre témoignage parlait en langues plus que les Corinthiens, mais pourtant pas dans l’Église. C’était donc en privé, ou dans un petit cercle. Auquel cas les incrédules n’étaient pas là pour entendre leur jugement.

    2) Le parler en langues est un SIGNE de jugement pour ceux qui ont rejeté une parole de Dieu qui auparavant était claire. Mais la NATURE elle-même du parler en langues, n’est pas un jugement, puisqu’au contraire elle consiste à rendre des LOUANGES à Dieu : Comment les entendons-nous annoncer les MERVEILLES de Dieu ?. Il existe une analogie tout à fait recevable entre le phénomène du parler en langues, et la décision de Jésus de ne plus parler à ses compatriotes que par Paraboles, afin qu’entendant ils ne comprennent pas, parce qu’ils ont rejeté sa parole quand il leur parlait directement. C’est en ceci que consiste leur jugement : ils ne captent pas le sens ; mais les paraboles elles-mêmes, ont un sens ! elles ne se réduisent pas à un jugement, mais elles sont un enseignement des merveilles du Royaume.

    3) A quoi bon dire que le parler en langues ne donnait pas lieu dans l’Église primitive à une traduction mais à une interprétation si on ne précise pas la différence entre ces deux opérations ? Celui qui donne une traduction doit pouvoir justifier, si on le lui demande, pourquoi il a employé tel mot plutôt qu’un autre pour rendre tel mot de la langue originale. Celui qui interprète, traduit « librement », c’est à dire qu’il donne le sens global de ce qui a été dit. Mais cela suppose que QUELQUE CHOSE a été dit, de différent à chaque parler en langues, sinon il n’y aurait nul besoin d’interpréter encore et encore. Ce « quelque chose », ne peut donc pas être toujours la même chose, à savoir que les incrédules sont jugés.

    4) La position cessassioniste est parfaitement respectable. De quel droit empêcherait-on Dieu de ne plus accorder un don s’il en a décidé ainsi ? Mais encore faut-il que cette position soit sincère. Si Dieu a fait cesser le don des langues, cela ne signifie pas simplement que la majorité du parler en langues pentecôtiste, n’est que du charabia, ce qu’objectivement on savait déjà, mais que TOUS les parlers en langues contemporains sont faussement attribués au Saint Esprit. Ce qui n’est pas seulement une erreur, mais une GRAVE erreur, assimilable à la fausse prophétie. Il est donc du devoir du cessassioniste d’avertir solennellement TOUS ceux qui se livrent à cet esprit de mensonge envers l’Éternel, et de se séparer d’eux s’ils n’écoutent pas. Or à l’heure où l’église romaine est prête à dire une messe à la mémoire de Luther, l’église oecuménique évangélique n’est elle-même pas désireuse de se mettre en mauvaise odeur auprès du gros de ses effectifs. Ce cessassionisme n’est donc que théorique, c-à-d qu’il n’est pas sincère.

    5) Les langues ont très probablement cessé, mais je ne peux pas en être sûre. Moi-même je parle en langues, en voiture, quand je suis seule, et que le trajet est long ; je n’ai pas besoin qu’on m’interprète puique je dis n’importe quoi. Par contre, à la fin du podcast, j’en suis à me demander : Mais, qu’est ce qu’il a dit ? C’est pas gentil de parler en langues comme ça à une soeur.

  • Shor L.

    Bonjour tous,
    Il convient d’être très clair lorsque l’on parle du «parler en langues».
    1) L’apôtre indique en 1Cor.14:2 que personne ne comprends celui qui parle en langue.
    Question : Comment quelqu’un peut-il traduire quelque chose qu’il ne peut comprendre ?
    C’est impossible !
    Donc on ne peut donc pas parler de traduction mais d’interprétation car une traduction suppose une compréhension de ce qui est dit par l’intelligence. Or quand l’apôtre parle de ce don, il dit que non seulement personne ne comprends mais que l’intelligence demeure stérile. D’où l’utilité de l’interprétation.
    Cependant cette interprétation n’est pas le fruit de l’intelligence mais la manifestation d’un autre don de l’Esprit qui marche en complétude au don des langues et qui est la faculté instante d’entendre ce qui est dit à Dieu lors de la manifestation du don des langues.
    Façon de dire que c’est l’Esprit lui même(et non point l’intelligence), au travers du don d’interprétation, qui ouvre instamment l’esprit des uns et des autres afin que l’intelligence saisisse ce qui est dit quand quelqu’un parle en langues.
    Celui qui ne possède pas le don d’interprétation ne peut entendre ce qui se dit à Dieu par l’Esprit.
    Ainsi en Actes 2., ceux qui saisissaient ce qui était dit, manifestaient tous le don d’interprétation car ils entendaient en leur langue maternelle mais selon l’Esprit.

