David Platt : “la masturbation est un acte homosexuel solitaire”

Il n’y a pas de référence directe à la masturbation dans les Ecritures. Le reproche fait à Onan en Gen 38 porte essentiellement sur son refus de se soumettre à la règle du lévirat (certes implicite à ce moment de l’histoire de la rédemption).

Devons nous pour autant la considérer comme “acceptable” ? Non! répond David Platt. Et voici pourquoi :

Dieu a conçu la sexualité pour être relationnelle, mais l’auto-stimulation sexuelle n’est que convoitise.

Dieu a conçu la sexualité pour être vécue dans le cadre d’une alliance, mais l’auto-stimulation sexuelle est sans engagement. 

Dieu a conçu la sexualité pour porter du fruit, mais l’auto-stimulation sexuelle n’en produit aucun. 

Dieu a conçu la sexualité pour être désintéressée, mais l’auto-stimulation sexuelle est centrée sur le moi. 

Dieu a conçu la sexualité comme une union complexe, mais l’auto-stimulation sexuelle est un acte vécu dans l’isolement. 

Dieu a conçu la sexualité pour être un acte hétérosexuel complémentaire, mais l’auto-stimulation sexuelle est un acte homosexuel solitaire. 

Lisez également ce qu’en dit C.S. Lewis.

 

 

David Platt est le président de l’International Mission Board, l’un des organismes missionnaires les plus important au monde. Extrait d’un Sermon en marge de Secret Church 2015)

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Francine

    Excellent article !!! Arguments profonds et bien développés, sur une question controversée, mais passionnante. Bravo également pour l’illustration photographique, dont l’expression paroxystique éclaire pertinemment le sujet. Il me semble que cette brillante offensive contre le péché devrait être suivie par une défense de la confession auriculaire détaillée, et un plaidoyer pour son rétablissement dans l’Église, afin que le pasteur puisse aider les jeunes et les célibataires à rester purs., sans parler de lui-même.

    • Merci pour votre commentaire hautement ironique, chère Francine 🙂
      Photo changée, nous prenons en compte votre remarque, et nous publierons quelques conseils à l’attention de ceux qui luttent avec ce péché, dans un avenir proche.

  • ii

    Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre si l’article était volontairement ironique ou pas avec ce titre et cette conclusion tellement … emphatiques et culpabilisants.
    il ne l’est pas…

    Tristesse !

    Je trouve cet article décevant et inquiétant. Et encore, je fais une litote.

    Je viens de lire le (bon) article sur Benny Hinn et Joyce Meyer que ce blog a co-écrit où il critique des doctrines non-bibliques. Mais alors, d’où bibliquement tirez vous que :
    – Dieu a conçu la sexualité pour être désintéressée ?
    – Dieu a conçu la sexualité pour porter du fruit (!) ? C’est quoi ce « fruit » ?

    Sans compter les points à l’emporte-pièce tels que
    « Dieu a conçu la sexualité pour porter du fruit, mais l’auto-stimulation sexuelle n’en produit aucun. » ou « Dieu a conçu la sexualité pour être un acte hétérosexuel complémentaire, mais l’auto-stimulation sexuelle est un acte homosexuel solitaire. « qui semblent complètement fourre-tout et abscons d’un point de vue psychologique et même spirituel.
    Oser assimiler la masturbation à un acte homosexuel et donc (via le lien interne sur « acte homosexuel ») à une tendance homosexuelle est justement … osé, péremptoire, dangereux et absurde.

    Et l’article ne mentionne pas la masturbation pratiquée dans le cadre d’une sexualité entre (sic) deux personnes hétérosexuelles chrétiennes qui gommerait un à un tous les points soulevés ici quand bien même il s’agit de masturbation !

