Voici pourquoi nous ne devrions pas utiliser le terme « orientation sexuelle »

Le terme « orientation sexuelle » est tellement devenu « commun » au sein de notre culture occidentale que nous pourrions presque croire qu’il a toujours été là pour être une caractéristique de l’identité humaine individuelle.

Cependant, un tel présupposé est profondément erroné.

 

 

Il les créa mâle et femelle…

Tout d’abord, au sein de notre culture, il est dorénavant communément accepté que chaque être humain possède une « identité sexuelle » indissociable de sa propre « identité », et que cette « identité sexuelle » n’est pas définie par le « sexe » que nous recevons à notre conception, mais plutôt par « l’orientation sexuelle » que nous revendiquons.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, la première chose à noter est que notre culture occidentale a complètement rendue « subjectives » et « relatives » ces réalités anthropologiques que sont notre « genre » et de notre « sexe » qui devraient être, par définition, des réalités objectives jouissants d’un lien nécessaire fondamental.

En effet, chaque être humain est soit « mâle » soit « femelle », car c’est ainsi que Dieu a créé l’humanité. C’est-à-dire que nous croyons que l’humanité se caractérise par une profonde altérité sexuelle, expression parfaite du plan créationnel de Dieu. Ainsi, comme le souligne avec clarté le Dr Michel Johner dans son excellent article sur la vocation chrétienne de la sexualité :

« L’homme n’a pas d’existence, ni même d’idéal, en deçà de la bipolarité masculin-féminin. Il est posé comme tel dès sa plus lointaine origine. L’homme n’a jamais existé, et n’existera jamais, autrement que sous une forme masculine ou féminine. C’est une des données constantes et permanentes de son existence. La dualité sexuelle fait partie intégrante de l’anthropologie biblique. »

 

Il en découle alors que l’homme et la femme vivent une profonde « incomplétude » propre à cette aspect binaire qui caractérise l’humanité. En effet, cette incomplétude est :

« …l’idée que la plénitude adamique (l’intégralité de ce que l’humanité représente aux yeux de Dieu) n’appartient à aucun individu en particulier, ou plutôt, ne peut lui appartenir qu’en union, qu’en conjonction avec l’individu du sexe opposé. (…) L’humanité existe sous deux modalités différentes et exclusives : le fait d’être homme exclut d’être femme et vice versa, une détermination sexuelle qui fait participer l’individu à l’humanité, tout en étant incapable de la contenir en elle seule. Cette détermination sexuelle imprègne la personnalité entière, et pas seulement le mode de fonctionnement de ses organes génitaux. Intelligence, sensibilité, affectivité, esthétique, etc. sont autant de traits dans lesquels se manifestent la masculinité et la féminité. »
(M. Johner)

 

Masculinité et féminité, en tant que genres, sont alors des expressions nécessaires de cette altérité sexuelle qui définie notre humanité. Et c’est à cause de leur ancrage dans cette altérité sexuelle objective que les genres « masculin » et « féminin » sont eux aussi des données anthropologiques objectives non négociables. Ceci étant dit, nous devons apprendre à nous méfier de toute tendance tyrannique culturelle qui voudrait nous imposer certaines normes non bibliques de ce qui devrait caractériser la masculinité ou la féminité. La Bible nous parlera beaucoup de la complémentarité des rôles qui sont assignés à chacun, mais vous ne trouverez pas un verset biblique qui dira, par exemple, que pour exprimer sa masculinité, l’homme devrait porter un « pantalon ». Les codes culturels peuvent varier, et, en tant que croyant, il est important de pouvoir témoigner et défendre cette altérité tout en faisant un usage approprié et sage des codes culturels à notre disposition.

LIRE >> Notre série d’articles sur la masculinité et la féminité bibliques

 

Cependant, là où notre culture occidentale nous lance un grand défi, est dans le « comment » de la détermination individuelle de cette caractéristique anthropologique « masculine » ou « féminine ».

 

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Freud les créa autonomes…

Et c’est effectivement au sein de cette question profondément épistémologique, cette question concernant la détermination de notre « genre », que les penseurs issus du romantisme allemand du XIXe siècle, dont Freud, seront les racines néfastes de cette détermination « subjective » qui caractérise aujourd’hui notre culture occidentale.

