Le Baptême en Questions – #6 Le baptême et la circoncision

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Question :
Y a t-il un lien entre la circoncision et le baptême ?

 

 

Position pédobaptiste (Alexandre Sarran)

 

La circoncision est un signe que Dieu a donné à Abraham pour lui attester l’alliance qu’il a conclue avec lui (Gn 17). D’après l’apôtre Paul, ce que Dieu a promis à Abraham dans le cadre de cette alliance, c’est “l’héritage du monde, par la justice de la foi“ (Rm 4.13).
Et ce qui a été promis à Abraham, c’est ce qui est donné encore aujourd’hui à tous ceux qui s’attachent à Jésus par la foi (Ga 3.29). La circoncision atteste donc, avant la venue de Jésus, une promesse qui perdure ensuite dans le Nouveau Testament.

L’apôtre Paul confirme cette idée lorsqu’il dit de la circoncision qu’elle a été donnée comme “sceau“ de la justice promise (Rm 4.11), un peu comme un coup de tampon apposé au bas d’un contrat, et qui en certifie les termes. Cette justice a été imputée à Abraham par le moyen de sa foi, et elle sera imputée à tous ceux qui, comme lui, croient.
Voilà ce qui est cérémoniellement attesté par la circoncision tout au long des pages de l’Ancien Testament.

Il se trouve que le signe de la circoncision (sceau de la justice que l’on obtenait par la foi, donc) n’était pas réservé aux adultes qui étaient aptes à professer la foi, mais qu’il était aussi appliqué aux bébés. Pourquoi ? Parce que ces enfants faisaient partie du peuple de Dieu, auquel appartenaient les promesses de Dieu (cf. Gn 17:7 ; Rm 9:4).
Leur circoncision pointait solennellement vers leur héritage.
Plutôt que de les dispenser de la foi, la circoncision les obligeait à la foi, en-dehors de laquelle ils devenaient apostats. Dieu les avait placés, souverainement, dans son peuple. Quelle chance et quelle responsabilité tout à la fois !

Puisque la circoncision pointait ainsi vers l’objet de la promesse faite au peuple de Dieu, on découvre sans surprise que le langage de la circoncision est employé dans l’Ancien Testament pour décrire diverses réalités spirituelles, constitutives ou non du salut offert à ceux qui ont la vraie foi (par ex. Lv 26.40-41 ; Dt 30.6 ; Jr 4.4).
En l’occurrence, l’expression bien connue de “la circoncision du cœur“ fait un lien entre le signe extérieur de la promesse, et la substance-même de la promesse, œuvre spirituelle que Dieu opère dans le cœur des croyants.

Or, lorsque le Nouveau Testament parle du baptême, on découvre que celui-ci pointe vers la même œuvre spirituelle de Dieu, qui consiste notamment à faire naître de nouveau les croyants (Rm 6.4), à susciter en eux la repentance (1 Pi 3.21), et à leur pardonner leurs péchés (Ac 2.38). Autrement dit, la circoncision et le baptême sont deux signes différents d’une seule et même réalité, deux rites différents qui pointent vers la même promesse.

S’adressant à des croyants d’origine non-juive à qui certains faux docteurs cherchent à imposer la circoncision, l’apôtre Paul affirme qu’ils n’ont pas besoin d’être circoncis puisque la vraie signification de la circoncision est déjà présente dans leur baptême (Col 2.11-12).
Cet enseignement de Paul, entre autres, permet d’établir que le baptême a remplacé la circoncision comme signe et sceau de la justice que Dieu a promis d’imputer aux croyants.

Et si le signe de cette promesse était autrefois destiné à tous les membres du peuple visible de Dieu, qu’est-ce qui justifie d’en priver aujourd’hui les enfants ?

 

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Position crédobaptiste (Guillaume Bourin)

 

Les pédobaptistes justifient généralement leur pratique en imaginant une unité entre le baptême et la circoncision.
Voici comment l’exprime Jean Calvin : “Avant l’institution du baptême, le peuple de Dieu avait, à sa place, la circoncision qui a été pratiquée sous l’Ancien-Testament.(1)

En genèse 17, Abraham reçoit le signe de la circoncision, que Dieu lui demande d’appliquer également à tout mâle de plus de 8 jours “qu’il soit né dans la maison, ou qu’il soit acquis à prix d’argent de tout fils d’étranger.“ (17:10)

Les pédobaptistes,  considérant que dans le Nouveau Testament le baptême remplace la circoncision, déduisent sur cette base que les enfants des croyants doivent également être baptisés.

Cette présupposition s’appuie sur deux raisonnements systématiques, issus de la Théologie de l’Alliance (2) :

  1. Il y aurait une continuité dans les différentes alliances entre Dieu et son peuple.
    Pour l’écrasante majorité des pédobaptistes, l’Ancienne et la Nouvelle Alliance sont une seule et même Alliance de Grâce, partageant une substance commune, mais différant quant à leurs administrations. (3)
  2. Il y aurait également une continuité dans le peuple de Dieu.
    L’église serait le prolongement d’Israël. Par conséquent, Israël et l’église seraient un seul et même peuple. (4)

L’ensemble des passages bibliques qu’ils invoquent pour défendre cette position (au premier rang desquels Colossiens 2:11-12 et et Romains 4:11) sont lus au moyen de ce schéma interprétatif. (5)

Autant le dire d’emblée, cette approche véhicule de nombreuses incohérences.
En voici quelques unes (6) :

– A la différence du baptême, la circoncision n’était pratiquée que sur des sujets mâles. Or, si le baptême remplace la circoncision, pourquoi les pédobaptistes en viennent-ils à baptiser des enfants filles, voire même des femmes en général ?

– En donnant la circoncision à Abraham, Dieu lui a demandé de circoncire également l’ensemble de ses serviteurs, sans qu’il ne soit exigé de condition de foi de leur part (cf. Genèse 17:12, 13, 37). Que faire, donc, aujourd’hui ? Si un chef d’entreprise se tourne vers Christ, devra t-il baptiser l’ensemble de ses employés, même si ces derniers ne croient pas ?

– L’objet du concile de Jérusalem (Actes 15),  était précisément de régler la question de la circoncision des croyants d’arrière plan païen. Or, pas une seule fois l’argument du baptême remplaçant la circoncision n’est avancé, alors que ç’aurait été le moment le plus propice pour le faire.

Mais le principal problème de la position pédobaptiste est herméneutique : elle accorde aux passages de l’Ancien Testament relatifs à la circoncision une autorité interprétative sur les passages du Nouveau Testament relatifs au baptême.

Autrement dit, les pédobaptistes pratiquent le pédobaptême sur la base d’une alliance dans laquelle le baptême n’existe même pas
Et tout cela en ayant pour fondement une série de raisonnements systématiques !

L’une des règles herméneutiques fondamentales des églises issues de la Réforme consiste à laisser l’Ecriture s’interpréter premièrement par elle-même. (7)
Les pédobaptistes transgressent cette règle en laissant des concepts théologiques pré-établis décider de la nature de l’analogie entre le baptême et la circoncision.

 

Mais dans ce cas, que penser du lien entre la circoncision et le baptême ?

Le Nouveau Testament enseigne clairement que, dans la Nouvelle Alliance, la circoncision de la chair est remplacée par la circoncision intérieure du cœur, c’est à dire la régénération (Romains 2:25-29 ; Colossiens 2:11).

Dès lors, nous voyons le véritable lien analogique qui existe entre la circoncision et le baptême : tous deux pointent vers l’œuvre divine de la régénération.
La circoncision l’anticipe typologiquement, tandis que le baptême la suit une fois qu’elle a été reçue et exprimée extérieurement par la foi.

Il y a donc bien un lien entre la foi et le baptême, mais celui-ci ne justifie certainement pas la pratique pédobaptiste.

 

Notes et références :

(1) Calvin, Institution Chrétienne, IV.16.3. 
Un peu plus loin, Calvin précise : “Tout ce qui caractérise la circoncision se trouve dans le baptême, à l'exception de la cérémonie extérieure et visible.“ (Institution, IV.16.4) -GB (retour)
(2) La Théologie de l’Alliance est un système interprétatif formalisé par les théologiens de la Réforme, et dont le but est de présenter une approche herméneutique de l’ensemble de la révélation biblique. Une série est consacrée à cette approche sur Le Bon Combat. -GB (retour)
(3) Pour les pédobaptistes, l'Ancienne et la Nouvelle Alliance sont deux administrations externes d'une même alliance : l'Alliance de Grâce, celle que Dieu a fait avec son peuple dès après la chute. Cela implique que les membres Nouvelle Alliance (les chrétiens) bénéficient de privilèges similaires aux membres de l'Ancienne Alliance (Israël). Seule l'administration externe de l'alliance (et donc en particulier les signes qui accompagnent l'Alliance, baptême et circoncision) diffère entre l'Ancienne et la Nouvelle
 Cette position a été exposée très en détail par le théologien hollandais Herman Witsius (1636-1708) dans son “De oeconomia foderum Dei cum hominibus“ (L'économie des alliances entre Dieu et l'homme). Une traduction en vieil anglais est consultable ici.
 Notons cependant qu'il existe également, au sein des théologiens pédobaptistes, une position affirmant une discontinuité entre l'Ancienne et la Nouvelle Alliance. Bien que minoritaire, cette approche compte de prestigieux défenseurs. Ainsi, John Owen (1613-1683), surnommé le “prince des Puritains“, en donne une description détaillée en commentant Hébreux 8:6-13.
 Parmi les théologiens pédobaptistes modernes, Meredith Kline et dans son sillage Michael Horton ont défendu une certaine discontinuité, arguant que l'Alliance Mosaïque était une alliance des oeuvres. Pour aller plus loin, voir ce site consacré à Meredith G. Kline et voir Horton, M., “Introducing Covenant Theology“, Baker Books, 2006. -GB (retour)
(4) Les églises traditionnelles (Catholiques et Orthodoxes) ont historiquement défendu le pédobaptisme sans jamais adhérer à la Théologie de l'Alliance des Réformés, mais en souscrivant plutôt à une forme de Théologie de la Substitution (qu'on appelle parfois Théologie du Remplacement ou “supersessionisme“). Selon cette approche, l'église remplacerait Israël dans le plan de Dieu. -GB (retour)
(5) L'interprétation de ces passages (et des autres généralement invoqués dans pareil débat) nécessiteront des discussions dédiées. Je ne m'y arrêterai donc pas dans cet article. -GB (retour)
(6) Les limites auxquelles nous nous sommes astreints pour cette série d'articles ne me permettent pas de developer davantage sur les différents problèmes posés par cette approche pédobaptiste. Celle-ci soulève en effet plus de problèmes qu'elle ne donne de réponse, et ce d'une manière exponentielle (j'aurais pu en citer plusieurs dizaines...).
 Pour aller plus loin, voir Schreiner, T.R. & Wright S.D., “Believers Baptism“, B&H Publishing Group, 2006. Egalement : Johnson, J.D., “The Fatal Flaw“, Free Grace Press 2010, et Malone, F.A., “The Baptism of Disciples Alone“, Founders Press, 2003. -GB (retour)
(7) Voir Confession de Foi de Westminster, 1:8-9 et Confession de Londres de 1689, 1:9-10. -GB (retour)

<p>Réflexions et ressources d’édification centrées sur Dieu</p>

  • Salut Guillaume,

    Tu consacres une bonne partie de ton article à attaquer la position pédobaptiste, tout en la caricaturant ou en la dénaturant. C’est l’argument de l’homme de paille ! J’aurais préféré que tu consacres davantage de place à répondre à la question, du point de vue crédobaptiste. Je reste donc sur ma faim.

    Pour le reste :

    On baptise des filles pour la même raison que vous.

    Un chef d’entreprise aujourd’hui n’a pas le même statut qu’un chef de maison dans l’Ancien Testament. Le sens de Gn 17 c’est que tout membre masculin du peuple de Dieu doit être circoncis.

    La question qui est soulevée au concile de Jérusalem n’est pas seulement de savoir si les païens convertis doivent se faire circoncire, mais plus largement, si l’observation de la loi de Moïse est indispensable à leur vocation chrétienne (cf. Ac 15.1 et 5, et aussi Ga 5.3). C’est pourquoi la relation entre le baptême et la circoncision n’entre pas en compte dans le débat.

    La circoncision intérieure du cœur n’est pas une réalité propre au Nouveau Testament ou à la nouvelle alliance. Elle existe aussi sous l’ancienne alliance.

    Je ne comprends pas pourquoi tu parles d’un lien analogique entre la foi et le baptême, en disant que la foi pointe vers la régénération. Je ne comprends pas le sens que tu donnes au mot « foi » ici. Voulais-tu dire la circoncision ? Idem dans ta conclusion.

    • Salut Alex,

      Oui ! Mea culpa, il faut bien lire “lien entre la circoncision et le baptême“, c’est une faute de frappe.
      Ce que je veux dire, c’est que la circoncision et le baptême sont deux signes qui pointent vers la régénération, l’un en la typifiant, et l’autre en étant le signe qui accompagne la profession de foi (la véritable profession de foi étant la manifestation extérieure de la régénération).

      Il est normal que je passe la majeure partie de mon article à détailler la position pédobaptiste : la question est le lien entre baptême et circoncision dans le cadre d’un débat polémique sur le baptême.
      Si les pédobaptistes n’assimilaient de cette manière baptême et circoncision, on n’aborderait même pas cette question !

      Je réponds à tes remarques dans un message ultérieur.

      A très vite, frère.

  • Voici mes réactions à ce premier commentaire, Alex.

    1- Manifestement non, vous ne baptisez pas les filles pour les mêmes raisons que nous, ne serait-ce que parce que nous les baptisons systématiquement sur la base d’une profession de foi.

    2- Je prends note de ta remarque, à savoir qu’un chef d’entreprise n’a pas le même statut qu’un chef de famille/maison dans l’Ancien Testament. Dans ce cas, une question me vient immédiatement à l’esprit : jusqu’où pousser l’analogie ?
    Puisque la circoncision Abrahamique sert de “principe régulateur“ aux pédobaptistes pour déterminer leur approche du baptême, qu’est-ce qui est transposable, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Et sur quelle(s) base(s) le déterminer ?
    Cela soulève également la question du baptême des enfants de non croyants, selon ta position, mais je vais y revenir.

    3- Au contraire, la question du concile de Jérusalem est parfaitement pertinente. Certes, et tu as raison de la souligner, c’est l’observance de l’ensemble de la loi (cérémonielle en particulier) qui se trouve derrière celle de la circoncision. Cependant, la question de la circoncision est bien là, et elle est la plus proéminente. Et si, comme les pédobaptistes l’affirment, le baptême était le pendant néo-testamentaire de la circoncision, l’ensemble du concile se serait réglée sur ce simple fait : « le baptême est le pendant de la circoncision dans la Nouvelle Alliance, par conséquent il est hors de question de forcer les paiens à se faire circoncire alors qu’ils ont déjà été “circoncis dans le baptême“ » (pour reprendre ton expression).
    Même type d’argument pour l’épître aux Galates : si vraiment le baptême remplace la circoncision dans la Nouvelle Alliance, pourquoi Paul n’en parle t-il pas spontanément aux destinataires de l’épitre ? Ç’aurait même été un argument sans appel qui n’aurait pas dépareillé avec le style hautement rhétorique de Paul dans cette épître.
    Enfin, toujours dans la même veine : si le baptême remplace la circoncision, pourquoi des chrétiens d’arrière plan juif de Jérusalem continuaient-ils à circoncire leurs enfants, comme cela est attesté en Actes 21:20-26 ? S’ils étaient circoncis, ils avaient certainement été baptisés lorsqu’ils avaient cru. Mais pourquoi donc continuer à circoncire leurs enfants si le baptême remplaçait vraiment ce signe ?

    4- Dire que la circoncision du coeur est déjà présente dans l’Ancien Testament ne résout pas l’ensemble des problèmes que je soulève. La circoncision pointe typologiquement vers une réalité qui existe déjà, ok. Mais qu’est-ce que cela change ?

    Tout ceci m’amène à soulever une autre question : celle des enfants de non croyants.
    En effet, les enfants n’était pas les seuls incroyants qui devaient être circoncis. Nous avons déjà parlé des serviteurs qui appartenaient à Abraham,et desquels la foi n’était pas exigée pour qu’ils soient circoncis.
    A vrai dire tous les mâles de tous les âges, croyants ou non, devaient être circoncis : “tout mâle parmi vous sera circoncis.“ (cf. Gen. 17:10-14)
    La circoncision n’était pas uniquement administrée à la première génération d’enfants, mais à toutes les générations successives (Gen. 17:12). Ce n’est donc pas sans raison que les générations successives des descendants d’Abraham ont pratiqué la circoncision, de sorte que la génération des enfants d’Israël sortant d’Egypte était circoncit (Josué 5:5) de même que la génération qui a pris possession du pays de Canaan (Josué 5:2-8).
    Or, ne nous y trompons pas, parmi tout ce peuple, de nombreux étaient incrédules et n’avaient aucune disposition à l’obéissance à l’Eternel (Hébreux 3:19).
    Le fait que, parmi le peuple d’Israël, des générations entière ont été incrédules au point de mourir dans le désert n’ont pas empêché les générations suivantes d’être circoncies.
    Par conséquent, si l’église doit transférer ce qui est de la circoncision sur le baptême, qu’est-ce qui limite l’administration du baptême à la première génération des enfants croyants, comme l’enseigne quasiment l’ensemble des pédobaptistes ? Puisque dans l’Ancien-Testament, la circoncision était administrée jusqu’à la troisième, quatrième génération et au-delà, sans condition de foi, qu’est-ce qui empêcherait que des petits-enfants ou des arrière-arrière petits enfants soient baptisés sur la base de la foi de leurs aïeux ?
    Nulle part, dans l’Ancien Testament, il n’est indiqué que la foi de l’un des deux parents est un pré-requis pour le baptême d’un enfant. Par conséquent, d’où sort ce principe universellement appliqué ou presque chez nos amis pédobaptistes ?

    Plus généralement, je renouvelle ma question : quelle pratique de l’Ancien Testament est transposable dans le Nouveau, si je suis ton approche du lien entre circoncision et baptême ?

    • Merci Guillaume pour tes remarques.

      J’estime que tu présentes mal la position pédobaptiste, en disant, par exemple, que la circoncision abrahamique nous sert de « principe régulateur ». Tu prétends que notre position sur le baptême est calquée sur la circoncision dans l’Ancien Testament, comme si les deux signes étaient parfaitement équivalents. Mais ce n’est pas ce que nous disons. En attaquant cette position, tu t’attaques donc à un homme de paille, et c’est aussi ce que tu fais de manière flagrante dans ton article ! Le débat en est faussé.

      Ce n’est pas parce que les enfants étaient circoncis dans l’Ancien Testament que nous les baptisons aujourd’hui. Nous les baptisons parce qu’ils font partie du peuple visible de Dieu. C’est ce que j’ai expliqué dès le premier article.

      En présentant notre position comme étant essentiellement basée sur (et réglée par) la pratique de la circoncision dans l’Ancien Testament (tu parles même de « transposition », de « transfert » et « d’assimilation »), tu aboutis évidemment aux questions que tu as soulevées, et que tu présentes comme preuves du caractère incohérent de notre position, alors qu’en réalité ces questions sont caricaturales et hors-sujet.

      À tes questions sur le baptême des filles, sur le baptême des employés d’un patron chrétien, et sur le baptême des arrière-arrière-petits-enfants de croyants, on pourrait ajouter : pourquoi ne pas baptiser les enfants précisément le huitième jour après leur naissance ? Etc.

      Ces questions sont hors-sujet, parce que, je le répète, notre pratique du baptême ne prend pas exemple sur celle de la circoncision dans l’Ancien Testament, contrairement à ce que tu dis.

      Notre position sur le lien entre la circoncision et le baptême, je l’ai résumée en italique dans mon article : « la circoncision et le baptême sont deux signes différents d’une seule et même réalité, deux rites différents qui pointent vers la même promesse ».

      C’est en constatant ce lien sur la base de l’Écriture (un lien que tu reconnais toi-même quand tu dis que « tous deux pointent vers l’œuvre divine de la régénération »), que nous disons que le baptême remplace la circoncision comme signe et sceau de la justice que Dieu a promis d’imputer aux croyants.

      D’ailleurs, sur ce rapport entre le baptême et la circoncision, toi et moi devrions être globalement d’accord, puisque nous affirmons tous les deux que :

      – la circoncision et le baptême sont des signes qui pointent vers la grâce de Dieu ;
      – la circoncision, obligatoire depuis Abraham, est devenue superflue depuis Jésus ;
      – le nouveau rite obligatoire « d’insertion » dans le peuple de l’alliance, depuis Jésus, c’est le baptême.

      Donc en quelque sorte, le baptême remplace bien la circoncision, non ? Là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur les destinataires du signe. Or, là où tu me reproches d’inclure les filles, moi je te reproche d’exclure les enfants !

      Par conséquent, pourrais-tu expliquer plus en détail quel est le sens de la circoncision dans ta perspective, et pourquoi ce signe était administré aux enfants dans l’Ancien Testament ?

      • Merci Alex,

        Alors, dans l’ordre :

        1- Je ne pense pas mal représenter votre position. Déjà parce que j’ai lu plusieurs ouvrages pédobaptistes, ensuite parce que ce que j’ai dit, c’est au final ce que tu dis, exception faite du méncanisme des alliances que tu n’avais pas précisé.
        Tu as du voir que j’ai cité Calvin dans les notes, qui déclare : “Tout ce qui caractérise la circoncision se trouve dans le baptême, à l’exception de la cérémonie extérieure et visible.“
        C’est on ne peut plus explicite…
        Quelle que soit le côté par lequel on l’aborde, la finalité est la même : vous voyez une similitude entre baptême et circoncision.
        Mes questions sont : où commence, et où s’arrête cette similitude ? Et quel est la règle exégétique pour le déterminer ?
        Par conséquent, la question du 8ème jour est excellente, merci de l’avoir posé :).

        2- Je n’ai donc aucun problème quand tu dis que la circoncision et le baptême sont deux signes différents. C’est bien ce que j’ai compris de ta position. Je ne crois pas avoir dit qu’ils sont confondus, mais qu’ils ont les mêmes caractéristiques (à l’exception de la cérémonie extérieure). C’est en substance ce que dit Jean Calvin.
        Pour vous, dans la Nouvelle Alliance, le baptême remplace la circoncision et à la même fonction.

        3- Je ne crois pas que que la circoncision soit un signe pointant directement vers la régénération comme le baptême l’est. C’est typologiquement que la circoncision pointe vers elle.
        La circoncision n’est pas le signe extérieur (et antérieur) de la circoncision intérieure du coeur. C’est par un lien typologique qu’elle pointe vers elle.
        En aucun cas elle n’en est le signe extérieur, comme le baptême l’est (lorsque, bien sur, la foi profession de foi est véritable).

        4- Le baptême est un signe extérieur qui met en évidence la réalité spirituelle : le croyant est bien entré dans l’Alliance de Grâce.
        La circoncision n’a pas cette fonction.
        Cependant, je ne veux pas commencer à développer ces éléments ici, car nous allons avoir l’occasion d’exposer nos divergences sur les alliances, et ce serait dommage d’anticiper ces discussions dans des commentaires.

        Et pour finir, je ne te reproche pas d’inclure les filles ! Je te reproche d’inclure des filles (et des garçons) qui n’ont pas encore manifesté la moindre évidence qu’ils sont membres de l’Alliance de Grâce.
        De ce fait, le baptême dont tu baptises n’a aucune valeur…

        • Timothée Calvot

          Bonjour Guillaume, bonjour Alex,

          Alors je suis relativement d’accord avec Alex lorsqu’il dit que Guillaume caricature la position pédo-baptiste mais étant de le cadre d’un débat, un peut de ce genre d’ironie me semble de mise… Lorsque, par exemple Guillaume parle des pédo-baptistes qui « imaginent » une unité entre la circoncision et le baptême… c’est piquant.
          Comme si tout était créé de toute pièce.

          Mais je veux interpeler.

          La circoncision:
          -Pourquoi est-elle abolie?
          – Pourquoi les filles n’étaient pas circoncises? Avaient-elle un autre rituel ou signe?
          – Pourquoi les serviteurs (esclaves) étaient circoncis?
          – Pourquoi le baptême est-il institué au lieu de la circoncision comme signe du peuple de Dieu?

          Les réflexions manquent de théologie biblique pour moi.

          Quand on regarde, la circoncision est un sacrifice « parodié » ou une « typologie » pour reprendre le langage cher à Guillaume. Dieu « sacrifie » tout les mâles de son peuple… et pas les filles? Non pas les filles, Dieu leur épargne l’excision apparemment, mais en échange de ce « non-paiement » il ordonne une expiation compensatoire une double peine pour la mère qui engendre un fille qui ne sera pas « sacrifiée/circoncise » car celle-ci ne restera pas 7 jours plus 33 jours à se purifier à l’extérieur du camps mais 14 jours plus 66 jours (cf. Lévitique 12)

          Mais le sacrifice a été offert en Jésus-Christ. Aussi la circoncision devient-elle caduque, obsolète, Elle n’est plus réservée à l’homme juif, libre (oui parce que on circoncit les esclaves mais ce faisant, ils perdent leurs statuts d’esclaves définitifs car les lois du peuple d’Israël étaient conçues pour garantir leur libération au bout d’un certain temps : 7 ans ou 7×7 ans). Tiens, curieusement les paroles de Paul prennent un sens certains si on garde ces notions en tête: « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ.  »
          (Gal 3:28)
          Eh oui, Paul parle du passage de la circoncision au baptême cherchant par là à convaincre de ne pas revenir à la Loi de Moïse et à la pratique de la circoncision selon cette loi mosaïque.
          Car si autrefois selon la Loi de Moïse seul l’homme juif et libre pouvait être circoncit, maintenant qu’il soit juif ou grec, libre ou esclave, homme ou femme il peut être … baptisé AMEN! Car il ne s’agit plus d’une « typologie » 😉 de sacrifice mais d’une « typologie » de l’onction de l’Esprit-Saint.
          Donc ces braves serviteurs étaient circoncis parce qu’ils faisaient partie d’office du peuple de Dieu. Pouvaient-ils partir de leur maison pour aller où ils le voulaient? Non. (ici, Guillaume, j’attaque ton parallèle avec le patron d’entreprise que je trouve un peu léger). La circoncision est là pour lier le peuple hériter de la promesse.
          Mon employé de bureau n’est lié à moi que par un contrat de travail, il est libre de partir quand il le veut. Je ne lui impose rien. On ne peut donc raisonnablement pas comparer ce lien avec celui de l’esclave qui demeure au sein du peuple malgré lui.

          Car il faudrait arrêter, les baptistes, de refuser de voir le rôle spirituel et sacré de la circoncision. Je suis frappé du nombre de baptistes que je croise qui résume la circoncision à une démarcation ethnique. Mince ! C’est d’abord et avant tout un signe de consécration et un signe de foi (foi des parents pas de l’enfant).
          Pourquoi Israël est un peuple? Parce que Dieu est son Dieu voilà la première identité du peuple d’Israël. Comment le signe de la circoncision ne renverrait pas à Dieu est ne serait pas un signe spirituel ayant des conséquence sur la délimitation de la frontière entre le peuple et le monde.
          Car lorsqu’on lit que celui qui n’est pas circoncit ne pouvait pas prendre par à un grand nombre de fêtes juives parmi lesquelles rappelons le, la pâque, il faut être aveugle pour ne pas voir le rôle spirituel de la circoncision (faut voir ce que Moïse à faillit se prendre de la part de Dieu parce qu’il n’était pas circoncit en Exode !)

          Et si celui qui n’était pas circoncit ne pouvait pas prendre part à la pâque, comment ne pas voir un parallèle de plus entre le baptême et la cène (et le premier qui me dit que j' »imagine » une unité entre la pâque juive et la cène …)

          Or donc le serviteur fait parti du peuple sans qu’on lui demande son avis, idem pour l’enfant. Et cela convient à Dieu tout du moins jusqu’à ce que Jésus arrive et change tout. C’est ce que pense les baptistes.

          Car cela fait des milliers d’années que Dieu entre en relation avec l’humanité en élisant des lignées, en se mettant à part des restes pour lui qu’il consacre à « porter » ses promesses.
          La lignée d’Abel (avorté), la lignée de Seth, la lignée de Sem, la lignée d’Abraham, la lignée de David, et là subitement, on change tout. Fini, Dieu n’appelle plus les enfants de croyant à porter la promesse.

          Pardon?!

          Mais c’est marqué où? C’est plutôt l’inverse que je vois lorsque Paul s’efforce de faire comprendre à tous ceux qui veulent bien le lire qu’ils sont, en Christ, héritier d’Abraham :
          « Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse.
          (Gal 3:29)
          « Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu. »
          (Rom 2:29)

          De plus nous restons un peuple que je sache, car selon Paul toujours, nous sommes associés à Israël (Ephésiens 2…) uni à Israël, lui qui des deux n’en a fait qu’un. Alors encore une fois, pas l’Israël ethnique (soyons subtiles) l’Israël convertis et circoncis du cœur, ceux-là qui étaient héritier d’Abraham et de sang et d’Esprit.
          Et si nous sommes un peuple, Dieu appellerait les parents à le suivre mais aurai la cruauté de ne pas appeler les enfants de ces parents?
          Comment mettre un enfant au monde sans la moindre garantie de la part de Dieu qu’il appellera mon fils?

          Maintenant pourquoi le baptême?

          On a vu déjà que la circoncision était une annonce du sacrifice à venir et que, le sacrifice ayant été accompli, il aurait été blasphématoire de continuer à le préfigurer. Ce serait comme célébrer la cène après le retour de Jésus.
          C’est ce que dit Paul en exhortant les Galates dont il s’étonne : « Êtes-vous tellement dépourvus de sens? Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous maintenant finir par la chair? » (Gal 3:3)

          Quoi, la circoncision serait-elle la chair et le baptême l’Esprit? Nenni!

          Mais aspirer au salut par la circoncision tel que le prescrivait Moïse est effectivement vivre selon la chair et non selon l’Esprit. Puisque c’est considérer (à quelques mesures que ce soit) que le sacrifice de Jésus doit être complété.

          Or donc, pour rebondir sur les propos de Guillaume, le débat à propos de la circoncision des païens n’opposaient pas les partisans de la continuité entre circoncision et baptême aux partisans de la rupture mais opposait des Juifs attachés à leur identité de juifs faussement bâties sur la loi et les prophètes plutôt que sur Dieu et ceux qui, ayant compris la révélation de Dieu en Christ ont compris que la Loi est devenue vaine. Ou pour paraphraser Paul, le débat opposait les juifs-chrétiens qui vivaient encore selon la chair et ceux qui vivaient déjà selon l’Esprit.
          Pourquoi, sinon cette concession sur les viandes sacrifiées aux idoles et le porcs, et les viandes étouffées si ce n’est pour « y aller mollo » en terme de changement de mentalité? En Actes, Pierre a bien eu la vision qui indique la fin de la Loi et de la distinction Païens/Juifs.

          (d’ailleurs, j’aimerai comprendre comment le point de vu baptiste explique que les apôtres, aient, premièrement, considéré que le baptême ne pouvait être attribué qu’aux juif s’il n’y a pas cette continuité entre Israël et l’Église.)

          Donc la lutte qui eut lieu a Jérusalem était celle d’un peuple juif attaché à un héritage fait de poussière et un peuple juifs attaché à Jésus.
          Car dans les premiers temps de l’église, les Juifs-chrétiens avaient la nette impression de laisser entrer les païens dans leurs assemblées. Mais toute la Loi de Moïse avait entre autres rôles d’empêcher cela! Seul le païen qui devenait juif pouvait être dans l’assemblée (ce qui revient à dire qu’aucun païen ne le pouvait). D’où ce besoin impérieux de les circoncire (2000 ans de tradition à abolir). Mais les apôtres qui eux, avaient compris la substitution, et avait comprit la fin de la Loi de Moïse ont considéré que demander aux païens de suivre cette loi aurai été une régression.

          D’ailleurs comment comprendre que l’entrée des Païens dans l’Alliance et le droit de consommer les viandes et tout, fasse couler autant d’encre mais que l’abolition de 2000 ans d’incorporation des enfants (bébés) dans le peuple ne pose aucun souci à aucun juifs relève du miracle ! (Ah mais non me diras-tu, c’est un argument de silence… eh oui, mais il résonne ou raisonne drôlement ce silence).

          Le baptême est le nouveau signe ordonné par Jésus pour marquer celui qui est appelé par Dieu à porter la promesse de la vie éternelle, de la terre en héritage, de l’adoption, de la justification etc. Comme la cène est le nouveau signe ordonné par Dieu pour commémorer le sacrifice de Jésus. Notez avec moi là encore l’abolition du sang. Plus une goutte de sang ne coule alors qu’avant le sacrifice de Christ, que ce soit pour la Pâque ou la circoncision, c’était sanglant.

          Enfin, un point important que je veux porter à l’attention des baptistes:

          Si vous reliez soigneusement Paul et Hébreux et Pierre et , en fait tout le Nouveau Testament, vous verrez que l’Ancienne Alliance abolie par la Nouvelle Alliance ne concerne jamais Abraham. Jamais ce qui fut échangé entre Abraham et Dieu n’a été regardé par Jésus ou Paul ou l’auteur de l’épître aux Hébreux comme « caduque ». En revanche toute la Loi de Moïse est elle rendue inutile pour le salut. Aussi, lorsque Paul se bat contre la pratique de la circoncision, ce n’est pas celle qu’Abraham a transmise (qui ne requérait aucune loi à obéir si ce n’est de circoncire) mais contre l’observation de la Loi de Moïse (dont les détracteur prétendaient qu’elle menait au salut).

          Or souvent j’entends des réformés baptistes borner l’Ancienne Alliance plus loin que ne le font les auteurs du Nouveau Testament qui la bornent depuis le Sinaï jusqu’à Jésus.

          • Hello Timothée,

            Heu, comment dire… j’ai beau me relire mais je ne vois pas en quoi certaines de tes critiques sont fondées. En fait je ne vois pas toujours à propos de quoi tu réagis.

            Si je comprends bien, tu reproches des éléments doctrinaux propres aux Réformés-Baptistes, alors que personnellement, je ne tiens pas ces vues (et à ma connaissance, tous les Réformés Baptistes ne les tiennent pas non plus…)

            Certaines de tes interprétations de la lettre aux Galates me paraissent assez étonnantes, mais peut être ai-je mal compris ?

            Nous n’avons pas encore commencé à échanger sur les alliances avec Alex, et comme je le lui ai dit plus haut dans un commentaire, je souhaiterais aborder ces sujets en temps voulu.

            Je t’encourage à suivre le débat et à réagir le moment venu !

            A bientôt.
            guillaume

  • Timothée Calvot

    Oui, c’est vrai que parfois c’est un sentiment général que je partage par rapport aux échanges que j’ai eu avec des Réformés-baptistes et non ton discours directement. Que tu ne te reconnaisses pas dedans est donc tout-à-fait possible. Mais je sème à tout vent…

    J’ai particulièrement appuyer le sens de la circoncision qui n’apparaît pas dans vos échanges, le pourquoi des filles non circoncises, la dimension sacrificielle de la circoncision, la raison pour laquelle la circoncision est abolie.
    J’ai aussi beaucoup réagit à ton argument à propos du concile de Jérusalem où je suis surpris des bons sentiments que tu prêtes à tout le monde au niveau doctrinal refusant la possibilité que les juifs chrétiens puissent vouloir à la fois le baptême, puisque c’est tout de même Jésus qui l’a dit, et cependant garder la circoncision (même si c’est pas cohérent) parce que tout de même, c’est Moïse qui l’a dit…
    On ne serait pas à la première incohérence doctrinale. De plus j’ajoute que le légalisme est tellement répandu dans le christianisme actuelle qu’il n’est pas difficile d’imaginer que ces Juifs prétendent ou même croient dur comme fer être passé de la loi à la foi sans pour autant y parvenir.

    Car pour moi le propos de Paul n’était pas de régler la question de la circoncision mais les motivations des juifs-chrétiens qui voulaient voir les païens circoncis. En cela Galates est tout-à-fait cohérent avec le but que j’énonce.

    Je vois que tu reportes la discussion sur l’alliance, soit.

    Mais pourrais-tu définir en terme positif les liens que tu vois entre la circoncision et le baptême plutôt que d’expliquer en quoi tu n’es pas d’accord avec l’approche Réformée classique?

    À moins que tu ne vois aucun lien entre la circoncision et le baptême mais j’avoue que cela me surprendrait.

    • Hello,

      En fait, les liens entre la circoncision et le baptême sont sommairement expliqués dans mon article, puis détaillés dans un commentaire à la demande d’Alex. Comme je l’expliquais, on parle surtout de ce point dans le débat à cause du positionnement pédobaptiste… C’est donc normal que je critique cette position, n’y adhérant pas.

      Circoncision et baptême pointent vers la même réalité, mais de manière différente. Le baptême est un signe extérieur qui met en évidence la réalité spirituelle : le croyant est bien entré dans l’Alliance de Grâce. La circoncision n’a pas cette fonction : elle est le signe et le sceau d’une alliance qui n’est pas l’Alliance de Grâce. Mais nous développerons ce point dans un article ultérieur.

      Dans la relation entre baptême et circoncision, ce n’est pas « l’un remplace l’autre », et tu ne peux pas transférer les propriétés de l’un à l’autre (i.e : inclure les enfants), d’autant plus que ce que les pédobaptistes font revient à effectuer un choix dans les propriétés transférées (cf. l’argumentation de mon article).

      Circoncision et baptême sont deux signes/sceaux de deux alliances différentes (tu sembles toi même admettre une discontinuité dans les alliances).

      Oui, la circoncision pointe vers la régénération (circoncision du coeur), mais de manière typologique, de même que les éléments de l’Ancienne Alliance pointent vers les réalités contenues dans la Nouvelle.
      C’est une ombre, une préfiguration typologique de la vraie circoncision : celle du coeur. Le baptême est le signe/sceau extérieur de la circoncision du coeur qui est manifestée par la profession de foi, et c’est un signe/sceau inauguré dans la Nouvelle Alliance exclusivement. En aucun cas la circoncision n’a ou n’a eu cette fonction.

      Concernant l’argument du concile de Jerusalem, je reformule : si, dans l’esprit de Paul, le baptême remplaçait la circoncision comme signe et sceau de l’Alliance de Grâce (ce que crois Alex et l’écrasante majorité des pédobaptistes), dans ce cas pourquoi Paul ne s’est-il pas servi de cet argument-massue en Galatie ?

      Plutôt que de se lancer dans un long argumentaire rhétorique (ch. 3-4) avec des références à des interprétation midrashiques de l’AT, n’aurait-il pas pu dire, tout simplement : « mais, ô Galates dépourvu de sens, avez-vous oubliez ce que je vous ai enseigné ? Avez-vous que le baptême remplace la circoncision dans la Nouvelle Alliance?? Par conséquent, pourquoi voulez vous retourner en arrière, à la circoncision et à une alliance à laquelle vous n’appartenez pas ? »

      Mais Paul ne fait pas ca… Pourquoi ? Parce que Paul n’était pas pédobaptiste, tout simplement 🙂

      • Timothée Calvot

        Guillaume, dans ta réponse, tu dis: «  »Oui, la circoncision pointe vers la régénération (circoncision du cœur), mais de manière typologique, de même que les éléments de l’Ancienne Alliance pointent vers les réalités contenues dans la Nouvelle.
        C’est une ombre, une préfiguration typologique de la vraie circoncision : celle du cœur. Le baptême est le signe/sceau extérieur de la circoncision du cœur qui est manifestée par la profession de foi, et c’est un signe/sceau inauguré dans la Nouvelle Alliance exclusivement. En aucun cas la circoncision n’a ou n’a eu cette fonction. «  »

        Est-ce que cela veut dire pour toi que Dieu n’a jamais circoncit de cœur dans l’Ancienne Alliance?

        Concernant Galates, si la question de la circoncision était sans conteste la plus « douloureuse », elle n’était pas le seul problème apporté par les détracteurs de Paul. Clairement, et cela transparait de manière évidente dans le concile de Jérusalem, d’autres observations de la « Loi de Moïse » étaient réclamées par les Juifs convertis (parmi lesquelles : les viandes sacrifiées ; le sang ; les viandes étouffées; dont les apôtres demanderont l’observation pour les païens convertis, dans un premier temps).
        Cela prouve que tout l’enjeu ne se résumait pas à la circoncision mais à l’observation de la Loi de Moïse et donc à fortiori de la circoncision.
        Cependant si Paul n’est pas pédobaptiste, je vois, même si ce n’est pas aussi explicitement que tu le voudrais, l’argument dont tu dis qu’il est absent lorsque Paul dit: « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. »
        (Gal 3:26-28)

        Quel interprétation donnes-tu à cette dernière phrase:  » Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ »?

        Car pour moi, y voir l’abolition de la circoncision pour l’institution du baptême est le sens le plus logique.

        • Hello Timothée,

          – Est-ce que cela veut dire pour toi que Dieu n’a jamais circoncit de cœur dans l’Ancienne Alliance?

          Bien sur que si ! Mais ceux qui étaient circoncis dans leur chair n’avaient pas tous le coeur circoncis. D’autre part, des personnes non circoncises (par ex. : certaines femmes de l’Ancienne Alliance, ou encore les élus qui ont précédé Abraham) avaient étaient bel et bien régénérées. Le lien entre la circoncision et la régénération est typologique, comme beaucoup d’éléments de l’Ancienne Alliance pointent typologiquement vers certaines réalités de la Nouvelle (Hé. 8:5, 10:1 ; Col. 2:16-18)

          – Quel interprétation donnes-tu à cette dernière phrase: « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ? »

          Je comprends ce que dit le texte clairement, à savoir que lorsque le Messie parait (v.24), la porte de la grâce est enfin ouverte à tous les peuples de toutes les nations, sans distinction de race, de sexe, ou de condition sociale. C’est l’accomplissement de la promesse faite à Abraham (v.8), promesse sur laquelle Paul appuie l’essentiel de son argumentaire.
          Je ne sais pas d’où tu tires l’interprétation que ce verset se rapporte au baptême. Je n’ai jamais lu ça dans un commentaire, même pédo-baptiste. Si tu as un argument exégétique, je suis preneur.

          Justement, Galates ne fait aucune référence au baptême. Cela parait peu conciliable avec le fait que le baptême remplace la circoncision.

          Dans la même veine, j’aurais aussi pu poser la question : pourquoi Paul circoncit-il Timothée, alors que celui-ci était déjà un disciple de qui « les Lystre et d’Icone rendaient un bon témoignage » (cf. Actes 16:1-4) alors que dans le même temps il traverse les villes de la Galatie du sud en enseignant aux frères d’observer… les décisions du concile de Jérusalem (v.4) !!!
          Est-ce que tu te rends compte : Paul est en train de parcourir les villes dans lesquelles la pratique de la circoncision pose un véritable problème, et au milieu de l’une d’entre elles il circoncit Timothée ! Si le baptême remplaçait la circoncision, aurait-il pris le risque de faire une chose pareille au milieu même des villes où se trouvait l’épicentre du problème à cette époque ?
          C’est un non sens.

          A très vite
          Guillaume

  • Shalom…
    Je découvre ce site que je viens de parcourir succinctement.
    L’Alliance, étant le Trésor de Dieu Cf. Psaume 25, 14, le sujet est donc inépuisable.
    Si la circoncision EST le signe de l’Alliance faite avec Abram le baptême, lui, est le signe de l’Alliance renouvelée en et par Jésus-Christ.
    Toute alliance, quelle qu’elle soit, possède un signe qui la fait reconnaitre. Le signe marquant d’un « chrétien » (même si cette appellation ne recouvre pas toujours ce qu’elle affirme – petit Christ avec le style de vie y afférent) le signe marquant d’un « chrétien » est et reste le baptême par immersion sans regarder au genre de la personne le demandant.
    L’Alliance est centrale à toute la Révélation de Dieu… donc à la Bible. Ce Livre commence par une Alliance de Mariage et se termine par un Repas de Noces : Jésus-Christ, le Médiateur de l’Alliance renouvelée, porte Lui-même les marques de cette Alliance et en donne LE SIGNE avant Son élévation : le baptême d’eau qui introduit le baptême de l’Esprit.
    Cf. Matthieu 28, 19 & Marc 16, 16

  • Matt Massicotte

    Les deux articles ne me semblent pas équilibrés. L’un présente positivement sa position, l’autre cherche à la contredire, dans l’ordre le plus logique pour que le 2ième artice en sorte vainqueur à qui ne cherche pas plus loin que la lecture de ces articles.

    J’aurais préféré que la position baptiste soit présentée positivement plutôt que défensivement.

    Merci pour cet échange!

    • Matt,

      Les baptistes n’ont pas grand chose à dire sur le lien entre circoncision et baptême, à part les quelques lignes de fin dans lesquelles Guillaume montre comment et la circoncision et le baptême pointent (différemment) vers la régénération.

      A vrai dire, cet article n’a de pertinence QUE parce que c’est un argument pédobaptiste. La seule chose que peut faire un baptiste, c’est de montrer que le lien d’équivalence opéré par les pédobaptistes n’est pas recevable.

      Bien à toi
      gb

      • Matt Massicotte

        Je viens de me rendre compte que c’est un vieux « post ». Je pensais que cela venait tout juste de sortir du four.

  • Philip

    En fait le signe de la nouvelle alliance ne serais ce pas les signes qui accompagnent les croyants? Les fruits de l’Esprit et les dons spirituels?

  • Philip

    La circoncision avec les débuts de l’Eglise devient seulement une pratique de croyants juifs. Tous doivent être circoncis du cœur, avoir la foi, et être baptisés. J’ai lu la Bible pour la première fois, du début à la fin, à l’age de 9 ans. L’argument de la circoncision me parait insulter les juifs croyants.

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