Prier en langues, est-ce réellement édifiant ?

Cet article n’a pas pour but de reprendre, de corriger, ou même de blesser le lecteur. Personne ne remet en cause la réalité de l’expérience de ceux qui pratiquent le parler en langues. Dans les lignes qui vont suivre, vous découvrirez simplement le témoignage d’un homme qui pratiquait le parler en langues « moderne » et qui ne le pratique plus. Nous espérons que vous percevrez tous la perspective irénique de ce billet.

Mise à jour du 27/05/2017 : nous avons supprimé toute référence à la délivrance, voir cet article pour davantage d’explications.

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Introduction

Je suis né dans les milieux pentecôtistes. J’ai parlé en langues régulièrement, instinctivement, et activement pendant plus d’une décennie après avoir reçu l’imposition des mains d’une prophétesse Anglo-Canadienne alors que j’avais entre 10 et 12 ans. C’était quelques temps avant mon baptême.

Depuis maintenant plus de 15 ans, à la lumière d’une étude attentive des écritures, j’en suis venu à la conclusion que mon expérience, aussi réelle fusse-t-elle, n’était pas compatible avec le don des langues tel que présenté dans le livre des Actes, ni même avec une interprétation correcte de la deuxième lettre aux Corinthiens.

J’ai donc décidé d’arrêter la pratique. Je vous explique plus en détails dans les paragraphes qui suivent.

 

 

Compréhension globale du don des langues

Nombre d’études existent sur les passages clés des Écritures touchant le sujet du parler en langues. Je ne veux pas en faire une exposition systématique ici. Mais je peux simplement affirmer que je crois que quand l’apôtre Paul parle des langues, il montre que les langues sont une prophétie pour ceux qui la comprennent (les nations / les croyants, 1 Cor 14 :22), tandis qu’un signe de jugement pour/sur ceux qui ne la comprennent pas (les Hébreux / les incroyants, 1 Cor 14 :22).

>> ECOUTER AUSSI : Pascal Denault et Guillaume Bourin parlent-ils en langues ?

 

Cette interprétation est totalement compatible avec ce qui s’est passé en Actes 2. C’est comme si par cet événement Dieu disait aux Hébreux incroyants : « Je ne vous parle plus, je parle maintenant aux nations». Dans le contexte de transition de l’Ancienne à la Nouvelle Alliance au premier siècle de notre ère, les langues étrangères sont donc un signe de jugement sur Israël incrédule.

« Il est écrit dans la loi : C’est par des hommes d’une autre langue Et par des lèvres d’étrangers Que je parlerai à ce peuple, Et ils ne m’écouteront pas même ainsi, dit le Seigneur. »
1 Cor 14:21 / Ésaïe 28 :11

« Or je vous le déclare, plusieurs viendront de l’Orient et de l’Occident, et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. Mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Matthieu 8: 11 – 12

« C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits. Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera. »
Matthieu 21: 43 – 44

 

Outre la destruction de Jérusalem et du temple en 70 après JC, la preuve la plus apparente de ce jugement encore aujourd’hui est le simple fait que le NT ait été écrit, non pas dans la langue Hébraïque, mais dans la langue des nations.

Ainsi, prophétiser via des langues incompréhensibles ne fait aucun sens dans la perspective de l’édification de l’église, surtout en tenant compte du fait que cela a mené à la destruction de l’ancien système religieux. Au mieux, cela ne fait qu’édifier celui qui parle (1 Cor 14:4). Au pire, ça ne le fait peut-être même pas si Paul est ironique quand il dit cela — et personnellement, je perçois une certaine ironie dans son discours.

 

 

Mon expérience moderne de la prière en langues

De par mon expérience personnelle, je crois qu’il existe un danger à la prière pratiquée par le parlé en langues : la paresse intellectuelle. En effet, j’ai constaté qu’il est beaucoup plus facile de prier en langues que de prier avec l’intelligence. L’utilisation des langues dans la prière peut être un moyen de persévérer dans une atmosphère de prière en remplissant les vides entres les phrases intelligibles. Un peu comme les « heuuuu » s’insérant quasi-automatiquement dans le discours d’une personne hésitante. Cela tend à éviter le malaise des temps morts.

Ou encore, les langues peuvent prendre la place de toutes les phrases intelligibles. Cela vous surprendra peut-être, mais ce genre de prière n’est pas nécessairement considéré incomplet par la personne qui prie en langues. Dans sa perspective, elle a accompli ce qui était difficile : prier avec l’aide de l’Esprit … Comment cela pourrait-il être incomplet? Cette pensée peut facilement laisser croire à la personne qu’elle a réellement et pleinement prié. Cependant, ceci ne correspond en rien aux modèles de prières que nous trouvons dans les Écritures.

Ceux qui n’ont jamais parlé en langues ont généralement une incompréhension totale de ce mode d’expression. Une analogie pourrait peut-être les aider. Je crois que le parler en langues tel que nous le retrouvons dans certains cercles évangéliques aujourd’hui est semblable aux discours que font les bébés avant de même savoir parler. Ils veulent communiquer, ils ressentent beaucoup d’émotions, mais ils ne savent ni quoi dire, ni comment le dire. Alors ils font toutes sortes de sons pour exprimer leurs émotions et leurs désirs avant même de savoir véritablement parler. La prière en langues ressemble beaucoup à ce phénomène.

Face à la grandeur de Christ est de son amour, nous ne savons quoi dire. Alors nous nous exprimons tout de même. Cependant, je ne conçois pas que le Seigneur nous appelle à demeurer au stade «d’enfant » dans la prière, mais à grandir dans celle-ci au même titre que croissons dans notre foi.

 

 

Le point tournant

Quand j’ai commencé à avoir des doutes sur la véracité du don des langues tel que pratiqué dans mon milieu, j’ai eu l’idée de mettre le mien à l’épreuve. Je vous épargne les détails de cette méthode pas vraiment scientifique. J’ai alors réalisé que mes langues n’avaient rien de commun avec les langues structurées telles que celles dont les nations de la terre usent. De plus, si c’était des langues inspirées de l’Esprit, comment se fait-il que je pouvais les modifier à volonté ? Comment se fait-il que j’avais un contrôle sur leur manifestation ?  J’en suis venu à la conclusion que les langues telles que les Écritures nous les présentent ne sont pas les langues inintelligibles et sans structure, à la différence de celles pratiquées dans les milieux pentecôtistes/charismatiques.

Ma compréhension de la Parole a eu le dessus sur mon expérience : si mon expérience n’était pas commandée par les Écritures, pourquoi continuer à la pratiquer?

 

 

Le sevrage

Comme pour toute habitude bien ancrée, un processus de sevrage personnel a été nécessaire. Par sevrage, j’entends qu’il m’a été difficile d’abandonner le réflexe que j’avais de prier en langues en toutes circonstances, surtout lorsque mes émotions atteignaient un point culminant : deuil, excitation, peine, etc.

J’ai dû combattre ces réflexes pendant plusieurs mois. J’ai dû apprendre à transformer mes mots inintelligibles en mots intelligibles. De plus en plus, les périodes de « rechute » s’espaçaient, jusqu’au jour où j’ai été surpris de me rendre compte que je n’avais plus eu le réflexe de prier en langues depuis plusieurs mois. Soyez en certains: quelqu’un ne pourra arrêter de parler en langues aussi facilement qu’il change de paires de chaussures …

 

 

Le vide laissé

Par la suite, mon sevrage du parler en langues a laissé un vide dans mes prières, et cela a duré longtemps. Comme cette pratique était considérée comme le moyen par excellence pour prier –prier par l’Esprit disait-on — je n’avais pas appris à prier comme le roi David. Je n’en avais même jamais ressenti le besoin. Je priais par l’Esprit après tout ! Ou d’un autre point de vue, « l’Esprit lui-même [intercédait] par des soupirs inexprimables » (Rom 8 :26)

David nous a laissé le manuel de prières que l’Éternel à bien voulu donner dans Sa Parole pour les chrétiens de toutes générations (les Psaumes). Ce « manuel » enseigne à prier non pas en langues inintelligibles, mais avec toute son intelligence. Christ chantait les Psaumes et les méditait juste avant son arrestation à Gethsémané. L’Eglise en a fait un usage important dans le cadre de l’adoration tout au long de son histoire. La réforme protestante, l’un des plus grands réveils évangéliques, les a élevés comme le plus important recueil de chants et de prières inspirés. Qui oserait le remplacer par quoique-ce soit d’autre?

C’est récemment que j’ai redécouvert la pertinence du Psautier (les Psaumes mis en vers français) et de son utilité pour combler le vide de ma prière, mes méditations, et pour faire véritablement grandir ma foi en Dieu et ma connaissance de Sa Parole. Et ce n’est pas moi seul, mais aussi la famille que Dieu m’a accordé de conduire spirituellement. Je n’ai jamais eu autant de discussion sur la foi, sur le péché, sur la repentance, sur le pardon, et sur la piété chrétienne que depuis que je chante les Psaumes de David avec mes enfants. Nous apprenons à prier, non pas comme des enfants, mais comme des adultes. En priant les Psaumes, c’est véritablement les paroles de Christ qui sont mises dans notre bouche. Le Saint Esprit scelle la Parole de Christ dans nos coeurs afin que nous apprenions à prier comme Christ. Tout à coup, il est possible de prier par l’Esprit et avec l’intelligence! (1 Cor 14:15)

 

 

Conclusion

Ce parler en langues, moderne et populaire, incompréhensible par qui que ce soit sur la terre, est-il le parler en langues biblique? Je ne peux plus croire cela. Davantage, alors que j’ai longtemps pensé que cette pratique était inoffensive, je me rends compte aujourd’hui qu’une chose vaine prend toujours la place d’une chose importante,  et qu’elle invite toujours d’autres vanités qui lui sont jointes.

Pour ma part, une fois sevré, j’ai constaté le vide que ce parler en langues a laissé. Merci Seigneur de le combler par une nourriture bien plus satisfaisante : Sa véritable Parole!

 

Seigneur, enseigne-nous à prier.
Luc 11:1

 

 

 

NB:  Pour ceux qui chercheraient un psautier moderne et fidèle au texte original, je suggère fortement l’adaptation en français actuel du Psautier de Genève par Marc-François Gonin. Aucun verset n’est négligé et il est toujours possible de les chanter avec les airs originaux. Un chef d’oeuvre!

 

 

Marié et père d'une jeune famille, je me passionne aussi pour la théologie. Mes intérêts particuliers sont la continuité/discontinuité entre les testaments, la théologie de l'alliance, le christianisme historique (crédo / confessions / catéchisme), et la pertinence de tous ces sujets pour l'église d'aujourd'hui. "Vous avez tout pleinement en lui" - Colossiens 2:10

  • Maxime Georgel

    Super Matt, bien dit et avec douceur. Merci pour ton expérience intéressante. Ça montre aussi la nécessité d’une approche pastorale et d’accompagnement pour ceux qui veulent arrêter cette pratique après un constat similaire au tiens. Et ça confirme l’importance de s’inspirer de la Bible et en particulier des Psaumes dans nos prières. Ces prières sont réellement de l’Esprit !

    Seigneur, enseigne-nous à prier.

  • Alexandre Robert

    Bonjour, bonsoir et merci pour ce partage. J’ai cependant une retenue.
    Je suis d’accord sur le fait de veiller à ce que le parler en langue ne soit pas un moyen d’expression qui sert à combler des vides ou bien qui invite à la paresse expressive et intellectuelle.
    Mais dans votre nouvelle compréhension du parler en langue, que pensez-vous de celui que l’on pourrait considérer comme étant attaché aux dons de l’Esprit ? Celui qui est accompagné du don d’interprétation ?

    • Long-x

      Si c’est accompagné du don interprétation alors c’est vrai (quoique il faut que ça soit soumis à l’esprit des prophètes).

  • bubzy

    J’ai l’impression que le parler en langues moderne est simplement une pratique qui reproduit « humainement et par mimétisme » le parler en langue réel. J’en veux pour « preuve » des inconvertis qui n’ont aucune expérience de la vie dans les églises évangéliques qui, pendant un moment de prière ou après leur baptême de mettent à prier en esprit.

    Je pense que si pour vous il vous a semblé que l’expérience du parlé en langue était du fait de votre intelligence, pour d’autres ce n’est pas le cas.

    La question est également de savoir ce que vous faites des passages qui parlent du parler en langue bien comme une pratique perso. Penser que Paul fait de l’ironie juste pour faire correspondre sa propre compréhension de l’écriture avec une expérience personnelle, c’est grandement discutable.

    Je ne parle pas en langue moi-même. Mais sur ce sujet comme sur d’autres, je trouve que la partialité des approches en fonction des expériences des auteurs mettent le doute sur l’honnêteté intellectuelle globale du site, malgré tout son sérieux. Et c’est bien ce que je trouve le plus dommage.

  • Francine

    Cher Matt,

    Je vous remercie de votre partage, qui comme tout témoignage tire sa force du vécu. Néanmoins sans annuler le constat de désaccord intersubjectif obtenu grâce à un rigoureux neutralisme méthodologique idéel, êtes-vous bien certain que votre appréciation de la glossolalie contemporaine soit la garantie d’un accès épistémique véridique à la réalité, in adaequatio rei et intellectus ? En effet, d’après des études récentes sur la communication linguistique, il est possible de distinguer jusqu’à quinze aspects modaux des structures résonantes de la psyché en syntonie avec les intuitions épistémologiques du glossolale. Vous sachant un lecteur assidu de Kuyper, Bavinck, Woltjer, je suis persuadée que vous ferez toute suite le rapport entre cette objection et les triades d’idées supranaturelles propres à l’apologétique vantilienne. Néanmoins comme plusieurs lecteurs de ce blog n’ont peut-être pas eu le loisir de se former à l’apologétique transcendantale, je résumerai en langage vulgaire et direct ce que je voulais vous dire :

    Le bébé qui se laisse aller au plaisir de gazouiller ne pèche pas, parce qu’il ne prétend rien. Mais le chrétien adulte qui ne bride pas sa langue, pèche en prétendant que les bruits qu’il émet viennent du Saint Esprit. Le péché ne réside donc pas dans le son, mais dans l’intention : passer pour spirituel. Or bien qu’ayant aujourd’hui découvert cette vérité, n’auriez-vous pas oublié de jeter le bébé avec l’eau du bain ? En effet, ne sera-t-il pas tout aussi puéril de s’exprimer dans l’Église en un charabia philosophique prétentieux, que dans le plus incompréhensible galimatias pentecôtiste ? Il n’y a pas de différence d’intention, c’est toujours vouloir être grand, alors qu’on est petit. Et quant à la paresse, n’avez-vous plus pas d’une fois découvert qu’écrire un texte clair et simple, demande plus d’effort que de recopier des expressions pompeuses et obscures ?

    Bien à vous,
    Francine

    • Maxime Georgel

      Les scolastiques ont développés des mots complexes et précis faisant de la théologie une discipline spécialisée. Il n’y a rien de mal à cela et je remarque que les théologiens qui savent parler technique savent aussi parler accessible.

      Il y a des efforts monumentaux qui sont faits pour rendre la théologie accessible (voir par exemple le livre théologie visuelle aux éditions Excelsis), mais il y a aussi les chants, les catéchismes, les poèmes, les sermons, les livres, les BD, les vidéos, les podcast, les punchlines. Aujourd’hui tout est fait pour que la théologie soit accessible, ces efforts venant souvent des « new calvinist » justement.

      • Francine

        Si quelqu’un avait une dent contre le scolastisme c’était bien Luther, et Calvin aussi ; ils connaissaient trop la stérilité de ses trompeuses subtilités pour avoir consumé dessus des années de leur jeunesse. Lisez leurs écrits vous n’y trouverez pas ce jargon philosophique torturé qui plaît tant au néo-calvinisme américain. Il est donc paradoxal d’en faire la promotion sous prétexte de sympathie avec la Réforme.

        • Maxime Georgel

          Nous ne devons pas lire le même Calvin car il consacre toute une partie de son Institution à expliquer la nécessité des termes spécifiques (dans son cas pour la Trinité) et le fait de ne pas se contenter des termes présents dans la Bible.

          Ce qu’il attaque, ce n’est pas le vocabulaire des scolastiques mais l’utilisation sophiste faite de ce vocabulaire par « ceux de la Sorbonne ».

          Pour Luther, je ne connais pas assez ses écrits pour confirmer ou infirmer.

          • Francine

            Bonjour Maxime,

            Effectivement, je lis Calvin dans les éditions de Meyrueis (19° s.) (dont la typographie a été légèrement modifiée par rapport au 16° spour en rendre la lecture plus facile et je n’y ai jamais rencontré les termes philosophiques : « intersubjectif, méthodologie, épistémique »… etc., que j’ai tous tirés d’articles récents pour m’amuser, et dont j’ai à peine modifié les phrases dans mon premier post.

            Je colle plus bas la section 5 du 13° ch. du livre I de l’Institution, pour que les lecteurs qui n’en ont jamais eu l’occasion puisse se rendre compte à quoi ressemble le « vrai » français de Calvin. Ils constateront que dans ce passage relatif au vocabulaire employé pour parler de la Trinité, Calvin n’utilise que soit des mots communs (substance, essence), soit des termes théologiques tirés du grec (homoousios, usie, hypostase…) ce qui est tout à fait normal le grec étant la langue du N.T. Contrairement à une excuse souvent invoquée les mots théologiques ne sont pas « techniques », et ne peuvent pas l’être. Tout technicien, tout scientifique, a besoin d’un vocabulaire précis parce que son domaine est celui du concret de l’observable ; mais essayer de donner un sens « technique », à « éternité », « âme », « substance », « essence », serait aburde et prétentieux. Les anciennes éditions de l’Évangile de Jean portaient en sous-titre : Άγιος Ιωάννης ο Θεολόγος : Saint Jean le théologien. Dès les premiers siècles l’Église a reconnu que parmi les apôtres, Jean était qui avait le plus le tempérament théologique. Or quoi de moins technique que le vocabulaire de Jean : la vie, la vérité, la lumière… il parle en poète et non en technicien. La théologie tient plus de la poésie, que des sciences dures, un certain vague lui est nécessaire pour pouvoir s’exprimer ici-bas, son royaume est celui des intuitions et non des descriptions.

            En ce qui concerne le fait que Calvin critiquait les scholastiques mais non leur vocabulaire, vous oubliez que les lettrés de cette époque parlaient couramment latin, depuis leur enfance ; ce qui n’est pas le cas de nos néo-calvinistes. A table avec Calvin, celui-ci aurait pu leur dire le plus naturellement du monde en latin : « Passe-moi le pot de moutarde », mais eux ne lui aurait répondu : « Envoie la confiture de rhubarbe », qu’après vingt bonnes minutes, nécessaires à la consultation de dictionnaires et d’auteurs anciens, et encore il n’est pas sûr que Calvin aurait compris. Les mots que les théologiens employaient au 16° s d’un bord ou de l’autre, n’avaient donc pas de connotation pédantesque.

