Le Baptême en Questions – #7 L’Alliance avec Abraham, et sa relation avec le baptême

Abraham stars

“…Regarde vers le ciel, et compte les étoiles, si tu peux les compter….“ (Genèse 15:5)

Question :
Baptême, circoncision, et Alliance Abrahamique : comment s’articulent ces notions ?

 

Position pédobaptiste (Alexandre Sarran)

On appelle “alliance abrahamique“ la promesse que Dieu a faite à Abraham de lui donner une descendance nombreuse, un territoire béni, et sa faveur perpétuelle. C’est dans Genèse 12.1-3 que l’on trouve cet engagement de Dieu envers Abraham sous sa forme la plus primitive. On y apprend que le projet de Dieu a en vue la bénédiction du monde entier (Gn 12:3). (1)

Cet engagement de la part de Dieu est entériné de façon cérémonielle dans Genèse 15, par le rite des animaux coupés en deux. À cette occasion, où seul Dieu, sous la forme d’un feu, passe entre les animaux partagés, le terme d’alliance est employé (Gn 15:17-18). Dieu s’est engagé au profit d’Abraham de façon unilatérale.

C’est aussi à cette occasion que la justification d’Abraham, par le moyen de sa foi, est mentionnée de façon explicite, sous l’expression emblématique : “Abraham crut en l’Éternel qui le lui compta comme justice.“ (Gn 15:6).

La circoncision est donnée deux chapitres plus loin (mais treize ou quatorze ans plus tard) comme signe de cette alliance (Gn 17:11) : Abraham et sa descendance vont devoir porter cette “signature“ comme gage de la fiabilité des promesses que Dieu a faites à son peuple.

À ce stade, il est important de comprendre deux choses. D’abord, que le Nouveau Testament interprète Genèse 12, 15 et 17 comme trois épisodes d’une seule alliance (Dieu s’engage à plusieurs reprises, mais l’objet de cet engagement est le même). (2)

Ensuite, que le Nouveau Testament interprète cette unique alliance abrahamique comme étant équivalente à l’Évangile auquel nous croyons en tant que chrétiens. Autrement dit, ce que Dieu a promis à Abraham, et que celui-ci a reçu par la foi, c’est aussi ce que tout croyant reçoit par la foi, à savoir, notamment, le fait d’être justifié aux yeux de Dieu en vertu de l’œuvre de Jésus (Rm 4:22-25).

On peut donc dire que la circoncision, signe de l’alliance abrahamique, attestait l’Évangile dans l’Ancien Testament. Et la circoncision montre que les promesses de Dieu, réalisées par Jésus, concernent aussi les enfants de son peuple.

Loin de remettre en cause la participation des enfants au peuple de Dieu, le Nouveau Testament la confirme plutôt (cf. Mc 10:13-16 ; 1 Co 7:14 ; Ép 6:1-4 ; 1 Pi 2:9-10…). Ainsi, le baptême, qui entérine à son tour dans le Nouveau Testament l’appartenance au peuple de Dieu (3), et qui scelle la même promesse que la circoncision (4), est naturellement destiné à tous ceux qui font partie de l’Église chrétienne, enfants compris.

 

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Position crédobaptiste (Guillaume Bourin)

L’Alliance Abrahamique (5) est l’une des alliances bibliques (6) par laquelle Dieu a choisi d’encadrer sa relation personnelle avec  Abraham.

Comme toute alliance divine, celle-ci était fondée sur des promesses énoncées pour la première fois lors de l’appel du patriarche (Gen. 12:1-3, 7) puis rappelées et détaillées à plusieurs reprises (Gen. 13:14-18, 15:1-21, 17:1-27, 18:10-15, 22:15-18).

Les pédobaptistes voient généralement en l’Alliance Abrahamique une administration de l’Alliance de Grâce. (7)

Dès lors, quand Abraham se fait circoncire en Genèse 17, les pédobaptistes y voient le signe de son appartenance à l’Alliance de Grâce, signe qui serait remplacé par le baptême sous l’administration de la Nouvelle Alliance.

Les crédobaptistes ne peuvent adhérer à une telle approche. En voici les raisons.

Premièrement, il faut relever la dualité de l’Alliance Abrahamique.
Car c’est en réalité un ensemble de promesses que reçoit Abraham lors de son appel (Gen. 12:1-3, 7). On en distingue au moins trois :

    1. La promesse d’une bénédiction personnelle (8) qui ne sera pas seulement une bénédiction pour lui-même, mais également pour d’autres (9)
    2. La promesse d’une grande descendance naturelle qui occupera un territoire dans le pays de Canaan (10)
    3. La promesse que cette source de bénédiction n’aura pas un impact limité à la descendance naturelle d’Abraham, mais que des personnes issues de tous les peuples de la terre pourront en être faits héritiers. (11)  

Certaines promesses ont donc en vue la postérité naturelle d’Abraham (cf. Gen. 12:7 ; 13:14-16), tandis que d’autres sont clairement destinées à une postérité spirituelle, c’est à dire Christ (Gal. 3:16) et tous ceux qui sont en lui (Gen. 22:15-18 ; Gal. 3:25-29 ; Héb. 6:14ss).

Deuxièmement, dans l’Alliance Abrahamique, les promesses sont inter-dépendantes les unes des autres.

Les promesses de grâce qui sont faites à Abraham dépendent du fait que Christ naisse, qu’il meure à la croix, et qu’il ressuscite (cf. Jean 8:56). Et pour qu’il en soit ainsi il est nécessaire qu’Abraham ait une postérité naturelle de laquelle sortira LA postérité spirituelle (cf. Romains 9:1-5).

Dès lors, la foi d’Abraham s’exerce sur l’ensemble des promesses qui lui sont faites : il fait confiance et obéit à Dieu lorsque celui-ci lui promet de donner un territoire à sa descendance naturelle tout comme lorsqu’il lui assure une descendance spirituelle plus nombreuses que les étoiles du ciel.

Au final, cette “alliance de la circoncision“ (cf. Actes 7:4) formalise la relation de Dieu avec la postérité naturelle d’Abraham, et elle sera pleinement établie par Moïse comme nous le verrons dans les articles à venir.

Au sens strict du terme, l’Alliance Abrahamique n’est pas l’Alliance de Grâce : elle contient l’Alliance de Grâce.
L’Alliance de Grâce a la forme d’une promesse dans l’Ancien Testament, et elle n’est formalisée qu’à la mort de Christ (cf. Hébreux 9:16).

Lorsque Abraham reçoit l’Alliance de la Circoncision, Dieu fait de lui le représentant de sa postérité naturelle qui occupera Canaan.

La circoncision d’Abraham ne scelle pas son appartenance à l’Alliance de Grâce, mais elle ratifie l’alliance avec sa postérité naturelle. De cette dernière sortira Christ, et c’est lui qui formalisera l’Alliance de Grâce.

Le baptême, signe de l’Alliance de Grâce, n’est donné qu’au moment de la formalisation de celle-ci, c’est à dire à la mort de Christ.
Il n’y a donc aucun lien direct de continuité entre la circoncision et le baptême, tout simplement parce qu’ils sont deux signes différents de deux alliances différentes.

 

 

Notes et références :

(1) On comprend que cette promesse répond à la malédiction de Babel et à la dispersion des nations, dont le récit a été rapporté au chapitre précédent (Gn 11). Ainsi, on peut dire que l’Alliance Abrahamique équivaut à la promesse d’un rétablissement du monde, au travers d’Abraham et de sa descendance ; ce que l’apôtre Paul confirme lorsqu’il dit que Dieu destinait Abraham à “hériter du monde“ (Rm 4:13). -AS (retour)
(2) Ainsi, dans Romains 4.9-11, Paul associe la justification (Gn 15) à la circoncision (Gn 17) ; et dans Galates 3.6-8, il associe la justification (Gn 15) à la bénédiction du monde (Gn 12). -AS (retour)
(3) Voir mon article sur le lien entre la foi et le baptême. -AS (retour)
(4) Voir mon article sur le lien entre la circoncision et le baptême. -AS (retour)
(5) Pour une exposition succincte de l'Alliance Abrahamique dans la perspective globale de la Théologie de l'Alliance, voir ce document pdf. -GB (retour)
(6) J’utilise l’expression “alliance biblique“ par opposition à la notion d’alliance théologique. Une alliance biblique est mentionnée explicitement dans les Ecritures (ex. : Alliance Noachique, Alliance Davidique, Alliance Mosaïque, Nouvelle Alliance, etc…) tandis qu’une alliance théologique ne l’est pas directement. L’Alliance des Œuvres (ou Edénique) et l’Alliance de Grâce sont toutes deux des alliances théologiques. -GB  (retour)
(7) Je rappelle ici ce que j’ai déjà indiqué dans le sixième article de cette série, à savoir que, pour l’écrasante majorité des pédobaptistes, les Alliances Noachiques, Abrahamiques, Mosaiques, Davidiques ainsi que la Nouvelle Alliance sont en réalité une seule et même Alliance de Grâce, partageant une substance commune. Elles sont simplement des administrations (dispensations) différentes de l’Alliance de Grâce, mais partagent toutes la même nature. -GB (retour)
(8) Je te bénirai ; je rendrai ton nom grand [...] je maudirai ceux qui te maudiront“ (12:2b, 3a). -GB (retour)
(9) tu seras une source de bénédiction [...] Je bénirai ceux qui te béniront“ (12:2d, 3a). -GB (retour)
(10) Je ferai de toi une grande nation“ (12:2a). Pour la possession territoriale de la descendance naturelle, cf. également Genèse 12:7 ; 13:14-16 ; etc. -GB (retour)
(11) toutes les familles de la terre seront bénies en toi.“ (12:3b) -GB  (retour)






Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).


  • Salut Guillaume, et merci pour ton article.

    En gros toute ton argumentation ici repose sur deux points :

    1. L’alliance abrahamique contient des promesses qui concernent tantôt la postérité naturelle, tantôt la postérité spirituelle ;

    2. La circoncision entérine la promesse qui concerne la postérité naturelle, donc la circoncision n’est pas un signe et un sceau de l’alliance de grâce.

    Ton premier point ne me dérange pas plus que ça. Nous parlerons dans le prochain article de ce qu’est l’alliance de grâce, et de la façon dont cette alliance unique s’est manifestée de manières diverses au fil de l’histoire de la révélation.

    Mais tu peux difficilement défendre ton deuxième point, puisque le Nouveau Testament interprète explicitement pour nous la circoncision comme étant un signe et un sceau de la justification par la foi (ce qui, tu en conviendras, est une promesse qui se réalise pour la postérité spirituelle en Christ).

    « [Abraham] reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice de la foi » (Rm 4.11a, Darby)

    D’après l’apôtre Paul, la circoncision était bien un signe et un sceau de l’Evangile (autrement dit de l’alliance de grâce), et on ne peut que constater que ce signe était aussi porté par des nourrissons.

    • Saut Alex,

      Merci pour le temps que tu consacres toi aussi à ce débat.

      Quelques éléments de réponse (je ferai ensuite un autre message avec quelques questions sur ta position) :

      * Ma position se base plutôt sur une dualité de l’Alliance Abrahamique. Je ne vois pas une telle dichotomie dans les promesses de cette alliance. Comme je l’ai écrit, elles sont entremêlées et inter-dépendantes. Il ne s’agit bien que d’une seule alliance.
      J’aurais très bien pu parler d’une seule promesse en plusieurs volets, mais je pense que cela aurait alimenté la confusion entre ta position et la mienne.
      “Dualité de l’Alliance Abrahamique“ me parait être l’expression la plus appropriée.

      * Pour répondre à ton argument sur Romains 4:11 :

      1) je voudrais tout d’abord relever que nous sommes d’accord sur un point tous les deux, la circoncision est bien le signe (σημεῖον) de l’Alliance Abrahamique (cf. la première partie du v. de Rom 4:11 que tu ne cites malheureusement pas).

      2) Par contre le texte ne permet pas de déduire ce que tu affirmes, à savoir que “le Nouveau Testament interprète explicitement pour nous la circoncision comme étant un signe et un sceau de la justification par la foi“ ou encore “D’après l’apôtre Paul, la circoncision était bien un signe et un sceau de l’Evangile.“
      C’est seulement en cet endroit dans la Bible que qu’il est dit qu’Abraham a reçu pour lui même la circoncision comme sceau de sa propre justification qu’il a obtenue par la foi.
      Et que c’est parce que cette justification a été reçue par lui longtemps avant sa circoncision qu’il peut être ainsi “le père de tous les incirconcis qui croient, afin que la justice soit aussi portée à leur compte.“ Dans le contexte, Paul compare la justification personnelle d’Abraham avec celle des croyants de Rome, circoncis ou non. Il n’est certainement pas en train de faire un parallèle entre le signe reçu par Abraham (qui lui a servi personnellement de sceau pour sa foi), et celui reçu par les croyants dans la Nouvelle Alliance.

      3) Ce que je suis en train de dire, c’est que si le signe de l’Alliance Abrahamique était pour Abraham et sa postérité naturelle, il n’en était pas ainsi de son rôle en tant que sceau : la circoncision n’est le sceau que de la justification d’Abraham seul.
      Tu trouves bien la notion de circoncision comme signe de l’Alliance en Gen. 17:11, mais à aucun moment elle n’est mentionnée comme étant le sceau de quoi que ce soit…
      De plus, comme je l’ai indiqué dans l’article #6, il est notoire que la circoncision a été administrée à des incrédules (cf. Esaü, le peuple d’Israël dans le désert, etc…) comme à des personnes qui n’avaient pas encore la foi (les enfants par exemple). Comment pouvait-elle servir de sceau à leur justification dans pareil cas? Pire, cela signifierait que les femmes ayant ayant été justifiées par leur foi à l’époque d’Abraham (cf. Sarah) n’auraient jamais reçu aucun sceau de leur justification !!

      4) C’est à dessein que Paul utilise le mot σφραγίς (sceau), qui signifie “attestation“ ou “confirmation“. La circoncision a été pour Abraham une confirmation de sa justification par la foi, et c’est dès lors tout à fait logique qu’elle n’ait pas précédé celle-cii!
      S’il y avait réellement un lien de continuité entre la circoncision et le baptême, ce serait un des problèmes que tu devrais résoudre. Mais il n’y a aucun problème, puisqu’il n’y a pas de lien de continuité entre la circoncision et le baptême. 🙂
      Par contre, la formulation de Paul prévient de toute mauvaise interprétation : la circoncision n’est un sceau de la justification que pour Abraham lui-même, car il a obtenu cette justice “alors qu’il était incirconcis.

      5) Pour terminer, je sais bien que les pédobaptistes utilisent un raisonnement comme le tien pour parler du baptême comme du “signe et du sceau de l’Alliance de Grâce dans la Nouvelle Alliance“.
      Cependant, il faut noter que jamais dans le NT le baptême n’est mentionné comme étant le sceau quoi que ce soit (et donc certainement pas de la la Nouvelle Alliance/Alliance de Grâce). C’est clairement la régénération par le Saint-Esprit qui est le sceau de l’Alliance de Grâce (cf. 2 Cor. 1:21-22 ; Eph 1:13-14 ; Eph. 4:30, etc..). On n’en revient à ma conclusion de l’article #6 : la circoncision de la chair pointe typologiquement vers la circoncision du coeur qui elle seule est le sceau, la confirmation de l’entrée d’un individu dans l’Alliance de Grâce.

      6) Il me reste encore un élément à aborder: pourquoi Paul dit-il que la circoncision vient sceller la justification d’Abraham, puisqu’elle est un signe, et non un sceau de l’Alliance Abrahamique ? En quoi la circoncision lui tient-elle lieu de sceau ?
      Comme je l’ai indiqué dans mon article, les promesses de l’Alliance Abrahamique sont à la fois intrinsèquement liées et inter-dépendantes.
      Lorsque Abraham exerce sa foi, il le fait sur l’ensemble des promesses qui lui sont faites. Les promesses spirituelles qu’il reçoit sont intrinsèquement dépendantes de l’existence et de la préservation de sa postérité naturelle qui lui est promise.
      Quand Abraham croit, il croit à l’ensemble de ce que Dieu lui dit. Mais c’est en vertu de sa foi en LA postérité (Christ) qu’il est justifié. C’est bien Christ qu’il attendait au travers d’Isaac, et non simplement Isaac. C’est bien une cité céleste avec de solides fondement qu’il espérait, et non une simple grotte à Makpelah. Les promesses temporelles se focalisant sur la postérité naturelle d’Abraham n’ont aucune valeur en dehors de l’héritage en Christ qui lui est promis.
      Dès lors, la circoncision, signe de l’Alliance Abrahamique, vient sanctionner sa foi personnelle en l’ensemble des promesses que Dieu lui fait, incluant sa propre justification. C’est ainsi que la circoncision est appelée “le sceau de la justification qu’il a reçu par la foi“ car elle vient confirmer la foi qu’il a placé dans l’ensemble des promesses qui lui ont été faites.

      En Christ,
      Guillaume

      • Merci de cette longue réponse, qui suscite de ma part trois critiques.

        D’abord, tu devrais te relire, car tu as écrit : « il n’y a pas de lien de continuité entre la foi et le baptême« . Je te laisse trouver où ! Je suppose que tu voulais dire « entre la circoncision et le baptême ». Lapsus !

        Ensuite, tu fais une distinction entre la circoncision d’Abraham et celle de sa descendance, comme s’il y a avait deux circoncisions différentes. Ce qui t’embête, c’est qu’Abraham ait reçu sa circoncision en tant qu’adulte, après avoir professé sa foi (ce qui s’harmonise bien avec la position crédobaptiste), mais tu es obligé de te tortiller dans tous les sens pour expliquer pourquoi ensuite, ses enfants devaient aussi recevoir la circoncision avant même de pouvoir professer la foi ! En effet, tu es obligé de reconnaître que la circoncision était un sceau de l’Evangile, puisque Romains 4.11 le dit explicitement, mais du coup, tu es obligé de dire qu’elle n’a été un sceau de l’Evangile que pour Abraham, puisque lui seul a pu professer la foi avant d’être circoncis. Dans ce cas, la circoncision était-elle aussi un sceau de l’Evangile pour les autres personnes qui se sont fait circoncire en tant qu’adultes dans l’Ancien Testament ? Mais pas pour les enfants ?

        Enfin, tu entretiens une confusion entre les formes extérieures et les réalités intérieures, en les mettant souvent sur le même plan. Cette distinction est pourtant très importante pour la discussion qui nous intéresse. Comment peux-tu, par exemple, opposer le sceau de l’Esprit au baptême ? Le premier est une réalité intérieure et spirituelle, le second une réalité extérieure, visible. Il n’y a pas d’opposition entre les deux ; bien sûr que je crois que le salut des élus est scellé par l’Esprit. Cela n’empêche pas Dieu d’ajouter à ses promesses (destinées à son peuple) des signes extérieurs (également destinés à son peuple) qui confirment (ou scellent) la fiabilité desdites promesses. Il l’a fait dans l’Ancien Testament, et il le fait dans le Nouveau.

        Amitié en Jésus !

        • Hello !

          1) Merci pour la correction du lapsus. Ca fait deux fois en deux articles !!

          2) Je pense qu’il y a une incompréhension. Je ne fais pas une absolue différence entre la circoncision d’Abraham et celle de sa descendance naturelle. Il s’agit bien d’un même signe qui signifie une même réalité, à savoir une « alliance de la circoncision. » (Cf. Actes 7:8)
          Je dis simplement que la circoncision ne sert de sceau qu’à la justification d’Abraham seul.
          Les trois arguments que j’avance pour cela sont : a) le sens du mot utilisé par Paul en Romains 4:11 (une confirmation), b) également le fait que la circoncision ne soit mentionnée comme sceau que dans ce passage, avec une visée didactique bien précise qu’il ne faut pas perdre de vue, et c) que jamais le baptême n’est mentionné comme sceau de la Nouvelle Alliance : c’est au contraire la régénération qui est ce sceau.

          De plus, contrairement à ce que tu dis dans ton commentaire, Romains 4:11 n’enseigne pas que la circoncision est un sceau de l’Evangile. Je veux dire, le texte est clair : Abraham a été justifié alors qu’il était incirconcis (v.10), et la circoncision lui a tenu lieu de sceau/confirmation de la justification qu’il avait reçue par la foi auparavant (v.11a) afin d’être le père de ceux qui n’ont pas été circoncis (v.11b) comme de ceux qui sont circoncis mais qui marchent malgré tout comme Abraham alors qu’il était incirconcis (v12a) !!
          C’est pourtant clair : le texte montre que la circoncision n’a rien à voir avec l’Evangile, car elle n’a aucune incidence sur ceux qui sont justifiés… Comment comprendre autrement ce passage, alors que dans le contexte Paul est en train de mettre à un niveau d’égalité les chrétien d’arrière plan juifs qui sont circoncis, et ceux d’arrière plan paien qui ne le sont pas ?
          Justement, si le baptême était le prolongement de la circoncision, il leur aurait plus volontiers donné un argument comme : « vous êtes égaux parce que vous participez au même baptême. Les paiens sont égaux aux juifs parce que leur baptême à la même valeur que la circoncision, c’est un même signe. » Or, là encore, Paul ne fait pas ça….
          D’ailleurs, il me vient une question : si le baptême est le prolongement de la circoncision, alors dans ce cas faut il considérer le baptême d’un juif devenant chrétien comme un … rebaptême ?? 🙂 🙂

          – Enfin, je ne pense pas entretenir de confusion entre forme extérieure et réalité intérieure. Je crois que la circoncision est bien le signe extérieur d’une alliance ancienne qui n’est pas la Nouvelle Alliance. Et comme tous les éléments de cette Ancienne Alliance, elle pointe typologiquement vers des éléments de la Nouvelle. Ainsi les sacrifices de l’AT pointent vers Christ, la fête des prémices vers la résurrection (cf. 1 Cor. 15), et la circoncision pointe vers la régénération (Romains 2:25-29 ; Colossiens 2:11), etc…

          J’espère avoir pu clarifier toute incompréhension.

          • Prenons les choses dans l’ordre.

            Nous sommes d’accord que la circoncision est le signe d’une alliance. Ce que Actes 7.8 appelle « alliance de la circoncision », est-ce pour toi la même chose que « l’alliance abrahamique » ? Pour moi, oui. Donc pour moi, la circoncision est le signe de l’alliance abrahamique.

            Oublions pour l’instant le terme de « sceau » auquel toi et moi n’attachons pas le même sens. Tu as déjà dit que la circoncision, pour toi, pointait typologiquement vers la circoncision du cœur, c’est-à-dire vers la régénération. Je suis d’accord.

            Il faut ajouter que la régénération était déjà une réalité dans l’Ancien Testament. On est d’accord là-dessus aussi ?

            En tant que signe de l’alliance abrahamique, la circoncision pointe donc typologiquement vers l’objet de la promesse de Dieu qui est le salut (régénération, justification, etc.). La circoncision, réalité extérieure et physique, pointe vers l’œuvre de Dieu, réalité intérieure et spirituelle. On est toujours d’accord ?

            On peut donc dire que la circoncision est au moins un « signe » de l’Evangile dans l’Ancien Testament, et que ce signe était porté par des nourrissons. Peut-être qu’elle est plus que cela, mais elle est au moins cela, non ? Puisque tu as toi-même écrit, texto : « la circoncision pointe vers la régénération », en citant Col 2.11, ce qui me fait très plaisir.

            Tu ne peux donc pas dire que la circoncision n’a rien à voir avec l’Evangile. En le disant, tu te contredis de manière flagrante. Qu’elle n’ait pas d’effet ex opere operato sur ceux qui la reçoivent, je suis d’accord ! Que l’on soit justifié indépendamment de la circoncision, je suis aussi d’accord. Et je suis d’accord que c’est là l’objet du discours de Paul dans Romains 4. Je n’ai jamais dit le contraire. Mais si « la circoncision pointe vers la régénération », c’est bien qu’elle est un signe de l’Evangile pour Abraham et sa descendance, jusqu’à la venue de Christ, non ?

            Que Paul ne parle pas du baptême dans Romains 4 est parfaitement logique puisque ce n’est pas son sujet. Il ne cherche pas non plus à « réconcilier » les païens et les Juifs dans ce passage. Il cherche simplement à prouver que la justice s’obtient par la foi et non par la loi.

            Donc si nous sommes d’accord pour dire, au moins, que la circoncision est un « signe » de l’Evangile dans l’Ancien Testament, serais-tu d’accord pour employer ce même langage pour le baptême dans le nouveau ? Le baptême à son tour ne pointe-t-il pas vers la régénération (Rm 6.4 ; Col 2.12 ; Ti 3.5…) ?

            Moi je dis oui. Le baptême, comme la circoncision, est un signe que Dieu ordonne, et qui agit comme un panneau indicateur pointant vers l’objet des promesses de Dieu. C’est la « signature » de Dieu au bas de son contrat d’alliance de grâce, et en ce sens, ce signe sert de sceau (belle allitération !), puisqu’il nous atteste la fiabilité de ses promesses.

            Désolé pour la longueur, et merci de ta patience en me lisant !

  • Alex,

    Voici deux questions :

    – tu sembles dire dans ton article que la postérité naturelle (Israël) et la postérité spirituelle (les chrétiens de la Nouvelle Alliance, à travers Christ) sont un seul et même peuple.
    Pense tu réellement que l’Israël-état de l’Ancien Testament et l’Eglise du Nouveau Testament sont un seul et même peuple?

    – tu dis également “ce que Dieu a promis à Abraham, et que celui-ci a reçu par la foi, c’est aussi ce que tout croyant reçoit par la foi“
    Est-ce qu’il faut comprendre que, selon toi, les croyants peuvent prétendre à un territoire en Palestine pour leurs propres enfants sur la base des promesses de Dieu à Abraham ?
    Ou bien qu’eux aussi auront un grand nom comme celui d’Abraham ?
    Mes questions sont ironiques, mais la vraie question est : dans quelle mesure les promesses faites à Abraham s’appliquent à sa descendance ? A quelle descendance ? Et comment le déterminer ?

    A très vite mon ami.
    gb

    • 1. Oui, je pense que Dieu n’a qu’un seul peuple dans l’histoire, un seul olivier (Rm 11). L’Eglise du Nouveau Testament est la continuité et l’élargissement de l’Israël de l’Ancien Testament, elle a ses racines et sa sève.

      2. Oui, je prétends que les croyants vont hériter non seulement du territoire en Palestine mais de toute la terre. C’est aussi ce qu’attendait Abraham, à qui « l’héritage du monde » (Rm 4.13) avait été promis, et qui aspirait « à une patrie meilleure » que simplement la terre promise (Hé 11.15-16).

      Les promesses faites à Abraham sont destinées à tout le peuple de Dieu, dont le chef est Christ. Elles s’accomplissent seulement pour ceux qui ont la foi.

      • 1- Donc techniquement, une personne non régénérée peut faire partie du peuple de Dieu selon toi ?

        2- L’héritage en Palestine auquel les croyants peuvent prétendre… fais tu référence ici à l’héritage qui est réservé aux croyants dans les cieux ?

        • 1. Oui, bien sûr.

          2. Qui est réservé aux croyants dans les cieux, mais qui sera bien terrestre le moment venu (Mt 5.5 ; Rm 4.13 ; Rm 8.21 ; 2 Pi 3.13…).

          • Je crois que je ne parviens pas ç comprendre le point 2. Tu fais référence à quoi ? Au millenium ?

  • Alex,

    En réponse à ton dernier commentaire :

    1) non je ne suis pas d’accord avec ton raisonnement logique, car je ne comprends ni l’Alliance Abrahamique, ni l’Alliance de Grâce comme toi (je ne veux pas trop anticiper sur les prochaines articles, néanmoins).

    2) Quand tu dis : “Ce que Actes 7.8 appelle ‘alliance de la circoncision’, est-ce pour toi la même chose que ‘l’alliance abrahamique’ ?“, je te réponds qu’Etienne appelle “alliance de la circoncision“ l’alliance qui est faite avec la postérité naturelle d’Abraham. Etienne ne se réfère clairement qu’aux promesses faites à la postérité naturelle d’Abraham (notamment le pays promis) et ses développements ultérieurs montrent qu’il se focalise sur la continuité de l’alliance faite avec la postérité naturelle, à savoir l’Alliance Mosaïque.

    3) Encore une fois, bien que la circoncision de la chair pointe typologiquement vers la circoncision du coeur (qui est la régénération et qui existait bien dans l’AT, je confirme), elle n’en est pas le signe, au sens allianciel du terme.
    En effet, ce que l’on appelle “signe“ en Théologie de l’Alliance, c’est l’élément extérieur que reçoit un individu pour montrer d’une manière visible qu’il est bien intégré dans l’une des alliances de Dieu avec son peuple. C’est à cela que Paul fait référence lorsqu’il parle du “signe de la circoncision“ (Romains 4:11).
    Le signe de l’Alliance Mosaïque, par exemple, est sans l’ombre d’un doute la circoncision.
    La promesse de régénération est, quant à elle, liée à l’Alliance de Grâce. Cette Alliance n’est ratifiée qu’à la mort de Christ (Hébreux 9:16), et c’est seulement à ce moment là que ses principes régulateurs (dont le signe du baptême) sont instaurés.
    Cela n’empêche en rien que cette Alliance soit efficace avant sa ratification, car elle a la forme d’une promesse dès Genèse 3:15. Ceux de l’AT qui placaient leur confiance dans la promesse de grâce liée à la manifestation de Christ sont régénérés en vertu de la promesse. Cependant, ils ne recoivent aucun signe qui y soit relatif tant que l’Alliance dont ils sont dépendants n’est pas encore formalisé.

    Je maintiens que la circoncision est le signe de l’Alliance avec la postérité naturelle d’Abrham, qui deviendra l’Alliance Mosaïque. Cette “alliance de la circoncision“ diffère en substance et en administration de l’Alliance de Grâce, et par conséquent son signe n’a pas vocation à devenir celui de l’Alliance de Grace
    En tant que signe allianciel, la circoncision n’a rien à voir avec l’Evangile. Mais en étant un type et une ombre de la circoncision du coeur, la circoncision de la chair pointe vers l’Evangile (comme d’ailleurs presque tous les éléments de l’Alliance Mosaique).

    Donc, pour donner mon verdict final sur ton argumentation : non la circoncision n’est pas un signe de l’Evangile dans l’Ancien Testament. Je ne peux donc pas adhérer à ton raisonnement.

    A très vite.
    Guillaume

    • Salut Guillaume,

      Pour répondre à ton autre commentaire : je fais référence à l’héritage éternel destiné aux élus, ce qui inclut la nouvelle terre.

      Quant à ce commentaire-ci, je constate que nous avons des compréhensions très différentes des alliances : abrahamique, mosaïque, alliance de grâce, nouvelle alliance, alliance de la circoncision, etc. Je trouve ta position plutôt complexe, et par moment incohérente.

      Je trouve curieux, par exemple, que tu dises que la circoncision soit le signe de l’appartenance à l’alliance mosaïque alors que celle-ci vient 430 ans après la circoncision.

      Curieux que tu refuses de voir en la circoncision un signe de l’alliance de grâce alors que Paul dit qu’Abraham l’a reçue comme sceau de la justice qui lui a été imputée par le moyen de sa foi, et que toi-même tu reconnaisses qu’elle pointe vers la régénération.

      Curieux que tu affirmes que la régénération (donc l’alliance de grâce) soit une réalité dans l’Ancien Testament, tout en disant que cette alliance ne pouvait avoir aucune forme extérieure avant la venue de Jésus, donc que cette alliance ne comportait ni signe, ni membres lui appartenant visiblement.

      Curieux que tu reconnaisses que tout dans l’alliance mosaïque pointe vers l’Evangile, mais qu’elle diffère « en substance » de l’alliance de grâce.

      Curieux que tu cites Hébreux 9 pour parler de l’alliance de grâce, alors que ce passage parle de la nouvelle alliance !

      Mais si j’accepte l’espace d’un instant que la circoncision « pointe » seulement vers la régénération, ne vois-tu pas là au moins un point commun avec le baptême ? La circoncision pointe vers la régénération dans l’AT, et le baptême pointe vers la régénération dans le NT (Rm 6.4, par ex.) ?

      Ou bien dirais-tu (à tes risques et périls) que le baptême est le « signe allianciel » (comme tu le dis) de l’appartenance à l’alliance de grâce, et donc, selon ta compréhension de l’alliance de grâce et du « signe », que le baptême est le signe visible de la régénération d’une personne et donc de son élection en Christ ?

      Je suppose que notre discussion à venir sur les alliances va éclairer nos divergences.

      Amitié en Christ !

      • Cher Alex,

        Oui, effectivement, si je commence à répondre en détail à toutes tes remarques, nous allons grandement anticiper les prochains articles.

        De plus il y a certains points où tu te répètes (ex. : circoncision comme signe et sceau de l’Alliance de Grâce, circoncision pointant vers la régénération, etc…) et auxquels j’ai déjà apporté une réponse dans les commentaires précédents.

        Quelques rapides précisions :

        – Je dis que la circoncision est le signe de l’alliance faite avec la postérité naturelle d’Abraham. L’Alliance Mosaïque en est un développement. Je l’ai citée à titre d’exemple.

        – Oui, les éléments de l’Ancienne Alliance pointent vers l’Alliance de Grâce de manière typologique. La relation typologique de deux éléments n’implique pas nécessairement une unité de substance entre eux… Le paradoxe de ta remarque, c’est que dans Galates, Paul utilise justement un procédé typologique pour démontrer que ces deux alliances diffèrent radicalement. Mais on va en reparler.

        – Je cite Hébreux 9 et je le maintiens, car la Nouvelle Alliance EST l’Alliance de Grâce, promise dès Genèse 3:15 et ratifiée à la mort de Christ (Hébreux 9:16). L’Alliance de Grâce à la forme d’une promesse avant la mort de Christ, et elle ne devient une alliance formelle qu’après la crucifixion du messie.

        – Concernant la relation entre circoncision, baptême, et régénération, je ne peux que de nouveau reformuler ce que j’ai déjà dit : la circoncision pointe typologiquement vers la régénération (circoncision du coeur), tandis que le baptême suit sa manifestation extérieure (la profession de foi).

        – Enfin, oui, je peux dire sans hésiter que le baptême est bien le signe de la Nouvelle Alliance (et donc de l’Alliance de Grâce). Il n’est cependant pas la garantie que celui qui le reçoit fait partie de l’Alliance de Grâce : il n’en est pas le sceau… Comme je l’ai dit plus haut, c’est la régénération qui est le sceau et donc la preuve de la participation évidente à l’Alliance de Grâce.
        Mais nous allons reparler forcément de tout cela.

        Félicitations pour ces naissances frère !!
        Guillaume

        • Il me vient une question. Tu dis que dans l’alliance abrahamique, certaines choses étaient spécifiquement promises à la descendance naturelle d’Abraham. Et que la circoncision est le signe spécifique de ces promesses spécifiques.

          Quelles sont ces promesses ? Et se sont-elles réalisées ? Si oui, quand et comment ? Si non, cela veut-il dire qu’il y a encore des promesses destinées spécifiquement aux Juifs aujourd’hui (la descendance naturelle) ? Lesquelles ? Quand et comment se réaliseront-elles ? Et donc, en attendant, la circoncision doit-elle encore être pratiquée par les Juifs, par fidélité à Dieu ?

          Pour le reste, je pense que les articles à venir permettront de révéler le cœur de nos divergences.

          • Non Alex, ce n’est pas ce que je dis.
            La circoncision a été donnée à Abraham pour être un signe de l’alliance qui est faite avec lui.
            Dans cette alliance, tu as des promesses réservées à sa postérité naturelle, et d’autres associées à sa postérité spirituelle.

            Ce sur quoi j’insiste, c’est sur la dualité de cette alliance. Comme je l’ai dit plus haut, il est nécessaire que les promesses spécifiques faites à la postérité naturelle d’Abraham s’accomplissent pour que la postérité spirituelle paraisse.
            En Abraham, toutes ces promesses sont entremêlées.

            Les promesses données à la postérité naturelle d’Abraham se sont déjà accomplies, au travers de l’Alliance Mosaique. Donc, si tes questions ont pour objectif de savoir si je pense que l’état d’Israël moderne est l’accomplissement des promesses faites à Abraham, ma réponse est non.

            Les juifs continuent de se faire circoncire en raison de leur confiance en l’Alliance Mosaïque. Est-ce qu’ils doivent continuer à se faire circoncire ? S’ils souhaitent continuer dans cette voie, oui !
            Qu’est-ce que DIeu attend d’eux ? Qu’ils mettent leur confiance en Jésus-Christ pour le pardon de leurs péchés et qu’ils se fassent baptiser en conséquence 🙂

            Dernier point : bien qu’étant amill, je suis convaincu que Dieu n’a pas rejeté son peuple et je crois qu’il y aura un mouvement significatif de conversion des juifs avant le retour de Christ. Je crois que ce mouvement est, dans un sens, déjà amorcé. Mais toutes proportions gardées, en pourcentage, je ne suis pas sur que ce mouvement moderne de conversion des juifs dépasse celui du premier siècle…

            Oui, à très vite pour exposer nos différences sur l’Alliance de Grâce 🙂

  • Désolé Guillaume, mais je ne comprends pas. Il me semble bien que tu as insisté sur le fait que la circoncision était le signe spécifique des promesses spécifiques faites à la postérité naturelle d’Abraham. Est-ce que tu veux corriger, et dire maintenant que la circoncision est aussi le signe des promesses faites à sa postérité spirituelle ?

    Je te cite :

    « cette “alliance de la circoncision“ (cf. Actes 7:4) formalise la relation de Dieu avec la postérité naturelle d’Abraham »

    « [la circoncision] ratifie l’alliance avec sa postérité naturelle »

    « le signe de l’Alliance Abrahamique était pour Abraham et sa postérité naturelle »

    « Etienne appelle “alliance de la circoncision“ l’alliance qui est faite avec la postérité naturelle d’Abraham. Etienne ne se réfère clairement qu’aux promesses faites à la postérité naturelle d’Abraham (notamment le pays promis) »

    « Je dis que la circoncision est le signe de l’alliance faite avec la postérité naturelle d’Abraham »

  • Mais Alex, ca ne pose aucun problème avec mes développements….
    J’ai l’impression de répéter la même chose à chaque commentaires.

    L’alliance de Dieu avec Abraham comprend des promesses pour sa postérité spirituelle et d’autres pour sa postérité naturelle. Les dernières sont dépendantes de la réalisation des premières, en raison de cette dualité qui existe dans l’alliance abrahamique.

    Bien que ces promesses soient parfois clairement dissociées les unes des autres dans les rappels ultérieurs qui en sont faits, il n’en reste pas moins qu’elles sont entremêlées.

    Lorsque Abraham reçoit la circoncision, il la reçoit comme un signe, une ratification de l’alliance qui est faite avec lui et qui sera perpétuée avec sa postérité naturelle.
    Mais il faut garder à l’esprit que les promesses de grâce sont bien dépendantes de celles qui concernent la postérité naturelle, en Abraham

    Donc, en synthèse : il reçoit un signe dans la chair de l’alliance qui est faite avec lui et sa postérité naturelle (et toute sa maison), et dans laquelle sont contenues les promesses faites à sa postérité spirituelle.

    Voilà pourquoi, pour Abraham et pour lui seul, la circoncision est vue comme le sceau de la justification qu’il a reçu par la foi : parce que les promesses qu’il reçoit sont entremêlées et interdépendantes.
    Ce ne sera pas le cas pour sa postérité naturelle, comme nous le verrons certainement dans les prochains articles.

    • Je suis désolé Guillaume, je comprends vite mais il faut m’expliquer longtemps !

      Oublions Romains 4.11 pour l’instant.

      Tu dis que « l’alliance de Dieu avec Abraham comprend des promesses pour sa postérité spirituelle et d’autres pour sa postérité naturelle ». Puis, tu dis que « lorsque Abraham reçoit la circoncision, il la reçoit comme un signe, une ratification de l’alliance qui est faite avec lui et qui sera perpétuée avec sa postérité naturelle. »

      Cela veut donc bien dire, clairement, que pour toi, la circoncision ratifie non seulement les promesses qui concernent la postérité naturelle mais aussi celles qui concernent la postérité spirituelle.

      On est bien d’accord ?

      Maintenant, es-tu en train de dire que la circoncision n’a été le « signe » de l’alliance abrahamique (toutes promesses confondues) que pour Abraham ?

      Si oui, sur quelle base en rétrécis-tu la signification pour les générations ultérieures ?

      Si non, cela veut bien dire que les enfants d’Abraham ont eux aussi porté le signe de promesses qui concernaient la postérité spirituelle en Christ. Ce qui, à mon avis, est le cas !

      Pardon si tu as l’impression de te répéter, mais j’essaie sincèrement de comprendre ta position.

      • Non frère, je n’établis pas une distinction aussi tranchée que cela entre les promesses qui sont faites à Abraham et sa postérité naturelle (ses descendants immédiats, puis le peuple d’Israël), et celles qui sont faites à sa postérité spirituelle (Christ et ceux qui seront en lui).

        Je ne vais pas revenir sur leur relations et leur inter-dépendances en Abraham, car je les ai déjà plusieurs fois exposées.

        La circoncision est le signe de l’alliance faite avec Abraham et sa postérité naturelle.
        Mais pour Abraham, elle est également le signe de l’accomplissement ultérieur des promesses spirituelles qui lui sont faites.
        En clair, de l’accomplissement des promesses faites à la postérité naturelle dépend le fait que la postérité spirituelle paraisse.

        Pour Abraham, la circoncision est bien le signe de l’Alliance qui est faite avec lui, en particulier parce que les promesses spirituelles et éternelles qui lui sont faites sont entremêlées avec les promesses temporelles liées à sa postérité naturelle.

        Mais pour sa postérité immédiate, ce signe ne confirmera que les promesses d’une grande nation et d’un territoire.
        L’écrasante majorité d’entre eux n’eut en effet aucune part aux promesses de grâce faites à Abraham, et ils périrent sans avoir part à l’Alliance de Grâce, et ce à cause de leur incrédulité. La circoncision ne leur a été d’aucun secours dans ce cas…

        Je pense que nous développerons cela dans notre prochain article.

        A très vite.
        gb

        • Tu confirmes donc que la circoncision n’a pas eu la même signification pour Abraham que pour sa descendance, ce que je conteste (Gn 17.7-11). On en reparlera sans doute.

          Tu dis que la circoncision ne confirme, pour la postérité naturelle, que les promesses d’une grande nation et d’un territoire. Donc des promesses qui n’ont pas encore été réalisées à tes yeux, on est bien d’accord ?

          • Si : en l’Alliance Mosaïque. 🙂
            Et je te confirme qu’en dehors de la foi en Jésus-Christ, personne ne peut prétendre à avoir accès aux promesses spirituelles faites à Abraham.
            La grande majorité des Israélites ont été incrédules quant au Serviteur Souffrant à venir. Il n’ont jamais eu part, que ce soit substantiellement ou administrativement, aux promesses éternelles et spirituelles faites à Abraham.

  • Peux-tu me dire à quel moment, sous l’alliance mosaïque, les Israélites ont occupé souverainement tout le territoire promis à Abraham (Gn 15.18-21) ?

    • A cela, cher Alex, je te ferai non pas une, mais deux réponses.

      – Ma première est une question : peux-tu me dire quelles sont les limites exactes du pays promis à Abraham ?
      🙂 Il n’y a aucune indication de limites précises que Dieu aurait donnée à Abraham. Tu m’aurais dit Moïse et/ou Josué, j’aurais trouvé ta question plus précise.

      – Ma deuxième est la vraie réponse : non, ils n’ont de toute façon pas occupé les limites du pays qui a été promis. Pourquoi ? A cause de leur incrédulité, qui s’est manifestée tout au long de la conquête de Canaan.
      Les Israélites ont brisé l’alliance qui était faite avec eux (Jérémie 31:32 ; 34:18).

      Là encore je suis obligé de m’avancer un peu sur les articles futurs : l’alliance faite avec la postérité naturelle d’Abraham (Alliance de la Circoncision/Alliance Mosaïque) diffère en substance et en administration de l’Alliance de Grâce.
      Et l’un des points qui met en évidence ces différences est que la première était transgressable tandis que la seconde est inviolable, et ce pour l’éternité.

      • Je n’allais pas te parler de ce que Dieu a promis à Moïse ou à Josué puisque nous parlons de l’alliance avec Abraham. J’ai cité Genèse 15, où il est question du pays « depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, l’Euphrate ». C’est quand même assez précis.

        Donc tu contredis ton précédent commentaire, en reconnaissant que la promesse du territoire, en fait, ne s’est pas réalisée (tu avais dit que oui, elle s’était réalisée en l’alliance mosaïque).

        Je serais curieux de voir où, dans l’alliance avec Abraham, tu vois que certaines promesses sont révocables en cas d’incrédulité de la part des futurs Israélites. Je ne parle pas de l’alliance du Sinaï mais bien des promesses faites à Abraham.

        • Ok je vois ce que tu veux dire, mais en ce qui me concerne je ne comprends pas la mention de l’étendue du pays comme une indication géographique claire de ce que Dieu va donner à Abraham.
          Mais à vrai dire, peu importe.

          Je maintiens que Dieu a accompli sa promesse en faisant entrer Israel dans le pays de Canaan, mais que le peuple n’en a pas pris possession totalement à cause de sa désobéissance et de son incrédulité.
          Personnellement, je ne vois pas où est la contradiction ici.
          Je ne crois pas à l’inviolabilité de l’Alliance Mosaïque, et il me semble que la transgression de l’alliance et les conséquences qui en découlèrent est clairement attestée et dans l’A.T., et dans le N.T.

          Plusieurs marqueurs textuels indiquent une condition d’obéissance lors de la remise de l’Alliance de la Circoncision à Abraham en Gen. 17 (« marche devant ma face et sois intègre », « tu garderas mon alliance », etc…).
          Tu sais Alex, la même charge de preuve incombe sur toi si tu veux voir dans Gen. 17 une alliance monopleurique/inconditionnelle. Comment défends-tu ton point de vue ?

          Juste un commentaire encore : j’ai l’impression que tu crois à un retour futur d’Israël dans des frontières similaires à celles promises à Abraham.
          Outre le fait que ces frontières soient peu identifiables (si tant est qu’elles aient été identifiées par Dieu auprès d’Abraham…), il me semble que tu passes à côté de l’esprit dans lequel Dieu fait ces promesses au patriarche et à sa postérité naturelle.
          Ces promesses sont au service de la manifestation de la postérité spirituelle. Elles encadrent la lignée naturelle par laquelle Christ sortira. Une fois qu’il est paru, elles n’ont plus lieu d’être.
          Je ne veux pas me lancer ici dans des développements eschatologiques, mais je ne crois absolument pas en un accomplissement à venir des promesses temporelles faites à Abraham. Tout est définitivement accompli en Christ.

          J’attends la prochaine étape où tu vas venir me chatouiller sur la notion de « possession perpétuelle » du pays de Canaan 🙂

          • Je te rassure : je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde au niveau de l’eschatologie !

            J’essaie juste de montrer qu’en faisant de la circoncision seulement le signe des promesses faites à la postérité naturelle, tu es obligé de dire que la circoncision a été le signe de promesses qui, en fin de compte et d’après toi, ont été révoquées, puisque les Israélites n’ont jamais occupé tout le territoire promis à Abraham. Ils n’ont pas non plus été la « grande nation », nombreuse comme les étoiles du ciel.

            Mais moi, j’affirme que l’alliance avec Abraham est unilatérale, comme en témoignent les promesses « programmatiques » de Genèse 12.1-3 où Abraham n’a pas un mot à dire, comme aussi le fait que seul Dieu, sous la forme d’un feu, passe entre les animaux partagés, dans Genèse 15.

            J’affirme par ailleurs, comme je l’ai dit dans mon article, que Genèse 12, 15 et 17 représentent une seule alliance (d’après la façon dont Paul en parle dans Romains 4 et Galates 3 notamment). J’affirme que les promesses d’un peuple nombreux, d’un territoire béni et d’une relation perpétuelle avec Dieu trouvent toutes leur accomplissement en Christ. Aucune promesse n’a été révoquée. Toutes ont pour objet « l’héritage du monde, par la justice de la foi » (Rm 4.13).

            C’est pourquoi je peux dire que la circoncision, étant le signe et le sceau de ces promesses, est un signe et un sceau de l’Evangile dans l’Ancien Testament, et non pas seulement un signe de promesses temporelles, révocables, et en fin de compte révoquées.

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