Voici pourquoi je travaille au service d’une église confessionnelle

Je suis depuis quelques semaines seulement le pasteur d’une église confessionnelle, autrement dit une église qui s’appuie sur une confession de foi publique —en l’occurrence la confession de Londres de 1689—  pour établir sa doctrine et son organisation. Certains de mes amis s’étonnent : pourquoi s’enferrer dans un tel schéma, avec une confession de près de 70 pages fixant le cadre de mon enseignement et ne me laissant aucune liberté pour interpréter le texte biblique ?

Outre le fait que ce n’est pas du tout exact (j’ai toute liberté d’interpréter la Bible, la 1689 ne fait que synthétiser mon faisceau de convictions), j’estime que ceux qui s’expriment de la sorte ne font que dénoncer ce qu’ils pratiquent eux-mêmes… Car eux aussi adhèrent à une confession de foi, comme cette citation de Carl Trueman le rappelle :

« Je tiens à souligner ici que les chrétiens ne sont pas divisés en deux groupes, ceux qui ont des crédos et des confessions et ceux qui n’en ont pas. Ils sont plutôt divisés entre ceux qui, d’un côté, ont des crédos et des confessions publics qui sont écrits et existent en tant que documents publics, soumis à un examen public, à une évaluation et une critique, et ceux qui, de l’autre, ont des crédos et des confessions privés qui sont souvent improvisés, non écrits et donc non ouverts à un examen public, non susceptibles d’être évalués et, ironiquement, non susceptibles d’être soumis aux tests de l’Écriture pour évaluer leur véracité »

 

Je pense que l’argument de Trueman est imparable : nous avons tous une confession de foi, que nous l’avouions ou non. Si donc vous rejetez l’adhésion à une confession de foi comme un carcan qui « emprisonne » le texte biblique, vous avez tort. Bien que vous vous en défendiez peut-être, vous interprétez la Bible avec les lunettes de vos présupposés, et vous adhérez vous aussi à un ensemble de croyances qui constitue une sorte confession de foi privée. Cher ami(e), si vous êtes un lecteur assidu du blog (et même si vous ne l’êtes pas), je voudrais vous encourager à jeter un oeil à notre section intitulée Documents historiques de référence dans laquelle certaines des confessions chrétiennes les plus importantes sont listées.

Nous devons résister de toutes nos forces aux interprétations privées de la Bible (cf. 2 Pierre 1.20-21), et nous devons pour ce faire accepter que d’autres chrétiens avant nous se sont posés des questions qui peuvent être bénéfiques aux croyants du XXIème siècle.

Seriez-vous prêt à laisser l’histoire de l’interprétation examiner ce que vous croyez ? Seriez-vous prêts à laisser votre propre confession de foi passer par le test de l’Écriture ?

 

Pour aller plus loin :

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, auteur, et fondateur du blog Le Bon Combat dont il est l'un des administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse). Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale.