La chute d’Adam et Ève réactualisée dans le récit de la conception d’Ismaël

Comme vous le savez sans doute, je m’intéresse de très près à la discipline de l’intertextualité, que je qualifie personnellement d’exégèse intra-biblique (sous l’influence du maître M. Fishbane). Au détour de mes lectures, je suis tombé sur cet excellent article de Ron Bergey dans le n°272 (2014) de la Revue Réformée sur la réutilisation des récits de la chute dans le livre de la Genèse. Bonne lecture !
—Guillaume

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Les commentateurs médiévaux et modernes attirent l’attention sur la série de correspondances thématiques qui unit le récit de Caïn et Abel de Genèse 4 au récit de la chute de Genèse 3. La juxtaposition de ces chapitres aurait permis au lecteur de lire les deux chapitres en miroir. Pourquoi le narrateur aurait-il fait un pas de plus et rédigé le récit sur le meurtre d’Abel en puisant dans le langage du récit de la chute ? La raison semble claire : il voulait montrer que le fratricide en est une conséquence. Le péché est transmissible et se propage ! Mais cette intention n’est jamais formulée ainsi. Pourtant, les procédés littéraires parlent haut et fort, formant un tissu entre les deux récits.

Je me propose de montrer, dans cette étude, comment les verbes clés, qui décrivent les gestes constituant la désobéissance dans le jardin d’Eden, sont repris dans certains récits de la Genèse. Les gestes du premier couple sont subtilement réemployés pour montrer que ce qui se passe dans ces récits a trait directement à ce qui s’est passé dans le jardin. De cette façon, ces récits font écho à Eden et à sa torah. Eden devient la règle, la norme ou le canon par lequel les actes des hommes sont mesurés, évalués et jugés. Mais les récits peuvent raconter des choses répréhensibles sans qu’il y ait de reproche ou de condamnation. Dans la Genèse, la torah n’est pas formulée au moyen de préceptes, mais par le biais de subtilités littéraires dans les récits. A cet égard, ces histoires réactualisent la chute. Ainsi, les choses racontées sont arrivées « pour nous servir d’exemples » (1Co 10.6).

Comme indiqué dans le titre, une attention particulière sera portée sur le rapport entre le récit de la tentation de Genèse 3, notamment le verset 6 narrant la chute, et le récit de la naissance d’Ismaël dans Genèse 16, spécialement les versets 3 et 4 révélant la manière dont ce fils a été conçu. Avant de regarder de plus près ce récit, passons en revue les autres qui reprennent les verbes du récit de la chute.

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).