Alors que le « sexe » d’une « personne » et son « genre » étaient jusqu’au XIXe siècle deux choses inséparables : c’est-à-dire que le « genre » était la « détermination » nécessaire découlant du « sexe » qui caractérise chaque être humain (et ceci à cause de l’héritage du christianisme)… ce lien « nécessaire » fut alors remis en cause.

En effet, comme le souligne Rosaria Butterfield dans son excellent article à ce sujet, Freud, en voulant distinguer les êtres humains des mammifères sur la bases de leurs désirs sexuels (des désirs sexuels dépassant la simple réalité de la procréation), ouvra la porte à une « autonomie » humaine fallacieuse vis-à-vis de la compréhension de sa sexualité. Dorénavant, les êtres humains pouvaient, non plus être caractérisés par une altérité sexuelle innée tout en jouissant ensemble d’une égalité ontologique en tant qu’être personnels créés à l’image de Dieu, mais ils pouvaient être dorénavant caractérisés par une « identité sexuelle » qui serait alors définie par leurs « désirs sexuels », leur « orientation sexuelle ».

LISEZ >> Incroyable témoignage de Rosaria Butterfield : de la rébellion sexuelle à Christ

 

Ce « transfert » épistémologique du « désir sexuel » vers « l’identité » fut d’autant plus facile que le romantisme allemand du XIXe siècle, dans une démarche proche d’un crypto-existentialisme, encourageait la définition de notre être par ce que nous pratiquons, expérimentons ou ressentons.

Et c’est ainsi que « l’orientation sexuelle » devint une catégorie définissant la « personne », une catégorie « subjective » comprise alors comme un « droit civil » au sein de notre culture occidentale (cf. Article Rosaria Butterfield).

 

 

Notre défi apologétique

Alors comment devrions-nous répondre à un tel défi en tant que disciples de Jésus-Christ ?

La première chose à faire est de « défaire » cet héritage freudien de la sexualité lorsque vous parlez à une personne qui s’affiche comme une personne pratiquant l’homosexualité, la bisexualité etc…. Nous devons en premier lieu redonner une définition biblique de ce qu’est une « personne » aux yeux du Créateur. Or, une personne ne se définit pas par les choses qu’elle pratique. Ceci sera peut-être déstabilisant pour vous, mais, en tant que croyant, nous ne devrions éviter de désigner hâtivement une personne qui pratique « l’homosexualité » par le terme « homosexuel ». Et ceci, entre autre, pour deux raisons :

> Nous accepterions de façon inconsciente la prémisse relativiste qu’une personne pourrait être identifier et catégoriser par sa « pratique sexuelle ». Or, dans une compréhension biblique, ce sont le « sexe » et le « genre » d’une personne qui sont « objectives » et « indissociables », et non la « pratique sexuelle ».

> Nous mélangerions deux catégories concernant notre compréhension de l’être humain : la catégorie économique (ce qu’il fait et ce qu’il pratique) et la catégorie ontologique (ce qu’il est en tant que créature de Dieu). Or, dans une compréhension biblique, chaque être humain est premièrement une personne créée à l’image de Dieu pour la gloire de Dieu. Ensuite, ce qu’elle décidera de « pratiquer » n’effacera pas l’« image de Dieu » qui la caractérise en tant qu’ « âme vivante », mais ce qu’elle décidera de pratiquer sera en harmonie ou en complète dissonance avec la réalité de qui elle est en tant que créature de Dieu et en particulier vis-à-vis du « but » qui découle d’une telle réalité.

 

Ainsi, dans chacune de nos conversations avec des personnes pratiquant l’homosexualité ou vivant une dysphorie du genre, nous devrions premièrement rétablir la prémisse biblique de ce qu’est un « être humain » : chaque être humain est une personne créée à l’image de Dieu pour la Gloire de Dieu. Et c’est ainsi que nous réaffirmerons la profonde dignité et la profonde valeur de chaque être humain, une dignité et une valeur qui ultimement découle de la profonde dignité et de l’incomparable valeur du Dieu créateur dont nous portons l’image.

