Que sont les « effets noétiques de la chute » ?

Dans mon article de lundi, je mentionnais l’impact des effets noétiques de la chute (ou du péché) sur nos prises de décisions et plus généralement sur nos raisonnements intellectuels. Certains lecteurs se demandent ce que cette expression signifie. Voici quelques éléments de réponse.

Les effets noétiques du péché sont ceux qui se portent sur la raison. L’expression dérive du terme grec nous, « esprit » : tout ce qui est « noétique » traite de l’esprit ou, par extension, de l’aspect rationnel de la personne. En clair, à cause du péché, nos capacités de raisonnement ne sont plus pures ni fiables. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que nous raisonnons toujours de façon incorrecte. Nous pouvons penser de manière rationnelle, énoncer des vérités scientifiques, faire preuve de discernement, etc. Mais le péché qui affecte nos sens nous empêche d’être constant et, tôt ou tard, les effets noétiques de la chute nous poussent à l’erreur ou au dévoiement moral.

La quête spirituelle de l’homme est l’un des aspects où ces effets noétiques se manifestent le plus clairement. Il y a, bien sûr, de nombreuses religions dans le monde qui sont crues et défendues sur une base intellectuelle mais qui sont pourtant profondément erronées. Paul en parle comme l’un des effets noétiques les plus graves —relisez le premier chapitre de l’épître aux Romains.

Lorsque le péché est entré dans le monde par Adam (Rm 5.12), son corps et celui de ses descendants –nous– ont été irrémédiablement corrompus. Nos émotions ont également été affectées. C’est la raison pour laquelle nous observons tant de religions disparates et, même au sein du christianisme, tant de dénominations différentes. Nos divisions sont très souvent le résultat d’un aveuglement spirituel et, au final, d’une inconstance intellectuelle caractéristique des effets noétiques de la chute.

Enfin, ces effets noétiques impliquent-ils que les êtres humains sont complètement incapables de comprendre les choses spirituelles ? Dans un certain sens, oui. Il y a toute une différence entre comprendre et accepter les données de l’Évangile. Il est possible de connaître un ensemble de propositions correctes sur Dieu (on parle alors de notitia) et même de donner son assentiment à tout ou partie de cette connaissance (assensus) et d’être encore aveuglé spirituellement. Placer sa confiance dans les vérités de l’Evangile (fiducia) ne peut se faire en dehors de la grâce de Dieu. Comme le rappelle Paul dans l’épitre aux Corinthiens

 « L‘homme naturel n’accepte pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont folies pour lui, et il ne peut les comprendre, car c’est spirituellement qu’on en juge« . (1 Co 2.14)

 

Je vous encourage à consulter cet article de Pascal Denault, qui expose ce dernier point plus en détail. En bref, donc, les effets noétiques de la chute sont ceux qui, dans votre vie, affectent votre intellect et votre raison.

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).