    • Francine

      C’est quoi ce « fruit » ?
      Mais les enfants, bien sûr ! fruit d’autant plus précieux qu’il est rare, comme le prouve le petit calcul suivant :

      Supposons qu’en 40 ans de vie commune deux chrétiens évangéliques tempérés remplissent :
      40 X 100 = 4000 leur devoir conjugal (ce qui reste tout à fait raisonnable, vous l’avouerez)
      et qu’en conséquence ils voient 4 enfants s’ajouter à leur couple (ce qui est nettement supérieur à la moyenne aujourd’hui).

      Le rendement productif de l’opération s’élève donc à :
      4/4000= 0,001 = 0,1 %,
      soit presque zéro, ou autre façon de le dire : dans 99,9 % des cas un rendez-vous conjugal « ne porte pas de fruit ».

      Apologétiquement, il faut ici remarquer une grande différence entre l’homme et les autres mammifères, chez lesquels les rapports n’interviennent que durant l’œstrus de la femelle (ses chaleurs), ce qui permet d’atteindre à l’opposé un rendement proche de 100%
      Apologétiquement… apologétiquement… oui, mais apologie de quoi ?

      • ii

        Merci pour votre réponse.

        « – On ne peut pas déconnecter sexualité de procréation, non parce que la sexualité serait donnée par Dieu uniquement pour ce, mais parce qu’un sexualité biblique, vécue dans le cadre du mariage, est normalement couronnée par la naissance d’enfants. »

        Je rejoins Francine, même bibliquement parlant, rien présente les enfants comme le « fruit » spirituel de la sexualité. Sinon, c’est jeter un anathème sur les couples stériles.

        « – Le « désintéressement sexuel » est clairement indiqué par Paul dans sa réponse aux Corinthiens (1 Cor 7), notamment dans le fait que ce soit l’autre qui dispose du corps de son époux. Dans le couple comme dans la sexualité, nous ne nous appartenons plus à nous mêmes. C’est ça, le désintéressement dont parle Platt, et il est évidemment biblique. »
        C’est hypocrite. C’est sous-entendre que la recherche du plaisir sexuel est mal ; puisque je cite « Dieu a conçu la sexualité pour être désintéressée ». Alors pourquoi aurais-t-il placé le clitoris là où il est ? (Appelons un chat un chat, comme vous l’avez dit).

        Dans ce genre d’article, je vois un inquiétante dérive qui nous ramène de 1500 à 2000 ans en arrière quand la sexualité et le plaisir étaient tabou et que la procréation était l’unique but recherché.

        Par contre, j’apprécie que vous tenez compte des remarques.

        • Francine

          @ii
          Appelons un chat un chat

          Vous avez parfaitement raison, et je dirai même plus : Appelons une chatte une chatte. En effet, chez la femelle de cet animal domestique, comme chez la plupart des félins, l’ovulation est de type induit, c’est à dire qu’elle est déclenchée par l’accouplement avec le mâle, ou plus exactement par la secousse épileptique que la femelle est censée ressentir en la circonstance. C’est pourquoi le détail anatomique féminin que vous avez mentionné se trouve placé différemment chez la chatte. Ceci n’a rien d’exceptionnel en zoologie, chez la lapine, autre exemple, cet organe est particulièrement développé, et se situe en grande partie à l’intérieur ; car là aussi l’ovulation est induite.

          Jusqu’à la fin de l’époque victorienne les médecins pensaient que le plaisir chez la femme était plus ou moins nécessaire à la conception, et ils donnaient force recommandations bienvenues à leurs maris. Nous savons aujourd’hui que ces deux questions sont complètement dissociées. Il me paraît donc légitime de conclure de ces faits, qu’en formant Ève de la côte d’Adam, Dieu a prévu et voulu que son mari exerce envers elle une certaine « gratuité » inconditionnelle, en dehors de toute considération de résultat.

          • ii, vous vous méprenez, je pense, sur la manière dont les arguments vous sont présentés.

