5 questions pour tirer profit des sections historiques de l’Ancien Testament

Au détour de son excellent commentaire exégétique sur le livre de Ruth, Daniel I. Block nous livre quelques principes utiles pour interpréter les sections historiographiques de l’Ancien Testament. Traduction Elodie Meribault.

**

Contrairement aux lois (ex. le Deutéronome), aux prières (ex. Daniel 9), aux cantiques de louange (ex. Exode 15) ou aux épîtres (ex. Romains), dans les sections historiographiques de la Bible hébraïque le message théologique exprimé par les narrateurs n’est généralement pas explicite mais plutôt implicite.

Même la perception théologique des personnages doit être examinée avec une attention toute particulière : il arrive en effet que les narrateurs utilisent le dialogue pour décrire le courant théologique orthodoxe, alors que les personnages représentent un courant hétérodoxe. Il convient donc toujours de se demander si la théologie incarnée par le narrateur et celle incarnée par les personnages sont bien les mêmes.

D’un autre côté, il nous faut avoir à l’esprit le fait que la théologie des auteurs de la Bible est formée ou informée par des textes ou des traditions plus anciens, et que les compositions narratives sont devenues des moyens de véhiculer une théologie transmise par héritage. Impossible, par conséquent, de se tromper sur l’interprétation des illustrations de vérités contenues dans Ruth si elles sont très clairement exprimées ailleurs, comme, par exemple, dans le livre des Juges – lequel était visiblement bien connu de l’auteur – ou le livre du Deutéronome, qui établit de manière explicite la théologie mosaïque.

En l’absence d’un processus théologique manifeste, la théologie du narrateur peut-être déterminée en se posant ces simples questions critiques :

(1) Qu’apprenons-nous à propos de Dieu dans ce passage ?

(2) Qu’apprenons-nous, de manière générale, du monde et de la société ?

(3) Qu’apprenons-nous de la condition humaine, de la nature du péché, du sort de l’humanité ?

(4) Qu’apprenons-nous de la vision de Dieu sur les hommes ?

(5) Qu’apprenons-nous sur le comportement éthique et spirituel que Dieu attend de son enfant qui le voit à l’œuvre dans sa vie ?

 

Questionner l’introduction à l’histoire de Ruth de cette manière nous permettra d’en tirer des leçons importantes sur la nature de la providence divine.

 

 

  • Extrait de Daniel I. Block, Ruth: A Discourse Analysis of the Hebrew Bible, ZECOT (Grand Rapids: Zondervan, 2015), 73-74.

 

 

<p>Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat en Ancien Testament à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).</p>

%d blogueurs aiment cette page :