Un regard biblique sur halloween : faut-il rejeter cette fête ?

Dans le premier article de cette série, nous avons vu que la fête d’Haloween est bien d’origine chrétienne et vise à une satire de Satan, mais est-ce là une déviation vis-à-vis des principes bibliques ? C’est ce que nous allons évaluer maintenant.
 –

Les signes d’Halloween : traditions et symboles

Parmi les traditions d’Halloween, trois ressortent principalement : le déguisement, l’exigence de friandises sous peine d’une farce (“trick or treat »), et les citrouilles.

 Commençons par les citrouilles. C’est forcément “made in USA”, n’est-ce pas ? Oui et non. Il n’y avait pas de citrouilles en Europe, mais il y avait des gourdes, des navets et autres légumes qui servaient de support à bougies pour tout un tas de gens qui n’avaient pas les moyens d’avoir une lanterne en métal.

En fait, la bougie a très longtemps été le seul moyen de s’éclairer la nuit, et les maisons en étaient constamment remplies. Ainsi l’embellissement des bougies et les porte-bougies, par des sculptures ou des gravures, n’était qu’un aspect de la décoration d’intérieur. Les européens qui ont émigré vers le Nouveau Monde ont vite appris que les citrouilles se prêtaient bien à cette pratique.

On entend dire qu’un légume ou un fruit sculpté représente le visage d’un défunt, et la flamme à l’intérieur, son âme – en référence au conte irlandais de Jack-o-lantern, qui date du 19e siècle. Est-ce que c’est ce qu’on vous a dit quand vous avez sculpté une citrouille pour la première fois, que ça représentait la tête d’un cadavre et que son âme était piégée à l’intérieur ? Bien sûr que non.

Les symboles et les décorations, comme les mots, veulent dire des choses différentes dans différentes cultures, dans différentes langues, et dans différentes périodes de l’histoire. Sans faire complètement fi de l’histoire, il ne faut pas interpréter des pratiques en dehors de leur contexte culturel.

La question pertinente, c’est donc “Que veut dire ce qu’on pratique maintenant ?”, et de nos jours, ce n’est qu’une décoration.

De la même manière, un dîner aux chandelles n’a rien de religieux, même si l’effet recherché par l’éclairage aux chandelles (créer une atmosphère particulière, gommer les détails qu’une lumière trop forte révèlerait, induire un état de relaxation et de concentration – comme on le fait en photographie, dans les tableaux et dans une salle de cinéma) peut être également le but de l’utilisation de bougies dans des pratiques religieuses (méditation, initiations, culte, etc.).

 

Venons-en aux farces et aux friandises. Si cette tradition d’Halloween est très récente (19e siècle, comme Jack-o-lantern), son origine est inconnue. A l’époque médiévale, il était courant que les enfants et les pauvres des îles britanniques fassent du porte-à-porte en quête de nourriture, en échange d’une prière. Il s’agit peut-être d’un renversement de cette pratique : au lieu de promettre une prière, on menace d’une farce.

Enfin, en ce qui concerne le déguisement, comme nous l’avons vu, c’est une pratique largement répandue, associée à la satire grotesque ; et comme nous allons le voir, on retrouve ce principe et cette pratique dans la Bible.

Le fondement biblique d’Halloween : une polémique contre les idoles

Notons que de nombreux articles qui paraissent dans les livres, les magazines et les encyclopédies sont écrits par des humanistes sécularisés, ou même par les “pop-païens” du mouvement appelé le “New Age”.

Ils cherchent activement à supprimer les origines chrétiennes des traditions historiques, et tentent de focaliser l’attention sur leurs liens avec le monde païen. Leur objectif est de rendre le paganisme acceptable et de diminuer l’importance du Christianisme. On entend donc dire que Halloween, Noël, Pâques, etc. ont des origines païennes. C’est faux. Généralement, les fêtes chrétiennes et païennes n’ont en commun que les dates et certains éléments festifs tellement génériques qu’il s’agit plutôt d’une coïncidence.

 

Pourtant, certains chrétiens radicaux ont été influencés par ces visions biaisées de l’histoire. Ils n’acceptent pas la réécriture humaniste et païenne de l’histoire de l’Occident, de l’Histoire de l’Amérique, et de la science, mais parfois ils acceptent les réécritures humanistes et païennes des origines d’Halloween et de Noël, de l’Arbre de Noël, etc. Espérons qu’avec le temps, ces chrétiens reverrons ces questions, car cette vision du monde est radicalement opposée à la vision biblique du monde.

Certains remarqueront qu’une tradition de l’Église médiévale n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus biblique. L’Écriture ne condamne-t-elle pas “ceux qui injurient les gloires” (2 Pierre 2.10 et Jude 8) ? Se moquer de Satan et de son armée est-il judicieux ?

En réalité ces deux passages parallèles condamnent les enseignants trompeurs dans l’Eglise, dont l’arrogance et l’ignorance les poussent à insulter les anges déchus – paroxysme de leur rejet de l’autorité. En fait, ils se croient affranchis de toute loi, faisant de la grâce et de l’amour de Dieu une excuse pour avoir une vie débridée.

Ce n’est pas la même chose que de témoigner joyeusement au monde (croyants et non-croyants) de la victoire de Christ en ridiculisant les “fausses divinités”, et que de souligner leur impuissance : les prophètes Elie et Esaïe ainsi que l’apôtre Paul ne s’en privent pas (voir 1 Ro 18.27; Esa 46.1-2 ; et Ac 17 notamment).

 

Certes, aucun ne va jusqu’à se déguiser en idole ou en serviteur d’idole pour les ridiculiser, mais le prophète Elie et le chef de guerre Gédéon ne reculent pas devant des gestes prophétiques qui mettent en scène des éléments associés à Baal, qui est censé être, entre autres, le dieu de la pluie et de la rosée (1 Ro 18.33-34 ; Jg 6.36-40), pour le ridiculiser. Paul présente Jésus sous les traits de Dionysos, et l’apôtre Jean fait quelque chose de semblable : puisque Satan tente maladroitement de ressembler à Dieu pour prendre sa place (voir Ap 5.6 et 13.11-18), l’auteur accoutre “l’Agneau de Dieu” (Jésus) des attributs associés aux créatures maléfiques pour ridiculiser les tentatives de Satan.

 

 

LISEZ LE DERNIER ARTICLE DE CETTE SERIE ICI

 

 

Seul chrétien de ma famille, converti à 21 ans, puis étudiant en Théologie et désormais apologète à mes heures, je m'intéresse particulièrement aux rapports entre la foi, les visions du monde et la culture populaire (voir "Visio Mundus", site partagé avec Y. Imbert, professeur d'apologétique).

  • dan

    Noël a forcément une origine païenne, à moins que l’on croit pas du tout aux coïncidences (une fête qui se passe pendant un solstice est païenne car rattachée au culte du soleil) Mais il est vrai que l’église catholique a longtemps pensé que le soleil était le centre de l’univers… et que l’on ne croit pas non plus que la date de naissance de Jésus ait une importance fondatrice d’un… calendrier par exemple. Guillaume pourra facilement confirmer par ailleurs que « el » en hébreux signifie divinité, voire carrément Dieu en français, et que par conséquent le nom « no-el » signifie la négation de la divinité. C’est donc une fête doublement païenne car son but est de nier la divinité. Donc la terre est carrée. CQFD. (il faudrait prendre un peu de recul et voir les choses dans leurs globalité, merci)

%d blogueurs aiment cette page :