Une prière pour le diable

Le libre arbitre… Dès qu’on me challenge sur ma “position calviniste“ (que j’appelle personnellement “position de la Grâce“) cette notion revient toujours sur le tapis. J’ai souvent entendu parler du libre arbitre, mais je ne crois pas l’avoir jamais personnellement rencontré.
Avec Jean Calvin, je peux dire : “la volonté humaine ne peut pas, par sa liberté, obtenir la grâce – mais, par la grâce, elle obtient la liberté.“

 Avez-vous des doutes sur cela ? Regardez à votre manière de prier.
Comment priez-vous ? Que donnerait la prière d’un véritable adepte du libre arbitre ? Laissons parler le prince des prédicateurs.

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“Votre nature a été détraquée, et votre volonté, parmi d’autres choses, s’est complètement détournée de Dieu.

La meilleure preuve de la réalité de mes propos tient dans le fait que vous n’avez jamais rencontré de chrétien authentique qui vous dise être venu à Christ sans que Christ ne soit d’abord venu à lui.

Vous avez entendu un grand nombre de sermons faisant appel au libre arbitre, j’en suis sûr, mais jamais une seule prière qui se repose sur cette base. En effet, les chrétiens authentiques se ressemblent tous quand ils prient, en parole, en acte, et en esprit.

Un adepte du libre arbitre à genoux prie exactement comme celui qui n’y croit pas. Il ne peut pas prier au sujet de ce libre arbitre, car ce dernier n’a aucune place dans la prière.

Imaginez un homme qui prierait ainsi :

Seigneur je te remercie de ne pas m’avoir fait comme ces adversaires présomptueux. Seigneur je suis né avec un merveilleux libre arbitre, avec la force de me tourner de moi-même vers toi. J’ai fait progresser la grâce que tu m’as donnée. Si tout le monde avait fait comme moi avec cette grâce, ils seraient peut-être tous sauvés.
Seigneur, je sais que tu ne forces pas notre volonté si nous ne voulons pas de nous-mêmes. Tu accordes ta grâce à tout le monde, et certains n’en font rien de bon, mais je ne suis pas comme eux. Beaucoup iront en enfer, qui ont pourtant été racheté par le sang de Christ tout autant que je le suis. Ils ont reçu la même mesure d’Esprit-Saint, ils avaient une chance aussi bonne, et étaient aussi bénis que moi. Ce n’est pas ta grâce qui fit la différence ; oui, je sais qu’elle a fait une grande part, mais c’est moi qui ai pris le tournant. Je me suis servi de ce que j’avais reçu, alors que d’autres n’en ont pas fait de même. C’est là que se trouve la différence entre eux et moi.

Voilà une prière pour le diable, car personne d’autre ne peut offrir un tel blasphème.

Ah! Les chrétiens peuvent annoncer de fausses doctrines lorsqu’ils prêchent ou parlent entre eux, mais jamais lorsqu’ils viennent à prier.

Les vérités sortent alors d’elles-mêmes, et ils ne peuvent les retenir. Si quelqu’un parle très calmement, il peut parler d’une manière très raffinée, mais lorsque le sujet agite ses lèvres, les vraies expressions de son terroir ressortent.”

 

 

Charles Spurgeon (1834-1892)

 

Extrait du sermon “Free Will – A Slave” (Le Libre Arbitre – Un Esclave). Nos amis d’Europresse disposaient d’une excellente traduction en Français, qui est malheureusement épuisée. 

 

 

 

 

Réflexions et ressources d'édification centrées sur Dieu

  • Etienne Omnès

    Excellent! Je n’aurais pas pu faire mieux que lui!

    Evidemment, certains diront que c’est une caricature de leurs positions 🙂

  • dan

    Le libre-arbitre existe bel et bien – sinon, quid de la religion.
    Il s’oppose pourtant à la destinée (« nous mourrons tous un jour » par exemple).
    Voilà un des paradoxe que l’esprit, seul, ne peut élucider.
    Ce paradoxe est au cœur du sens de la prière.

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