            Mais que signifie alors ces interjections latines, ces « adaequatio rei et intellectus », qui parsèment les écrits néo-calvinistes ? Comme les glossolalies pentecôtistes, ce sont des signes de reconnaissance, ils signifient : « Moi aussi, je fais partie du groupe ; je ne parle pas vraiment cette langue, mais par elle je salue ceux de ma tribu, et je dis aux autres c’est ici les sons qu’il faut émettre si vous voulez nous joindre. » S’il est un peu méchant, j’en conviens, mon parallèle entre le parler en langue pentecôtiste et néo-calviniste, ne manque pourtant pas de sérieux : chat échaudé craint l’eau froide, si tu as pu pendant des années te tromper à ce point, fais attention de ne pas tomber dans quelque chose de pire, de Charybde en Scylla.

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            Calvin IC I. XIII,5

            Si donc ces noms n’ont pas esté inventez témérairement, il nous faut garder d’estre rédarguez de témérité si nous les rejetions. Je voudroye qu’ils fussent ensevelis, moyennant que ceste foy fust en tout le monde : le Père, le Fils, et le S. Esprit estre un seul Dieu, et toutesfois que le Fils n’est point le Père, ne l’Esprit n’est point le Fils, mais qu’il y a distinction de propriété. Au reste, je ne suis pas si rude et extrême, de vouloir susciter de grands combats pour les simples mots : car j’apperçoy que les anciens Pères, combien qu’ils s’estudient de parler fort révéremment en cest endroit, ne convienent point ensemble par tout : et mesmes qu’aucuns d’eux ne parlent point tousjours en mesme manière. Car quelles sont les locutions et formes de parler des conciles, que sainct Hilaire excuse ? Quelle hardiesse de parler prend aucunesfois sainct Augustin ? Quelle différence y a-il entre les Grecs et les Latins ? Mais un exemple seul suffira, pour monstrer ceste variété. Les Latins pour interpréter le mot Grec, Homousios, ont dit que le Fils estoit consubstanciel au Père : signifians qu’il estoit d’une mesme substance : et ainsi ils ont pris Substance pour Essence. Pourtant sainct Hiérome, escrivant à l’Evesque de Rome Damasus, dit que c’est un sacrilège de mettre trois substances en Dieu. Or on trouvera plus de cent fois en sainct Hilaire ceste sentence, qu’il y a trois substances en Dieu. Touchant du mot Hypostase, quelle difficulté en fait sainct Hiérome ? Car il souspeçonne qu’il y a du venin caché quand on dit qu’il y a en Dieu trois Hypostases. Que si quelqu’un en use en bon sens et droit, si dit-il que c’est une forme de parler impropre : si toutesfois il parle sans feintise : et non plus tost pour la haine qu’il portoit aux Evesques d’Orient il tasche de propos délibéré de les charger de calomnie. Tant y a que ce n’est pas fait honnestement à luy d’affermer que le mot Usie en Grec n’est autre chose qu’Hypostase, ce qu’on peut rédarguer par l’usage commun. Sainct Augustin est bien plus modeste et humainf, lequel en confessant que ce nom d’Hypostase en tel sens est nouveau entre les Latins, toutesfois non-seulement il laisse aux Grecs leur façon de parler, mais aussi il supporte les Latins qui les ont ensuivis. Et mesme Socrates historien Ecclésiastique, au livre sixième de l’histoire qu’on appelle Tripartite, estime que ç’ont esté gens ignorans, qui en ont usé les premiers en ceste signification. Et de faict, sainct Hilaire reproche pour un grand crime aux hérétiques, que par leur témérité il est contraint de submettre au péril de la parole humaine les choses qui se doyvent contenir dedans le cœurg : ne dissimulant point que cela est entreprendre choses illicites, présumer choses non concédées, exprimer choses inénarrables. Un peu après il s’excuse qu’il est contraint de mettre en avant nouveaux vocables. Car après qu’il a mis les noms naturels, le Père, le Fils et le sainct Esprit, il adjouste que tout ce qu’on peut chercher d’avantage est par-dessus toute éloquence, par-dessus l’intelligence de nostre sens, et la conception de nostre entendement. Et en un autre passageh, il estime les Evesques de Gaule bien heureux, de ce qu’ils n’avoyent ne forgé ne receu, ne mesmes cognu autre confession que la première et la plus simple qui avoit esté baillée à toutes les Eglises, depuis le temps des Apostres. L’excuse que fait sainct Augustin est assez semblable, asçavoir que la nécessité a comme par force arraché ce mot pour la povreté et défaut du langage humain en chose si haute : non pas pour exprimer du tout ce qui est en Dieu, mais pour ne point taire comment le Père, le Fils et le sainct Esprit sont trois. Ceste modestie des saincts Pères nous doit esmouvoir à ce que nous ne soyons par trop rigoureux à condamner incontinent tous ceux qui ne se voudront arrester à nostre guise de parler, moyennant qu’ils ne le facent point ou par orgueil et insolence, ou par finesse et malice : mais plustost que de leur costé ils considèrent quelle nécessité nous contraint de parler ainsi, à ce qu’eux-mesmes s’accoustument petit à petit à ce qui est expédient. Aussi quand d’un costé il faut résister aux Arriens, de l’autre aux Sabelliens, ils sont marris qu’on coupe la broche à telles gens pour ne les point laisser tergiverser, qu’ils se donnent garde qu’on ne souspeçonne qu’ils leur favorisent et sont leurs disciples. Arrius a confessé que Christ estoit Dieu : mais il gergonnoit en cachette qu’il avoit esté fait, et avoit commencement : aussi confessant qu’il estoit un avec le Père, il souffloit en l’aureille de ses disciples, qu’il y estoit uni comme les autres fidèles combien que ce fust de privilège singulier. En nommant Christ consubstanciel, on oste la masque à ce trompeur qui se desguise : et toutesfois ce ne sera rien adjouster à l’Escriture. Sabellius nioit que les noms de Père, de Fils, et de sainct Esprit emportassent aucune distinction, et ne pouvoit souffrir qu’on dist que ce sont trois, qu’il ne calomniast qu’on faisoit trois dieux. Or en disant qu’il y a trinité de personnes en une essence, on ne dit rien qui ne soit comprins en l’Escriture, et réprime-on le babil de ce calomniateur. Or s’il y en a quelques-uns tant scrupuleux qui ne puissent recevoir ces noms : toutesfois nul d’eux en despit qu’il en ait ne pourra nier quand l’Escriture parle d’un Dieu, qu’il ne fale entendre unité de substance : quand elle dit que le Père, le Fils et le sainct Esprit sont trois, qu’elle ne dénote trois personnes en ceste Trinité. Quand cela sera confessé sans astuce, il ne nous doit chaloir des mots. Mais j’ay expérimenté de long temps et plusieurs fois, que ceux qui s’acharnent à débatre tant des mots, nourrissent quelque venin caché : tellement qu’il vaut mieux les piquer de propos délibéré, que parler obscurément en faveur d’eux.

