Voici pourquoi nous ne devrions pas négliger l’action sociale pour évangéliser

  • Article de Mike McKinley, pasteur de l’église Sterling Park en Virginie (USA) initialement publié le 26 juin 2012 sur le site de IX Marks. Traduction : Elodie Meribault.

 

Beaucoup d’églises ne parviennent pas à distinguer l’action sociale de l’évangélisation.

Certaines estiment qu’être attentif aux personnes dans le besoin est une bonne chose en soi, et que les chrétiens ne devraient pas se sentir obligés d’évangéliser lorsqu’ils se consacrent à une telle œuvre sociale. Certaines d’entre elles pensent même que c’est une très mauvaise idée d’associer les deux ! Pour d’autres encore, l’évangélisation est la chose la plus importante que nous puissions faire pour notre prochain ; ils en arrivent cependant à la conclusion erronée que la générosité n’est pas nécessaire.

Je crois fermement que les églises ne devraient pas séparer la proclamation de l’évangile de l’action sociale. Si une assemblée a pour ministère d’aider les pauvres, elle doit également comprendre que la plus grande pauvreté dont peut souffrir un homme est la pauvreté spirituelle, et que le meilleur pain que l’on puisse offrir, c’est le Pain de Vie. Mais si une assemblée a pour ministère de répandre l’évangile, elle doit également comprendre que Dieu n’a pas fait les humains esprit seulement, mais esprit et corps.

>> LISEZ : Action sociale ou témoignage ?

 

Ainsi donc, afin d’aimer notre prochain comme Jésus le commande, nous devrions, si nous le pouvons, répondre à leurs besoins physiques également. Après tout, le bon Samaritain n’a pas donné à l’homme blessé un tract sur l’évangile, il a bandé ses plaies.

Comment donc l’action sociale peut-elle servir l’évangélisation ?

Si l’action sociale peut parfois prendre le pas sur l’évangélisation, elle peut en vérité la servir de bien des manières. L’action sociale peut notamment créer des opportunités pour l’évangélisation et le discipulat. Voici cinq exemples.

 

 

1- L’action sociale est un témoignage du caractère de Christ

 

L’un des rôles importants du témoin est de montrer aux non-croyants l’excellence de Christ. Or, sa bonté envers les personnes dans le besoin est l’un des plus beaux aspects de son caractère (voir par exemple, Luc 7.13). Lorsque nous témoignons de l’amour et de la compassion envers les personnes dans le besoin nous reflétons l’image de Christ et de son amour.

 

 

2- L’action sociale démontre que l’évangile peut transformer les cœurs

 

De même, lorsque nous aidons notre prochain, nous sommes la preuve vivante que notre message est vrai. Si nous prétendons que l’évangile a le pouvoir de changer des vies, notre bonté doit être l’une des preuves de ce que nous affirmons.

Dans un monde individualiste et égoïste, où les individus sont réticents à partager et ne prennent soin de personne excepté d’eux-mêmes, nous, les chrétiens, avons l’opportunité de surprendre par notre amour et par notre dévouement au service des autres. Nous souhaitons susciter le questionnement et la perplexité chez les autres en raison de l’attention que nous portons à ceux qui en ont le plus besoin. Notre but : qu’ils voient notre attitude, et qu’ils comprennent que la seule raison pour laquelle les chrétiens sont si profondément transformés, c’est parce qu’ils ont accepté l’évangile.

 

3- L’action sociale est le reflet du discipulat

 

Le grand mandat missionnaire nous appelle à faire de toutes les nations des disciples et nous apprend à obéir aux commandements de Jésus (Matthieu 28.18-20).

>> LIRE : Le grand mandat missionnaire trouve-t-il sa source dans les récits de la création ?

 

Lorsque nous, chrétiens, obéissons aux instructions de Christ d’aimer nos ennemis et d’être reconnaissants envers nos prochains, nous démontrons de manière pratique ce que se charger de sa croix et suivre Jésus signifie. Ceux qui sont au bénéfice de nos actions sont ensuite invités à nous rejoindre dans cette vie de soumission au Seigneur.

