Les deux glorieuses natures de Christ

Les esprits de ceux qui étaient au Concile de Chalcedoine en 451 furent accaparés par la compréhension de la coexistence des deux natures du Christ.

Lors de ce Concile, il fût reconnu que le Fils avait deux natures. Tous ceux qui répudiaient ou dissociaient ces deux natures furent excommuniés.

L’affirmation des deux natures du Christ se retrouve cependant bien avant ce Concile, notamment chez Grégoire de Naziance (329-390).

Voici une glorieuse représentation des deux natures, tirée du Troisième Discours Théologique de ce Père de l’Église Grec, fort bien articulée :

 

Il y avait deux éléments: l’un humain, l’autre divin. Humainement [Christ] était sans père, divinement il était sans mère. Mais le tout est de la divinité.

Lorsqu’il était dans le ventre de sa mère, il était connu du prophète [Jean-Baptiste]. Ce dernier était lui-même dans le ventre de sa mère, bondissant au son de la Parole à cause de laquelle il était venu (Luc 1:41).

Il était enveloppé de langes, mais il s’est arraché de ses vêtements dans la tombe où il ressuscita (Luc 24:12). Il a été placé dans une crèche, mais il a été glorifié par des anges (Luc 2: 9), révélé par une étoile et adoré par les mages.

[…] Il a été banni en Egypte, mais il bannit les idoles des Egyptiens.

Il n’avait ni forme ni beauté parmi les Juifs, mais pour David, il était, dans la fleur de l’âge, plus beau que les fils des hommes (Esa. 53).

Sur la montagne, il a resplendi, et il est devenu plus radieux que le soleil, nous introduisant dans les mystères de l’avenir (Matt. 17:2).

Il a été baptisé en tant qu’humain, mais il remet les péchés en tant que Dieu ; il n’avait pas besoin de purifications lui-même mais c’était afin qu’il puisse sanctifier les eaux. (1)

Il a été tenté en tant qu’humain, mais il a vaincu en tant que Dieu, et il nous exhorte à garder courage parce qu’il a triomphé du monde (Jean 16:33).

Il a eu faim, mais il a nourri des milliers ; il est le pain de vie venant des cieux. Il a eu soif, mais il a crié, “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive” (Jean 6:35). Il a également offert des sources d’eau vive pour ceux qui croient.

Il a été fatigué, mais il est un repos pour ceux qui sont fatigués et chargés (Matt. 11:28). Il est tombé de sommeil, mais il fût élevé sur la mer. Il menaça les vents, mais il releva Pierre qui était submergé (Matt. 14:24, 31).

[…]

Il est reconnu par les démons et il les chasse. Il submerge une légion d’esprits et voit le prince des démons tombant comme l’éclair (Marc 5:9).

Il a été lapidé, mais il n’a pas été vaincu (Jean 8:59). Il prie, mais il écoute. Il a pleuré, mais il sèche les larmes. Il a demandé où était Lazare, car il était humain, mais il a ressuscité Lazare car il était Dieu (Jean 11:34, 35, 43).

Il a été vendu, et à un faible prix—trente pièces d’argent-, mais il rachète le monde, et à un grand prix —celui de son propre sang. Comme une brebis, il a été conduit à l’abattoir, mais il est berger d’Israël, et maintenant du monde entier (Isa. 53:7; Ps. 80:1).

Comme un agneau, il a été sans voix, mais il est la Parole annoncée par la voix de celui qui crie dans le désert. Il a porté les infirmités et a été frappé, mais il guéri toute maladie et toute faiblesse (Matt. 9:35).

Il a été élevé sur un arbre, cloué à la croix, mais il nous rétablira par l’arbre de vie (Apoc. 22:2; Genèse 2:9). Il a sauvé même le brigand crucifié, et il a rendu sombre tout ce qui est visible. Il lui a été donné à boire du vinaigre, et il fût nourri de fiel.

Qui est-il donc? …

Il a livré son âme, mais il a le pouvoir de la reprendre. Le voile est déchiré, car les choses célestes ont été exposées. Les rochers se sont brisés, les morts ont ressuscité (Matt. 27: 51-52).

Il est mort, mais il donne la vie. Par sa mort il a détruit la mort. Il a été enterré, mais il est ressuscité. Il est descendu dans le séjour des morts, mais il ramène les âmes. Il est monté au ciel, et il reviendra juger les vivants et les morts.

 

 

MR

 

 

 

Notes et références :

 

(1) Grégoire fait certainement référence ici à la doctrine de la purification baptismale, une position courante chez les Pères grecs du IVème – Vème siècle. Nous n’y souscrivons pas, et avons réfuté cette approche dans cet article. (GB)

 

 

<p>Mandimby finalise actuellement son Master en Histoire de l’Eglise à la faculté SWBTS (Fort Worth, Texas). Il a été pasteur jeunesse dans son Eglise à Madagascar pendant six ans avant de se rendre à Singapour pour entamer ses études théologiques, études qu’il poursuit maintenant aux USA.</p>

  • Etienne Omnès

    Excellent article, et un très beau texte, qui nous amène à nous émerveiller quant à l’incarnation 🙂

    C’est rigolo que cet article paraisse maintenant, je suis justement en train de réviser mes trois pauvres notions de théologie tiré des defenders class de William Lane Craig, et je suis en plein dans la christologie. William Lane Craig propose un modèle pour l’incarnation, qui est une sorte de « appolinarisme chalcédonien » si j’ose dire. Il présente en trois parties:

    1. Nous postulons avec Chalcédoine que Christ est une personne qui exemplifie deux natures distinctes et complètes, une humaine et une divine.

    Je ne vais pas redonner la critique du kénocitisme, mais il fait notamment remarquer que Chalcédoine est très vague dans sa description du Christ Incarné, et qu’il se contente de dire « sans mélange, sans changement, sans division, sans séparation » mais sans explication non plus! En tout cas, le texte du concile me laisse sur ma faim.

    2. Nous sommes d’accord avec Apollinarius que le Logos était l’esprit rationnel de Jésus de Nazareth.

    La force d’Appolinarius, c’est qu’il avait compris qu’il fallait un élément commun entre nature humaine et nature divine, qu’on ne pouvait pas se contenter de juxtaposer sans fusionner à un endroit. Il faut un point de soudure entre l’Humain et le Divin en quelque sorte.

    Si l’homme est fait à l’image de Dieu, alors le Logos( = 2e personne de la Trinité) est l’archétype de l’Homme: il a déjà plein de propriétés humaines, tout en étant Divin, notamment au niveau de la personnalité. La seule qui lui manquait pour être pleinement humain, c’était d’avoir un corps humain. L’incarnation n’est pas Dieu qui devient un animal, mais simplement un moyen d’achever le processus d' »humanisation ».

    3. Nous postulons que les aspects divins de la personnalité de Jésus étaient largement subliminaux pendant son passage sur la terre

    Les éléments suprahumains de Jésus étaient dans son subconscient. Notre subconscient est ainsi bâti qu’il est tout à fait possible d’avoir une connaissance dans notre subconscient que nous n’avons pas du tout dans notre conscience (ex: un traumatisme refoulé)

    Ainsi, Jésus était vraiment omniscient, mais dans son inconscient. Il pouvait tout à fait être capable de dire sans mentir: « Seul le Père connaît les temps de la Fin », tout en ayant en lui-même cette connaissance. Eventuellement, il pouvait être informé de façon subliminale (ou par le St Esprit) de choses surnaturelles, mais c’est tout. Il était omniscient, mais pas dans sa conscience.

    Quand Jésus grandissait en force et en sagesse, c’était sa conscience qui grandissait, avec ses composantes (intelligences, émotions, volonté)
    Quand il a été tenté, bien qu’il ait été incapable de pécher, le conflit qui s’est présenté à lui était authentique et la lutte contre Satan réelle.
    Ses prières à Dieu n’étaient pas du chiqué: il dépendait réellemen de Dieu pour toute chose dans sa marche consciente, et cependant sa nature de Logos était toujours intacte.

