Une défense de la substitution pénale – réponse au blog Didascalé

Difficile d’ignorer David Vincent, si l’on prend part à la blogosphère évangélique francophone ! Cela fait quelques années maintenant que nous nous côtoyons, souvent au travers d’échanges musclés. 🙂

Si nos opinions nous séparent en matière de théologie et d’exégèse, je crois pouvoir affirmer sans trop hésiter qu’elles nous ont plutôt rapprochés sur le plan humain. Nous sommes aujourd’hui de bons amis, et même si le présent article possède la tonalité d’une réfutation en règle, il n’entame en rien la perception bienveillante que j’ai de l’homme David Vincent.

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David vient juste de publier un article de synthèse détaillant son rejet de la doctrine de la substitution pénale (DSP). Dans le présent article, je me propose d’évaluer ses objections, au nombre de cinq (quatre dans son article, une sur les réseaux sociaux) :

(1) Une incompatibilité avec le système sacrificiel vetero-testamentaire,
(2) Une logique judicaire contraire à la conception biblique de la justice,
(3) Une emphase sur le châtiment consécutif au péché, et non sur le péché lui-même,
(4) Une problématique d’ordo salutis 
(5) Jésus ne reçoit pas un châtiment similaire à celui des pécheurs auquel il se substitue.

Avant de discuter de chacun de ces points, il me parait nécessaire de commenter brièvement la définition de la DSP que David propose.

 

 

Un problème dans l’énoncé de la position

David définit la DSP au moyen de trois propositions :

  • L’humanité a péché
  • Dieu, dans sa justice, doit punir le péché, mais dans son amour il souhaite éviter à l’humanité de subir ce châtiment
  • La résolution de ce dilemme se fonde sur une punition substitutive : Dieu punit Jésus à la place de l’humanité. La peine du péché est alors exécutée sur lui.

 

Mon problème avec cette définition est double :

(1) D’une part, elle tend à simplifier les données de la problématique, en évacuant notamment toute notion de satisfaction [1]

(2) D’autre part, elle tombe dans le travers rationaliste de Fausto Sozzini (1539-1604), alias Socinius, qui influença au passage la plupart des réformateurs qui lui répondirent. Nombre d’entre eux se mirent à définir la DSP en terme de théologie naturelle et de gouvernement divin, en empruntant au passage au langage pénal contemporain et à la pensée politique. Cette manière de procéder est assez flagrante chez David, notamment dans sa deuxième et sa troisième objection.

 

Pour éviter ces deux difficultés, je propose cette définition empruntée à J.I. Packer :

La notion que l’expression “substitution pénale” exprime est que Jésus-Christ notre Seigneur, transporté par un amour déterminé à faire tout ce qui était nécessaire pour nous sauver, a enduré et satisfait au jugement destructeur divin auquel nous aurions été autrement destiné de manière ineluctable, et ainsi a acquis pour nous le pardon, l’adoption, et la gloire. [2]

Fort de cette précision, me voici prêt à répondre aux objections de David.

 

 

Objection #1 : la DSP n’est pas compatible avec le système sacrificiel de l’Ancien Testament

La base du raisonnement de David semble être une certaine perception du cadre de pensée de la loi de Moïse, qui exclut selon lui tout fondement sur “une opposition entre bien et mal”. Pour lui, la loi se base essentiellement sur des antithèses entre sacré et profane, pur et impur, etc.

David envisage la législation mosaïque comme une unité monolithique, indivisible, là où j’estime que la division tripartite de la loi (morale, civile, cérémonielle) rend bien mieux compte des vérités qu’elle communique. Le format de cette réponse ne me permet pas d’argumenter en détail sur ce point, et je ne peux que vous renvoyer vers ce que j’ai écrit par ailleurs.[3]

Si, comme David, l’on considère que la loi Mosaïque n’est pas établie sur une série exhaustive d’absolus moraux, il devient logique d’en rejeter la trame pénale. Comprenez moi bien : je ne crois pas que David écarte toute allusion à la moralité dans la loi (il évoque par exemple le cas du vol), mais plutôt qu’il ne la voit pas comme son élément fondamental. Or, les dix commandements, ce “résumé de la loi” selon Calvin, constitue bien l’ossature morale sur laquelle l’ensemble de la législation mosaïque est assemblée.

Ensuite, je trouve que la taxonomie des sacrifices proposée par David est franchement peu exhaustive, pour ne pas dire réductrice. [4] Aucune référence n’est faite aux minchāh (offrandes de reconnaissance), aux shelāmîm (offrandes de paix),  ou encore aux ʿōlāh (holocaustes). Ces sacrifices, mêmes s’ils ne sont pas exprimés par le moyen d’un langage substitutif, présupposent une séparation morale entre Dieu et son peuple (voir en particulier les “offrandes pour le péché”, certes involontaire, en Lev. 4).

Et que dire des ʾāshām, ces “sarifices de culpabilité” (Lev. 7) qui renvoient sans équivoque vers les notions de compensation, de substitution, et d’expiation ?

 

Rien n’est dit non plus au sujet du “bouc pour l’Eternel”, ni de celui “pour Azazel”, le fameux bouc émissaire de Lev. 16. Pourtant ce passage est central ! Dans celui-ci, l’expiation est communautaire et globale : c’est l’intégralité des péchés de l’intégralité du peuple qui est en vue, et les péchés “à main levée” (volontaires) sont bel et bien inclus. [5] Il s’agit de la fameuse journée annuelle des expiations, le yōm kipporīm, lors de laquelle le sacrificateur commence par offrir un taureau pour ses propres péchés et ceux de sa maison, puis exécute le “bouc pour l’Eternel” en “sacrifice pour le péché” (Lev. 16:9). Ensuite, le sacrificateur prend le “bouc pour Azazel”, pose ses mains sur la tête de l’animal encore vivant, et confesse sur lui “toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché” avant d’emporter leur iniquité dans une terre désolée (Lev. 16:20-22).

L’imposition des mains sur le deuxième animal a été largement interprétée de manière substitutive (“il placera [les péchés du peuple] sur la tête du bouc”) et la mort du premier comme répondant aux exigences pénales de la loi (la fameuse sanction de mort que David Vincent lui-même rapporte dans son article).

La phraséologie substitutive et pénale du yōm kipporīm est évoquée de manière éclatante dans l’épisode du serviteur souffrant (Es. 53:4-6) [6] et est appliquée plus spécifiquement à Christ par l’auteur de l’épître aux Hébreux (Héb. 9:1-12).

 

Au final, je ne peux m’accorder avec David quand il conclut que, dans la loi, “la seule possibilité qu’une peine ne soit pas appliquée est le recours à la miséricorde”. Je ne vois personnellement aucune disposition légale de ce type dans le corpus mosaïque : la sainteté de Dieu exigeait une réparation/peine pour toute transgression commise. Toute la vie civile et religieuse du peuple de Dieu dépendait de ce principe juridique, et la seule disposition prévue pour les offenses volontaires était le jour des expiations.

 

 

Objection #2 : la DSP s’oppose à la conception biblique de la justice

David estime que, dans la Bible, une transgression n’implique pas toujours la nécessité d’un châtiment. Pour lui, les défenseurs de la substitution pénale se doivent d’affirmer que toute faute entraîne une sanction, mais cela est indémontrable Bible à la main.

Il me semble que la charge de la preuve incombe ici à David : peut-il fournir un seul cas tiré de la législation mosaïque où une transgression n’exige pas réparation ? Sauf à s’appuyer sur la distinction imaginaire qu’il établit entre “réparation” et “châtiment” (cf. note 4), je ne vois aucun passage qui appuierait son affirmation.

Son allusion au Code d’Hammourabi n’est pas décisive : elle n’est tout au plus qu’une illustration de son approche. Si la stèle du musée du Louvres constitue un argument archéologique fort en faveur de l’ancienneté du code mosaïque, les différences entre les deux législations sont frappantes. Rien que l’exemple mentionné (la femme surprise en état d’adultère) s’écarte considérablement des principes de la Torah. Par exemple, la nature de la peine et le prononcé de la sentence, laissés à l’appréciation de l’offensé dans le Code d’Hammourabi, sont strictement codifiés dans la Bible (Lev. 20:10 ; Deut. 22:22).

 

Pour étayer sa vision biblique de la justice, David fait essentiellement appel à des passages narratifs (Caïn, David, Ninive, la seule exception est la parabole du publicain et du pharisien). Je ne vais pas renter dans une discussion exégétique de chacun de ces récits, de toute façon c’est inutile : il est clair que Dieu a, à de multiples reprises dans l’histoire de la rédemption, écarté l’épée du jugement qui menaçait des peuples, des groupes de peuples, ou des individus.

Deux remarques très courtes :

  • Si Dieu repousse ou semble annuler son jugement, c’est toujours et uniquement dans la perspective de la grande expiation accomplie par Christ à la croix. La patience de Dieu ne peut être comprise qu’en lien avec l’expiation messianique (cf. 1 Pie 3:20-22 ; 2 Pie 3:9). Et si Dieu justifie le pécheur, il n’en reste pas moins qu’il se doit d’être juste en le faisant (Rom. 3:26) : étant juste par essence, il ne peut laisser le péché impuni indéfiniment (Rom. 3:21-26).
  • Le principe même de la miséricorde implique la nécessité d’un jugement, et donc d’une peine théorique, normalement encourue. Loin d’être une objection à la DSP, le divin exercice de la miséricorde au travers de la patience de Dieu dans le temps vient l’appuyer.

 

 

Objection #3 : la DSP se trompe de cible et se focalise sur la peine consécutive au péché plutôt que sur le péché lui-même

Plusieurs remarques en réponse à cette objection.

Premièrement, je suis en désaccord avec David lorsqu’il affirme que la DSP est anthropocentrique. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai tenu à débuter ma réponse en corrigeant sa définition et en en proposant celle de Packer, bien plus théocentrique. Celle-ci met en effet l’accent sur ce que l’œuvre expiatoire de Christ accomplit pour Dieu au travers de la notion de satisfaction.

Deuxièmement, je concède bien volontiers à David que le langage judiciaire de la DSP se focalise en grande partie sur la peine consécutive à la transgression. Cependant, la DSP n’exclut pas les autres langages de l’expiation qui accentuent d’autres aspects de l’oeuvre de Christ, comme c’est le cas dans l’approche subjective (exemple moral) ou dans celle du Christus Victor[7]

Enfin, il est important de comprendre la portée de la substitution opérée par Christ : en prenant sur lui les péchés de la “nouvelle humanité”, Christ devient lui-même péché (2 Cor. 5:21). La notion de substitution implique également la crucifixion du péché à la croix. C’est en cela que Christ est le vrai serpent d’airain (Nomb. 21 ; Jean 3:14-16), le vrai bouc sur lequel nos péchés sont transférés (Lév. 16:20-22), et que son œuvre constitue ainsi le vrai yōm kipporīm.

 

En conséquence, il apparait que cette objection de David est non recevable, car la DSP se focalise tout autant sur la peine que sur le péché lui-même.

 

 

Objection #4 : la DSP met l’accent sur la mort de Christ, alors que nous sommes sauvés par sa vie

Cet argument ne tient pas plus que le précédent lorsque l’on considère que les différentes approches de l’expiation se complètent et ne sont pas mutuellement exclusives.

De plus, il me semble que David séquence cette partie objective de l’ordo salutis de manière bien trop tranchée. Il est évident que le texte preuve qu’il cite (Rom. 5:8-10) contraste davantage le “déjà” d’avec le “pas maintenant” et n’a pas pour vocation  de donner une correspondance précise entre l’œuvre objective de Christ et l’expérience subjective du croyant. Notez d’ailleurs l’usage du futur (“serons-nous sauvés”) et le parallélisme apparemment volontaire entre le fait d’être “sauvé [par Christ] de la colère” (v.9) et celui d’être “sauvé en sa vie” (v.10). [8] C’est bien le jour du jugement qui est en vue, et la vie du Christ ressuscité constitue le moyen par lequel les croyants passeront au travers.

 

Il me faut rappeler que la DSP n’a de valeur que si elle explique comment la justice divine est satisfaite. C’est là le principal héritage qu’elle tire de l’argument qu’Anselme développe dans son Cur Deus Homo. [9] 

Appliqué à la logique de la substitution pénale, il peut être synthétisé de la sorte :

(1) La transgression que constitue le péché est un acte opéré par un humain

(2) Par conséquent, il n’y a qu’un humain qui puisse satisfaire à la justice divine

(3) Problème : tous les humains son pécheurs (1 Rois 8:46 ; Rom. 3:23) et aucun ne peut donc effectuer l’expiation

(4) De plus, le péché est ultimement commis contre Dieu, lui qui est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu

(5) Par conséquent, il n’y a que Dieu qui puisse satisfaire à la justice divine

(6) Il résulte donc de (2) et de (5) que seul le Dieu-homme peut accomplir l’expiation, ce qui résout le problème que pose (3), puisque Christ est absolument sans péché (Héb. 4:15; 1 Pie. 2:22)

 

Et c’est cette proposition (3) qui constitue le point capital de ce que je souhaite communiquer ici : il fallait que le Dieu-homme soit sans péché pour accomplir l’expiation, car s’il avait péché sa mort aurait été son châtiment. Mais il ne pouvait pas être retenu par les liens de la mort précisément en raison de cette impeccabilité. [10]

Ce n’est pas simplement l’acte de décès du Christ crucifié qui satisfait aux exigences de la justice divine, mais c’est la nature du Christ qui s’offre qui fait toute la différence. Vu sous cet angle, il est illusoire de chercher à dissocier la vie de Christ de sa mort : l’efficacité substitutive et pénale de la deuxième est intimement dépendante de la réalité de la première.

 

 

Objection #5 : Jésus ne reçoit pas un châtiment similaire à celui des pécheurs auxquels il se substitue

Cette objection a été proposée par David sur un groupe de discussion Facebook, et je résume ici son argument :

(1) Selon la DSP, les pécheurs sont condamnés à l’enfer éternel en raison de leurs offenses
(2) Jésus est censé prendre la peine des pécheurs qu’il sauve, mais il ne reste pourtant pas éternellement en enfer
(3) Par conséquent, la DSP est basée sur une injustice, puisqu’il n’y a pas de corrélation de peine entre le substitut et le substitué.

 

Je pense avoir déjà répondu à cette cinquième objection en répondant à la quatrième. A proprement parler, dans les Ecritures, l’enfer n’est pas directement le châtiment consécutif au péché : c’est la mort qui l’est. L’enfer est le lieu où la “seconde mort” s’exerce (cf. Ap. 20:14). Cette seconde mort, que je comprends personnellement comme l’expression éternelle de la mort, n’a aucun pouvoir sur ceux qui appartiennent à Christ (Ap. 2:11 ; 20:6). Pourquoi cela ? Précisément parce qu’ils sont en Christ, et parce que Christ ne peut être retenu par les liens de la mort.

 

Une fois de plus, cette objection n’est valable que si la DSP est complètement déconnectée de la doctrine anselmienne de la satisfaction. Or, je ne vois aucun défenseur sérieux de la DSP allant dans cette direction, contrairement à ce que David semble croire

 

Conclusion

Dans son article, David Vincent liste une série d’objections à la DSP, mais à aucun moment il n’y exprime son propre point de vue. Certaines de ses affirmations semblent indiquer qu’il penche du côté de l’exemple moral défendu par Abélard (1079-1142), mais dans un autre article il propose une explication qui parait plus en accord avec la version moderne du Christus Victor telle qu’avancée par le théologien luthérien Gustaf Aulén (1879-1977).

Que penser de ces deux approches ? Sont-elles fausses ? Je ne le crois pas. Comme Leon Morris, j’estime que les théories de l’expiation s’écartant de la DSP sont “correctes dans ce qu’elles affirment, mais fausses dans ce qu’elles rejettent”. [11]

À mon sens, c’est exactement le problème de l’approche adoptée par David : en voulant rejeter le langage subtitutif et pénal de l’expiation, il en vient à proposer une vision de l’amour et de la justice de Dieu étrangère à la révélation biblique.

 

 

 

 

 

Notes et références

 

[1] Même si cela n’est pas directement apparent dans son article, David Vincent établit une distinction radicale entre la DSP et la doctrine de la satisfaction, alors que la première s’appuie sur la deuxième pour préciser la nature de justice divine que Christ satisfait par son œuvre. Les réformateurs considéraient le péché comme une transgression de la loi de Dieu, là où Anselme le présentait plutôt comme une insulte faite à son honneur. Néanmoins, dans la DSP, la logique de satisfaction judiciaire est identique à celle qu’Anselme emploie de manière ontologique.

[2] J.I Packer, The Logic of Penal Substitution (Fig, 2012), 47 [Numéro d’emplacement Kindle]

[3] Guillaume Bourin, The Threefold Division of the Law: An Examination of the Main Arguments.

[4] Aussi étrange que cela puisse paraître, David Vincent classe les sacrifices en fonction de la nature des réparations qu’ils sont censés apporter (impuretés, réparation, purification) pour ensuite affirmer qu’un sacrifice “ne peut remplacer une peine”. La distinction implicite qu’il établit entre “réparation” et “peine” me paraît spécieuse, surtout au regard de sa théorie de la justice dans laquelle la peine n’est réduit qu’à un rôle instrumental (cf. sa deuxième objection). Il est évident qu’une peine a vocation à réparer une offense, ce que Jésus indique clairement lorsqu’il présente le péché comme une dette (opheilēma) que l’offensé doit prendre en charge en pardonnant (cf. Matt 6:12, 15)

[5] Même Jacob Milgrom, bien qu’hésitant à parler de transgressions morales et y préférant la notion de “pollution”, reconnaît que Lev. 16 détonne avec les différents sacrifices exposés auparavant dans le livre. Lev. 16 décrit le processus d’expiation de péchés conscients, commis “à main levée”. Même si je devais retenir le langage de pollution/restauration employé par Milgrom, il me semble clair que toute transgression consciente et volontaire d’un commandement divin constitue de facto une faute morale. Le fait même que Milgrom estime que Lev. 16 porte sur des péchés à main levée établit le caractère moral du sacrifice du yōm kipporīm. Voir Jacob Milgrom, A Continental Commentary: Leviticus: A Book of Ritual and Ethics (Minneapolis, MN: Fortress Press, 2004), 162..

[6] Et appliqué à Christ dans ses parallèles Neo-Testamentaires. Cf. Alex Motyer, The Prophecy of Isaiah (Downers Grove, Ill.: IVP Academic, 1993), 430-431

[7] David estime que les tenants de la DSP sont majoritairement “exclusivistes” et ne favorisent que leur propre position au détriment des autres. C’est une erreur : historiquement, les théologiens réformés intégraient les autres langages de l’expiation à la DSP. Voir cette traduction de l’excellent article de Leon Morris dans le Elwell Evangelical Dictionnary.

[8] Dans l’expression en tē zōē autou du v.10, il est peu probable que la préposition en soit instrumentale. La traduction “sauvés par sa vie” ne me paraît donc pas correcte. Je suis d’accord avec Moo pour comprendre le datif de cette clause comme “locatif subjectif” (en anglais : dative of sphere, une sous-catégorie du dative of place). Moo la paraphrase par “dans la sphère de la vie de Christ”. En d’autres termes, dans le contexte de la péricope, cette expression indique que la vie nouvelle acquise par la résurrection de Christ sera celle qui sauvera les croyants lors de l’eschaton. Voir Douglas J. Moo, The Epistle to the Romans, The New International Commentary on the New Testament (Grand Rapids, MI: Wm. B. Eerdmans Publishing Co., 1996), 312.

[9] Voir l’article de Mandimby Ranaivoarisoa consacré à ce texte majeur.

[10] J’ai déjà abordé cette question dans un article antérieur, Pourquoi la résurrection est-elle essentielle au pardon des péchés ?

[11] Leon Morris, The Cross in the New Testament (Exeter: Paternoster; Grand Rapids: Eerdmans, 1969), 399.

 

 

 

<p>Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat en Ancien Testament à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).</p>

  • Merci bien Guillaume d’avoir pris le temps d’écrire cette réponse « sérieuse » et bien étayée ! Et bravo de le faire sur un ton « amical ».

  • Désiré Rusovsky

    Merci de répondre de manière irénique.
    Mais pour moi, toute cette réponse est biaisée par des présupposés indémontrés qui sont, à mon avis, le résultat d’une forme d’idolâtrie de la pensée des réformateurs. Pensée qui ne doit sous aucun cas être remise en question ou remise simplement dans son contexte historique.
    Je trouve Aulen ou David Vincent beaucoup plus proches de la compréhension primitive, et biblique lue sans lunettes théologiques. Jésus avait le pouvoir divin de pardonner les péchés et de guérir et cela sans sacrifice. Dire que les effets de sa crucifixion étaient déjà disponibles à l’avance est faire une gymnastique théologique sans fondements bibliques juste pour prouver un a priori.

    • Ça, cher Désiré, c’est ce que tu répètes à chacun de nos articles avec lesquels tu es en désaccord. Mais à un moment, il te faut répondre sur le fond des arguments

      • Désiré Rusovsky

        Oui tu as raison , ma réponse était un peu réactive et superficielle. Néanmoins répondre sur le fond des arguments présupposerait aussi que je rentre dans la manière de penser qui sous-tend ces arguments et c’est sans doute à ce niveau-là que se situe le problème.
        La citation de Packer mise en exergue exprime déjà ce problème en parlant d’un Dieu insatisfait 😉 : « (Jésus a) satisfait au jugement destructeur divin auquel nous aurions été autrement destiné de manière ineluctable. »
        Est-ce que Dieu est un juge destructeur? Est-ce que Dieu serait soumis a une loi supérieure à Lui, où Il n’y avait pas d’autres alternative que de s’offrir lui-même pour satisfaire cette loi?

        La doctrine de la DSP tout comme celle liée de la satisfaction ne sont pas nées dans le vide, mais elles sont nées dans des contextes particuliers et elles ont interprétés les Écritures dans ce cadre.
        Ce sont des théories purement occidentales, et je ne crois pas qu’on en trouve des équivalents dans les églises orientales. Ceci démontre donc qu’elles sont contextuelles et qu’elle avaient besoin d’un terreau spécifique pour être formulées. Sans l’influence du juridisme latin ces théories n’auraient pas pu naître, c’est pour cela qu’elle sont absentes de l’Orthodoxie.
        Elles étaient des réponses possibles dans un contexte donné, elles n’étaient pas les seules, car les réformés radicaux (anabaptistes) dans leur retour aux Écritures seules (au contraire des réformateurs classiques) ne les ont pas formulées. Peut-être aussi parce que chez eux l’influence de la Mystique Rhénane était plus forte que celle du catholicisme romain et de sa scolastique.

        • Non, elle ne présuppose pas un Dieu « insatisfait ». La « satisfaction » est un terme qui désigne la complétude, le règlement, l’apaisement de la justice divine, et non quelque manque au sein de l’être divin.
          Oui, Dieu se décrit lui-même comme un juge tout au long de la révélation biblique. C’est même un thème récurrent et unifiant tout au long de l’histoire de la rédemption. Point n’est besoin de sur-contextualiser pour noter cet état de fait…

          • Désiré Rusovsky

            Seulement qu’il ne faut pas assimiler le sens hébraïque et biblique de juge et jugement avec son sens latin, comme l’a fait la théologie occidentale.

          • Désiré Rusovsky

            J’aimerais ajouter ce que mon jeu de mot sur l’insatisfaction divine révèle. Tu utilises le mot satisfaction dans un sens différent de celui qu’on lui donne aujourd’hui, simplement parce que les champs sémantiques changent avec les siècle déjà dans une seule langue. Quand on passe d’une langue à une autre dans un contexte culturel différent, c’est bien pire, nous comprenons toujours par rapport à notre propre culture sans nous rendre compte que nous vivons dans un monde mental très différent. Ce qui pouvait avoir un sens dans un contexte particulier n’a plus le même pour nous.
            Il faut donc cesser de défendre des théories d’un autre temps pour revenir aux Écritures et pour essayer de redécouvrir au mieux leur sens initial et redécouvrir leur noyau, pour chercher à redéfinir son expression dans les cultures d’aujourd’hui. Revenir peut-être aussi à la theoria orthodoxe et laisser tomber nos théologies philosophiques occidentales.
            Je crois que c’est ce que David cherche à faire.

          • Etienne Omnès

            En toute fraîcheur, qu’entendez vous par « églises orientales »? L’Eglise grecque a cessé toute réflexion théologique depuis le Ve siècle. Les églises chinoises peut-être? Pb: elles sont pour la plupart catholiques ou protestantes, autrement dit descendante intellectuelles des églises occidentales. Alors que reste-t-il? Les coptes?

          • Désiré Rusovsky

            Par églises orientales, je parle des églises orthodoxes et des églises non-chacédoniennes. Dire que l’église orthodoxe a abandonné toute réflexion théologique me semble un peu fort, ou alors cela exprime bien la dérive du christianisme occidental vers un doctrinarisme creux et de plus en plus détaché de la vie spirituelle. De manière intéressante, le pentecôtisme au sens large semble de plus en plus retrouver cette primauté de la theoria sur l’abstraction philosophique du christianisme occidental. Il ne faut pas oublier qu’une des branches importantes du mouvement charismatique tire ses origines de l’orthodoxie russe.
            On a aussi dit que l’anabaptisme avait de manière surprenante plus de parenté avec l’Orthodoxie qu’avec le catholicisme romain des réformateurs classiques.
            Il ne faut pas non plus oublier l’influence persiistance du christianisme celtique qui était orthodoxe avant de se faire dominer par Rome.

          • Etienne Omnès

            D’accord je comprends mieux. Merci pour l’explication.

            Après, je pense que vous prenez certains raccourcis un peu rapides. Par exemple opposer une église latine « doctrinaire » et une église grecque attachée à la vie spirituelle.

            L’église grecque aussi est doctrinaire: Si par exemple l’église grecque s’est séparé de l’église de Rome, ce n’est pas parce que Rome devenait trop doctrinale, c’était parce que les latins avaient osé ajouter un malheureux « filioque » au credo de Nicée, et les grecs en ont écrit des tonnes sur le sujet. Plus philosophico-théorique que cela, c’est difficile. Que dire aussi des controverses christologiques après Chalcédoine? Si ce n’est pas de l’abstraction philosophique pure…

            L’église catholique aussi sait avoir une « vie spirituelle »: j’invoque comme témoin les franges mystiques de l’église catholique et autres activités prophétiques autour de Thérèse de Lisieux etc… et aussi la vie contemplative des Carmélite et des Chartreux, qui est tout sauf doctrinale dans sa visée et ses moyens.

            Votre discours est assez séduisant je le reconnais, mais la réalité est je le crains plus nuancée que cela.

            Enfin, mais c’est un tout autre sujet, la spiritualité réformée existe, même si elle ne fait pas marcher des boîteux. Mesurer la qualité d’une vie spirituelle à la qualité d’expérience extra-sensorielles ou au nombre de miracles qui en sort est un critère que je trouve plutôt arbitraire et pourtant je suis charismatique!