            1- Je (Guillaume) ne cherche pas à vous dire que les enfants sont toujours le fruit de la sexualité (et je ne parle pas un seul instant de « fruit spirituel »). Je cherche à vous dire que la sexualité s’inscrit dans un cadre, celui du mariage, et que le but du mariage institué par Dieu n’est pas anthropocentrique, mais bien plutôt théocentrique. La femme est crée de l’homme pour que les deux vivent ensemble harmonieusement et accomplissent ce Klaas Schilder a appelé « le mandat culturel », c’est à dire la mission donné par Dieu à l’humanité avant la chute, à savoir « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, etc. » (Gen 1:28).
            Je ne suis pas en train de dire que la sexualité ne sert qu’à procréer, je dis que la procréation est le couronnement « normal » de l’alliance du mariage, par le moyen de l’union une seule chair. Bien entendu, nous sommes après la chute ; bien entendu des calamités comme la stérilité existent.

            2- Je ne comprends pas que vous fassiez un lien d’égalité entre le désintéressement et l’absence de plaisir. Cette correspondance est le fruit de votre imagination : le fait d’être désintéressé, de se donner complètement à l’autre, de chercher premièrement le plaisir de l’autre etc… EST la source du plaisir dans l’acte conjugal.

            J’espère que ces réponses pourront vous aider à comprendre notre point de vue.
            En Christ

    • Vous avez absolument raison : Platt envisage la masturbation solitaire, et non dans le cadre d’un acte sexuel entre deux personnes mariées. Cela nous semble assez clair dans l’article, néanmoins nous allons le préciser.

      La logique de Platt sur les autres points que vous critiquez (procréation, désintéressement) est classique :
      – On ne peut pas déconnecter sexualité de procréation, non parce que la sexualité serait donnée par Dieu uniquement pour ce, mais parce qu’un sexualité biblique, vécue dans le cadre du mariage, est normalement couronnée par la naissance d’enfants.
      – Le « désintéressement sexuel » est clairement indiqué par Paul dans sa réponse aux Corinthiens (1 Cor 7), notamment dans le fait que ce soit l’autre qui dispose du corps de son époux. Dans le couple comme dans la sexualité, nous ne nous appartenons plus à nous mêmes. C’est ça, le désintéressement dont parle Platt, et il est évidemment biblique.

      Nous avons reçu des critiques similaires sur Facebook, nous les prenons en compte, sommes prêts à intégrer que la notion « d’acte homosexuel solitaire » puisse être polémique, etc…
      Voici ce que nous avons répondu sur les réseaux sociaux devant les remarques reçues :

       » Chers amis, nous avons reçus plusieurs remarques : sur la photo, sur le ton, etc. Premièrement, si quelqu’un est blessé par cet article, avant même de nous expliquer nous voudrions vous demander pardon si notre communication n’a pas été claire.

      Ensuite, une chose importante : que les personnes soient seules, luttent contre un sentiment de solitude, et par conséquent tombent dans la masturbation est un fait. Peu d’hommes sont épargnés, nous le craignons…Et nous savons bien que certaines femmes luttent aussi. Néanmoins, que les choses soient claires : la masturbation n’en reste pas moins un péché, et il s’agit d’expliquer pourquoi.

      Cet article n’entend pas « remettre une couche sur la solitude des célibataires », mais veut juste appeler un chat »un chat ». Trop souvent, nous lisons que la masturbation n’est pas un problème en soit, mais que seules les pensées qui l’accompagnent constituent une transgression morale. C’est faux, bien entendu, et c’est ce que ce genre de court article tend à rappeler.

      Néanmoins :

      => Nous avons modifié la photo, désolé pour la gêne occasionnée
      => Nous nous engageons à publier un article ayant pour objectif d’aider ceux qui luttent avec la masturbation
      => Nous vous encourageons à jeter un oeil aux réflexions de C.S. Lewis sur ce sujet, car il aborde le problème sous un angle différent : http://leboncombat.fr/c-s-lewis-masturbation/

      Bien à vous. »

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