4 questions à Guillaume Frederick sur l’importance du pardon dans la vie chrétienne

4 questions à Guillaume Frederick à l’occasion de la grande campagne « A ceux qui nous ont offensées » organisée par Majestart, et dont Le Bon Combat est partenaire.

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Guillaume Bourin (GB) : Majestart lance une grande campagne sur le pardon intitulée « À ceux qui nous ont offensés ». Pourquoi cibler spécifiquement ce thème ?

Guillaume Frederick (GF) : Avec le 21èmesiècle nous parlons du progrès de la science, de la technologie. Cependant, vivons-nous aussi le progrès dans les relations humaines ? Nous pouvons tous voir, à l’aide des médias, les tensions qui déchirent différents pays, différentes ethnies, différents groupes sociaux. Sans l’aide des médias, il nous suffit de regarder dans nos vies, afin de voir que les relations sont fragiles, que ce soit dans nos familles, dans notre couple, dans nos amitiés.

Je pense que nous parlons tous facilement de notre désir de vivre en paix les uns avec les autres. Cependant, nous parlons si peu du pardon, nous avons tendance à le réduire à un simple « scuz » (forme la plus épurée de l’expression « excuse-moi »), lorsque nous écrasons par inadvertance le pied d’un passant. Nous voulons ouvrir un débat sur le pardon, car nous pensons que c’est la seule manière de parvenir à la paix, et de la conserver.

 

(GB) : En quoi la doctrine du pardon est-elle centrale pour le chrétien ?

(GF) : Dieu nous demande d’aimer, d’être en paix les uns avec les autres. (Matt.9:50). Cependant, alors que nous sommes tous incapables de ne faire que le bien (Rom.7 :18), il en résulte forcément des offenses, que l’on soit chrétien ou non. Alors si l’offense est inévitable, comment pourrions-nous obéir à Dieu et aimer ceux qui nous entourent, si nous sommes incapables de nous réconcilier : pardonner quand nous avons été offensés, et de demander pardon lorsque nous avons offensé.

Tandis que Jésus apprend à ceux qui le suivent comment prier, il nous demande de parler à Dieu en ces termes « Père, pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Tout y est. Le pardon devrait être central chez le chrétien, car nous devenons enfants de Dieu seulement lorsque nous acceptons l’offre de réconciliation proposée par Dieu. (Rom.5 :11). Le pardon devrait aussi être central chez nous puisque en bénéficiant du pardon de Dieu, Il nous commande à nous aussi de nous réconcilier avec ceux qui nous entourent

 

 

 

 

(GB) : Quels sont les évènements et les actions qui vont émailler cette campagne ?

(GF) : Le lancement officiel de la campagne a eu lieu le 04 Octobre à 19h30avec la mise en ligne du site web « jepardonne.com », et déclinera différents volets : le vernissage de notre première expo, qui a eu lieu lui aussi lieu le 04 Octobre à Lyon (à l’espace coworking « Polygones »,28 rue du Doyenné), avec Michel N’guie et Elsie Pomier. Nous avons eu une seconde expo le 06 Octobre 19h30 – à Lyon également (galerie « La Causerie » 115 Grande rue de la Guillotière) avec 13 artistes du collectif Majestart qui ont proposé des perspectives différentes sur le pardon. Ces deux expositions seront par la suite itinérantes, et passeront par Besançon, Mulhouse..

Je reviens sur le site web jepardonne.com,qui aura une partie blog avec la mise en ligne de 2 articles par mois par différents auteurs, une partie formation en ligne tenue par Germaine Pomier (conseillère conjugale et familiale), ainsi qu’une plateforme participative permettant de partager son vécu via des affiches destinées à être collées légalement dans la rue, et pouvant être reprises par les internautes qui s’identifient à ces démarches.

En plus de cela, vous aurez la chance de pouvoir accéder à un court-métrage exclusif sur le pardon, tourné par Etienne Magnin et toute son équipe !

 

(GB) : Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui estime que le pardon n’est pas forcément nécessaire pour bien vivre sa vie ? 

(GF) : Nous sommes tous capables de voir quel est le résultat de relations sans pardon : la vengeance ? ou au mieux… l’indifférence ? Au final, le résultat est une relation brisée. Comment pourrions-nous vouloir la paix dans le monde à l’échelle des différents pays, sans rechercher la paix dans nos relations ? Dire que le pardon ne nous concerne pas, reviendrait à oublier le fait que tôt ou tard, nous sommes offensé ou offenseur.. (Comme dit l’apôtre Paul en Romains 7.19, « Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.»).

Et pour terminer, voulons-nous finir comme ce serviteur qui a reçu la remise de ses dettes*, mais qui a ensuite enfermé ceux qui lui devaient de l’argent ? Car la fin est la suivante : ce serviteur, à cause de son manque d’amour, finit lui aussi enfermé. Il n’a pas partagé l’amour dont il a bénéficié.

Or, face à Dieu, nous sommes tous bénéficiaires de son pardon. (Matt18 v21 35)

 

Merci Guillaume ! 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).