    Prenons un cas simple pour expliquer un peu le miracle de Actes 2 :
    Il y a quelqu’un qui parle en langue dans une assemblée française de chrétiens réunis selon que l’Esprit le conduit et en face de ce chrétien il existe des chrétiens d’origines diverses. Tous maîtrisent le français car c’est la langue usuelle mais certains d’entre eux maîtrise aussi leur langue d’origine.
    Un est d’origine chinoise, l’autre d’origine américaine, l’autre d’origine japonaise, l’autre originaire d’une tribu africaine avec un dialecte fort ancien, un autre de souche française et ne parle que le français.
    En supposant que ces cinq auditeurs reçoivent le don d’interprétation instamment, ce même parler en langue(car il y a un seul qui parle) est entendu par chaque individu dans sa langue maternelle.
    L’originaire de Chine entendra en chinois, l’originaire de l’Amérique entendra en anglais américain, l’originaire du Japon entendra en japonais, l’originaire de l’Afrique entendra selon son dialecte fort ancien, le français en français et tous les autres qui n’ont pas le don d’interprétation qui parlent et comprennent le français, entendront un charabia indigeste !
    Ainsi celui qui a parlé en langue n’a parlé ni le chinois, ni l’anglais, ni le japonais, ni le dialecte africain, ni le français lors de sa vocalisation en langues mais il a parlé une langue de l’Esprit inconnue des hommes et de l’intelligence des hommes, que l’Esprit lui même s’est chargé de faire entendre de manière intelligible à certains selon qu’il le désirait.
    C’est ce qui s’est passé en Actes 2, rien de plus
    En supposant que chacun veut donner un sens à l’assemblée de ce qui a été dit à Dieu, pour l’édification commune, chacun parlerait en français à l’assemblée car l’assemblée est française.
    .
    2) Par ailleurs l’apôtre dit que celui qui parle en langues s’adresse à Dieu et non aux hommes.
    J’ai entendu dans le podcast que Pierre a interprété par son long discours ce qui avait été dit en langues. Il n’y a rien de plus faux !
    Pourquoi ?
    Parce que le parler en langue s’adresse à Dieu, c’est à Dieu seul que l’on dit des choses merveilleuses en esprit(nous esprit né de l’Esprit) par l’Esprit.
    Donc l’interprétation ne peut être un message s’adressant à des humains mais une transmission de ce qui a été entendu des choses qui ont été dites à Dieu. Le discours de Pierre n’a absolument rien de cela !
    C’est pourquoi Actes 2 précise bien que les hommes animés de l’Esprit disaient tous qu’ils entendaient chacun en leur langue maternelle parler des merveilles de Dieu. (Il ne s’agit nullement de paroles s’adressant à des humains)
    La question que l’on pourrait se poser lors d’une vocalisation en langues est : « Qu’est ce qui a été dit à Dieu par l’Esprit ? »… Car ce qui est dit, est dit à Dieu et non aux hommes.
    Ainsi si quelqu’un parle en langue et qu’une interprétation donne une prophétie s’adressant à un chrétien dans l’auditoire, cette prophétie n’est pas l’interprétation de la langue qui a été donnée car l’interprétation ne fait que rapporter à l’intelligence de l’auditoire tout ce que l’E/esprit a dit à Dieu et à Dieu seul, et ce que l’Esprit dit à Dieu par le don des langues, ce sont des prières, des louanges, des adorations, des mots exprimant les merveilles de Dieu. Ainsi si Pierre avait interprété ce qui avait été dit en langue on l’aurait entendu exploser en langues intelligibles en louanges, en adoration, en prières devant Dieu et envers Dieu et non point manifester un discours adressé aux humains.
    Aucune interprétation du don des langues ne peut s’adresser directement à un humain comme ce que l’on retrouverait dans le don de prophétie, ou la parole de sagesse ou la parole de connaissance ou encore dans la maîtrise de l’enseignement, exhortation etc…
    La langue peut être une prière à Dieu, une louange à Dieu, une adoration à Dieu et l’Esprit au travers de ce fleuve de prières, de louanges, d’adorations fait couler des merveilles inexprimables envers Dieu et envers Dieu seul.
    Si d’aventure on entends une interprétation des langues on entendra QUE ce qui est dit à Dieu car aucune langue de l’Esprit ne s’adresse aux hommes mais à Dieu et à Dieu uniquement et l’Esprit afin d’édifier les hommes accorde selon sa Volonté l’interprétation de ce qu’il a dit à Dieu.

    3) Concernant ce que j’ai entendu du cessassionnisme, voir du complétu???, j’y réponds simplement par la question suivante :
    L’Esprit Saint est-il toujours actif dans l’Église aujourd’hui et depuis quand un corps avance t-il sans membres puisque les dons spirituels sont comme les membres de l’Esprit-Saint dans l’Église aujourd’hui ?
    A moins que l’Esprit-Saint ne soit en dehors de ceux des assemblées qui enseignent le cessasionnisme, je ne vois guère comment les dons divers de l’Esprit pourraient cesser quand l’Esprit lui même ne tarie point et qu’il est Fleuve d’Eau Vive.
    J’estime que sur ce point, ce n’est pas l’Esprit qui a cessé de se manifester en dons spirituels mais les chrétiens qui ont cessé de croire en Dieu et en sa puissance par le Saint-Esprit et qui se sont asséchés.

    Bien à vous !

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