Comprendre Romains 7 : le chrétien est-il encore “esclave du péché” ?

L’apôtre Jean déclare (1 Jean 3.9): “Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu”. De son côté, l’apôtre Paul déclare (Romains 7.14): “Moi, je suis charnel, vendu au péché”.

Voici les questions que nous nous posons :

  • Faut-il réconcilier ces deux affirmations en apparence contradictoires?
  • Paul et Jean parlent-ils de la même personne, c’est à dire de “celui qui est né de Dieu” ?
  • Comment envisager le péché dans la vie du chrétien ?
  • Celui-ci doit-il être vu comme un saint, comme un pécheur, ou les deux en même temps ?

 

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Musique : Caedmon’s Call, The Only One
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Coram Deo est l'émission hebdomadaire de Pascal Denault et Guillaume Bourin pour CFOI-FM, dont les podcasts sont retransmis sur Le Bon Combat tous les mardis.

  • Peut-être que j’extrapole mais je trouve qu’il y a un fort parallèle entre 1 Corinthiens 15 et Romains 7 :
    – Corps corruptible & mortel // Corps de cette mort
    – Loi = Puissance du péché // Le péché donne la mort par la loi
    => « Mais grâces soient // « Mais grâces soient rendues à Dieu
    rendues à Dieu qui nous par Jésus-Christ notre Seigneur »
    donne la victoire par
    Jésus-Christ »
    – « Tous meurent en Adam » // Le commandement se trouva pour moi
    conduire à la mort

    1 Corinthiens parle clairement des chrétiens et de la forte opposition entre leur corps animal corruptible et leur corps spirituel incorruptible à venir, entre état de pécheur et leur état de victoire totale sur la mort et le péché (15.26 dit clairement que pour Paul, cette victoire totale sera consommée dans le futur). Au vu des nombreux parallèles lexicaux, structuraux et thématiques, il est fort probable que Romains parle de la même situation (même si Corinthiens met plus d’emphase sur les deux types de corps), et donc bel et bien d’un chrétien.

  • Jean-Luc Burnod

    Le problème de cette façon théorique et légale d’aborder ce sujet, c’est que cela ne crée pas une dynamique libératrice chez l’auditeur. Pourtant, d’après l’apôtre Paul « l’Évangile est une dynamique de Dieu pour le salut de quiconque croit ».

    Lorsqu’on dit à un homme qui est malheureux de la violence qu’il exerce envers sa femme et ses enfants qu’il restera un pécheur, mais repentant, on oublie les dégâts commis sur sa maisonnée, mais surtout on oublie de proclamer que « celui que le Christ affranchit est réellement libre ». Libre d’aimer et donc de ne plus retomber dans les mêmes ornières du péché. Il se mettrait en colère, il se repentirait tous les soirs pour se faire pardonner et il recommencerait le lendemain, sous prétexte qu’il reste un pécheur ? Et je ne parlerai pas des pédophiles, alcooliques ou drogués repentants à qui on tiendrait le même discours sans les amener à la liberté en Christ !

    Dans Romains 7, Paul ne parle pas de son état de pécheur, mais il décrit un principe, une dynamique. Jamais il ne dit au présent : « je suis un pécheur », car il ne s’identifie plus au péché, mais il s’en sépare. Il montre en effet dans ce Texte que le but de la loi est de révéler ce qui se passe dans le coeur en développant un processus de mise en lumière et de séparation. Mise en lumière du péché qui « saisit l’occasion » et également mise en lumière des sentiments personnels qui s’en séparent en s’attristant devant cette loi du péché. C’est en partant de ce double constat que le processus de la sanctification peut se mettre en place dans la prise de conscience de la grâce de Dieu (verset 25).

    Un exemple parlant est celui d’une personne qui a déjà plusieurs fois été condamnée pour des délits routiers car elle roulait sans permis de conduire. Du moment où elle s’assoie au volant d’une voiture d’auto-école avec le moniteur à côté d’elle, elle ne sera plus sanctionnée par les policiers, car elle est sous la protection du Moniteur et sous son contrôle. Il n’est alors plus question de ses errements, car elle est entrée dans un processus d’apprentissage qui lui donnera la possibilité de vivre sans transgresser les principes de la conduite. Il ne confessera pas tous les matins : « je suis un chauffard », mais il pourra dire je suis un apprenti chauffeur et mon Moniteur est capable de faire de moi un virtuose du volant. Ce qui n’est pas du tout la même chose !

    Selon qu’il est écrit :

    « Si nous reconnaissons nos errements, Dieu est fidèle et juste pour laisser faire ET POUR NOUS PURIFIER DE TOUTE INJUSTICE. »