          • Peps Cafe

            Et l’on peut imaginer le théologien s’émerveillant de ses découvertes, en langage simple : « l’essence ? C’est super ! » 😉

          • Francine

            « l’essence ? C’est super ! » 😉
            A condition qu’elle soit sans plomb… métal déjà considéré comme vil à l’époque de Calvin !

            La théologie peut-elle faire des progrès et des découvertes ? L’universitaire qui en a fait son métier l’affirme, parce qu’il voit autour de lui la science et la technologie en faire à pas de géant, et qu’il faut bien essayer de justifier sa paye de « chercheur » ; mais au fond on peut en douter. Comment pourrait-il dire quelque chose de nouveau sur des questions auxquelles les hommes réfléchissent depuis vingt siècles, sans qu’aucun élément expérimental extérieur vienne leur apporter le moindre changement ? Les mathématiques progressent indéfiniment parce qu’elles sont une construction de l’esprit humain seulement soumise à la Logique ; la physique progresse parce que la Matière impose une confrontation perpétuelle à ses modèles, qu’elle doit toujours modifier en conséquence. Mais la théologie ne peut pas trouver ici bas son Maître et la connaissance des Cieux ; elle n’est donc pas une science au sens moderne du mot ; elle doit être un art, qui comme tout art doit produire sans arrêt du beau, pour continuer à exister. Et franchement, parler de « neutralisme méthodologique » ou « d’accès épistémique véridique », c’est plus que laid !

          • bibletude .org

            Pour les théologiens, je propose ce générateur de sentences théologiques : http://bibletude.org/index.php?page=TheoGen

  • Yannick Belhumeur

    Bonjour, merci pour ce partage qui est fort intéressant et je n’avais pas eu cette perception. Il est vrai que j’ai fréquenté des églises pentecôtistes et je rêvais de parler en langues moi-même. Sachant que l’on m’encourageait fortement à le parler.
    Alors je peux me sentir plus soulagé maintenant !!

  • Pierre Demaude

    Triste article… à l’argumentation biblique douteuse pour ne pas dire nulle 🙁 (dans la veine théologique anticharismatique évangélique traditionnelle). Vous nous prouvez simplement que l’on peut exercer un don (le parler en langues ici, SANS avoir de communion avec le Saint-Esprit. Hé oui, manifester un don quel qu’il soit ne veut pas dire qu’on est dans la volonté de Dieu…

    • Maxime Georgel

      Triste pour celui qui ne sait pas lire. Moi je suis heureux que quelqu’un ait grandi dans sa foi et le partage quelle que soit notre point de vue sur la question. Il n’y a pas d’argumentaire sérieux car ce n’était pas le but…

    • Gilles Sax

      exact !!

  • bibletude .org

    Le parler en langues, oui, sous 2 conditions :
    1. si c’est en public, qu’il y ait interprétation
    2. si c’est en privé, que ce soit pour faire taire en nous toutes les voix parasites, mais ensuite passer au langage compréhensible (psaumes p.ex.)

    Mes recommandations pour les psaumes : http://info-chretienne.blogspot.com/2014/06/psaumes.html (je recommande vivement la Bible Chrétienne, avec parallèles et commentaires des Pères)

  • Yohann Garnier

    J’ai bien du mal avec l’argumentation de ce post :

    _déjà le titre : »PRIER EN LANGUES, EST-CE RÉELLEMENT ÉDIFIANT ? « . Oui puisque la Bible le dit en 1 Cor 14:4 : « Celui qui parle en langue s’édifie lui-même » (comment la Bible pourrait-elle être plus claire ? et par la même occasion en contradiction avec ce titre ?). De plus, ce post cite ce verset en admettant « Au mieux, cela ne fait qu’édifier celui qui parle (1 Cor 14:4).  » De plus, comment Paul pourrait-il ironique en parlant ainsi vu que lui-même dit ensuite qu’il parle plus en langues que les autres (1 Cor 14:18). Ferait-il ce qu’il critique ?

    _ensuite il est affirmé qu’1 Cor 14:22 « montre que les langues sont une prophétie pour ceux qui la comprennent ». En réalité 1 Cor 14:22-24 oppose justement langues et prophéties (alors que l’auteur les confond) : les langues sont un signe pour les croyants, alors que les prophéties sont un signe pour les croyants. De même le verset 23 parle des « langues », alors que le verset 24 parle des prophéties en commençant même ainsi : « Mais si tous prophétisent.. ». Ce sont donc bien 2 choses différentes (Cf 1 Cor 12:10)

    _le parlé en langues serait de la « paresse intellectuelle ». La bible dit clairement que quand on parle en langues l’intelligence est stérile (1 Cor 14:14), mais est-ce pour autant mauvais de ne pas réfléchir à certains moments pour prier en esprit ? Je pense que non. Pourquoi ? Parce que 1 Cor 14:17 dit qu’en faisant ainsi je « rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces ». (Ceci montre bien que le parlé en langues ne peut être comparé à des « heuuu » de paresse, ou même à des discours de bébés qui ne savent pas parler. Sinon d’excellentes actions de grâces sont comme des « heuuu » ou des des discours de bébés qui ne savent pas parler.)

    Néanmoins vu que ça n’édifie que moi-même, je le ferai chez moi, plutôt qu’à l’Eglise. Pourquoi ? Parce que comme Paul, « dans l’Eglise, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. » 1 Cor 14:19
    Est-ce que j’arrêterai complètement de parler en langues ? Non je prierai avec mon intelligence, mais aussi en langues car il est écrit :  » Que faire donc ? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence; je chanterai par l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence. » (1 Cor 14:15)

    _l’auteur dit ensuite : »si c’était des langues inspirées de l’Esprit, comment se fait-il que je pouvais les modifier à volonté ? » Alors là je ne connais personne pouvant modifier ce qu’il a reçu (moi non plus je ne le peux). Là j’ai donc un doute sur son parlé en langues

    _ »Comment se fait-il que j’avais un contrôle sur leur manifestation ? » Parce que c’est contrôlable et ça l’a toujours été. Tout comme c’est dit dans la mise au point (leboncombat.fr/delivre-parler-langues/) : « (2) Nous pensons que le parler en langue biblique n’était pas une expérience extatique incontrôlable. Deux ou trois maximum pouvaient parler, et les autres devaient se taire (1 Cor. 14:21). »

    _Enfin on peut lire : « Je n’ai jamais eu autant de discussion sur la foi, sur le péché, sur la repentance, sur le pardon, et sur la piété chrétienne que depuis que je chante les Psaumes de David avec mes enfants.  » Ne serait-ce pas de la paresse intellectuelle ? Chanter un Psaumes déjà écrit par un autre, toujours les mêmes paroles…ça demande peu d’effort intellectuel ça. Est-ce donc forcément mauvais ? Je ne pense pas. Pourquoi ? Parce que ça édifie, ça aussi, et parce qu’il est écrit : « entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur » (Ephésiens 5:19)

    J’espère que mon propos est clair et surtout constructif. Soyez bénis, frères et sœurs, cessationistes ou pas.

  • Blaise Sah

    Je trouve triste que ce que la bible appelle Don de Dieu, don de notre Père, nous trouvons dans notre « grande intelligence » que c’est une futilité, on trouve que c’est de « la paresse intellectuelle ». au point d’être fier d’en être « délivré »… Si mon père terrestre m’annonçais qu’il a un don pour moi, je serais tout excité et ferais tout pour l’avoir, même sans savoir le contenu. Son don ne saurait être une punition. Il ne m’a jamais fais de blague… Est-ce mon père céleste qui m’en ferait? J’aspire à tous les dons de Dieu, si je pouvais les avoir tous… Je sais que tous ses dons m’édifient, et affermissent mon intimité avec lui. car plus j’ai de ce qui est à lui, plus je lui ressemble. Parce que je suis édifié, je peux mieux édifier les autres. Gardons nous de fouler aux pieds des choses saintes…

    • Pierre Demaude

      Tout à fait d’accord avec vous… Qu’elle tristesse de parler en terme de délivrance par rapport aux cadeaux que Dieu nous offre.

      • Yohann GARNIER

        Incroyable cet article ! « PRIER EN LANGUES, EST-CE RÉELLEMENT ÉDIFIANT ? « . Ben oui puisque 1 Cor 14:4 dit texto : « Celui qui parle en langue s’édifie lui-même » !

        Serait-ce de la « paresse intellectuelle », des « heuuu », des gazouillis de bébés, comme le dit ce post ? La Bible parle plutôt « d’excellentes actions de grâces » (1 Cor 14:17).

        • Blaise Sah

          C’est très clair ça! Je ne vois d’ailleurs pas comment comprendre autrement ces versets…

  • Samuel Da Silva

    Super article 😉 Effectivement, le chabalalalalalalal ça n’est pas du parlé en langue, ça s’appel du charabia 🙂

    • Pierre Demaude

      Je suppose que vous êtes un expert en la matière… Vous parlez en langues? vous l’avez déjà interprété? vous manifestez d’autres dons?

      • Samuel Da Silva

        Cf ma réponse à Yohann ci-dessus. Il y a le parlé en langue humain mono syllabique, le laissé allé dans la parole pour créer un parlé en langue, quelque que soit le degrès de connexion émotionnelle que nous ressentons avec Dieu, et le véritable don qui est donné à certain seulement (pas à toute l’église, un don c’est un don).

    • Yohann GARNIER

      Quelle arrogance, quel mépris envers ceux qui ont reçu de Dieu ! Quelle exemplarité !

      • Samuel Da Silva

        Non, je ne nie pas le parlé en langue, celui reçu comme un don, et je souligne bien le mot don. Je dénonce seulement l’apprentissage du parler en langue, ce qui est bien différent, celui que l’on apprend aux gens, par mimétisme, celui qui n’a rien d’un don, mais qui est une simple manifestation de la parole par un laissé allé, une répétition de syllabe, un balbutiement. J’ai déjà entendu le parlé en langue, et celui ci ressemble à une langue, aussi divine et incompréhensible soit-elle, c’est autre chose que du mono syllabe, il faut un minimum de lucidité.

  • Yohann Garnier

    Bonjour à tous,

    J’ai bien du mal avec l’argumentation de ce post :

    _déjà le titre : »PRIER EN LANGUES, EST-CE RÉELLEMENT ÉDIFIANT ? « . Oui puisque la Bible le dit en 1 Cor 14:4 : « Celui qui parle en langue s’édifie lui-même » (comment la Bible pourrait-elle être plus claire ? et par la même occasion en contradiction avec ce titre ?). De plus, ce post cite ce verset en admettant « Au mieux, cela ne fait qu’édifier celui qui parle (1 Cor 14:4).  » De plus, comment Paul pourrait-il ironique en parlant ainsi vu que lui-même dit ensuite qu’il parle plus en langues que les autres (1 Cor 14:18). Ferait-il ce qu’il critique ?

    _ensuite il est affirmé qu’1 Cor 14:22 « montre que les langues sont une prophétie pour ceux qui la comprennent ». En réalité 1 Cor 14:22-24 oppose justement langues et prophéties (alors que l’auteur les confond) : les langues sont un signe pour les croyants, alors que les prophéties sont un signe pour les croyants. De même le verset 23 parle des « langues », alors que le verset 24 parle des prophéties en commençant même ainsi : « Mais si tous prophétisent.. ». Ce sont donc bien 2 choses différentes (Cf 1 Cor 12:10)

    _le parlé en langues serait de la « paresse intellectuelle ». La bible dit clairement que quand on parle en langues l’intelligence est stérile (1 Cor 14:14), mais est-ce pour autant mauvais de ne pas réfléchir à certains moments pour prier en esprit ? Je pense que non. Pourquoi ? Parce que 1 Cor 14:17 dit qu’en faisant ainsi je « rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces ». (Ceci montre bien que le parlé en langues ne peut être comparé à des « heuuu » de paresse, ou même à des discours de bébés qui ne savent pas parler. Sinon d’excellentes actions de grâces sont comme des « heuuu » ou des des discours de bébés qui ne savent pas parler.)

