Un avertissement de Jean Calvin sur les faux prophètes

 

Or, donnez-vous garde des faux prophètes, qui viennent à vous en habit de brebis, mais par dedans sont des loups ravissans.
(Matthieu 7:15, traduction de Jean Calvin)

Par ces mots, Jésus-Christ nous a avertis que son Eglise sera sujette à avoir beaucoup de trompeurs et de séducteurs, et que, par conséquent, il y a danger que plusieurs ne viennent à déchoir de la foi, s’ils ne sont pas bien attentifs à se garder.

Nous savons comment les hommes sont enclins à la vanité et au mensonge ; ainsi, non seulement ils aiment naturellement être rassasiés de mensonge, mais il semble que chacun soit subtilement capable de s’abuser lui-même.

Et puis Satan, qui est un merveilleux ouvrier de tout abus et de toute imposture, ne cesse de tendre ses filets pour attraper les ignorants et ceux qui ne se tiennent point sur leurs gardes. […]

Il est vrai que c’est un point important que nous acceptions d’être conduis et gouvernés par les bons et fidèles ministres de Christ. Mais, parce que d’autre part les faux docteurs s’élèvent, si nous ne veillons pas soigneusement et si nous ne sommes pas constants, nous en viendrons aisément à être arrachés du troupeau. […]

De là aussi nous apprenons qu’il ne faut pas que les fidèles perdent courage ou soient troublés quand les loups entrent secrètement dans le troupeau de Christ, quand les faux prophètes tentent par leurs fausses doctrines de corrompre la pureté de la foi, mais qu’il faut au contraire se réveiller pour faire le guet avec attention.

Car ce n’est pas sans cause que Christ commande qu’on prenne garde. Moyennant quoi, si nous ne sommes pas trompés par notre propre nonchalance, nous pourrons effectivement échapper à toutes les embuches.

[…]

Sachant que le Seigneur ne nous promet rien qu’il ne veuille tenir, marchons avec hardiesse et assurance, demandant à Dieu l’esprit de discernement par lequel, de même qu’il scelle en nos coeurs la majesté et la certitude de sa vérité, il nous découvrira aussi les ruses et les tromperies de Satan afin que nous ne nous soyons pas abusés par elles.

Mais quiconque désire suivre le conseil de Christ devra nécessairement juger prudemment et de façon sensée. […] Car il y a une grande différence entre la bonne façon de se garder d’être trompé, et un rejet téméraire, sans savoir pourquoi.

Ayons donc bien en tête que ceux qui, dans la peur, rejettent ou fuient une doctrine avant de l’avoir évaluée font mal, et ne peuvent point se revendiquer de ce commandement de Jésus-Christ. 

 

 

Jean Calvin

Harmonie des Evangiles, Deuxième volume, p.21-22 (commentaire sur Matt. 7:15-16).
Texte légèrement abrégé et modernisé.

 

 

Cet article fait partie d’une série publiée en collaboration avec les blogs La Rébellution et NotreEglise.com.

 

 

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).

  • Désiré Rusovsky

    Au moins, Calvin n’est pas venu en habits de brebis! Mais l’effet n’en est pas moins dramatique.

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