            Cela dit, malgré notre désaccord théorique, sachez que j’apprécie beaucoup parler avec vous 🙂 Que le Seigneur vous donne la prospérité

          • Désiré Rusovsky

            Pour les Orthodoxes, la théologie est une connaissance mystique de Dieu, alors que chez les latins c’est une réflexion philosophique. Et la séparation entre l’Orthodoxie et Rome, n’est de loin pas que sur le Filioque et elle est aussi sur cette approche radicalement de la théologie.
            Dans le catholicisme et son dérivé le protestantisme, la théologie n’est pas d’abord une connaissance spirituelle.
            La vie spirituelle et mystique chez les catholiques n’est pas reliée à la théologie, même si Thomas d’Aquin a fait une profonde expérience spirituelle sur le tard qui lui a fait relativiser tout ce qu’il avait écrit.
            Je crois profondément que la théologie doit dépendre d’une vie spirituelle profonde si elle ne veut pas simplement être une lettre qui tue.
            Soyez béni!

          • Bonjour Etienne,
            Je ne pense pas que l’on puisse dire que la réflexion théologique de l’Eglise grecque se soit arrêtée au Ve siècle, il suffit de voir tous les débats suscités par la crise iconoclaste.

            Par ailleurs, un des théologiens les plus influents, Grégoire Palamas, est beaucoup plus tardif (XIVe siècle).

            Je pense que l’Eglise orthodoxe dans son ensemble a moins dogmatisé que l’Eglise latine, puisqu’elle s’est arrêtée au septième concile oecuménique (787), mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas fait de théologie depuis.

          • Sylvain Frei

            Je le crois aussi !

            Définition

            Dans l’esprit des gens : L’expiation est l’action par laquelle on répare, par la peine qu’on subit, un crime, une faute quelconque.

            Dans la bible : Le mot hébreu signifie couvrir.

            Expiation = couvrir

            Et c’est le même mot hébreux qui est utilisé dans la Genèse, quand Noé et ses fils ‘couvrent’ de poix le bois de l’arche pour la rendre imperméable

            Ils font l’expiation de l’arche

            Sans cette ‘couverture’, l’arche de Noé, et tous ses occupant aurait sombré

            Ils auraient subit le châtiment du déluge

            Dieu nous ‘couvre’ pour nous rendre imperméable au jugement

            Pour nous sauver du jugement

            Lorsque vous lui donnez votre vie, la culpabilité ne vous touche plus

            Ce sang qui nous lave, qui nous couvre, qui nous rend imperméable et aspergé sur le propitiatoire (en hébreux est le même mot que Expiation, mais avec une lettre de plus !)

            Propitiatoire = Le couvercle : En anglais ? The mercy seat = Le siège de la grâce !

            Qui est destiné à rendre la divinité propice à notre égard; qui est offert en propitiation, pour la rémission des péchés.

            De plus, le mot ‘rançon’, en hébreux, est le même que le mot ‘poix’, ce qui nous couvre !

          • Sylvain Frei

            Jean 12:46 Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. 47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde

            Le sacrifice n’est pas mis en place pour juger un innocent mais pour sauver un coupable !

        • Enastyc

          Une objection proche de celle de Désiré et Vincent en référence à l’orthodoxie peut se trouver résumée ici : http://foiorthodoxe.blogspot.fr/2010/07/la-theorie-de-la-satisfaction.html

          Cela accentue d’avantage dans le sens de Hébreux 2:14. Mais cela n’empêche pas qu’en même temps les auteurs du N.T. se soient volontairement accordés avec des conceptions juridiques romaines pour exprimer le sens de la croix.

          • Désiré Rusovsky

            Merci, cela donne une idée précise de la différence profonde entre l’orthodoxie et les catholicismes romains et réformés occidentaux. Je pense que je vais commander le livre, car nous avons beaucoup à apprendre des orthodoxes.
            Je ne crois pas qu’il y ait place dans la compréhension orthodoxe pour cette interprétation de substitution pénale, car leur compréhension de l’homme, du péché et de Dieu est fondamentalement autre.

          • Sylvain Frei

            Je ne vois pas en quoi Hébreux 2:14 Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même, afin que, par la mort, il anéantît celui qui a la puissance de la mort, c’est à dire le diable,

            puisse justifier la DSP !

            La mort innocente de Jésus justifie la justice du Père et condamne définitivement Satan

            Je le rappelle, c’est Satan qui a, par l’intermédiaire des hommes, fait périr le Christ !

            Et, en faisant mourir le fils, il se condamne !

        • Sylvain Frei

          Bien !

      • Sylvain Frei

        Le fond, ce doit être la bible, et la bible ne dit pas ce que la DSP prétend !

    • Sylvain Frei

      Tout a fait d’accord !

  • Pour aller dans la lune les calculateurs des missions Apollo de la fin du 20ième siècle n’ont eu besoin que de mettre en équations les lois de Newton, et çà a très bien marché ! S’en suit-il pour autant que l’on comprenne la nature de la gravitation ? Non, la physique reste encore en recherche d’une théorie satisfaisante. S’en suit-il que les lois de Newton soient rigoureusement exactes ? Non là encore : d’autres expériences ont prouvé que la structure de l’espace-temps de notre univers n’est pas celle de la mécanique classique.

