La déclaration de Nashville sur le genre et la sexualité

Le Conseil pour la masculinité et la féminité bibliques (Council on Biblical Manhood and Womanhood – CBMW) a annoncé le 29 août 2017 la parution de la Déclaration de Nashville (Nashville Statement), un communiqué officiel de la coalition pour une sexualité biblique.

Le CBMW a convoqué en réunion différents responsables évangéliques le 25 août 2017 à l’occasion de la conférence nationale de la Commission pour l’éthique et la liberté religieuse (Ethics and Religious Liberty Commission). Lors de cette rencontre, un groupe de spécialistes, de pasteurs, et d’autres responsables ont discuté et avalisé la Déclaration de Nashville.

Retrouvez l’intégralité des signataires de ce document et prenez-vous même position sur la page de cette déclaration en anglais. Traduction française : Elodie Meribault, Pascal Denault, Guillaume Bourin.

 

Préambule

 

Sachez que le Seigneur est Dieu : c’est lui qui nous a faits,
et nous lui appartenons…

– Psaume 100:3

À l’aube du vingt-et-unième siècle, les chrétiens évangéliques se retrouvent dans une période de transition historique. La tendance de notre société vers le post-christianisme mène à une grande remise en question sur ce qu’être un être humain signifie. En général, la mentalité de notre époque ne comprend ni ne se réjouit de la beauté du plan de Dieu pour la condition humaine. Beaucoup nient le fait que Dieu a créé les êtres humains pour sa gloire, et que ses plans parfaits incluent notre identité en tant qu’hommes et femmes. La plupart des gens pense que l’identité humaine définie selon le genre ne fait pas partie du merveilleux plan de Dieu, mais qu’elle est, bien plutôt, l’expression des préférences personnelles des individus. Le plan très saint de Dieu qui a pour but la joie entière et durable de ses créatures est remplacé par des alternatives insensées, qui, tôt ou tard, brisent la condition humaine et déshonorent Dieu.

La mentalité séculière de notre monde d’aujourd’hui représente un véritable défi pour l’Église. L’Église du Seigneur Jésus‑Christ perdra-t-elle ses convictions, sa clarté et son courage ? Finira-t-elle par adhérer à la morale commune ? Ou bien tiendra-t-elle ferme dans la Parole, se laissant encourager par son Sauveur en proclamant sans honte que le chemin qu’il ordonne de suivre est le bon chemin ? Parviendra-t-elle à maintenir un témoignage clair, à contre-courant face à ce monde qui semble courir à sa perte ?

Nous sommes convaincus que rester fidèles au sein de cette société signifie clamer une fois encore quelle est la véritable histoire du monde et la place que nous y tenons, en tant qu’hommes et femmes. Les Écritures nous enseignent qu’il n’y a qu’un seul Dieu, qui est seul Créateur et Seigneur de toutes choses. À lui seul, tous doivent une heureuse reconnaissance, une louange pleine d’allégresse et une totale allégeance. C’est uniquement de cette manière que nous pouvons, non seulement glorifier Dieu mais aussi nous connaître nous-mêmes. Oublier notre Créateur, c’est oublier qui nous sommes, parce que nous existons pour sa seule gloire. Et nous ne pouvons pas réellement savoir qui nous sommes sans connaître celui qui nous a créés. Nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes. Nous ne nous appartenons pas. Notre véritable identité, en tant qu’hommes et femmes, nous est donnée par Dieu. Il n’est donc pas simplement insensé, mais également impossible de faire de nous une personne différente de celle que Dieu nous a destinés à être.

Nous croyons que le plan de Dieu concernant sa création et son œuvre salvatrice a pour buts sa gloire suprême et notre plus grand bien. La volonté parfaite de Dieu nous libère pleinement. Jésus a dit qu’il est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance. Il est pour nous, non pas contre nous. En conséquence, afin de servir l’Église de Christ et de témoigner publiquement des desseins parfaits de Dieu pour la sexualité humaine tels qu’ils sont révélés dans les Écritures, nous nous affirmons et réfutons ce qui suit.

 

Article 1

Nous affirmons que le mariage est, selon le plan de Dieu, une union d’alliance, sexuelle et procréative entre un homme et une femme unis en tant que mari et femme jusqu’à la mort ; que le mariage doit refléter l’amour de l’alliance entre Christ et l’Épouse, c’est-à-dire l’Église.

Nous réfutons l’idée que Dieu a conçu le mariage pour qu’il consiste en une relation homosexuelle, polygame ou polyamoureuse ; Nous réfutons également que le mariage est un simple contrat humain : au contraire, il s’agit d’une alliance scellée devant Dieu.

 

Article 2

Nous affirmons que la volonté de Dieu pour tous est la chasteté en dehors du mariage et la fidélité dans le mariage.

Nous réfutons toutes les sortes d’affections, de désirs ou d’engagements utilisés pour justifier les relations sexuelles avant ou en dehors du mariage ; celles-ci ne justifient pas non plus la moindre forme d’immoralité sexuelle.

 

Article 3

Nous affirmons que Dieu a créé Adam et Ève comme les premiers êtres humains, à sa ressemblance, égaux devant lui en tant que personnes et distincts en genre.

Nous réfutons l’idée que les différences de genre divinement instituées entre hommes et femmes les rendent inégaux devant Dieu en dignité ou en valeur.

 

Article 4

Nous affirmons que les différences de genre divinement instituées entre hommes et femmes reflètent le plan de la création originelle de Dieu et servent au bien-être et à l’épanouissement de l’être humain.

Nous réfutons l’idée que de telles différences sont le résultat de la chute ou sont une épreuve que l’individu doit surmonter.

 

Article 5

Nous affirmons que les différences entre les appareils reproducteurs des hommes et des femmes font entièrement partie du plan de Dieu pour la définition du concept de soi en tant qu’homme ou femme.

Nous réfutons l’idée que des anomalies physiques ou des conditions psychologiques rendent sans effet le lien entre le sexe biologique et le concept de soi en tant qu’homme ou femme.

 

Article 6

Nous affirmons que les personnes nées avec un trouble physique du développement sexuel sont créées à l’image de Dieu et possèdent devant lui dignité et valeur au même titre que tous ceux qui ont été créés selon la ressemblance de Dieu ; qu’ils sont appelés par notre Seigneur Jésus comme des « eunuques qui le sont depuis le ventre de leur mère » ; qu’ils font partie des serviteurs fidèles de Jésus-Christ et doivent accepter librement leur sexe biologique dans la mesure où il leur est possible de le connaître.

Nous réfutons l’idée que des ambiguïtés concernant le sexe biologique d’une personne la rendent incapable de vivre une vie heureuse et productive dans l’obéissance à Christ.

 

Article 7

Nous affirmons que la définition du concept de soi en tant qu’homme ou femme doit être soumise au plan très saint de Dieu pour la création et la rédemption, telles qu’elles sont révélées dans les Écritures.

Nous réfutons l’idée que la définition homosexuelle ou transgenre du concept de soi est en accord avec le saint plan de Dieu pour la création et la rédemption.

 

Article 8

Nous affirmons que les personnes qui éprouvent de l’attirance sexuelle pour une personne du même sexe peuvent vivre une vie qui porte des fruits et qui plaît à Dieu, par la foi en Jésus‑Christ, pourvu qu’elles marchent, comme tous les autres chrétiens, en pureté de vie.

Nous réfutons l’idée que l’attirance sexuelle pour des personnes du même sexe fait partie de la perfection naturelle du plan de Dieu pour la création originelle, ou qu’elle prive la personne qui la ressent de l’espérance de l’évangile.

 

Article 9

Nous affirmons que le péché entache les désirs sexuels en les dirigeant hors du cadre de l’alliance maritale et vers l’immoralité sexuelle, qu’elle soit hétérosexuelle ou homosexuelle.

Nous réfutons l’idée que des désirs perpétuels d’immoralité sexuelle justifient le comportement sexuellement immoral.

 

Article 10

Nous affirmons qu’approuver l’immoralité sexuelle ou la transidentité est un péché et qu’une telle approbation constitue un écart majeur à la fidélité et au témoignage chrétien.

Nous réfutons l’idée que l’approbation de l’immoralité homosexuelle ou la transidentité n’est qu’une question d’opinion morale à laquelle le chrétien fidèle peut choisir d’adhérer ou non.

 

Article 11

Nous affirmons qu’il est de notre devoir de prêcher la vérité dans l’amour en toutes circonstances, lorsque nous nous parlons les uns aux autres et que nous parlons d’un tiers, homme ou femme.

Nous réfutons l’idée qu’il est permis de parler d’une manière qui déshonore le plan de Dieu ou de ceux qui sont créés à son image qu’ils soient hommes ou femmes.

 

Article 12

Nous affirmons que la grâce de Dieu en Christ nous offre tout à la fois un pardon miséricordieux et un pouvoir de transformation ; que ce pouvoir et ce pardon permettent à ceux qui suivent Jésus de détruire en eux les désirs pécheurs et de marcher d’une manière qui honore le Seigneur.

Nous réfutons l’idée que la grâce de Dieu en Christ est insuffisante pour pardonner tous les péchés sexuels ou pour donner les moyens d’atteindre la sainteté à tout croyant qui se sent prisonnier d’un péché sexuel.

 

Article 13

Nous affirmons que la grâce de Dieu en Christ permet aux pécheurs de se détourner de leur définition du concept de soi en tant que transgenre ; qu’ils peuvent parvenir à accepter, grâce à la patience divine, le lien entre le sexe biologique d’un individu et la définition du concept de soi en tant qu’homme ou femme tel qu’il est ordonné par Dieu.

Nous réfutons l’idée que la grâce de Dieu en Christ permet l’établissement de concepts de soi entrant en désaccord avec la volonté révélée de Dieu.

 

Article 14

Nous affirmons que le Christ Jésus est venu dans ce monde pour sauver les pécheurs ; que par sa mort et sa résurrection, le pardon des péchés et la vie éternelle sont offerts à toute personne qui se repent de ses péchés et qui se confie en Christ en faisant de lui son Sauveur, son Seigneur et son plus grand trésor.

Nous réfutons l’idée que la main de l’Éternel est trop courte pour sauver ou qu’un pécheur est trop loin de lui pour recevoir le salut.

 

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • ii

    Tant qu’on impose pas cette ensemble de dogme à l’ensemble des chrétiens. Grand bien leur fasse et il y a du bon dans l’ensemble.

  • dan

    La polygamie est présente – ou sous-entendue à minima – dans les évangiles, l’article 1 est donc évangéliquement caduque. Sans compter que l’AT est manifestement polygame et que Jésus affirme que l’Écriture ne peut être anéantie.
    Sur quoi, concrètement, se base cette affirmation que la polygamie soit anti-chrétienne ?