Pourquoi fallait-il que Christ naisse d’une vierge ?

La naissance virginale de Christ est l’un des thèmes les plus attaqués par les théologiens libéraux qui rejettent généralement tout ce qui, dans les Écritures, fait référence au miraculeux.

Pour nous, sur Le Bon Combat, nous publions nos articles tout en “croyant tout ce qui est écrit” (Actes 24:14), ce qui implique que nous acceptons sans réserve le fait que Marie n’ait pas connu d’homme avant que Jésus ne naisse (Matt. 1:25).

Au delà de la véracité historique de cet évènement se pose la question de sa signification théologique : pourquoi fallait-il que Jésus naisse d’une vierge ? Pourquoi fut-il privé d’un père biologique humain ?

 

Louis Berkhof offre une réponse simple à ces questions :

Si Christ avait été engendré par un homme, il aurait alors été une simple personne humaine… et en tant que tel, il aurait été participant de la culpabilité commune à toute l’humanité. 

Mais maintenant que son sujet, son ego, sa personne, ne procèdent pas d’Adam, il… est libre de la culpabilité du péché. 

Et, étant libre de la culpabilité du péché, sa nature humaine peut elle aussi être préservée de la pollution du péché, que ce soit avant ou après sa naissance. 

Non seulement la naissance virginale de Christ est la démonstration de sa double nature, mais elle est également nécessaire à son incarnation substitutive : il fallait qu’il soit sans péché pour prendre notre place, et par conséquent il fallait qu’il soit absolument libre du péché d’Adam.

L’incarnation, Dieu le Fils devenant homme, est certainement l’une des vérités les plus insondables de toute l’histoire de la création. Et c’est en vue de notre salut qu’il est né d’une vierge, afin de mourir à la croix près de trente ans plus tard.

Que son nom soit glorifié, jusqu’à ce qu’il revienne et pour l’éternité !

 

 

 

Citation extraite de Louis Berkhof, Systematic Theology (Grand Rapids: Eerdmans, 1996), 336.

 

 

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Gregory Pincus (1903-1967) est universellement connu pour avoir mis au point la pilule contraceptive qui a changé depuis la vie de millions de femmes. Mais avant cela Pincus avait réussi, dès 1939, une expérience génétique des plus curieuses : la parthénogenèse chez la lapine. Le mot parthénogenèse composé sur du grec biblique, signifie littéralement engendrement par une vierge. L’expérimentateur envoyait une série de chocs thermiques, électriques ou chimiques sur des ovocytes de lapine fraîchement pondus ; au bout de 200 essais, l’un d’eux amorçait la division cellulaire qui mène à l’embryon, puis de là à l’animal complet. Naturellement les lapins qui naissaient ainsi étaient tous femelles, puisqu’ils n’étaient que des clones de la génitrice.

    Aujourd’hui on sait aussi cloner des mammifères mâles, en implantant directement un noyau d’une de leurs cellules dans un ovule. Pourrait-on faire la même chose avec l’espèce humaine ? Très probablement, quoiqu’avec un taux de succès très bas ; plusieurs biologistes ont d’ailleurs déjà prétendu être parvenu aux premiers stades de la division de l’ovule, mais l’avoir stoppée pour des raisons éthiques.

    Le côté théologique qui nous interpelle ici demande comment nous devrions considérer un homme né ainsi virginalement, par clonage. Malgré son aspect déstabilisant la question admet une réponse fort simple : cette homme serait un être humain à part entière, âme, corps et esprit, semblable en tous points à chacun de nous, et pécheur comme nous. La nature pécheresse de l’homme n’est donc pas transmise, par le mode de génération (qui nous est commun aux autres mammifères) ; elle n’est pas non plus liée au fait que le géniteur soit un mâle ou une femelle, mais elle est un caractère inséparable de la nature humaine. Que la conception d’un être humain soit survenue naturellement, par parthénogenèse ou par clonage, cet homme ou cet femme est une simple réplication de la nature humaine.

    Qu’en est-il maintenant de la conception et de la naissance de Jésus-Christ suite à ces considérations ?

    Jésus n’a pas eu pour géniteur Joseph ou un autre homme, puisque rien ne l’aurait alors distingué d’un fils d’Adam. Jésus n’est pas né par parthénogenèse, auquel cas il aurait été une femme. Jésus n’est pas né par clonage, il aurait hérité le péché tout aussi bien.

    Sa conception a-t-elle donc consisté en une implantation de la nature divine dans un ovule de Marie, pour aboutir à la réplication de Dieu, tout comme une naissance naturelle est la réplication de la nature humaine d’Adam ? Mais si c’était le cas, rien n’empêcherait, en théorie, que le phénomène ne puisse se répéter dans l’histoire. S’il existe réellement une nature divine dont Dieu est libre d’investir n’importe quel ovule humain, il aurait pu engendrer plusieurs Christs. Le fait que Dieu ne l’a pas voulu ainsi, n’enlève rien au principe que Dieu aurait pu le faire, et pourrait le faire encore, si un Christ peut se définir comme un être possédant une double nature humaine et divine. Or il n’y a qu’UN Christ et il sera toujours unique. Il est une personne.