    Ce ne sont pas deux personnes, c’est une seule personne avec un conscient et un subconscient comme chez toute personne, sauf que Jésus avait un subconscient divin.

    Notez qu’il ne présente pas ce modèle pour en faire la nouvelle orthodoxie, mais qu’il le soumet à la critique en espérant pouvoir fournir un modèle d’incarnation pour l’apologétique. Histoire de contrer l’affirmation qui dit: « L’incarnation est illogique/impossible »

    Qu’en pensez vous les frères?

    • Claude

      Qu’en pensez vous les frères?

      Oui, oui, c’est beau et rassurant cette proclamation du Concile de Chalcédoine, et son endossement inconditionnel par les grandes pointures du néo-calvinisme américain. Mais en même temps, cette histoire de subconscient m’apparaît, quant à moi, subliminalement inquiétante…

      Car comment être certain que William Lane Craig, lui-même, ne serait pas kénotiste dans son subsconscient ? Autrement dit, il pourrait honnêtement adhérer 100% en paroles à tous les points de l’orthodoxie réformée, tout en sachant vaguement, in petto, qu’au fond il n’a pas compris grand chose à plusieurs d’entre eux, et qu’il ne les affirme que pour sembler inattaquable. Non mais quel jésuitisme !!

      Jésus répondant aux questions des disciples qu’il ne connaît pas la date de son retour, tout en sachant pertinemment qu’en cherchant un peu dans sa mémoire, il la retrouverait cette date ! Jésus demandant à Marthe où repose le corps de Lazarre, tandis qu’il a la réponse sur le bout de la langue, en quelque sorte ! Jésus coupable de fausse modestie, en affirmant qu’il ne peut rien faire sans le Père, tout en prenant bien garde de ne pas remuer son petit doigt, auquel obéit tout l’univers ! Et je n’emploie pas le qualitatif de « jésuite » au hasard, puisque la réserve mentale est une invention notoirement sinistre d’Ignace de Loyola.

      La question de la kénose dans les siècles passés a été discutée en Europe par des esprits d’un calibre qui n’avait rien à envier aux théologiens américains, pour ne pas dire que sur le plan des langues anciennes et de l’érudition ils leur étaient bien supérieurs. Mais le snobisme évangélique actuel consiste à croire qu’il suffit qu’une idée voyage avec le Gulf Stream, pour se nimber d’une aura intellectuelle, en arrivant sur le vieux continent. Si de plus on la lisait dans des articles signés Guillaume Lacraie ou Jean Pipelet, il est compréhensible que plus personne ne s’en souvienne. Mais traduisez moi tout ça en anglais, mettez en bas William Craig ou John Piper, puis twittez plus plus : c’est autre chose, mon bon monsieur !

      Résumons : le problème des attributs manquants (ou voilés), du Fils de Dieu devenu fils de l’homme, est virtuellement résolu par les avancées de la science américaine, mécanique quantique et psychanalyse réunies.

      Omniscience —> découverte du subconscient —> Jésus pouvait savoir et ne pas savoir en même temps

      Omniprésence —> découverte de la délocalisation des particules—> Jésus pouvait être simultanément en deux endroits à la fois et même partout

      Omnipotence —> découverte de la théorie des cordes —> Jésus les avait toutes dans son sac

      Evidemment c’est sarcastique. Mais quoi, si on me coupe un bras, je m’appelle toujours Claude, non ? On continue, en m’amputant les deux jambes, c’est douloureux, mais j’ai le sentiment d’être toujours moi, vous me suivez ?

      Alors pourquoi si le Fils éternel de Dieu choisit de déposer ses attributs, omniscience, omniprésence, omnipotence (et d’autres peut-être), en s’incarnant dans le véritable fils d’homme, soupçonner qu’il aurait cessé d’être la deuxième personne de la Trinité ?

      En vérité, si la science progresse, c’est parce que l’univers physique est toujours à portée de main, pour vérifier les théories. Une nouvelle théorie qui ne peut pas être éventuellement contredite par l’expérience est sans valeur. En théologie, c’est différent : il n’y a pas de véritable progrès possible, parce que la métaphysique ne se prête pas à des expériences systématiques ; il y a une réaffirmation constante de l’Ecriture. Quand on cherche à aller au delà, on tombe dans la logomachie, dispute de mots, dispute d’écoles. La question des deux natures de Christ, n’en déplaise au Concile de Calcédoine, ne va pas au-delà de la dispute de mots : tout vrai chrétien sait que Jésus était pleinement homme, et pleinement Dieu. Mais au fond ce qu’est vraiment un homme, ce qu’est vraiment Dieu, reste inaccessible à la pensée et au langage.

      • Où vois-tu une référence à une doctrine kénotiste dans cet article, Claude?

      • lol « découverte de la théorie des cordes —> Jésus les avait toutes dans son sac »
        Ah ah ah ah 🙂

      • Etienne Omnès

        Toujours un plaisir de lire votre verve, Claude! 😀 A chaque fois qu’on discute ensemble on est en désaccord, mais de façon tellement belle que c’est un plaisir à chaque fois^^ (non, je n’ironise pas, je suis vraiment content)

        Je ne vais pas répondre à toutes les attaques ad hominem contre « Rabbi » Lane Craig, je voulais juste faire remarquer que Lane Craig n’est pas du tout néo-calviniste, mais moliniste. Autrement dit, le mettre dans le même sac que Piper sous prétexte qu’ils sont américains est aller un peu vite en besogne 🙂

        De même, dire que Lane Craig est un crypto-kénotiste, c’est ignorer la critique qu’il fait de la kénose dans ses defenders class. Guillaume Bourin lui-même dit que la Kénose pose de nombreux problèmes logiques et théo-logiques, et Lane Craig ne dit pas autrement. J’aurais peut-être du citer ce qu’il disait, mais je ne croyais pas tomber sur un kénotiste à dire vrai^^ Exemple résumé par mes soins de ce qu’il disait:

        Le kénotisme implique que Dieu peut être Dieu sans être Puissant, ni éternel, ni omniscient… difficile à accepter ! De plus, si on garde l’idée que le Logos a mis certains des ses attributs sur « off » comment a-t-il pu les remettre sur « on » ? (ex : sa Toute-Puissance) Et si Jésus est mort, selon le kénotisme cela veut dire qu’il n’est pas nécessaire, qu’il peut ne pas exister => Argl !

        Cela dit, je reconnais mon ignorance sur le sujet, et vous pouvez très certainement apporter une réponse à ces objections, je ne me fais pas de soucis là-dessus^^

      • Claude

        Bonjour Etienne,

        C’est aussi pour moi un plaisir d’échanger avec vous. Comme la question de la kénose versus les deux natures n’est pas de mon point de vue « dirimante », pour parler un peu comme les lawyers américains, c-à-d que tout simplement on peut vivre ensemble entre chrétiens sans être d’accord sur ce point, la bonne humeur ne court ici aucun danger.

        Pour répondre en même temps à vous et à Guillaume sur la remarque que la kénose version Godet pose beaucoup de problèmes logiques et théologiques, cela ne constitue pas en soi une raison pour l’invalider : en science on travaille avec plein de modèles illogiques sur les bords, qui sont loin de tout expliquer, mais qui marchent mieux que d’autres explications, et c’est ça qui compte.

