Comment être un témoin dans sa culture selon Actes 26

La conversion de Paul nous est relatée trois fois dans le livre des Actes :

  • d’abord par Luc, en tant que narrateur (Ac 9),
  • puis par Paul lui-même, d’abord à des juifs (Ac 22)
  • et enfin au roi grec Agrippa (Ac 26).

A une époque où le papier coûte très cher, il est étonnant de constater que l’auteur répète la même histoire plusieurs fois, alors qu’il choisit d’être très succinct par ailleurs (Ac 28 par exemple). En l’occurrence, dans la dernière version du récit de Paul apparaît un détail inédit : Jésus aurait prononcé, en hébreu, une phrase étrange…

Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.

On lit, sur la plupart des sites d’enseignement chrétien, qu’il s’agit d’un proverbe : les bœufs tirant les charrues étaient maintenus dans le bon axe par des aiguillons qui les empêchaient de dévier, et contre lesquels ils donnaient en vain des coups de pattes.

Pourtant, il est impossible de retrouver la moindre trace de ce proverbe dans la langue hébraïque. Qui plus est, malgré la centralité de la résurrection, la stratégie d’évangélisation de Paul est inhabituelle : il insiste sur son zèle religieux et celui d’Agrippa, présente l’évangile en termes de « lumière » (le mot revient trois fois), et dit que Jésus « brille plus que le soleil ».

Coup de théâtre

Tout s’éclaire lorsqu’on reconnaît que la phrase énigmatique est en fait une citation, tirée d’une célèbre pièce de théâtre grecque du 4e s. av.J-C, intitulée « Les Bacchantes« . Par cette référence culturelle et artistique, Paul trace un parallèle entre Jésus et Dionysos, sans pour autant suggérer une confusion entre les deux.

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Seul chrétien de ma famille, converti à 21 ans, puis étudiant en Théologie et désormais apologète à mes heures, je m'intéresse particulièrement aux rapports entre la foi, les visions du monde et la culture populaire (voir "Visio Mundus", site partagé avec Y. Imbert, professeur d'apologétique).