    C’est pourquoi n’en déplaise au concile de Chalcédoine ou autres, plutôt que de parler d’une double nature, humaine et divine, de Jésus, je préfère m’en tenir aux termes de l’Ecriture, qui nous parle, non de la reproduction d’une nature, mais de la venue d’une personne ; pensée bien différente, immensément importante puisque pour pouvoir venir, il fallait que cette personne existât avant.

    La naissance virginale de Jésus ne se définit finalement par pour moi comme l’union de la nature humaine et de la nature divine, mais elle a été l’incarnation du Fils éternel de Dieu, fait prodigieux défiant toute imagination, que Jean résume dans son sublime : Et la Parole a été faite chair, quintessence de toute la foi chrétienne.

    • Salut Claude,

      Oui forcément, tu vas rejeter l’union hypostatique, en tant que kénotiste affirmé. Par contre nous serions d’accord -et Berkhof aussi- pour parler de la venue d’une personne ou de définir la naissance virginale par l’incarnation du Fils éternel de Dieu.

      • Bonjour Guillaume,

        Alors l’Arizona, c’est quand même plus beau que le Texas, non ? et encore t’as pas tout vu, le Meteor Crater, Sedona, Tombstone OK Corral, les serpents à sonnettes, le monstre de Gila…

        L’union hypostatique cela me fait à ces grands mots du vocabulaire catholique, comme la transsubstantiation autre exemple, qui paraissent savants, mais qui quand on les creuse un peu se révèlent ne recouvrir que notre incompréhension des mystères du monde spirituel.

        Kénose ou pas kénose, nous admettons bien que l’incarnation débute au stade d’une cellule unique ? un ovule de Marie, d’un diamètre approximatif de 0,08 mm, soit celui d’un cheveu fin. Comment attribues-tu à cette cellule l’omnipotence, l’omniprésence, l’omniscience divine ? Les statistiques biologiques veulent qu’environ deux tiers des ovules humains fécondés ne s’implantent pas dans la matrice, et sont en conséquence éliminés. Considères-tu que chacun de ces ovules fécondés, qui ne se sont pas implantés, étaient des personnes à part entière ? Si ta réponse est oui, voilà ce que cela signifie en pratique : il y a 7 milliards d’être humains sur terre, soit une proportion correspondante de 14 autres milliards d’âmes, qui n’ont jamais vu la lumière du jour terre, n’ont jamais été appelées d’aucun non, mais qui seraient pourtant des personnes ?

        Dans le cas de Jésus, puisque nous admettons sa préexistence, il n’est pas devenu une personne, mais il était une personne avant son incarnation. Contrairement à un être humain qui aurait pu ne jamais exister, si son ovule initial ne s’était pas niché dans la paroi utérine, l’existence de la personne de Jésus n’a donc jamais dépendu de la nature. Le mystère de l’Incarnation nous échappe, comme beaucoup d’autres, mais du moins considérer la préexistence de Jésus en tant que personne, nous permet d’échapper à la désagréable logique de vouloir en faire un hybride d’une nature divine et humaine.

  • Hernando Thierry

    Christ est quand même né d’une femme, descendante d’Adam et Eve.

  • Etienne Omnès

    Je pense qu’il y a une autre raison pour laquelle il est important de conserver la conception virginale: si Marie avait déjà « connu » Joseph, alors Dieu aurait été adultère, ce qui est logiquement impossible. En tant que créateur du mariage et Celui qui a ordonné l’exclusivité de celui-ci, Dieu aurait enfreint les règles qui viennent de sa sainteté même.

    Bien sûr, on pourrait échapper à l’obstacle en disant que Jésus était le fils de Joseph, adopté par Dieu ensuite. Sauf que bonjour pour prouver ça par l’Ecriture…

  • 1 – Si Jésus n’avait pas de père biologique, il avait un père par adoption. Or l’héritage se transmet non par filiation naturelle mais par filiation de droit. Si Joseph était héritier de la culpabilité d’Adam, Jésus l’était aussi. De plus, un héritage peut se transmettre aussi bien par le père que par la mère.

    2 – Même né d’un père et d’une mère, Jésus pouvait parfaitement avoir les deux natures, humaine et divine. La naissance virginale n’est pas nécessaire pour que Jésus soit Dieu le Fils. Il suffit qu’une personne divine s’incarne dans un corps, quel que soit son mode de production.

    3 – Pour la théologie orthodoxe (orientale), Jésus est justement héritier du péché originel (ou du premier péché, si tu préfères) ce qui lui permet justement de nous sauver en assumant notre nature humaine, en mourant pour le péché à la Croix et en ressuscitant.

    • Salut Alexis,

      Mes (Guillaume) réponses :

      1- Que “l’héritage” (je suppose que tu fais référence à la coulpe) ne se transmette pas par filiation naturelle (réalisme) reste à démontrer. Je reste convaincu qu’il y a une dimension réaliste à la transmission de la coulpe, même si la dimension alliancielle (ce que tu appelles « de droit » ?) constitue un cadre dans lequel cette transmission s’opère.

      2- Je ne sais pas ce que tu entends pas « incarnation dans un corps ». J’espère que tu n’es pas en train de nous faire un remake de l’Appolinarisme version double nature !? Je me méfie parce que Victoria Osteen nous a fait le coup récemment :p Plus sérieusement, la question de la relation du Christ au temps se pose : s’il est ressuscité corporellement, il existe « hors du temps » corporellement (ce que théoriquement tu dois croire, tout comme moi). Dès lors, « avant » son incarnation, subsistait-il corporellement ? 🙂

      3- Que Christ ait assumé notre nature, le « corps du péché », est un fait (Rom 8:3). Qu’il était absolument sans péché est également un fait (cf. par ex. Hébreux 4:15). Son impeccabilité n’est pas à démontrer, c’est à travers elle qu’il est à la fois le sacrifice et le sacrificateur parfait l’un des thèmes centraux de l’épître aux Hébreux. Par conséquent, dire qu’il est « héritier du péché originel » me pose problème. Maintenant, toute la question est de savoir ce que l’on entend par “péché originel”, mais également par cette notion d’héritage.

      Bonne fête de fin d’année !

  • Alain Baril

    on pourrait dire pour la naissance de Jésus que la femme fut mère porteuse, dont la semence fut mise en elle comme nous le faisons aujourd’hui par in-vitro, mais cela n’était pas du sang humain mais d’une substance divine,
    quand Dieu souffla dans les narines du premier homme le sang commença a circuler en lui, car le sang sert a la purification de notre système et était une prémisse de Christ qui viendrait par son sang faire la purification des péchés
    il ne pouvait naitre de notre sang parce que le sang qui est la vie a été contaminer par la désobéissance et ne pouvait non plus naître dans un corps qui aurait été souillé par le sang
    cet être devait être un être pur et il fut sans péché jusqu’à sa mort sur la croix ou il a tout pris sur lui, c’est la qu’il pouvait mourir Dieu l’avait fait devenir péché
    car un être sans péché ne peut mourir
    s’il avait été conçu par le sang, Satan l’aurait immédiatement vaincu, mais
    car la moindre souillure devant Dieu est immédiatement rejeté même si celle ci est plus petite que la plus petite fraction d’un atome divisé par elle même plus de mille fois vraiment petit mais encore trop impur pour être vue devant la face de Dieu
    donc pour le salut il devait venir un être pur dans lequel il ne pouvait rien s’y trouver, et cela a tout été accompli après son baptême transporter par l’Esprit au désert, tout esprit de séduction fut enlever de lui, il n’avait rien pour attirer les regards, il n’était pas laid mais rien de séduction ou d’attirance physique
    et combien Dieu est grand il a caché aux hommes la grossesse par Joseph déjouant ainsi les ruses de Satan qui aurait immédiatement fait lapider la femme
    la Sainteté De Dieu est venue dans un corps sains tout cela il l’a fait pour nous par Amour
    tout était créé en préparation de la venu de Christ, tout comme les animaux qui étaient offert en sacrifice devait être un animal choisi sans infirmité, sans tache, ect parce que Dieu n’exige rien d’autre que la perfection
    Christ fut l’image invisible du Dieu qui réside dans les lieux célestes et s’est révélé a l’homme sous différents nom et a différentes circonstances dans l’Ancienne Alliance, dans la nouvelle Alliance il s’est fait connaître personnellement par Jésus Christ pour nous montrer qu’il n’y avait qu’un seul chemin celui de l’Amour et de l’humilité pour que nous devenions par cet enfant qui a grandi et donné sa vie pour nous tout cela par Amour
    Hébreux 9:24 Car Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, en imitation du véritable, mais il est entré dans le ciel même, afin de comparaître maintenant pour nous devant la face de Dieu.

  • NGAYIHI ABBE Alain Didier

    Bonsoir Guillaume c’est avec beaucoup de plaisir que je lis ces publications. C’est avec beaucoup de Joie que je tombe sur un site Internet dans lequel le souci est de communiquer avec fidélité La Saine Doctrine. Les thèmes ne sont pas toujours évidents mais les posts sont toujours édifiants. Shalom.

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