        En théologie, ce ne devrait pas non plus être la « logique », qui détermine nos schémas (même un ordinateur peut faire de la logique), mais l’accord avec les Ecritures. Or personnellement, quand je lis les Evangiles, qui sont la partie des Ecritures qui nous met en contact direct avec l’humanité de Jésus-Christ, je trouve que le modèle de la kénose s’accorde mieux avec le texte que celui des deux natures ; et cela suffit pour mon choix, même si je ne comprends pas tout. Exemple :

        Et maintenant, glorifie-moi, toi, Père, auprès de toi-même, de la gloire que je possédais, avant que le monde fût, auprès de toi. (Jean 17.5)

        Maintenant il est bon de faire un peu de logique : si Jésus demande au Père de lui redonner la gloire qu’il avait auparavant, c’est donc qu’il ne l’a plus au moment où il prie, c’est donc qu’à moment donné il a laissé cette gloire. La kénose version Godet n’est pas autre chose que l’application de cette logique aux autres caractéristiques de l’état divin : omniscience, omni etc. Jésus incarné reste Dieu, car la personnalité, contrairement à l’état, ne peut pas être abandonnée.

        En ce qui concerne W. Craig, je plaisantais en insinuant qu’il était peut-être un crypto-kénotiste : je n’ai écouté de lui que quelques youtube, je connais en fait beaucoup mieux les auteurs du 19° que les contemporains, mais cela reste un avantage sur la question de la kénose. Si j’ai mis dans le même sac tout le monde, et égratigné en passant les « néo-calvinistes » américains, ce n’était eux qui étaient visés, mais l’engouement trop surfait des intellectuels évangéliques français pour tout ce qui est écrit en anglais. Cette langue tend à jouer dans leurs cercles le même rôle identitaire et sélectif que le latin du moyen-âge chez les scholastiques : si vous le pratiquez, vous êtes du métier. Mais il y a confusion : non seulement il est beaucoup plus difficile d’apprendre le latin que l’anglais, mais encore le niveau des théologiens qui écrivaient en bon français au 19° ne laisse rien à désirer.

        Pour revenir aux paradoxes engendrés par la kénose, le fait que Dieu reste Dieu en laissant ses attributs, il me semble que la solution doit se chercher dans ce qu’implique l’épître aux Philippiens : un riche peut toujours décider de devenir pauvre ; mais un pauvre ne peut pas à loisir décider d’être riche (du moins c’est plus difficile). Le riche qui quitte son palais et ses habits précieux, reste lui-même. La nature de la personnalité reste un grand mystère, j’en conviens, mais c’est une réalité. Quand j’ai dormi, même si je n’en garde aucun souvenir, je suis resté moi-même. Et si je ne me comprends pas beaucoup moi-même, combien moins Dieu, le Père, le Fils, la Trinité…

    • Je pense qu’il n’y a pas besoin d’aller dans tout ce développement de “deux natures à relation asymétriques” pour défendre l’ominiscience et la bonté nécéssaire de Dieu face à la kénose et aux athées. En effet, dans la plupart des cas, c’est à la bonté nécessaire de Christ qu’ils s’attaquent, ainsi qu’à sa responsabilité morale face à la tentation.
      Les deux natures asymétriques peuvent éventuellement expliquer le mécanisme par lequel l’apparente ignorance de Jésus de certains sujets et sa croissance ont pu avoir lieu (et encore, on touche ici à un sujet qui nous dépasse), mais il n’est pas besoin d’y faire appel pour établir sa responsabilité morale.
      La raison pour laquelle Lane Craig et la plupart des philosophes évangéliques insistent tant sur cette approche, c’est en raison de leur rejet du compatibilisme. Leur définition de la responsabilité morale ne leur laisse pas vraiment d’autre alternative… Mais je pense qu’ils ont tort 😉
      J’ai écrit un papier de recherche sur ce sujet.
      Veux-tu le lire? Claude, ça t’intéresse?
      – Guillaume

      • Claude

        @Guillaume,
        Veux-tu le lire?

        Oui, j’apprendrai certainement quelque chose. Mais pour annoncer la couleur, à chaque nain ses épaules de géants, mon géant à moi c’est Godet, et donc je kénose avec lui. Après tout, puisque Spurgeon se disait calviniste et refusait de baptiser les enfants, pourquoi un kénotiste n’aurait-il pas le droit de se prétendre évangélique ? D’ailleurs les gens qui critiquent la kénose de Godet ne l’ont en général jamais lu.

        • Non mais la kénose version Gretillat/Godet pose de nombreux problèmes logiques et théologiques.
          Tu fais quoi de la théologie de l’être parfait?

          • Claude

            Merci Guillaume pour l’article.

            Je ne sais pas trop si c’est la place de le discuter, peut-être vaudrait-il mieux un fil à part, mais comme tu donnes le lien ici, je ferai juste quelques remarques comme elles me viennent :

            1) Si on considère juste la première tentation de Jésus au désert : Ordonne que ces pierres deviennent des pains… elle n’a de sens que si Jésus pouvait effectivement transformer de la pierre en pain. Moi j’aime bien me promener dans le désert de Sonora, mais quand j’ai un petit creux, Satan ne me tente jamais de cette manière.

            Sérieusement, toute tentation implique la possibilité physique, matérielle, d’y tomber (ou au moins d’être persuadé qu’on peut y tomber, comme le gars de Morris avec sa cabine de téléphone épistémique à voyager dans le futur, ce qui n’est qu’une façon de dire que l’intention vaut l’action, même si l’action était impossible). Satan, qui est malin, savait donc que Jésus pouvait faire ce miracle, et il savait que Jésus savait qu’il pouvait le faire.

            Que psychologiquement et spirituellement, il soit possible ou impossible que Jésus céde à cette suggestion d’accomplir un prodige en dehors de la volonté du Père, et pour son propre compte, est une question située sur un tout autre plan. Nous savons tous que c’était impossible, mais cette impossibilité n’était pour lors que virtuelle ; elle demandait à devenir réelle, ce qui constitue toute la raison d’être d’une épreuve : démontrer la sainteté.

            2) L’argument de C.B. Martin ne peut avoir de pertinence qu’à l’intention des théologiens qui ne font pas de différence entre la personnalité et le mode d’existence de la personne. En gros C.B. Martin dit : Dieu ne peut pas pécher, or si Jésus a été tenté c’est qu’il pouvait pécher, donc Jésus n’est pas Dieu

            Il aurait pu tout aussi bien dire : Dieu ne peut pas mourir, or si Jésus a été condamné à mort par le Sanhédrin c’est qu’il pouvait mourir, donc Jésus n’est pas Dieu.

            Là, si on rentre dans son jeu il n’y a rien à répondre, puisque de fait, Christ est mort !

            Cependant si plutôt que d’invoquer deux natures en Jésus(que l’on est tout à fait incapable de définir), on remarque que la personne du Fils éternel de Dieu dans son état divin ne peut pas mourir, mais qu’ayant abandonné son état divin, pour prendre l’état humain, elle meurt sur la croix, où est la contradiction ? Dire que l’on ne comprend comment cela a pu se faire, n’est pas le sujet, puisque nous convenons tous que l’incarnation est un mystère. Le point c’est qu’il n’y a pas de contradiction entre une possibilité matérielle de pécher, de dormir, de mourir, et la personnalité du Fils de Dieu incarnée.

            3) Je ne me sens pas personnellement tenu en quoi que ce soit par le concile de Chalcédoine : Tertullien, Hilaire de Poitiers, qui ont vécu avant ce concile, a fortiori bien avant Godet, avaient eux aussi des idées kénotistes, pour ne pas mentionner tout simplement l’apôtre Paul, par qui ce mot de kénose est venu, mais qui n’a jamais employé l’expression de double nature au sujet de Christ.

            Merci encore pour ces moments de réflexion.

            Amicalement

            Claude.

          • On pourra surement créer un fil à part, mais je veux bien tes arguments pour Tertullien et Hilaire de Poitiers soutenant la kénose version Godet/Grétillat au 19ème.

            Juste une question, notamment sur les points 2 et 3 : donc tu penses, si je comprends bien, qu’il n’y a qu’une seule nature en Christ ? (je demande car, à ma connaissance, tous les kénotistes ne disent pas cela.)

          • Claude

            Hello Guillaume,

            En voici donc un peu plus :

            Tertullien, dans Contre Marcion, traduction de Pierre Grelot

            ===============
            Au sujet de l’être (substantia) du Christ, les Marcionistes opinent ici également que l’Apôtre soutiendrait, en accord avec eux, qu’il y a eu dans le Christ une apparence de chair, lorsqu’il dit que, « établi dans l’aspect (effigies) de Dieu, il ne regarda pas comme une rapine d’être égalé à Dieu, mais se vida lui-même en prenant l’aspect (non la réalité) d’un serviteur », et qu’il « est advenu à la ressemblance d’un homme » (non comme un homme tout court), et qu’il « fut trouvé comme un homme par sa configuration (figura) » (non par son être même (substantia), c-à-d par sa chair. Comme si la configuration, la ressemblance et l’aspect ne se rapportaient pas aussi à l’être ! Il est heureux qu’en un autre endroit l’apôtre appelle le Christ « l’image du Dieu invisible » (Col 1.15). Serait-ce donc qu’ici, où il place le Christ « dans l’aspect de Dieu », celui-ci ne serait pas également Dieu de façon vraie, s’il ne fut pas non plus également un homme de façon vraie, en étant « établi dans l’aspect d’un homme » ? Car il faudra nécessairement exclure de part et d’autre la réalité véritable, si l’aspect, la ressemblance et la configuration sont ramenés à l’état de pure apparence. Que si le Christ, en étant « dans l’aspect » et dans « l’image » de Dieu, est vraiment Dieu en en tant que Fils du Père, l’autre question est aussi tranchée : en étant dans « l’aspect d’un homme », en tant que fils de l’homme, il a été trouvé vraiment homme.

            ===============
            Dans ce texte, qui n’a évidemment pas pour but de discuter la controverse kénose/double nature qui ne s’était encore jamais posée, mais d’établir la réelle humanité de Jésus-Christ niée par les marcionites, on voit que Tertullien base son argumentation sur Philippiens 2.6-7 : si existant en forme de Dieu, le Fils était réellement Dieu, existant en forme d’homme il est aussi réellement homme. Par conséquent l’exégèse de Tertullien de Phil.2.6-7 est bien celle de la kénose : le Fils a laissé sa forme divine pour revêtir une forme humaine. Ce mot de forme est tout simplement synonyme de ce que les kénotistes du 19° siècle entendaient par état, état divin puis état humain.
            ===============

            Hilaire, évêque de Poitiers, milieu du IVe siècle, docteur de l’Eglise pour les catholiques, fait allusion à la kénose (non en tant que théorie bien sûr, mais en tant que fait du dépouillement de l’incarnation) en plusieurs passages de son traité de la Trinité et dans son exposition des Psaumes. Exemple :

            De Trinitate 8.45-46, trad P. Grelot

            ==============
            Celui que Dieu avait marqué de son sceau, n’a pu être autre chose que « la forme de Dieu », il est nécessaire que cela porte en soi à titre d’image tout ce qui appartien à Dieu. C’est bien pourquoi l’apôtre a proclamé que « celui que Dieu a marqué de son sceau » est Dieu, « demeurant en forme de Dieu ». Car c’est pour parler du mystère du corps pris par lui et né avec lui qu’il dit : « Il n’a pas regardé comme une chose bonne à prendre (rapinam) d’être lui-même égal à Dieu ; mais il s’est vidé lui-même en prenant la forme d’un serviteur ». Parce qu’il était « dans la forme de Dieu », il demeurait Dieu en vertu de Dieu qui le marquait de son sceau. Mais parce qu’il lui fallait prendre la forme d’un serviteur, et parce qu’il serait obéissant jusqu’à la mort, ne ravissant pas à son profit le fait d’être égal à Dieu, il s’est vidé lui-même par l’obéissance, en vue de prendre la forme d’un serviteur. Mais il s’est vidé de la forme de Dieu, c’est-à-dire du fait qu’il était égal à Dieu, en ne se regardant pourtant pas égal à Dieu en vertu d’une rapine, encore qu’étant dans la forme de Dieu et égal à Dieu, il fût clairement Dieu, marqué d’un sceau en vertu de Dieu.

            ================
            Quand bien même la prose est lourde, embarassée, répétitive confuse, Hilaire écrit clairement : il s’est vidé de la forme de Dieu, ce qui n’est pas autre chose que la définition de la kénose. Et il ne servirait à rien de prétendre que dans sa pensée cet abandon de la forme de Dieu aurait eu lieu après l’incarnation. Jésus a commencé son service public vers trente ans ; il serait absurde de dire qu’avant cet âge il existait en une « forme de Dieu » dont il se serait dépouillé ensuite. Jésus embryon, foetus, nourisson, petit enfant, adolescent, vivait manifestement en forme humaine, et non divine. Hilaire rejoint donc Tertullien dans son interprétation de Phil 2.6-7

            =========
            En ce qui concerne le nombre de « natures » qu’avait Jésus, je ne crois pas que le mot nature soit approprié pour parler de Dieu. En français du moins, la nature désigne ce qui englobe l’individu dans sa constitution, se situant au-dessus en quelque sorte de sa volonté : je n’y peux rien c’est ma nature, par quoi on veut dire je ne suis qu’une créature dépendante. Mais Dieu n’est pas un individu, spécimen d’une espèce, il n’a pas de « nature » au-dessus de lui, il est l’Etre absolu, le seul qui peut dire, JE SUIS. Cet Etre absolu et unique se manifeste en trois personnes, s’il faut un mot pour désigner leur substrat commun d’existence, essence passe encore, puisqu’il en faut un, quoiqu’on ne sache toujours pas ce que cela veut dire, mais « nature » ne me plaît pas.

            Donc pour moi Jésus n’avait qu’une nature :

            Il était pleinement homme car il avait revêtu la nature humaine (hormis le péché), commune à tous les enfants d’Adam.

            Il était pleinement Dieu, non parce qu’il avait conservé une « nature » divine, qui serait la liste des attributs que nous pouvons énumérer sur Dieu (et nous savons qu’il n’a pas manifesté ces attributs), mais il était Dieu, parce que c’était son IDENTITÉ, sa PERSONNE, le FILS de DIEU ; la personnalité, contrairement aux attributs, ne peut pas se répudier ; elle est l’élément de continuité entre le Fils dans son état divin et le fils de l’homme dans l’incarnation. (Cette continuité n’a pas besoin d’être consciente pour être réelle, comme nous l’expérimentons tous les jours dans le sommeil, et en dernier lieu par la mort).

          • Ok. Un commentaire et une question :

            1- Ces sources patristiques ne démontrent pas la kénose version Godet/Grétillat. Evidemment le verbe kenoo est bien dans le texte de Philippiens 2. La question est de savoir de quoi Christ s’est-il vidé, dépouillé. S’il s’est départi d’un attribut divin (par ex. l’omniscience), non seulement le texte biblique s’en trouve contredit (essentiellement car il ne serait alors plus Dieu), mais en plus toute la théologie de l’être parfait (sur laquelle ta propre théologie est nécessairement basée) ne tient plus. La kénose du 19ème siècle est une mauvaise solution, dont on n’a que trop peu mesuré les conséquences à l’époque. Même le texte d’Hilaire, en parlant de Christ se vidant de « la forme de Dieu » ne fait que paraphraser le texte de Phil. 2, et ne laisse pas un seul instant imaginer que Christ se serait départit de quelque attribut ou propriété qu’il avait auparavant. Comme l’a dit très poétiquement César Malan, je crois surtout que Philippiens 2 enseigne que Christ a « voilé l’éclat de sa divinité ». Mais il ne s’en est pas départi d’un seul aspect.

            2- Si Christ n’a qu’une seule nature (et donc qu’une seule volonté, par voie de conséquence), comment peut-il par exemple parler d’une volonté qui lui serait propre et différente de celle du Père? Y-aurait-il deux volontés en Dieu?

            Tu prêtes le dos aux arguments athées, également. Ce genre d’argument, par exemple, est classique :
            1- Dieu est omniscient (il sait tout)
            2- Jésus est Dieu
            mais,
            3- Jésus a du acquérir de la connaissance (Marc 11:13)
            et,
            4- Jésus avait un savoir limité de certaines choses (Marc 13:32)
            5- Par conséquent Jésus n’était pas omniscient
            6- Par conséquent Jésus n’est pas Dieu
            7- Par conséquent la doctrine de l’incarnation est inconsistante
            8- Par conséquent la Bible est fausse

            Bref, la kénose est une tentative infructueuse d’expliquer certains des problèmes de l’incarnation. Le fait est que les conciles d’Ephèse (431) et Chalcédoine (451) ont justement adoptés des positions en réaction à ces vieilles problématiques.

          • Claude

            Guillaume, mes réponses :

            1)
            La question est de savoir de quoi Christ s’est-il vidé, dépouillé.

            Les deux textes disent que le Fils s’est dépouillé de la forme divine pour revêtir la forme humaine. Ce qui, je le répète, n’est pas autre chose que l’idée centrale de la kénose formulée au 19° siècle, et reçue non pas par quelques évangéliques marginaux, mais par une majorité de pasteurs : Citation de la revue Le Chrétien Évangélique de 1891, page 431, à propos du livre de Numa Recolin La personne de Jésus-Christ et la théorie de la kénosis (Numa Recolin était un pasteur réformé à l’Oratoire du Louvres) :

            ========
            En d’autres termes, doit-on parler, avec Gess et son école (notamment M. Godet) d’une véritable Kénose ? …Cette hypothèse est, croyons-nous la plus généralement adoptée dans nos cerlcles religieux. Elle a pour elle plus d’une déclaration biblique.
            ========

            2)
            S’il s’est départi d’un attribut divin (par ex. l’omniscience), non seulement le texte biblique s’en trouve contredit (essentiellement car il ne serait alors plus Dieu), mais en plus toute la théologie de l’être parfait (sur laquelle ta propre théologie est nécessairement basée) ne tient plus.

            La théologie de l’être parfait ne tient peut-être plus, mais la théologie n’est qu’une construction intellectuelle fragile. Par contre, le récit biblique est ce qu’il est, la Parole de Dieu, et ne peut être contredit par un protestant :

            Or, Jésus déclare explicitement qu’il ne connaît pas la date de son retour ; il n’est jamais en deux endroits en même temps ; il attribue sa puissance d’accomplir des miracles au Père. Il n’est donc ni omniscient, ni omniprésent, ni omnipotent par lui-même.

            3)
            Au jardin de Gethsémané Jésus établit clairement une distinction entre sa volonté et celle du Père : non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. Dans l’hypothèse des deux natures, il ne faudrait pas seulement deux volontés dans cette prière, mais trois : la volonté de sa nature humaine, la volonté de sa nature divine, la volonté du Père. (et ne pas dire que la volonté de sa nature divine et la même que celle du Père, car le Fils et le Père ne sont pas la même personne, la « nature » divine de Jésus, s’il faut employer ce mot, ne peut être que sa nature de Fils)

            4)
            Tu prêtes le dos aux arguments athées…

            En soit, cela ne peut constituer un reproche, car les athées peuvent formuler de très bons arguments et les croyants de très mauvais. Mais celui que tu développes n’atteint nullement la théorie de la Kénose, puisqu’elle reconnaît d’emblée que le Fils en s’incarnant a renoncé à l’omniscience.

            5)
            Bref, la kénose est une tentative infructueuse..

            Au contraire, la théorie de la kénose n’a pas commencé avec Godet, ni fini avec lui. Par exemple, André Arnal bien connu dans le cercle protestant du côté de Montpellier, dans la première moitié du 20° siècle, en était un fervent partisan. Aujourd’hui encore elle alimente des débats chez les intellectuels protestants et catholiques :

            http://www.academia.edu/12483928/La_k%C3%A9nose_du_Fils_f%C3%A9condit%C3%A9_dun_paradoxe._R%C3%A9ponse_%C3%A0_Christophe_Chalamet

            Bref, l’allégeance systématique à l’orthodoxie calviniste, n’est pas forcément plus fructueuse, mais ce n’est pas grave, et devrait être sans conséquences sur l’union de tous ceux qui reconnaissent la divinté de notre Seigneur Jésus-Christ.

          • Etienne Omnès

            Théologiquement, j’avoue être bien en dessous de vous, mais il me semble que philosophiquement je peux encore apporter ma contribution au débat^^

            1/ De la patristique ancienne et contemporaine

            Je ne peux pas me prononcer, je n’ai pas assez lu pour savoir si vraiment les réformés y croient tous (ce qui est possible)

            2/ De Dieu comme être parfait

            Si l’on rebute cette théologie, alors ca veut dire que Dieu n’est pas défini par ses attributs: il peut très bien ne pas être tout-puissant, omniscient, éternel etc… et toujours être Dieu! Il pourrait très bien être mon voisin éboueur et être « Dieu » néanmoins. Or, comme dirait Anselme de Canterbury, « s’il n’est pas parfait, pourquoi serait-t-il Dieu? » Il me semble qu’au contraire ses attributs sont déterminants à son identité Divine.

            Dans un commentaire précédent, tu disais quelque chose du genre: « si on m’enlève un bras, je serais toujours Claude ». Cette image est en fait une mauvaise illustration: tu as confondu composante et attributs. Bien sûr que tu es toujours Claude sans tes bras, ils ne sont qu’une composante, et ton identité n’est pas remise en cause par la perte d’un de tes composants. En revanche, serais-tu toujours Claude si tu n’avais plus d’intellect, de volonté propre ou de manière générale ce qui nous sépare des bêtes? L’intellect, la volonté propre et l’esprit qui nous permet de communiquer avec Dieu sont des attributs qui définissent fondamentalement ce qu’est un être humain et qui le différencie radicalement des bêtes. Ces attributs peuvent être déficients bien sûr, ou « voilés » (ex: handicap mental) mais cette diminution n’implique pas qu’ils sont « annulés » ou mis en mode « off ». L’omnipotence, l’omniscience etc… sont des attributs de Dieu et non des composantes, et les enlever revient à enlever toute trace de Divinité en Christ.

            Dans le cas du Christ, il avait toujours ces attributs de Dieu, mais « voilés » comme le citait Guillaume de façon à ce qu’ils soient inaccessibles mais néanmoins présents!

            3. De Gethsémané

            L’argument que tu donnes est excellent pour contrer… le nestorianisme. L’orthodoxie chalcédonienne n’est pas du tout touchée. En effet, la volonté est un attribut de la personne et non de la nature. Je parle du moins de la volonté « personnelle », composante de la personnalité, celle que nous utilisons tous les jours, et celle dont Jésus parle quand il se soumet au père. La règle est en quelque sorte: « une personne=une volonté ». Ce que disent les nestoriens, c’est que Jésus avaient deux personnes et deux natures, et voilà pourquoi effectivement, il aurait fallu que trois volontés soient en jeu à Gethsémané si le nestorianisme était vrai. Or, ce qu’enseigne le concile de Chalcédoine, c’est que Jésus est une personne en deux natures, autrement, dit une seule volonté « personnelle » est en jeu: celle de Jésus, qu’il soit homme, Dieu ou les deux. Une seule volonté, quelle que soit les détails de sa nature. Le dogme de chalcédoine reste cohérent avec la Bible sur ce point.

            Autre point: le problème du monophysisme

            En dehors de tout ce qui a déjà été abordé, il y a un autre problème avec la kénose, qui est exactement le même que celui du monophysisme (Jésus=une personne-une nature): Qui est mort sur la Croix?

            Si Celui qui est mort sur la Croix n’est qu’un homme, il est impuissant à nous réconcilier avec Dieu.
            Si Celui qui est mort sur la Croix n’est que Dieu, il n’a aucune possibilité de porter nos péchés sur lui.