    De même : Tout vrai chrétien sait au plus profond de lui-même que Jésus-Christ est mort pour lui à la croix, qu’il y a porté et expié ses péchés, à sa place. S’en suit-il pour autant que le chrétien comprenne totalement la nature de cette substitution ? Quand il essaie de le faire, son attention doit se déporter d’un fait (la substitution), sur la théorie de ce fait (c’est-à-dire une tentative d’explication). Incontestablement, toute l’Écriture en témoigne, la substitution porte un caractère pénal. S’en suit-il que l’explication pénale de la substitution soit entièrement satisfaisante ? pas plus que les lois de Newton n’expliquent l’astronomie.

    Car l’Écriture et la conscience humain témoignent également d’une autre réalité tout aussi vraie, qui ne trouve pas sa place dans une justice srictement comptable : c’est celle du pardon. Quand je pardonne à mon prochain, je lui remets sa dette, je renonce volontairement à mon droit de punition sur lui. Qui paye dans ce cas ? moi… j’accepte la souffrance que m’a causée la faute d’autrui. Or il est évident que cette notion de renoncement volontaire est absente de la justice purement pénale : il n’existe pas d’équivalence quantitative en matière de souffrance, on n’ajoute pas deux souffrances comme 3+5 font 8. L’absurdité de la question de savoir si les souffrances de Jésus sur la croix s’élèvent à un montant rigoureusement égal à N éternités en enfer nous met ici suffisamment en garde.

    L’explication pénale de la substitution, sa théorie, ou sa doctrine si on préfère, est manifestement incomplète. Certes il existe bien une substitution de peine : Jésus souffre pour moi ; cependant cette peine ne se mesure pas. Elle est de plus volontaire, ce qui dans la théorie pénale n’a aucune importance : si Jésus avait été cloué sur la croix contre son gré, sa mort aurait eu autant de valeur comptable du point des équivalences de peines. Il manque à la substitution pénale, une révélation tout aussi fondamentale que la justice de Dieu, celle de son amour, démontré par l’entrée irréversible du Fils de Dieu dans la famille humaine, et par sa mort volontaire pour elle.

    Au XVI° siècle les Réformateurs avaient autre chose à faire de plus urgent que de réfléchir en détails sur ces questions. Au XVII° siècle, la répétition dévote et mécanique de leur théologie, a fini par se scléroser dans une sorte de scolastique protestante, tout comme il y avait eu au moyen âge une scolastique catholique. En réaction, le XVIII° vit pousser partout les rejetons vénéneux du scepticisme et du libéralisme. Mais au XIX° siècle, le protestantisme évangélique commença à se remettre en cause, à trier ce qu’il y fallait conserver de l’héritage de la Réforme, et à reformuler ce qui devait l’être. Ainsi la discussion sur la place de la substitution pénale dans la théologie du salut, ne date pas d’aujourd’hui, mais d’il y a un siècle et demi. Je ne connais pas d’autre auteur qui l’ait aussi systématiquement traitée que Gaston Frommel. Mais peut-être quelques uns ici auraient d’autres noms à citer ? Quoiqu’il en soit vouloir arrêter la théologie aux écrits des réformateurs et des puritains, ce serait comme si en science on décrétait qu’il n’y a plus rien après Newton. Ce serait plus simple, d’accord ! mais hélas, ce serait moins vrai.

    • Oh, l’on a débattu de Gretillat et Godet sous un autre article de David Vincent, ne t’en fais pas. Note tout de même que nous dénonçons cette vision « strictement pénale » de la DSP, et nous ne la déconnectons pas des autres langages de l’expiation, cher Claude.

      • Gretillat ? Godet ? quel rapport ? Il ne s’agit pas de la question de la kénose, ici, mais de l’examen de la théorie juridique de l’expiation comparée à la théorie solidariste, que Gaston Frommel a développé dans son cours de dogmatique, intitulé l’Expérience chrétienne. Frommel est postérieur à Godet et Gretillat, et il a apporté des réflexions qui lui sont propres.

    • Sylvain Frei

      Jésus-Christ est mort pour lui à la croix, qu’il y a porté et expié ses péchés, à sa place

      Vous rendez vous compte que, dans la même phrase, vous dites deux choses contraires ?

      POUR MOI versus A MA PLACE d’après les mots hébreux :

      Si j’analyse 2 textes avec leurs codes Strong :

      Matthieu 20:28 {C’est ainsi 5618 que le Fils 5207 de l’homme 444 est venu 2064 5627, non 3756 pour être servi 1247 5683, mais 235 pour servir 1247 5658 et 2532 donner 1325 5629 sa 846 vie 5590 comme la rançon 3083 de (pour) 473 plusieurs 4183.}

      de (pour) 473 = ἀντί (anti) – Strong 473
      1. opposé à, en avant, vis-à-vis
      2. pour, au lieu de cela, à la place de (quelque chose), pour ceci, parce que, pour cette cause

      1 Timothée 2:6 qui 3588 s’est donné 1325 5631 lui-même 1438 en rançon 487 pour 5228 tous 3956. C’est là le témoignage rendu 3142 en son propre 2398 temps 2540,

      pour 5228 = ὑπέρ (huper) – Strong 5228
      1. au nom de, en faveur de, pour l’amour de, par égard pour
      2. au delà de, plus de, là-bas, plus que
      3. plus, au delà, au-dessus de

      Je vois ici, comme dans tous les textes du nouveau testament, que Jésus est mort POUR [ὑπέρ (huper)] tous ! Toujours !

      Et jamais A LA PLACE [ἀντί (anti)] du pécheur !

      Et je vois qu’il a payé la rançon POUR = à la place [ἀντί (anti)] de tous !!!

      C’est un raccourci NON BIBLIQUE de dire qu’il est mort à la place de tous !!!

      REMARQUE :

      Si vous traduisez pour 5228 = ὑπέρ (huper) par « à la place de », il faut le traduire de la même façon dans tous les versets suivants :

      2 Corinthiens 5:21 Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour 5228 nous,
      2 Corinthiens 7:7 vos larmes, votre zèle pour 5228 moi, en sorte que ma joie a été d’autant plus grande
      2 Corinthiens 7:12 votre empressement pour 5228 nous fût manifesté parmi vous devant Dieu
      2 Corinthiens 8:16 il a mis dans le cœur de Tite le même empressement pour 5228 vous
      2 Corinthiens 9:2 votre bonne volonté, dont je me glorifie pour 5228 vous auprès des Macédoniens
      2 Corinthiens 9:14 ils prient pour 5228 vous, parce qu’ils vous aiment
      2 Corinthiens 12:10 C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour 5228 Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort.

      Cela ne marche pas pour certains de ces versets et donne, pour le dernier verset :

      C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, A LA PLACE de Christ !

      Vous admettez sincèrement, honnêtement, que cela n’est pas possible !

      Et, si ce n’est pas possible pour certains versets, cela doit être banni pour tous les versets utilisant ce même mot : pour 5228 = ὑπέρ (huper) ≠ à la place [ἀντί (anti)]

      Bibliquement : Jésus est mort POUR tous, pour payer la rançon A LA PLACE de tous !

      Il est faux d’affirmer que Jésus est mort à la place (de tous ?)

      Cela reviendrait à dire que TOUS sont sauvés !

  • Merci, Guillaume, pour cet article très clair, même si j’ai tendance à souscrire aussi à l’humilité que préconise mon cher homonyme Claude R : nous parlons de choses si sublimes, qui bien sûr dépassent notre entendement – et surtout le mien !
    Mais j’apprécie beaucoup, entre autre, ta belle synthèse en 6 points que tu as écrite à l’occasion de l’objection 4 de David Vincent !

    • Sylvain Frei

      Savez vous que, en hébreu :

      Expier = Couvrir = כָּפַר (kaphar)

      Propitiatoire = Couvercle כַּפֹּרֶת (kapporeth)

      Rançon = Poix = כֹּפֶר (kopher)

      Ce sont trois mots de la même racine !

      Et que, dans la Genèse, quand Noé couvre l’arche de poix (pour la rendre imperméable et résister à la sanction du déluge) = Il en fait l’expiation avec la rançon ?

      La TSP ou DSP n’est qu’une compréhension occidentale de la traduction occidentale de la bible !

      Mais le sens hébreu est loin de ces théories !

  • Désiré Rusovsky

    Je me réjouis de lire le livre où N. T.Wright a écrit: We have Platonized our eschatology (substituting “souls going to heaven” for the promised new creation) and have therefore moralized our anthropology (substituting a qualifying examination of moral performance for the biblical notion of the human vocation), with the result that we have paganized our soteriology, our understanding of “salvation’ (substituting the idea of “God killing Jesus to satisfy his wrath1 for the genuinely biblical notions we are about to explore)
    Voir: http://www.patheos.com/blogs/jesuscreed/2016/10/06/nt-wright-forgiveness-re-framed/

    • Sylvain Frei

      A un Dieu courroucé et tortionnaire faisant mourir son propre fils, à notre place, dans d’atroces souffrances et ce jusqu’à provoquer son agonie…

      Je préfère un Dieu d’amour se sacrifiant pour moi ! Et mis à mort par un Diable qui, à la fin des temps, subira l’étang de feu et de soufre !

  • Bonjour,
    Ceux qui veulent un exposé précis de ma position peuvent maintenant se référer à mon livre :
    http://didascale.com/publication-de-premier-livre-sauves-vie/

    Bonne journée.

    • Sylvain Frei

      Que j’ai commandé !!

  • Bible2000.Net

    ___Comment sommes-nous morts avec Jésus pour changer de royaume ? Pour répondre à cette question, voici le point numéro « 8 » de mon étude intitulée: « Jésus avait-il besoin d’être sacrifié pour le pardon de nos péchés ? », dans lequel je traite les points suivants :
    1) Jésus a-t-il été sacrifié uniquement pour quelques-uns de nos péchés ?
    2) Le lien entre le pardon de nos péchés et l’enlèvement de nos péchés.
    3) Jésus devenu homme pour porter la punition des coupables.
    4) Jésus a porté la punition de TOUT le monde SANS EXCEPTION.
    5) Pourquoi Dieu pouvait-il pardonner AVANT que Jésus meure pour les péchés ?
    6) Ayant été puni pour nous, Jésus nous a ouvert le chemin vers Dieu.
    7) Comment Jésus a-t-il pu porter la punition de milliards de personnes ?
    8) Comment avoir été transporté d’un royaume à un autre ?
    9) Comment comprendre notre pardon sur la base de la mort de Jésus ?
    10) Révélation de Jésus dans une vision.
    11) Conclusion.
    ___Ci-dessous, je copie uniquement le point numéro « 8 ». Pour lire l’étude en entier : « www.bible2000.net » à la rubrique « Sujets bibliques ». Voici ce point « 8 »:

    <<<<>>>>
    Raymond Houle
    Note: « Biblati » un logiciel biblique facile d’utilisation et gratuit pour Windows (texte biblique en hébreu, grec, français, anglais et espagnol; code Strong; « évangiles » en parallèle; Apocalypse en cadres et couleurs, etc.). Détails sur :
    http://www.bible2000.net/logiciels/biblati/biblati01.html

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