    Néanmoins vu que ça n’édifie que moi-même, je le ferai chez moi, plutôt qu’à l’Eglise. Pourquoi ? Parce que comme Paul, « dans l’Eglise, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. » 1 Cor 14:19
    Est-ce que j’arrêterai complètement de parler en langues ? Non je prierai avec mon intelligence, mais aussi en langues car il est écrit :  » Que faire donc ? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence; je chanterai par l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence. » (1 Cor 14:15)

    _l’auteur dit ensuite : »si c’était des langues inspirées de l’Esprit, comment se fait-il que je pouvais les modifier à volonté ? » Alors là je ne connais personne pouvant modifier ce qu’il a reçu (moi non plus je ne le peux). Là j’ai donc un doute sur son parlé en langues

    _ »Comment se fait-il que j’avais un contrôle sur leur manifestation ? » Parce que c’est contrôlable et ça l’a toujours été. Tout comme c’est dit dans la mise au point (leboncombat.fr/delivre-parl… : « (2) Nous pensons que le parler en langue biblique n’était pas une expérience extatique incontrôlable. Deux ou trois maximum pouvaient parler, et les autres devaient se taire (1 Cor. 14:21). »

    _Enfin on peut lire : « Je n’ai jamais eu autant de discussion sur la foi, sur le péché, sur la repentance, sur le pardon, et sur la piété chrétienne que depuis que je chante les Psaumes de David avec mes enfants.  » Ne serait-ce pas de la paresse intellectuelle ? Chanter un Psaumes déjà écrit par un autre, toujours les mêmes paroles…ça demande peu d’effort intellectuel ça. Est-ce donc forcément mauvais ? Je ne pense pas. Pourquoi ? Parce que ça édifie, ça aussi, et parce qu’il est écrit : « entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur » (Ephésiens 5:19)

    J’espère que mon propos est clair et surtout constructif. Soyez bénis, frères et sœurs, cessationistes ou pas.

  • toni

    j’ai commencé à parler en langues à l’age de 8 ans alors que je réalisais que Jésus était mort pour moi, en chantant, à coté d’un pasteur baptiste qui ne croyait pas au parler en langues. Je n’avais jamais entendu parlé en langues, ce pasteur est simplement passé dans mon quartier et il faisait chanter les enfants.
    je n’ai fréquenté aucune église après cela.
    J’ai continué à parler en langues jusqu’à l’age de 21 ans sans fréquenter aucune église et ne sachant même pas que cela existait.Je trouvai ça bizarre! mais ce que je savais, c’est que ça me faisait un bien fou. Je me sentais plus fort et apaisé au fond de moi.
    A l’age de 21 ans, j ai rencontré Dieu dans ma chambre, j’étais définitivement transformé. Même la peau de mon visage brillait physiquement pendant 3 mois à cause de la visitation du Seigneur. Dieu s’est présenté à moi en me disant « je viens dans le monde pour te sauver mais je ne suis pas du monde ».
    Les non croyants qui me connaissaient, restaient choqués de mon changement radical.
    Sans que je fréquente d’ église.
    Je parle 3 sortes de parler langues selon l’inspiration du moment. Parfois, des personnes qui sont prêt de moi quand je parle en langues reçoivent la force à travers ce parler en langues et me remercie car ça les a fortifié, alors que je sens une force sortir de moi à ce moment là.
    Je sers Dieu depuis de longues années, je n’ai jamais dit que parler en langues devait être obligatoire et je n’ai jamais forcé personne à parler en langues.
    Les diplômes et l’éloquence des hommes m’importent peu car je peux vraiment dire que je connais Dieu profondément et pas seulement intellectuellement.
    Il ne sert à rien de déployer toute votre science car elle est vaine. Je ne parle pas par obscurantisme mais plutôt, et je peux le dire sans prétention, par des expériences extraordinaires, des miracles vécus depuis 29 ans et encore et surtout aujourd’hui, sans me faire enfermer dans l’église systémique et dogmatique, car le St Esprit m’a éduqué lui même pendant plusieurs années(hors églises).
    Je suis désolé de vous le dire mais vous suscitez de l’égarement et c’est bien dommage.
    Je déplore que ces églises aient culpabilisé des personnes sincères, j’en suis désolé pour vous.
    Soyez soulagé, mais ne rejetez pas ce que vous ne comprenez pas intellectuellement.
    Car le temps vient ou beaucoup de confusion va être semé.
    Il existe du mimétisme, il existe beaucoup de choses que les chrétiens imitent.
    Mais à vous qui servez Dieu, concentrez vous sur le fait de libérez l’identité des chrétiens et vous découvrirez la véritable église.

  • Yohann Garnier

    J’ai bien du mal avec l’argumentation de ce post :

    _déjà le titre : »PRIER EN LANGUES, EST-CE RÉELLEMENT ÉDIFIANT ? « . Oui puisque la Bible le dit en 1 Cor 14:4 : « Celui qui parle en langue s’édifie lui-même » (comment la Bible pourrait-elle être plus claire ? et par la même occasion en contradiction avec ce titre ?). De plus, ce post cite ce verset en admettant « Au mieux, cela ne fait qu’édifier celui qui parle (1 Cor 14:4).  » De plus, comment Paul pourrait-il ironique en parlant ainsi vu que lui-même dit ensuite qu’il parle plus en langues que les autres (1 Cor 14:18). Ferait-il ce qu’il critique ?

    _ensuite il est affirmé qu’1 Cor 14:22 « montre que les langues sont une prophétie pour ceux qui la comprennent ». En réalité 1 Cor 14:22-24 oppose justement langues et prophéties (alors que l’auteur les confond) : les langues sont un signe pour les croyants, alors que les prophéties sont un signe pour les croyants. De même le verset 23 parle des « langues », alors que le verset 24 parle des prophéties en commençant même ainsi : « Mais si tous prophétisent.. ». Ce sont donc bien 2 choses différentes (Cf 1 Cor 12:10)

    _le parlé en langues serait de la « paresse intellectuelle ». La bible dit clairement que quand on parle en langues l’intelligence est stérile (1 Cor 14:14), mais est-ce pour autant mauvais de ne pas réfléchir à certains moments pour prier en esprit ? Je pense que non. Pourquoi ? Parce que 1 Cor 14:17 dit qu’en faisant ainsi je « rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces ». (Ceci montre bien que le parlé en langues ne peut être comparé à des « heuuu » de paresse, ou même à des discours de bébés qui ne savent pas parler. Sinon d’excellentes actions de grâces sont comme des « heuuu » ou des des discours de bébés qui ne savent pas parler.)