LISEZ >> La déclaration de Danvers sur la masculinité et la féminité bibliques

 

De plus, chaque personne est une « âme vivante » et non un « esprit enfermé dans un corps ». En effet, il existe une nécessaire continuité de notre détermination sexuelle entre notre corps et la réalité de notre âme (la « masculinité » ou la « féminité » n’est pas une chose qui ne concerne que notre « corps »).

Ainsi, en faisant cela, vous réaffirmerez la profonde dignité de la personne qui se trouve en face de vous, une dignité qui découle d’un acte créateur et qui ne varie pas quel que soit le choix de la vie sexuelle pratiquée par celle-ci. Il est toujours très important d’affirmer et de réaffirmer que notre identité en tant que « créature » n’est pas définie par ce que nous « pratiquons ».

Ensuite, il est alors important d’offrir un point de vue biblique vis-à-vis de cette pratique. Or dans cette étape, il n’est pas inutile de nous rappeler plusieurs choses afin d’avoir un discours qui manifeste autant la « sainteté » de Dieu que sa « grâce » incomparable :

> L’homosexualité, la bisexualité, ou la transsexualité sont clairement bibliquement définis comme des péchés, des pratiques qui expriment une profonde rébellion vis-à-vis de Dieu concernant son autorité en tant que Créateur.

> Notre mandat en tant que disciple de Jésus-Christ est de dire la vérité dans l’amour. Cette vérité est profondément ancrée dans l’évangile et déclare que Dieu le Fils s’est incarné afin de mourir à la croix à notre place afin de recevoir notre jugement, le jugement de l’enfer à cause de notre péché. Et ceci de sorte que quiconque place sa confiance en la suffisance et la perfection de l’œuvre de Jésus-Christ, étant ainsi uni à Christ par le moyen de la foi, est pardonné, justifié et sanctifié dans sa communion à la mort et à la résurrection de Jésus-Christ.

> L’église locale devrait être un lieu où chaque personne qui rentre devrait se sentir accueilli avec amour et compassion. Un lieu ou leur identité en tant que « personne » créée à l’image de Dieu et « pour » la gloire de Dieu leur sera rappelée et affirmée. Un lieu où ils expérimenteront l’amour d’hommes et de femmes qui, dans un profond souci de la perspective éternelle de leur vie, seront capable d’exposer autant l’horreur du péché que la beauté et la puissance incomparable de la grâce offerte en la personne de Jésus-Christ. Certains pourraient alors vous répondre que c’est un manque d’amour que de juger « l’orientation sexuelle » d’une personne. Andrew Walker, dans son livre « God & the Transgender Debate », nous donne alors une excellente réponse :« Décider que [face à ce que l’on ressent] l’unique réponse raisonnable est d’approuver chacune des perceptions que l’on a à propos de soi est une marche aveugle qui mène à l’absurdité. Pire que cela, ceci est dangereux. En effet, dans le débat du transgenre, un des arguments est que nous nous devons d’accepter la déclaration d’un homme s’identifiant comme une femme et ainsi le considérer vraiment comme une femme. Mais réfléchissez quelques minutes à cela d’une autre manière : Serait-il sage et bon de dire à une personne qui souffre d’anorexie que la perception qu’elle possède de soi-même (être en surpoids) est correcte…simplement parce que c’est comme cela qu’elle se voit ? Ou encore, face à une personne qui pense que sa vie ne vaut pas d’être vécue et qui perçoit ses émotions comme raisonnables, serait-il sage de lui dire que ce qu’elle ressent et ce qu’elle pense est juste et qu’elle devrait effectivement agir en conséquence ? Absolument pas ! Ceci serait cruel et la manifestation d’un manque d’amour ! »

 

En conclusion, je crois, qu’en tant que chrétiens, nous devrions apprendre à être critique des courants philosophiques qui modèlent l’éthique et la morale de notre culture. Et pour ce faire nous devrions apprendre à toujours être capable de décrire la réalité de ce qu’est l’être humain, ainsi que sa finalité, avec des termes et des catégories qui respectent les définitions bibliques…or la catégorie « orientation sexuelle » est, bien au contraire, une tentative erronée de redéfinition philosophique de l’identité humaine….et donc une catégorie à éviter !

 

 

Article initialement publié le 19 juin 2018 sur le site de l’UEBFC.

 

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Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.