Thomas Watson sur la fausse repentance

Cet article est traduit et adapté de l’ouvrage du puritain Thomas Watson,  The Doctrine of Repentance (La doctrine de la repentance). 
Rendez-vous très bientôt pour découvrir quels sont les éléments constitutifs d’une vraie repentance, selon Watson.

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Pour dévoiler ce qu’est la vraie repentance, je vais tout d’abord vous montrer ce qu’elle n’est pas.

Il existe plusieurs sortes de repentances mensongères qui ont pu amener Augustin à dire : “la repentance en damne beaucoup“.
Augustin faisait référence à ce type de fausse repentance par laquelle une personne peut elle-même s’illusionner.

 

1- La terreur n’est pas la repentance

Un homme est depuis longtemps dans le péché. Finalement Dieu l’arrête, lui montre dans quel danger désespéré il est en train de se précipiter, et cet homme est alors saisi d’angoisses.
Quelques temps après, la tempête de sa conscience est passée, et il est redevenu calme.
Il conclut alors qu’il est un vrai repentant parce qu’il a ressentit un peu d’amertume vis à vis de son péché.

Ne vous y trompez pas : ceci n’est pas la repentance authentique. Achab et Judas ont eu eux aussi connu des troubles dans leurs pensées.

Être un pécheur terrifié et être un pécheur repentant sont deux choses différentes. 

Le sentiment de la culpabilité suffit pour produire la terreur,  mais il faut une action de la grâce pour produire la repentance.

Si la douleur et le trouble étaient suffisants pour conduire à la repentance, alors ceux qui sont en enfer seraient les premiers à l’expérimenter  car ils sont sans aucun doute ceux qui souffrent le plus.

La repentance dépend d’un changement de coeur. Or, il peut y avoir de la terreur sans qu’il n’y ait pour autant un changement de coeur.

 

2- La résolution contre le péché n’est pas la repentance.

Une personne peut être volontaire et même faire des voeux sans pour autant être repentante.

Tu as dit : Je ne veux plus être dans la servitude !“ (Jér. 2:20). Voici une excellente résolution, mais regardez ce qui suit : “sur toute colline élevée et sous tout arbre vert tu t’es courbée comme une prostituée.
En dépit de ses engagements solennels, elle a joué un double jeu avec Dieu et a couru après ses idoles.

Nous connaissons par expérience les grandes déclarations qu’un homme est prêt à faire lorsqu’il est sur son lit de douleur. Mais si Dieu le restaure à nouveau, alors il est pire qu’il ne l’a jamais été.
Il montre l’état de son vieux coeur à chaque nouvelle tentation.

Les résolutions contre le péché peuvent procéder des causes suivantes :

  1. En raison de l’extrémité à laquelle est conduit le pécheur : non pas à cause de l’horrible nature de péché, mais à cause de la douleur qu’il occasionne. Ce type de résolution s’évanouira.
  2. Par crainte des souffrances futures, une appréhension de la mort et de l’enfer : “Je regardai, et voici, parut un cheval d’une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l’accompagnait.“ (Apoc. 6:8).
    Que ne ferait pas un pécheur , quels voeux ne serait-il pas prêt à prendre  lorsqu’il sait qu’il va mourir et se tenir devant le trône du jugement? L’amour de soi-même produit des résolutions auxquelles l’amour du péché s’opposera.
    Ne placez pas votre confiance dans des décisions passionnées ; elles s’élèvent dans la tempête mais mourront dès que le calme sera revenu.

 

3- L’abandon de nombreuses attitudes pécheresses n’est pas la repentance

C’est une grande chose, je le confesse, que d’abandonner le péché.
Le péché est tellement cher au coeur de l’homme qu’il irait jusqu’à se séparer de son enfant plutôt que de la source de son plaisir : “Donnerai-je pour mes transgressions mon premier-né, pour le péché de mon âme le fruit de mes entrailles ?“ (Mich. 6:7)

Il est cependant possible de s’éloigner du péché sans pour autant expérimenter la repentance :

  1. Un homme peut se séparer de certains péchés et en conserver d’autres, comme Hérode qui a su réformer beaucoup de choses mauvaises, mais qui n’a su abandonner son inceste.
  2. Un vieux péché peut être abandonné dans le but d’en encourager un nouveau, de la même manière que vous rejetteriez un vieux serviteur pour en prendre un autre.
    Le péché peut être échangé et le coeur demeurer inchangé. […]
    Un esclave peut être vendu à un homme qui lui même le revend à un autre : ici le maître a changé, mais l’esclave est toujours le même. Ainsi un homme passe d’un vice à un autre mais demeure un pécheur non repentant.
  3. Un péché peut être délaissé non pas tant par la force de la grâce que par prudence. Un homme se rend compte que, bien que tel péché lui procure du plaisir, la pratique de celui-ci n’est pas pour son intérêt.
    Il risque de ternir son honneur, d’affecter sa santé, de porter préjudice à ses possessions…
    Par conséquent, pour des raisons de prudence, il le rejette.

 

De même que les ténèbres ne cessent que lorsque  la lumière apparaît, le vrai abandon du péché ne se produit que par le moyen de la grâce.

 

Thomas Watson (1620-1686)

 

 

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur, auteur, et fondateur du blog Le Bon Combat dont il est l'un des administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse). Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale.