Jean Calvin sur la chute de satan

Lorsque l’on parle de la chute de satan et de ses anges, il est fréquent de voir mentionné des passages comme Ezechiel 28:11-19 ou Esaïe 14:3-22.

L’application typologique de ces sections prophétiques au thème de la dépravation du diable a parfois été contestée.

J’ai trouvé particulièrement intéressant le fait que, lorsque Jean Calvin discute du sujet dans son Institution Chrétienne, il ne fait même pas référence à ces passages :

Rien n’est mauvais dans ce que Dieu a créé, car la méchanceté et la perversité de l’homme et du diable, comme des actions qui en découlent ne relèvent pas de la nature mais de leur corruption. Rien de mauvais ne procède de Dieu qui, depuis le commencement, a montré sa sagesse et sa justice. […]

[Jean dit] en son épître : le diable pèche dès le commencement (1 Jean 3:8). Il veut signifier qu’il est l’auteur, le chef et l’initiateur de la méchanceté et du péché. […]

Comme le diable est créé par Dieu, il est à noter qu’il n’a pas de perversité naturelle, créaturelle ; il s’est dépravé. Tout ce qui est damnable en lui, il l’a acquis en se détournant de Dieu.

L’Ecriture nous en avertit, afin que nous ne pensions pas que l’iniquité procède de Dieu ; elle lui est totalement opposée. C’est pourquoi notre Seigneur dit que satan parle de son propre fond quand il ment (Jean 8:44) et il ajoute avec raison : il ne s’est pas tenu dans la vérité.
En disant cela, Jésus indique que satan à un moment donné était dans la vérité, mais qu’il n’a pas persisté en elle.

Quand il le nomme “père du mensonge“, il lui ôte toute excuse, afin qu’il ne puisse pas imputer à Dieu sa faute, dont il est lui-même la cause.

Même si tout cela est exposé de façon brève et obscure, cela est suffisant, cependant, pour fermer la bouche aux blasphémateurs. Nous importe t-il, et dans quel but, d’en savoir davantage sur le diable ? […]

Afin que nous ne nous arrêtions pas à des choses inutiles, contentons nous de savoir, à propos de la nature des diables, qu’au moment de leur création, ils étaient des anges de Dieu. Mais en reniant leur origine, ils se sont ruinés et sont devenus des instruments de perdition pour les autres.

Comme il était utile que nous sachions cela, Pierre et Jude nous montrent clairement que Dieu n’a pas épargné ses anges qui ont péché, renié leur origine et quitté leur propre demeure (2 Pierre 2:4 ; Jude 6). Paul, en faisant mention des anges élus leur oppose, sans aucun doute, les réprouvés ( 1 Timothée 5:21)

Jean Calvin (1509-1564)

Extraits de L’institution Chrétienne (Aix-en-Provence, Charols: Kerygma-Excelsis, 2009), 117, 127.

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Tom Torbeyns
    • Francine

      Obviously, your revealed will is to the let the readers know more about the fall of Satan, but your secret will is to ruin calvinism in their mind. What you don’t understand is that the vast majority of people claiming to be calvinists are not interested at all in such metaphysical questions, that no man can solve anyway. They are calvinists because it is the mandatory hashtag of the day, to show on their forehead, if they want to be able to play with the big boys ; yesterday they were good dispensationalists touting MacArthur commentaries ; tomorrow they will hype somebody else, maybe the mystical Georges MacDonald, mentor of Tolkien and C.S. Lewis, who knows ? In our post-truth era, contradiction is no more a deadly sin for Logic.

      • What a dark perspective regarding Christian thinking, dear Francine… Anyway, you may be right on that, but this blog is calvinistic AND confessional, and that’s primarily a matter of conviction (and not because of any « mandatory hashtag ») 😉

  • dan

    Pour que le diable se détourne, qui d’autre peut le tenter ?
    Dieu ?!
    Cette approche échoue car elle ne tient pas compte du fait que le bien et le mal dépendent d’un point de vue, alors que Dieu n’a pas de « point de vue ».

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