    Néanmoins vu que ça n’édifie que moi-même, je le ferai chez moi, plutôt qu’à l’Eglise. Pourquoi ? Parce que comme Paul, « dans l’Eglise, j’aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d’instruire aussi les autres, que dix mille paroles en langue. » 1 Cor 14:19
    Est-ce que j’arrêterai complètement de parler en langues ? Non je prierai avec mon intelligence, mais aussi en langues car il est écrit :  » Que faire donc ? Je prierai par l’esprit, mais je prierai aussi avec l’intelligence; je chanterai par l’esprit, mais je chanterai aussi avec l’intelligence. » (1 Cor 14:15)

    _l’auteur dit ensuite : »si c’était des langues inspirées de l’Esprit, comment se fait-il que je pouvais les modifier à volonté ? » Alors là je ne connais personne pouvant modifier ce qu’il a reçu (moi non plus je ne le peux). Là j’ai donc un doute sur son parlé en langues

    _ »Comment se fait-il que j’avais un contrôle sur leur manifestation ? » Parce que c’est contrôlable et ça l’a toujours été. Tout comme c’est dit dans la mise au point (leboncombat.fr/delivre-parl… : « (2) Nous pensons que le parler en langue biblique n’était pas une expérience extatique incontrôlable. Deux ou trois maximum pouvaient parler, et les autres devaient se taire (1 Cor. 14:21). »

    _Enfin on peut lire : « Je n’ai jamais eu autant de discussion sur la foi, sur le péché, sur la repentance, sur le pardon, et sur la piété chrétienne que depuis que je chante les Psaumes de David avec mes enfants.  » Ne serait-ce pas de la paresse intellectuelle ? Chanter un Psaumes déjà écrit par un autre, toujours les mêmes paroles…ça demande peu d’effort intellectuel ça. Est-ce donc forcément mauvais ? Je ne pense pas. Pourquoi ? Parce que ça édifie, ça aussi, et parce qu’il est écrit : « entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur » (Ephésiens 5:19)

    J’espère que mon propos est clair et surtout constructif. Soyez bénis, frères et sœurs, cessationistes ou pas.

    • Marie Garnier

      Merci pour ces éclaircissements.
      Il me semble important de bien prendre le temps de lire la Parole puis de s’en faire une opinion, et non pas l’inverse…

  • Jean-Luc Burnod

    Bonjour à tous,

    Je découvre Guillaume Bourin au travers de son super témoignage et là dessus je suis intrigué par cette histoire de « délivrance » du parlé en langues et en cliquant je découvre que les passions ne sont pas apaisées dès que ce sujet et évoqué.

    L’agressivité de Francine me semble n’être que la réaction malheureusement habituelle au « burinage » de certains milieux pentecôtistes. En terme de réactions charnelles, un excès en appelle un autre symétriquement opposé, non ? Mais ne serait-il pas plus édifiant de chercher simplement à essayer de comprendre ce que chacun vit dans sa démarche chrétienne en « débroussaillant » les propos excessifs qui cherchent à verrouiller les choses et à créer des camps antagonistes et des schismes là où il n’y a la plupart du temps que des frères et sœurs « qui cherchent Dieu en tâtonnant » (Actes 17 : 27.) ?

    Le dictionnaire Westphal (qui a été écrit avant que l’expérience pentecôtiste ne démarre aux États Unis) nous ouvre à une compréhension des dons extatiques beaucoup moins sectaire que certains cessationnistes actuels et vaut le coup d’être considérée sans parti-pris. C’est au chapitre « prophétisme ».

    Je connais autour de moi plusieurs témoignages d’un langage extatique incompréhensible qui a un moment donné a débouché sur une langue compréhensible (et édifiante) par certains membres allophones de l’assistance. Il faut reconnaître que lorsqu’on est habitué à tout contrôler, laisser sa bouche exprimer librement ce que l’Esprit y met peut faire peur. Et certains excès des milieux pentecôtistes ne sont pas pour rassurer. Mais si nous lisons sans à priori les conseils de l’apôtre Paul, nous voyons qu’il exhorte autant à parler en langues « mystérieuses », qu’à employer notre intelligence pour chercher à édifier dans les moments en commun. Le point central de son exhortation étant l’amour qui cherche l’édification des autres plutôt qu’à s’éclater tout seul au milieu de la foule.

    L’histoire du prophétisme cévenol fait état de parlés en langues (compréhensibles ou non) et du renouvellement (intérieur et communautaire) que cela a procuré aux assemblées persécutées de l’époque. Nous savons moins les excès de ce même prophétisme lorsqu’il s’est exporté en Angleterre et qu’il a malheureusement contribué à son discrédit aux yeux des théologiens protestants de la Réforme, puisqu’ils vont aller jusqu’à interdire totalement l’exercice prophétique dans les assemblées. Pourtant ce n’est pas de cette manière brutale que Paul enseigne la discipline qui permet de contrôler les excès dans un groupe fraternel. Mais il faut bien reconnaître que le cléricalisme a perdu l’habitude de faire confiance au discernement de l’assemblée que les apôtres mettaient pourtant en avant, mais qui a été ignoré pendant longtemps dans nos milieux ecclésiaux, qui gagneraient à continuer leur réforme dans ce domaine…

  • Flo Phil

    Je pourrai écrire de la même manière, mais avec une expérience différente (la mienne 😉

    Je suis né dans les milieux dit darbystes. Je n’ai jamais parlé en langues régulièrement, instinctivement ou activement pendant plus d’une décennie après avoir accepté Jésus. 6 ans après mon baptême, alors que j’avais 27 ans j’ai reçu le don de parler en langues, seul dans ma chambre, lorsque j’étais en prière.
    Depuis maintenant plus de 8 ans, à la lumière d’une étude attentive des écritures, j’en suis venu à la conclusion que mon expérience est le don des langues tel que présenté dans le livre des Actes, et que régulièrement je l’interprète.
    J’ai donc décidé de continuer la pratique. Je pourrai vous l’expliquer plus en détail.

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