Les marques d’une église locale en bonne santé

De nos jours beaucoup de confusion règne à propos de la nature et de la fonction de l’église. Certains vont jusqu’à dire que l’église en tant que  rassemblement n’est plus une nécessité, et que le fait d’avoir une bonne relation avec Dieu suffit. D’autres préfèrent vivre l’église de façon virtuelle par le biais de sites internet qui offrent la possibilité de voir des cultes en replay. Sauf pour les personnes alitées ou qui sont dans l’impossibilité de se déplacer, ce genre de raisonnement est bibliquement inacceptable.

En effet, comment par exemple, serions-nous capable de manifester l’amour envers nos frères et sœurs si nous ne vivons pas l’église locale ? Comment pourrions manifester la patience, la tempérance, l’encouragement, le soutien, l’exhortation réciproque, la prière réciproque si nous ne sommes pas engagés au sein d’une église locale ? Il est très facile de ne trouver aucun défaut dans notre marche lorsque nous ne sommes confrontés qu’au miroir de notre salle de bain. Si cela ne tient qu’à nous, nous avons toujours peu de choses à nous reprocher, à améliorer, à combattre pour que nous puissions être transformés à la ressemblance du Christ. L’église locale est la manifestation visible du royaume de Dieu, elle est le rassemblement d’ hommes et de femmes qui sont en union et en communion à Jésus-Christ par le moyen de la foi. Elle est  le lieu par excellence où nous pourrons croître dans la sainteté. Et cela en apprenant à nous soumettre les uns aux autres. Mais alors quels sont les marques qui caractérisent une église en bonne santé ?

Mark Dever nous offre ici un ouvrage assez court où il répertorie neufs marques essentielles qui devraient caractériser les églises locales. Ces marques sont vraiment bibliques et pertinentes. Il y en a particulièrement trois que je trouve assez critiques quant à l’évolution du monde évangélique français.

Premièrement, la prédication. Je pense que de plus en plus de personnes qui ont vraiment soif de connaitre Dieu sont de plus en plus fatiguées des prédications où le texte est à peine lu, et où il devient un prétexte pour que l’orateur puisse dire ce qu’il pense, ses rêves, ses ambitions, ses échecs, ses réussites. La prédication est le lieu par excellence où la Parole doit être proclamée avec autorité, clarté, fidélité et puissance. Je  suis persuadé que ceci n’arrivera que lorsque les prédicateurs réaliseront que la prédication n’est pas à propos d’eux-mêmes mais à propos de ce que DIT la Parole de Dieu. Dieu cherche des prédicateurs qui prêchent avec droiture et fidélité la Parole de Dieu…pas la leur. Ceci implique une démarche expositionelle lorsque nous nous adressons à un auditoire. Les prédications thématiques peuvent être une bonne chose, mais elles doivent être l’exception qui confirme la règle. M. Dever souligne avec justesse l’importance de la prédication expositionelle.

Deuxièmement, une définition biblique de ce qu’est l’évangile. Lorsque je navigue sur la toile chrétienne française, je suis assez effrayé des façons dont est quelque fois  annoncé l’évangile. L’évangile de Jésus-Christ doit être compris avec toute sa force et son enracinement historico-rédemptif. Une saine compréhension de l’évangile se doit de ne pas mettre sous silence la corruption totale du cœur de l’homme et la dure réalité de l’enfer pour tous ceux qui n’appartiennent pas au Christ. L’évangile n’est pas une démarche du type  développement personnel  où nous pouvons nous épanouir grâce à la puissance de notre foi. L’évangile c’est la proclamation que Jésus-Christ est le Roi et le Seigneur, et qu’il a inauguré son règne en donnant sa vie pour les membres de son royaume, pour tous ceux qui confessent par la foi que Jésus-Christ est Seigneur. Deux des caractéristiques fondamentales de l’évangile sont les notions de Seigneurie et d’adoration.

L’évangile est la bonne nouvelle que Jésus est Seigneur. Il est le Seigneur de son peuple, et son peuple qui était alors perdu et condamné à l’enfer a été sauvé dans la mort et la résurrection du Christ. Tous ceux qui mettent leur foi en Christ (Rom 3 :21-28), c’est-à-dire tout ceux qui déclarent que Jésus est leur Seigneur, tout ceux en qui la seigneurie de Christ constitue la marque distinctives de leur pensées, affections, attitudes, actions…tout ceux là sont ceux qui ont été effectivement régénérés par la semence de l’évangile sous l’action puissante du Saint-Esprit (1 Pierre 1 :21ss). L’évangile n’est pas le message par lequel nous pouvons être guéris de nos maladies physiques. L’évangile n’est pas l’annonce que Dieu aime tout le monde de la même manière et que notre avenir est entre nos mains. L’évangile n’est pas l’annonce que Dieu veut nous aider dans nos problèmes relationnels et financiers. L’évangile n’est pas le fait de pratiquer la charité à notre prochain. L’évangile est avant tout la bonne nouvelle que Jésus règne, et qu’il a inauguré son règne en offrant la rédemption et la réconciliation à son peuple en mourant sur la croix et en ressuscitant le troisième jour.

L’évangile est le message au sein duquel Dieu déclare Sa justice : Sa justice qui se déclare au sein de sa colère contre les hommes pécheurs (Rom 1 :18 & 3 :25-26), Sa justice consommée dans l’œuvre propitiatoire et substitutive de la mort de Jésus-Christ, Sa justice qui s’exprime aussi dans la résurrection de Jésus-Christ, lui qui est le seul juste. Il ne peut avoir de vraie compréhension de l’évangile si nous ignorons les raisons et les conséquences de la mort et de la résurrection du Christ. L’évangile ne doit pas être centré sur l’homme, mais centré sur la gloire de Dieu manifestée dans la seigneurie de Jésus-Christ et qui s’adresse à des hommes et des femmes totalement morts dans leurs péchés (Eph 2 :1-8).

Enfin, les marques du leadership et de la discipline d’église. Cette question est importante et nécessaire si nous désirons voir nos églises croître dans la sainteté et l’humilité. Les leaders doivent répondre aux normes apostoliques concernant la place des anciens, et c’est important de nous soumettre à ce que la Parole dit à propos des anciens, de leur rôle, de leurs qualifications. Je pense que beaucoup de nominations sont souvent faites de façon hâtive et certaines personnes en place n’ont pas les qualifications nécessaires pour faire ce que la Bible attend de l’ancien. Cela ne veut pas dire qu’il faut rechercher la perfection, mais je souligne ici que la rigueur dans des choses fondamentales telles que par exemple une saine doctrine ne sont pas facultatives dans la recherche et la nomination d’un leader, d’un ancien, d’un pasteur. De même, la question de la discipline est beaucoup trop sous-estimée dans nos églises françaises. Et pourtant elle est fondamentale pour que la Parole de Dieu qui y est prêchée puisse y être aussi pratiquée de façon cohérente, et que les membres de l’église puissent grandir dans la sainteté.

Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce livre et à le lire. (Mark Dever, L’église : un bilan de santé, Clé (2009)). Pour ceux qui comprennent l’anglais, voici un site où ces choses sont bien exposées par l’auteur : IX Marks Website.

(DS)

 

Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.