Ne tirez plus ! Halloween est en réalité une fête chrétienne…

 

On entend dire qu’Halloween est une fête d’origine Celtique, version catholicisée  – en surface – du festival de Samhain (prononcer “sao-éine”), ou pire encore, que c’est une fête essentiellement… Américaine.
Cela suscite des réactions de rejet : occultisme ou américanisme, pas de ça chez nous ! D’ailleurs, certains évangéliques préfèrent largement célébrer la Fête de la Réforme, qui a lieu le même jour. Ce sujet polémique mérite un approfondissement.
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L’origine d’Halloween : une fête belle et bien chrétienne

Halloween est la contraction de All Hallows’ Eve. Littéralement, “Veille de tous les saints”[1] ou “veille de la Toussaint”, All Hallows’ Eve est devenu Hallow-Even (“soir saint”), puis Hallow-E’en, et enfin Halloween.

Le jour de la Toussaint, c’est le 1er novembre. Cependant, si pour nous une journée va de minuit à minuit, dans la culture hébraïque (c’est-à-dire dans la Bible), une journée commence le soir et s’achève le soir suivant. C’est pour ça que dans la Genèse, le récit de la semaine de création commence avec “il y eut un soir, il y eu un matin” et non l’inverse.

Ainsi, dans le calendrier de l’Eglise, un jour festif commence la veille. La veille de Noël et celle du Nouvel An nous sont probablement familières, mais il y a également la veillée du Samedi Saint qui précède le matin de Pâques. De la même manière, la Veille de la Toussaint, Halloween, précède la Toussaint mais en fait aussi partie.

C’est un jour de célébration de la victoire des saints unis avec Christ. L’observance de diverses célébrations de la Toussaint a débuté au 4e siècle, et ces dernières ont été unifiées et fixées au 1er novembre à la fin du 8e siècle.

Les fêtes de la Toussaint et d’Halloween dans le christianisme méditerranéen de l’époque n’avaient pas grand-chose à voir avec Samhain[2], si ce n’est la date et peut-être la tradition de se déguiser, mais le déguisement est une pratique religieuse si courante qu’il serait imprudent d’affirmer que c’est ici une reprise de Samhain plutôt qu’un élément propre à la fête chrétienne.

Le sens d’Halloween : une satire de Satan

Ainsi Halloween est une fête d’origine catholique. N’est-ce pas une raison tout de même valable pour justement ne pas la fêter ? Athée ou évangélique, on évite généralement de participer à des fêtes catholiques, et parfois même, on préfère célébrer autrement ces fêtes pour manifester se démarquer. Mais sait-on seulement de quoi ?

Le festival de la Toussaint, y compris sa veille, Halloween, proclament plusieurs choses :

  • D’abord, que le mal existe. Malgré les accoutrement ridicules, indécents ou malsains qui peuvent circuler, la présence du mal, quelle que soit la définition qu’on en a, devient visible et palpable. D’ailleurs la Toussaint célèbre des martyrs, morts à cause de leur foi, et des saints, morts malgré leur foi.
  • Puis, que le mal touche tout le monde. Non seulement les monstres envahissent les rues, mais sous les masques et le maquillage, c’est nous ! Nous, qui sommes donc à la fois victimes et malfaiteurs.
  • Ensuite, que tous sont appelés à combattre le mal : quoi qu’on pense du processus de canonisation catholique, ou de l’idée protestante que tous les chrétiens sont des saints, on constate dans les deux cas la très grande diversité de ces derniers, et donc l’universalité de cette vocation.
  • Enfin, que ce combat n’est pas vain, car la victoire est assurée. Christ l’a démontré : en ressuscitant, il a vaincu la mort et l’emprise de Satan. Il a porté le coup décisif, à nous de porter le coup final, en partenariat avec Dieu :

“(…) votre obéissance est connue de tous ; je me réjouis donc à votre sujet, et je désire que vous soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal. Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous !” (Rm 16.19-20).

Dès lors, Halloween est une occasion de proclamer toutes ces choses, en jouant sur la satire, ou le grotesque. Cela combine le repoussant et le rire, comme la tradition des gargouilles, gardiennes des églises.

Voilà pourquoi on représente Satan avec un costume rouge, des cornes, des sabots et une queue fourchue. Personne ne pense réellement que le diable ressemble à ça (si ce n’est Hollywood) ; en tous cas cette image n’est pas issue de la Bible. L’idée est plutôt de le ridiculiser parce qu’il a perdu le combat et il n’a plus de pouvoir sur nous dès lors que nous sommes disciples de Jésus, qui l’a vaincu.

Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre Dieu et son messie ? (…) Celui qui siège dans les cieux rie, Dieu se moque d’eux.
(Ps. 2.2,4).

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Notes et références

[1]All” = “tous”, “hallow” = “saint” (c’est une forme alternative de “holy”), et “eve” = “veille”.

[2] La plupart des sources invoquées aujourd’hui pour présenter Samhain datent du 18e et 19e siècle, époque où de nombreux groupes d’intellectuels ont cherché à redonner vie à des traditions religieuses anciennes et n’ont pas hésité à spéculer abondamment pour légitimer leur entreprise. Il existe en fait très peu de texte originaux ou de transmissions fiables des traditions de Samhain, et ces sources ne mentionnent quasiment rien sur la fête elle-même.



Seul chrétien de ma famille, converti à 21 ans, puis étudiant en Théologie et désormais apologète à mes heures, je m'intéresse particulièrement aux rapports entre la foi, les visions du monde et la culture populaire (voir "Visio Mundus", site partagé avec Y. Imbert, professeur d'apologétique).


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