Si vous colportez les fautes des autres, vous ne faites pas mieux qu’eux…

Glané au détour de ma lecture du classique de Jacques Buchold, Le pardon et l’oubli (p. 114) :

Il existe des procédures fort « spirituelles » de divulgation des difficultés ou des péchés d’autrui dont nous devrions nous garder. Certains les présentent comme des sujets de prière lors de réunions feutrées d’intercession. D’autres, sous prétexte qu’il faut vivre dans la clarté, dévoilent, lors de rencontres de membres, les péchés passés, confessés et pardonnées, de ceux qui demandent à adhérer à leur communauté.

Des pasteurs ou des responsables d’Eglise se rendent parfois coupables de ce genre de manque de discrétion. Parler des problèmes d’autrui les aident à justifier l’emploi de leur temps et leur fonction dans une société qui ne la reconnaît plus guère. Et comme certains médecins, ils éprouvent quelque fois un plaisir malsain à discuter entre eux des cas difficiles qu’ils ont été conduits à « soigner ».

Il faut noter à cet égard combien l’apôtre Paul a su être discret ; ses lettres ne livrent que quelques allusions aux iniquités passées de ceux qu’il avait amenés à l’Evangile…

Précisons que, dans le contexte, Buchold parle de la discrétion nécessaire pour qu’une personne offensée puisse reprendre son offenseur.



Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).


  • Ken Taylor

    Dans l’absolu, je comprend le bien fondé de cette démarche de discrétion et de silence, le but ultime étant toujours le rétablissement des personnes ayant péché, (excepté 1 Jean 3.16).

    Par contre brandir le silence de Paul pour justifier cette position n’est pas judicieuse, car nous connaissons les noms de personnes que Paul à publiquement vilipendé ou mis en avant et nominativement pour leurs échecs à l’exemple d’ Alexandre le forgeron ( 2 Tim 4.14); Phygèle et Hermogène (2 Tim 1.15); Démas ( 2 Tim 4.10); Evoddie et Syntyche (Phi 4.2)…

    Attention, je ne soutiens pas la médisance, nous en souffrons tous, notre langues étant très difficile à maîtriser , mais faisons tout aussi attention de ne pas nous empêcher de veiller les uns sur les autres, non par despotisme, mais par crainte de Dieu et par amour fraternelle.

    1 Cor 5.12-13

    Est-ce à moi, en effet, de juger les gens de l’extérieur? N’est-ce pas ceux de l’intérieur que vous devez juger? Les gens de l’extérieur, Dieu les jugera. Chassez le méchant du milieu de vous.

    Ceci dit, je vous remercie grandement de tous ce que vous faites pour faire avancer la vérité de l’évagnile.

    Fraternellement

    • Absolument @Kenontheweb:disqus mais les passages que tu cites font partie de la discipline communautaire, on touche à un niveau particulier de traitement des fautes, et c’est l’eglise entière, via les anciens, qui est ici impliquée.

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