            Voilà pourquoi il est vital que Jésus ait deux natures: parce que sans ce détail monstrueusement important, son oeuvre de salut ne serait pas complète! Or il fallait à la fois que Jésus porte nos péchés sur lui (ce qui n’est possible qu’à un homme) et qu’il nous réconcilie avec Dieu (ce qui n’est du pouvoir d’aucune créature, matérielle ou immatérielle). D’où l’ancienne condamnation du monophysisme.

            =====
            Merci pour ce remue-méninge, ca fait toujours plaisir! 🙂 Que l’Eternel vous regarde avec faveur.

          • Claude

            Cher Etienne,

            1)Théologiquement, j’avoue être bien en dessous de vous..

            Il ne s’agit pas d’être théologiquement en-dessus, en-dessous, ou à la hauteur, car la théologie chrétienne n’est ni une science, ni un sport. C’est une tentative de la raison humaine de se rendre compte, à l’aide de l’instrument très imparfait du langage, des faits et des révélations exposés dans les Ecritures. Les résultats de la théologie, assez semblablement à ceux de la philosophie, ne peuvent donc jamais prétendre à la certitude mathématique, ou à la victoire incontestable d’un match.

            2)
            Il pourrait très bien être mon voisin éboueur et être « Dieu » néanmoins.

            L’incarnation est juste un fait, même si nous ne pouvons intellectuellement l’appréhender. Or, il se trouve que Jésus a été non éboueur, mais charpentier, sans que ses voisins se doutent qu’il était Dieu, en forme humaine.

            3)
            s’il n’est pas parfait, pourquoi serait-t-il Dieu…

            La perfection doit se définir d’après la catégorie dans laquelle on concourt. Un sans faute en patinage artistique n’est pas évalué de la même manière qu’un lancer du poids. Une fois incarné le parcours du Fils a été parfait.

            4)
            si on m’enlève un bras, je serais toujours Claude. Cette image est en fait une mauvaise illustration…

            Si j’ai donné cette image, ce n’est pas parce que je la croyais mauvaise, mais parce que je la crois bonne : l’identité d’une personne est autre chose que la somme de ses composantes. Même dans la maladie mentale ou le handicap, nous supposons que la personne se conserve et doit être respectée, sinon autant piquer les trisomiques. Les attributs, comme la richesse, définissent plus l’extérieur que l’intérieur de la personne, ils peuvent donc éventuellement être laissés. Lorsqu’il est dit que de riche le Christ s’est fait pauvre, cela ne signifie pas qu’il a placé tout son argent sur un compte suisse, puis qu’il s’est promené ensuite en guenilles, mais qu’il a réellement renoncé à son état de riche céleste. L’omniscience, l’omniprésence, l’omnipotence sont en quelque sorte des attributs extérieurs. Un dieu méchant pourrait les avoir ou les convoiter. Par contre l’amour, la bonté, la miséricorde, sont des attributs qui définissent plus l’intérieur, et ceux-là Jésus les a conservés, à la perfection, dans la mesure permise à une humanité parfaite.

            5)
            Qui est mort sur la Croix?

            Christ. La mort n’est pas l’anéantissement de la personne, ni donc celle du Fils, mais la séparation de son âme-esprit d’avec son corps. Je ne saisis pas l’objection que tu fais ici sur la rédemption. Pour nous racheter, il fallait qu’un homme parfaitement juste meure à notre place en expiant nos péchés, c’est là tout le sens de la sacrificature longuement exposée tant das l’Ancien que dans le Nouveau Testament.

            Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés…, ce pouvoir lui vient du sacrifice à venir, il ne dit point afin que vous sachiez que Dieu a le pouvoir de pardonner les péchés, puisque cela, ils le savaient déjà.

            Bien cordialement,

            Claude.

          • Etienne Omnès

            Merci pour ta patience et pour tes réponses constructives et intéressantes 🙂

            2. De Dieu comme être parfait

            En fait j’aurais dû aller beaucoup plus loin dans ma réduction à l’absurde: Si Dieu peut toujours être Dieu s’il n’est pas omniscient, omnipotent etc… Jusqu’où peut-t-on aller? Serait-t-il toujours Dieu si on lui enlevait un esprit rationnel, une volonté propre etc… de manière à ce qu’il puisse s’incarner en cafard?

            Je me doute bien que vous n’iriez pas aussi loin que cet exemple extrême, mais justement: jusqu’à où Dieu peut-t-il se dépouiller et garder néanmoins son identité?
            Ce n’est pas une question polémique, mais d’intérêt sincère: je tâche de comprendre votre position.

            4. Des attributs

            J’ai moi-même fait une erreur: plutôt que d’utiliser le mot « attribut » qui désigne qqchose d’extérieur en effet, il aurait été plus adéquat de dire « propriétés », ce qui est propre à Dieu. Toujours est-t-il qu’on retombe dans la question juste au dessus: qu’est qui est propre à Dieu et qui ne peut pas lui être enlevé?

            5. De la croix

            Je vais tâcher de mieux m’expliquer sur l’objection à la nature unique de Christ (mais si ca se trouve, tu es d’accord avec la double nature de Jésus).

            L’oeuvre du salut a deux « phases »: Premièrement, couvrir l’offense, cad un sacrifice pour le pardon des péchés comme décrit dans Lévitique 4. Deuxièmement, gagner la faveur de Dieu, le droit de paraître devant Lui par un holocauste comme dans Lévitique 1. Jésus ne s’est pas contenté d’obtenir le pardon de nos péchés, il aussi obtenu le droit pour nous d’avoir un contact permanent avec Dieu alors qu’auparavant il fallait passer par des sacrifices à refaire en permanence. Voilà pourquoi je dis qu’il faut une double nature à Christ:

            1. Une nature d’homme parfait pour obtenir le pardon des péchés
            2. Une nature Divine pour obtenir la faveur, le libre accès à Dieu.

            S’il manque l’une ou l’autre de ces deux natures, le sacrifice de Christ est vain

            ===

            Que l’Eternel te bénisse et te fasse prospérer.

          • Claude

            Bonjour Etienne,

            Tes questions ne sont pas faciles… mais ça ne coûte rien d’essayer de répondre, à la première d’abord.

            Jusqu’où peut-t-on aller? Serait-t-il toujours Dieu si on lui enlevait un esprit rationnel, une volonté propre etc… de manière à ce qu’il puisse s’incarner en cafard?

            L’incarnation de Jésus débute au moins au stade embryonnaire, puisque la grossesse de Marie a eu une durée normale (le temps où elle devait accoucher etc.). Or il n’est pas concevable d’attribuer un esprit rationnel, une conscience de soi, une volonté propre à un ensemble de cellules encore indifférenciées ; un oeuf humain qui n’en est qu’à ses premières divisions est effectivement, du seul point de vue biologique, moins complexe qu’un insecte complètement développé. Comment donc accorder l’insignifiance de ce germe vivant avec la valeur infinie de la personne du Fils éternel, du Logos ? Je pense que la réponse se trouve dans la distinction de rôle entre le Père et le Fils. Je m’explique : à un moindre degré que pour Jésus, le même problème se pose en fait pour chaque être humain : jusqu’où peut-on retirer à une personne humaine l’exercice de la raison et de l’intelligence de façon à ce qu’elle reste quand même supérieure à un cafard ? L’oeuf initial dont chacun de nous est issu, ne manifestait à ses débuts aucune des qualités qui placent l’homme incomparablement au-dessus de la bête. Et cependant avant qu’aucun de nous n’existe, Dieu nous voyait ! ce qu’il dit de Jérémie et de David, doit être vrai de tout fils d’Adam. Autrement dit notre valeur, notre identité ne sont pas basées sur l’apparition visible de nos individualités dans l’univers matériel, mais sur ce que le Père des esprits pense de nous. Pour Lui, tous sont vivants même les morts, et ceux encore à naître, car c’est de Lui que tous tirent leur existence, ils appellent les choses qui ne sont point comme si elles étaient… jamais, toutefois de manière arbitraire ou fantaisiste, mais toujours en accord avec sa sagesse propre : l’homme même non-né, porte son image, condition absolument nécessaire et prévue, pour que son Fils puisse s’incarner dans la famille humaine ; c’est pourquoi il n’aurait pu s’incarner en un animal, aussi cérébralement complexe soit-il ; dans la pensée du Père il ne peut y avoir de comparaison possible entre son image, et une créature quelconque.