 

 

4- L’action sociale comprend la condition humaine

 

Notre condition d’êtres faits de chair et de sang conditionne évidement tout notre existence. Notre existence est difficile :  nous avons faim, nous avons froid, nous sommes parfois intoxiqués, nous tombons malades, nous sommes parfois en danger… Proclamer l’évangile sans jamais se soucier des facteurs physiques qui entrent en jeux dans la vie de ceux qui l’entendent, c’est prendre le risque de les rendre sourds et insensibles au message.

Il est essentiel de reconnaître qu’il y a un ordre de priorité dans nos besoins, et que, parfois, nos besoins les plus importants sont ceux qui sont les plus immédiats. Nous pouvons donc dire avec assurance que le plus grand besoin de tout homme sur cette terre est d’être réconcilié avec Dieu, par la foi en Christ. Mais si quelqu’un vient vous voir avec une blessure sanglante à la tête, ce besoin-là est certes moins important, mais il est plus urgent de le traiter. Vous devez d’abord prendre soin de cette blessure à la tête, puis ensuite partager l’évangile.

 

 

5- L’action sociale favorise le partage de l’évangile

 

Un vieux proverbe dit : « si vous voulez avoir des amis, soyez amical ». Nous aimons tous nous trouver au milieu de personnes qui nous traitent avec gentillesse, qui s’intéressent à nos vies, et qui manifestent le désir de nous venir en aide. Si vous voulez construire des relations authentiques dans votre communauté, montrez à ceux qui vous entourent que vous souhaitez les soutenir.

Nous sommes tous appelés à partager la bonne nouvelle de Christ avec les personnes qui croisent notre chemin, tels que les voisins, les amis et les collègues. Mais intéressons-nous aux personnes dans le besoin ; cela nous permettra de construire des relations avec des personnes que nous n’aurions peut être pas pu rencontrer autrement.

 

Voici quelques exemples, vécus dans l’église dans laquelle je sers en tant que pasteur :

  • Une équipe offre des vivres à des personnes dans le besoin. Ces personnes entendent l’évangile lorsque la nourriture est distribuée, elles commencent à se lier avec quelques personnes de l’église qui les invitent chez eux plus tard pour parler plus précisément de la Bible.
  • Un membre de l’église invite un groupe de personnes sans-abri une fois par semaine à dîner et à étudier la Bible chez lui. Ils reçoivent un repas bien meilleur que celui auquel ils ont droit dans leur refuge, une chance d’être dans un foyer, un moment de réconfort et l’opportunité de construire une amitié et d’être traité avec dignité. Avec le temps, ils sont confrontés à l’évangile et doivent y répondre ; ils finissent par s’inclure dans la vie de l’église.
  • Un groupe d’adolescents rebelles est reçu dans l’église chaque semaine. On leur offre un repas, une chance de se faire quelques amis dans un environnement sûr et l’opportunité de construire des relations avec des adultes qui peuvent être des modèles positifs. Chaque semaine, ils écoutent une leçon de la Bible qui fait entrer l’évangile dans leurs vies.
  • Une famille reçoit un adolescent qui a subi des abus sexuels. Elle l’accueille, lui donne un toit et un endroit sûr, et commence à lui présenter Christ.

Dans chacune de ces situations, l’acte de générosité a permis d’entrer en contact avec la personne qui a besoin d’entendre l’évangile. Sans ce premier pas d’attention et d’amour, il n’y aurait pas eu d’occasion de parler de Christ.

Répandez le bien autour de vous — le bien éternel en particulier.

C’est à notre détriment que nous dissocions l’évangélisation de l’action sociale. Nous devons les réconcilier, afin que l’évangélisation soit gagnante. Nous devrions donc œuvrer pour le bien de tous (Galates 6.10), car cela peut avoir un impact sur leur condition éternelle.

 

 

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