Pourquoi donc les évangiles ont-ils été écrits ?

Pourquoi les évangiles ont-ils été écrits ? La question vous parait peut être spécieuse, mais elle est pourtant légitime. Alors que la plupart des lettres, celles de Paul notamment, circulaient déjà depuis plusieurs années (pour une chronologie du ministère de Paul, voir ici) et que les chrétiens possédaient un corpus d’écrits apostoliques bien étoffé, plusieurs individus se lancent dans la rédaction de biographies sélectives de Jésus, parfois au prix de longues recherches (cf. Luc 1.1-4).

Pourquoi était-ce si nécessaire. Dans un court article posté sur son blog samedi dernier, Michael F. Bird rappelle l’hypothèse la plus probable :

« Malgré la cacophonie ambiante quant aux raisons pour lesquelles les évangiles ont été écrits (des débats dans une communauté matthéenne, l’expulsion de certaines synagogues, la formation de l’identité chrétienne, la lutte contre la montée du gnosticisme, etc.), je maintiens que le mobile le plus plausible était celui de raconter l’histoire de Jésus à une génération qui n’avait connu aucun témoin oculaire ni n’avait eu accès à un rapport de première main concernant [la vie de Jésus].

Comme l’écrit Bob Gundry :

« Pourquoi les Évangiles ont-ils été écrits ? […] L’expansion de l’église loin de son lieu d’origine et la mort des premiers disciples de Jésus ont suscité un besoin de création d’archives. Comme les chrétiens n’avaient pas dissocié la théologie de l’histoire, ces documents se sont révélés être à la fois théologiques et historiques. Les préoccupations théologiques vis à vis du présent ont suscité une activité rédactionnelle intense et ont donné lieu à des différences entre les évangiles. Les préoccupations historiques vis à vis du passé ont écarté les traditions fantaisistes et ont mené à des points communs entre les évangiles. »

(Robert H. Gundry, “The Symbiosis of Theology and Genre Criticism of the Canonical Gospels”, in The Old is Better: New Testament Essays in Support of Tradition Interpretations [WUNT 178 ; Tübingen : Mohr {Siebeck}, 2005], 39).

Notez également les paroles de Bauckham :

« En d’autres termes, les évangiles repris le rôle tenus par les témoins oculaires, ces derniers l’ayant quitté par leur mort. Ils interagissaient avec la tradition orale, l’influençant, s’oralisant eux-mêmes sans doute partiellement en formant de nouvelles traditions orales. Mais ils fonctionnaient également comme les garants de ces traditions, tout comme les témoins oculaires l’avaient été de leur vivant, et comme l’instrument de contrôle de la tradition permettant de vérifier sa conformité au rapport des témoins oculaires désormais enregistré par écrit. »

(Richard Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses, 309). »

 

Ainsi, les évangiles viennent en quelque sorte « graver dans le marbre » la tradition orale propagée par les témoins oculaires du ministère de Jésus. Je vous indique à nouveau cette excellente vidéo de mon ami Peter J. Williams listant quelques indices étonnants que les évangiles sont bien le fruit de témoins oculaires. De quoi accréditer encore davantage la thèse de cet article !

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).