            Pour revenir à Jésus, qui n’est pas un « simple homme », son incarnation ne peut se concevoir que parce qu’il était déjà de toute éternité, Fils, image du Père, et que s’il abaisse volontairement au rang de la créature, ce n’est pas n’importe laquelle, mais celle qui porte spécialement l’image de Dieu. Autrement dit le Père n’aurait pas pu s’incarner, c’est inconcevable, mais le Fils, oui, et il faut bien le concevoir, puisque c’est ce qui a eu lieu !

            Les attributs de Dieu, ou propriétés, ne peuvent pas être séparés du Père, mais ils l’ont été du Fils, parce qu’il est Fils et non Père.

            C’est à mon avis un grand défaut dans les débats théologiques, de s’imaginer qu’il suffit de repérer une étiquette en isme que l’on pourra coller sur une idée pour savoir où se situe la vérité. La bonne théologie ne se base pas sur un catalogue d’hérésies en ismes, mais sur l’exégèse des Ecritures. Or toute la Bible enseigne la subordination du Fils au Père, et pas seulement dans l’incarnation, mais dans l’éternité. Seule la subordination du Fils permet d’admettre que la Parole ait pu être faite chair, avec toutes ses limitations.

            Une difficulté supplémentaire, que j’ai déjà signalée, c’est qu’aujourd’hui les évangéliques français s’imaginent que les grands théologiens sont forcément américains. Et pourquoi donc ? Admettons, le toutefois un moment. Prenons par exemple un spécimen au pedigree irréprochable : Dennis R. Burk, Jr., Ph.D., is Associate Professor of Biblical Studies and Ethics at Boyce College and and Southern Seminary.

            Voici ce qu’il écrit sur : https://bible.org/article/meaning-philippians-26-overlooked-datum-functional-inequality-within-godhead

            ==============
            I think this interpretation opens the way for us to see an orthodox subordinationism within the Godhead.41 Although the Father and Son are one in their essence (that is, both of them existing in the form of God), they are distinct in their persons (that is, they each respectively fulfill certain roles and functions that are peculiar to their own Person).42 The character of this intra-Trinitarian relationship is what makes redemption possible. According to the Father’s predetermined plan (Acts 2:23), the Father sends the Son into the world as a man and as a servant.43 The Son does not try to abdicate his role by grasping for functional equality with the Father (Phil 2:6). On the contrary, the Son obeys the Father and enters onto the stage of human history (Phil 2:7). In this sequence of events, we see that the Son not only obeys the Father in his incarnation but that he also obeys the Father from all eternity. For this reason, if the Son were not obedient to the Father’s sending him into the world and if he were not distinct from the Father in his Person (and thus in his role and function), then redemption would have been impossible, for the Son never would have obeyed the Father, and there never would have been an incarnation.
            ===============

            Oui, on a bien lu, Dennis R. Burk, Jr., Ph.D., écrit qu’il soutient une sorte de « subordinationisme orthodoxe » ! ce qui équivaut à dire que le Père est supérieur au Fils, non dans son essence, mais dans son rôle. Evidemment je suis complètement d’accord. Mais ce n’est pas parce que Dennis R. Burk est Ph. D. Voici maintenant ce qu’écrivait il y a 140 ans le pasteur Recolin :

            ===============
            On s’est demandé aussi ce que devient avec cette solution le dogme trinitaire, car si le Fils en s’incarnant se dépouille de ses attributs divins, comment s’exercent les fonctions de la conservation et du gouvernement du monde que l’Écriture lui attribue ? Les partisans de la Kénosis peuvent répondre et ont répondu à cette question qu’à leur sens le dogme trinitaire, tel qu’il a été déterminé par le symbole d’Athanase et maintenu dans la théologie ecclésiastique, n’est nullement l’expression adéquate de la vérité chrétienne, qu’il dépasse ou contredit sur plusieurs points les données scripturaires les plus explicites, par exemple sur le fait de la dépendance absolue et de la subordination éternelle du Fils au Père, et que par suite il doit être révisé.
            ===============

            N’importe qui sait lire voit qu’au fond les deux disent la même chose : la crainte que les hérétiques nient la divinité du Fils et sa préexistence, a fait qu’historiquement on a exagéré l’idée d’égalité dans la Trinité. Il en va de même aujourd’hui, ce ne sont pas les textes bibliques qui décident des confessions de foi, mais la peur de ne pas passer pour orthodoxe. Mais comment expliquer que si Burke parle de subordinationisme on le lui pardonne, mais pas à Recolin ?

            A mon avis c’est un phénomène psychologique assez commun que l’on dénote ailleurs qu’en théologie, dans le sport automobile par exemple :

            … Incroyable manoeuvre de Schumacher ! qui s’empare magistralement une fois de plus de la pole position, quel pilote !!

            Schumacher… Schumacher… attendez… c’est un peu comme shoemaker, non ? shoe maker… shoe maker, cordonnier quoi ? Ah oui, Cordonnier est en tête..? Bof ! Recolin… hum !

          • Etienne Omnès

            Je te remercie, Claude, pour tes réponses nombreuses et argumentées, qui donnent à réfléchir. Merci d’avoir partagé tes recherches avec nous. J’en resterais à la double nature tel que Chalcédoine la définit, mais je suis content d’avoir eu un exposé de première main sur la kénose 🙂

            Que l’Eternel te garde et te sourit,

      • Etienne Omnès

        Moi ce qui me posait le plus de soucis était justement la contradiction omniscience/ignorance apparente, c’est pour ca que ce modèle est le bienvenu pour moi. Je ne m’étais jusque là jamais posé de questions sur la tentation de Jésus (faut dire qu’il est dans l’angle mort des enseignements de mon église).

        Je serais vivement intéressé par ton papier! Je n’ai reçu qu’un seul enseignement sur le sujet de l’Incarnation jusqu’ici, et il est toujours dangereux de n’avoir qu’un seul enseignement, je sais que ça donne pour l’enseignement sur le salut 😉

    • Sylvain Frei

      Désolé, mais je n’ai pas étudié la théologie ni tous les braves écrivains que vous citez entre autres en commentaires!

      Mais je suis un scientifique et un peu de logique ne ferait pas de mal au débat !

      Premièrement :

      Quand il est écrit que l’homme a été créé à l’image de Dieu, personne ne fait le lien avec l’incarnation !

      On pourrait même rappeler que le plan du salut a été conçu avant la fondation du monde (1 Pierre 1:19)

      On pourrait conclure que, pour que Jésus puisse s’incarner pour accomplir sa mission, il fallait que l’homme soit créé à l’image de Dieu !

      Sinon, son incarnation pour sa mission (éliminer le péché de l’univers et justifier son Père face aux accusations du Diable) n’aurait pas été possible !

      Je n’ai encore vu aucun écrit faisant le lien entre « l’incarnation de Jésus » et « l’homme à l’image de Dieu » !

      Deuxièmement :

      Je ne vois personne, non plus, faire le rapport entre « l’incarnation » et la « résurrection » !

      Lorsqu’un homme meurt puis ressuscite, c’est le même individu (la même personne) qui d’un corps mortel passe à un corps incorruptible
      (1 Corinthiens 15:42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible)

      Lors de l’incarnation, ce phénomène est juste utilisé dans le sens contraire !

