Un message à ceux qui trouvent la théologie ennuyeuse

La théologie s’oppose t-elle à la vie chrétienne normale ? C’est bien ce que certains affirment, prétextant que l’excès d’intellectualisme tue la marche avec Dieu.

D’autres trouvent l’étude de la théologie peu stimulante, et préfèrent se focaliser sur “la pratique” plutôt que sur “la théorie”…

A ceux qui voient les théologiens comme des “geeks”, personnes d’une autre dimension, déconnectées de la réalité,  Wayne Grudem répond :

Je ne crois pas que Dieu désire que l’étude de la théologie soit sèche et ennuyeuse. La théologie consiste en l’étude de Dieu et de ses oeuvres ! Elle est faite pour être vécue, priée, et chantée. Toutes les grandes sections doctrinales de la Bible (comme l’épître de Paul aux Romains) sont saturées d’adoration et d’applications pratiques. 

Chers amis, chaque fois que vous adorez Dieu, que vous le priez, que vous cherchez à vivre conformément à sa Parole, vous adoptez une démarche de théologien. Vous ne pouvez tout simplement pas “avoir Jésus” et “laisser la théologie”, tout simplement parce que Jésus est théologie.

Apprenons donc à le découvrir davantage, en réfléchissant sur sa nature et sur ses oeuvres, d’ici à ce qu’il revienne.

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Etre ennuyeuse n’est pas le reproche le plus cruel que la Théologie doit souvent endurer : si une matière vous ennuie, étudiez autre chose. Mais c’est que comme la Philosophie sa cousine, on la soupçonne d’être creuse…

    Dans nos temps modernes, personne ne met en doute la réalité de la Science ; certes on se méfie de sa morale (ou plutôt de son absence de morale), mais il est impossible de contester sa puissance dont nous utilisons tous les jours les applications. La Science s’appuie sur une réalité objective, extérieure à ses théories, qui les infirme ou les confirme par des faits. C’est pourquoi, possédant cet arbitre suprême qui la contrôle, l’expérience, la Science est susceptible de progresser et progresse en effet.

    De leur côté, les disciplines molles, comme la Sociologie, la Philosophie, etc., regardent d’un oeil jaloux les succès retentissants des sciences dures, et voudraient bien elles aussi pourvoir se coiffer d’une aura intellectuelle et médiatique incontestée, d’où leur insistance à se prétendre « scientifiques ». Malheureusement, dépourvues d’autorité extérieure qui peut les juger, les « sciences molles » ne peuvent pas progresser, et effectivement ne progressent pas. Qui oserait dire, par exemple, que les philosophes modernes ont « découvert » quelque chose que les philosophes antiques ignoraient ?

    Où situer la Théologie dans cette partition entre sciences réelles, dures, factuelles, et disciplines imaginaires ou molles, qui ne consistent qu’en un brassage perpétuel de mots et d’opinions ? Tout dépend sur quelle base la Théologie s’appuie. Si c’est seulement sur elle-même, c-à-d sur la pensée des théologiens, elle est nécessairement creuse : un théologien peut en contredire un autre sans que rien ne les départage. Il faut donc à la Théologie, elle aussi, un point d’appui extérieur inamovible, et comme la Théologie prétend étudier Dieu, il faut obligatoirement que Dieu ait dit ou fait quelque chose, pour qu’elle puisse en parler.

    Supposez maintenant que ce que la Théologie prend pour une révélation divine, ne soit en vérité qu’un produit de l’activité humaine. Supposez par exemple que Dieu n’ait jamais inspiré le Coran, ou la Bible. Il en résultera nécessairement que les titres « Théologie Coranique », « Théologie Biblique », ne recouvriront que du vide. Avant donc d’investir du temps et de la réflexion dans la Théologie, il convient d’être certain de posséder un texte inspiré de Dieu.

    Supposons alors que l’on possède effectivement un tel texte : la Bible dans notre cas. Le propre d’un texte, une fois fixé sur un support matériel, c’est de ne pas changer. Comment donc la Théologie pourrait-elle progresser ? En science vous pouvez faire des découvertes, parce que le champ des expériences est quasi infini ; mais en Théologie, où l’on s’appuie sur une Ecriture invariable, d’où viendrait le progrès ? De quelqu’un qui dirait une chose à laquelle personne n’avait pensé auparavant ? C’est peu probable, quand ce texte a été étudié sous toutes les coutures depuis des siècles.

    En conclusion, au dessus de la Théologie, domine l’Exégèse biblique. De mon point de vue, une Théologie qui ne mettrait pas l’interprétation de la Bible à la première place, sera non seulement ennuyeuse, mais, plus grave, creuse.

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