Geerhardus Vos : Une facette de l’Écriture trop souvent oubliée

Princeton 1894

L’équipe de la faculté de Princeton en 1894, dont Geerhardus Vos, Benjamin Warfield, et Charles Hodges.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Dieu nous avait révélé la Bible petit à petit et non pas en une seule fois ?

L’explication traditionnelle est que l’homme n’est pas capable de comprendre toute la révélation de Dieu d’un seul coup, alors Dieu donne petit à petit ce que l’être humain doit comprendre.

Mais n’avez-vous jamais trouvé cette explication peu satisfaisante ?
Geerhardus Vos nous livre ici une réponse bien plus profonde :

Nous pensons, toutefois, que cette explication, quoiqu’elle soit plausible en elle-même, n’est que partielle et ne pourra jamais être complètement satisfaisante.

La raison la plus profonde pour le caractère historique de la révélation ne peut pas reposer sur les limitations de l’être humain, mais doit être recherchée dans la nature de la révélation elle-même.

La révélation n’est pas un acte isolé de Dieu, existant sans connexion avec tous les autres actes divins de caractère surnaturel.

Elle constitue une partie intégrante de ce grand processus de nouvelle création à travers lequel cet univers, comme un tout organiquement (1) lié, sera racheté des conséquences du péché et restauré à son état idéal, celui qu’il avait originellement dans l’intention de Dieu. (2)

Maintenant, cette nouvelle création dans son sens objectif et universel n’est pas quelque chose complétée instantanément en un seul et unique acte, mais elle est une histoire avec sa propre loi de croissance organique.

Cela ne peut pas être autrement, pour autant qu’à chaque point elle se déroule sur la base et au contact du développement naturel de ce monde comme de la race humaine, et que ce développement est sous forme d’histoire, le développement de la nouvelle création doit nécessairement prendre, de même, une forme historique.

C’est simplement à cause de notre habitude de séparer de manière illégitime la révélation de cet arrière-plan exhaustif de l’œuvre de rachat total de Dieu que nous manquons d’apprécier sa nature historique et progressive.

Nous la considérons comme une série de communications de vérités abstraites formant un tout en elle-même, et ne saisissons pas pourquoi cette vérité doit être délivrée à l’homme petit à petit et non pas donnée dans sa totalité en une fois.

Aussitôt que nous réalisons que cette révélation est, pratiquement à chaque point, entremêlée avec et conditionnée par l’activité rédemptrice de Dieu, comprise dans son sens le plus large, et que tous les deux, la révélation comme l’activité rédemptrice, sont connectées au développement naturel du monde présent, son caractère historique devient parfaitement intelligible et cesse de nous surprendre.

Geerhardus Vos (1862-1949)

Extrait de “The Idea of Biblical Theology as a Science and as a Theological Discipline“ in Redemptive History and Biblical interpretation, The Shorter Writings of Geerhardus Vos,
Presbyterian and Reformed Publishing, Phillisburg, 1980, p. 8

 

Notes et Références :

(1) Dans son article, Geerhardus Vos donne un sens technique à ce mot, un sens qu’il a souvent en théologie. L’idée est que quelque chose d’organique se comporte comme un organisme, chacune de ses parties est liée à l’autre et se développe avec l’autre. Les feuilles d’un arbre sont organiquement liées au tronc, mais la graine qui a donné naissance à un arbre lui est aussi organiquement liée.(retour)
(2) Pour Geerhardus Vos, comme pour la théologie Réformée en général, le jardin d’Eden n’était pas le but de la création, il était très bon mais perfectible. Adam pouvait chuter, comme la chute le démontre, mais était appelé, comme en témoigne l’arbre de vie, à arriver à une vie supérieure, une vie au-delà de toute chute, la vie que Jésus a acquise, qu’il nous donne et qui trouvera sa pleine expression à la résurrection. (retour)




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