3 challenges pour nos amis égalitariens

Est-ce vous ? 

Vous pensez que la Bible ne fait pas de distinction entre les rôles de l’homme et ceux de la femme ?
Selon vous, une femme peut être ancien, ou pasteur, ou bien enseigner l’Eglise lorsque celle-ci est assemblée ?
Vous considérez que, dans le cadre de la famille, femmes et hommes ont exactement les mêmes prérogatives ?

Si vous répondez oui à l’une de ces questions, vous êtes très certainement égalitarien : vous pensez que Dieu a créé l’homme et la femme égaux en valeur et en rôle, et que c’est la chute qui a fait rentrer le désordre et la hiérarchisation des sexes. A l’inverse, le complémentarisme reconnait cette égalité de valeur, mais considère que Dieu a assigné à l’homme et la femme des rôles différents dès la création.

Si vous êtes égalitarien, vous devez faire face à (au moins) 3 challenges bibliques.

Êtes-vous prêts? 🙂 Les voici.

 

1- Vous devez croire que la valeur des gens dépend de la position qu’ils occupent

L’un des présupposés majeurs de l’égalitarisme, souvent non avoué, est que la soumission implique une dévaluation de la valeur.

La conséquence directe est qu’il est impossible que la Bible puisse demander spécifiquement aux épouses de se soumettre à leurs maris, ou spécifiquement aux femmes de ne pas prendre de position de leadership dans l’Eglise : ce serait porter atteinte à leur valeur intrinsèque.

Oui mais voilà, un certain nombre de passages semblent requérir des femmes une telle soumission en certains contextes, notamment lors du rassemblement de l’Eglise entière (cf. 1 Cor 14:33-35; 1 Tim. 2:0-15; etc.) ou dans le foyer (Eph. 5:22-33 et autres “codes de maisonnées” parallèles, par ex. Cf. également 1 Pie. 3:1-7)

Les égalitariens emploient donc un certain nombre de stratégies d’interprétation convenant à leur présupposé : limiter la portée normative d’un texte à son contexte historique, plaider pour une interpolation tardive du commandement, suggérer une exégèse alternative du passage, etc…

Cependant, c’est le présupposé lui-même qui est sujet à caution, car qui dit autorité ne dit pas nécessairement supériorité, et certainement pas supériorité de valeur ou de nature!

Prenons un exemple : il y a dans mon église, un homme qui n’y occupe aucune position d’autorité. Comme nous tous, il est soumis au collège d’anciens et aux pasteurs, et il accepte l’autorité que la Bible accorde à de tels hommes. Dans l’Eglise donc, ce monsieur a plutôt tendance à occuper une position de soumission.

Oui mais voilà, l’homme en question occupe la fonction de policier. Et s’il devait contrôler l’un des pasteurs en excès de vitesse (chose qui n’arrive jamais, bien sur…), ce serait lui qui serait alors en position d’autorité et devrait logiquement le verbaliser.

Dans le premier cas, le pasteur est en position d’autorité, et donc de supériorité si l’on suit la logique égalitarienne. Mais dans le deuxième cas, c’est le policier qui se retrouve en position d’autorité !

Par conséquent, si l’on déroule la logique égalitarienne jusqu’au bout, la valeur intrinsèque d’un individu devient fluctuante, car elle dépend de son rôle qui lui-même est sujet à variation.

Or, n’importe quel chrétien doué de bon sens reconnaitra que ce n’est pas du tout ce que la Bible enseigne.

Les égalitariens pourront toujours répondre que la soumission biblique n’établit pas de telles catégorisations, et qu’il s’agit avant tout de se soumettre les uns aux autres.
Mais je doute que si vous expliquez cela à un policier qui vous verbalise, celui-ci soit très convaincu. 😉

 

Si donc vous êtes égalitarien, vous devez surmonter cet obstacle à la logique de votre position.

 

2- Vous devez rejeter ou redéfinir la doctrine de la Trinité

En 1 Cor. 11:2-16, Paul établit un parallèle entre la soumission créationelle de la première femme au premier homme avec la soumission de Christ au Père. Le v.3 est particulièrement clair :

Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.

Cela n’est pas sans poser quelques problèmes aux égalitariens.
Par exemple, si, pour reprendre le cas détaillé au point 1, l’autorité indique une supériorité de valeur ou d’essence, alors cela signifie que la valeur de Christ est inférieure à celle du Père.

Or, la doctrine Trinitaire enseigne que le Fils et le Père partagent la même essence (ou substance), et donc que leur valeur est identique. L’approche égalitarienne, au bout du compte, revient donc à remettre en question la doctrine de la Trinité.
Or, aucun égalitarien réellement attaché à la Bible ne souhaite cela, bien sur !

Conscients de ces implications, certains ont adopté une lecture de 1 Cor. 11:2-16 qui exclue tout lien de subordination entre l’homme et la femme, et entre Christ et Dieu.

Au-delà du problème exégétique que ces nouvelles interprétations soulèvent, il se trouve que l’abaissement volontaire et la soumission de Christ au Père sont largement attestés dans le Nouveau Testament, et servent régulièrement de modèle à immiter (Phil. 2:5-8; 2 Cor. 8:9; Héb. 2:7, etc.. ).

Lorsque Christ a renoncé à son égalité avec le Père (Phil. 2:6), pensez vous qu’il a par là-même renoncé à tout ou partie de son essence divine ?

C’est donc un challenge majeur de l’argumentation égalitarienne, et vous ne pouvez pas l’éviter.

 

3- Vous devez croire que l’Eglise est égale à Christ

Si vous deviez maintenir malgré tout votre point de vue, un troisième obstacle majeur vous attend.

En Eph. 5:22-33, après avoir établi des principes de soumission mutuelle, Paul ordonne spécifiquement aux femmes que “chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur” ( v. 22).

Une fois encore, Paul justifie l’autorité du mari sur la femme en la comparant l’autorité que Dieu exerce en Christ sur l’Eglise (v.23).
Cette fois, les marges de manoeuvres interprétatives des égalitariens sont quasi-nulles, puisque Paul déclare que “de même que l’Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leur mari en toutes choses” (v.24)

Là encore, quiconque adhère à la position égalitarienne est confronté à un problème de taille.
En effet, selon parallèle d’Eph. 5:22-24, si la femme et l’homme sont en tous points égaux quant à leurs rôles, alors il en va nécessairement de même l’Eglise et Christ.

Là encore, aucun égalitarien sérieux et honnête n’irait affirmer une chose pareille.
Mais force est de constater que toute tentative d’expliquer ce passage d’un point de vue égalitarien tourne souvent à la contorsion exégétique.

Or, si vous êtes égalitarien, il s’agit bien d’un sérieux obstacle que vous devez absolument surmonter.

 

Conclusion : pourquoi je ne suis pas égalitarien

Pour conclure, j’aimerais rappeler que je ne remet pas du tout en cause l’égalité essentielle de l’homme et de la femme, loin de là !!

Ma position personnelle, c’est que Dieu a créé Adam et Eve absolument égaux en valeur, mais leur a assigné des rôles différents (voir ici la position du Bon Combat).

Je n’ai pas non plus de problème de principe avec l’égalitarisme. J’ai travaillé dans le monde séculier, j’ai exercé des fonction de direction, et j’ai eu des responsables directs qui avaient parfois plus de 1000 personnes dans leur giron managérial.
Croyez-moi : les meilleurs d’entre eux étaient des femmes !

Alors pourquoi ne suis-je pas égalitarien, fort d’expériences aussi positives ? Tout simplement parce qu’il ne s’agit pas d’une question de valeur ou de compétences, mais bien d’obéissance à l’ordre créationnel déterminé par le Dieu créateur.

Chers amis, nous sommes liés par la Parole de Dieu, et je suis convaincu que ce que Dieu ordonne est pour notre bien, y compris quand il adresse la question des rôles respectifs de la femme et de l’homme.

Vous n’êtes pas d’accord avec moi ? Libre à vous bien sur ! 🙂

Mais dans ce cas, comment répondez vous au 3 challenges ci-dessus? Rendez-vous dans les commentaires pour continuer la discussion !!

 

GB

 

 

 

 

 

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).