      Jésus Dieu passe de sa stature divine à une nature mortelle (la mienne)
      Philippiens 2:6 lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme,

      Les principes de l’une s’appliquent à l’autre !

      Une fois que vous considérez ces deux éléments, la plupart de vos discussions deviennent totalement inutiles !

      Bonne continuation !

      • Etienne Omnès

        J’ai fait des études scientifiques, et je me souviens très bien que si l’on m’a appris la physique, j’ai du en revanche tout apprendre en métaphysique. Cette petite remarque faite, voyons un peu votre métaphysique.

        Vous me dites que vous n’avez vu personne faire le lien entre l’incarnation et l’imago dei, et bien moi je viens de le voir faire juste sous mes yeux:

        « On pourrait même rappeler que le plan du salut a été conçu avant la fondation du monde (1 Pierre 1:19) On pourrait conclure que, pour que Jésus puisse s’incarner pour accomplir sa mission, il fallait que l’homme soit créé à l’image de Dieu ! »

        Voilà pour votre première remarque, c’est une explication qui se tient selon moi

        Deuxième remarque: L’incarnation ce n’est pas Jésus qui arrête de devenir Dieu pour devenir humain (kénose). C’est Jésus qui, sans changer ce qu’il est (divin) est devenu ce qu’il n’était pas (humain). Il est divin et humain en même temps à partir de sa conception!

        • Sylvain Frei

          Pour moi, lors de ma mort, je perds ma nature humaine pour recevoir une nature incorruptible à ma résurrection… Mais je reste moi-même, Sylvain Frei

          Pour Jésus, lors de son incarnation, il perd sa nature divine pour recevoir une nature 100% humaine… Mais il reste Dieu !

          Sachant que je ne peux mélanger l’huile et l’eau, je ne peux mélanger une nature 100% divine avec une nature 100% humaine

          Donc, Jésus n’avais plus sa ‘nature’ divine mais restait une ‘personne’ 100% divine dans une ‘nature’ 100% humaine !

          Simple et… logique

          • Etienne Omnès

            Comment une personne pourrait-elle être divine si elle perd sa nature divine? Pour rappel, la nature, c’est (en très gros) le « quoi est » tel objet. Si Jésus n’a plus de nature divine, il n’est plus Dieu. Point. Celui qui est mort sur la croix est un simple homme, et le pardon de tous n’est donc pas acquis.

          • Sylvain Frei

            Vous ne m’avez pas lu ?

            Je me répète :

            Quand vous ressuscitez, vous avez perdu votre nature mortelle, et vous avez reçu un corps incorruptible, totalement différent donc, mais vous restez Etienne Omnès !

            L’incarnation n’est que le même principe ! Quand Jésus est incarné, il perd sa nature divine et reçois un corps mortel, totalement différent donc, mais il reste la même personne : Le Fils de Dieu !

            Philippiens 2: Jésus Christ, 6 lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et ayant paru comme un simple homme,

            Simple, clair, précis, logique.

          • Etienne Omnès

            OK, essayons d’aller droit au but: qu’est ce qui est mort sur la croix?

            Si ce n’est que Dieu, il n’a pas porté le péché de l’humanité

            Si ce n’est qu’un homme, il n’a pas assez de dignité pour compenser les péchés de l’humanité entière

            Le christianisme des apôtres requiert que Jésus soit en même temps, à la fois Dieu et Humain

          • Sylvain Frei

            Jésus (personne, fils de Dieu) était sur la croix mais dans une nature d’homme !

            Comme vous, quand vous serez ressuscité, vous serez la personne Etienne Omnès mais dans un corps incorruptible qui n’aura plus rien (dépouillé) de l’ancienne nature !

            C’est si difficile à comprendre !?

          • Etienne Omnès

            S’il n’est pas dieu sur la croix, il n’avait alors pas assez de dignité pour compenser l’infinie indignité du péché de l’humanité

            Sa mort a donc été vaine

            Maintenant mangeons et buvons car demain nous mourrons

          • Sylvain Frei

            Il est Dieu, en personne, mais dans un corps de nature 100% humaine ! Il n’a rien gardé de sa nature divine !

            Lors de la résurrection, tu seras toi-même, Etienne Omnès, mais dans une nature 100% incorruptible ! Tu n’auras rien gardé de ta nature corruptible !

          • Etienne Omnès

            S’il est Dieu mais qu’il n’a plus sa nature de Dieu, alors il n’est plus Dieu! Pour rappel, nature = grossièrement la définition d’une chose. Si l’homme qui mort sur la croix n’est pas aussi Dieu, nous sommes morts dans nos péchés.

            Et l’image de la résurrection est mauvaise: nous ne changeons pas de nature à la résurrection. Nous mourrons humains, nous ressuscitons humains, corps compris.

          • Sylvain Frei

            1 Corinthiens 15:42 Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Le corps est semé corruptible ; il ressuscite incorruptible ;

          • J’ai suivi un peu cette discussion,

            nature = grossièrement la définition d’une chose, dites-vous.

            En admettant que cette définition soit acceptable, Dieu n’est pas une chose ! Il est un Être, plus encore, il est l’Être absolu, unique, indéfinissable.

            Or ce n’est pas notre cas : nous ne commençons à exister que par l’œuvre de la nature, nous sommes d’abord enfants de la chair et du sang, avant de devenir individus au sein de l’espèce, (puis enfants de Dieu si nous nous ouvrons à son Esprit). La « nature humaine », adamique, nous est antérieure et nous englobe ; mais il ne saurait exister parallèlement une « nature divine » dont le Père, le Fils et le Saint-Esprit seraient trois exemples de production, et dont ils seraient tributaires.

            Aussi la Bible n’emploie jamais ce mot de « nature » à propos de Dieu lui-même. Le seul endroit où elle l’utilise c’est à notre sujet, dans 2Pierre 1.4, lorsqu’elle nous promet que la puissance de Dieu nous rendra participants de la « nature divine ». Convenez qu’elle ne veut pas signifier pour autant que deviendrons Dieu ! mais simplement que notre caractère sera conforme à celui de Dieu.

            D’ailleurs ce seul mot de φύσεως, (nature), devrait vous parler particulièrement, puisqu’il n’est pas autre chose que notre mot « physique » en français, et que son étymologie renvoie à ce qui « pousse », comme une plante.

            L’Écriture a sa façon propre de s’exprimer, dont il est dangereux de s’éloigner. L’Écriture ne dit pas : « Dieu est mort », mais elle dit : « Christ est mort ». Que Christ soit Dieu elle le confirme abondamment, mais dire « Dieu est mort » n’est pas pertinent, ne convient pas ; pas plus que de remplacer l’expression « mère de Jésus » par celle de « mère de Dieu » ; ce n’est pas une affaire d’équation, mais de sensibilité théologique, et chrétienne tout court. Pour parler de la communauté de « substance » entre le Père et le Fils (bien que ce mot ne convienne guère mieux que celui de « nature »), l’Ecriture préfère celui de « forme » : « existant en forme de Dieu », « revêtant une forme de serviteur » ; il serait probablement bien de s’y tenir.

            A notre résurrection, nous restons humains bien sûr, mais nous changeons néanmoins nous aussi de « forme » ; la Bible déclare littéralement que nous serons « métamorphosés », car ni la chair ni le sang ne peuvent hériter le royaume des Cieux ; ce qui achève de prouver que « nature » et « individu » sont deux concepts bien distincts.

          • Sylvain Frei

            Donc, quand vous allez ressusciter, vous ne serez plus vous même !

          • Sylvain Frei

            Il est Dieu, de personne, et homme, de nature !

            Comme toi lors de la résurrection !

            Tu seras Etienne Omnès de personne mais incorruptible de nature !

          • Sylvain Frei

            Comment, lors de la résurrection, peux-tu encore être Etienne Omnès alors que tu as perdu ta nature humaine ? Tu es autre, tu as une autre nature, mais tu es toujours Etienne Omnès !

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