Quelle est la responsabilité première de l’Eglise ?

J. Gresham Machen (1881-1937), fondateur de la prestigieuse institution Westminster Theological Seminary, décrit ainsi la responsabilité première de l’Église aujourd’hui :

La responsabilité de l’Église dans cette ère nouvelle est la même que sa responsabilité dans tous les âges : témoigner que ce monde est perdu dans le péché ; que la durée de la vie humaine, de toute l’histoire humaine qui plus est, est une île infinitésimale dans les profondeurs vertigineuses de l’éternité ; qu’il existe un Dieu vivant mystérieux et saint, créateur de tout, qui soutient tout, qui est infiniment au-delà de tout ; qu’il s’est révélé à nous dans sa Parole et nous a offert la communion avec lui par le Seigneur Jésus-Christ ; qu’il n’y a pas d’autre salut, ni pour les personnes ni pour les nations, mais que ce salut est complet et gratuit, et que celui qui le possède (…) a un trésor avec lequel tous les royaumes de la terre ne sauraient se comparer.

– Extrait de D.G. Hart (ed.), J. Gresham Machen : Selected Shorter Writings (Phillipsburg, NJ : P&R, 2004), p. 376.

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).

  • Pierre BENOIT

    En lisant ce texte de J. Gresham Machen, je vous
    fait part d’un extrait de celui de P. Courthial (1914 – 2009) qui était pasteur
    de l’Eglise réformée de France et doyen honoraire de la Faculté libre de
    théologie réformée d’Aix-en-Provence (aujourd’hui Faculté Jean Calvin). Ce
    texte a paru dans la revue Ichthus en mai 1974.

    Les tâches auxquelles sont appelés les
    réformés confessants

    Le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même
    pour elle, afin de la sanctifier après l’avoir purifiée par le bain d’eau avec
    la Parole, pour faire paraître cette Eglise glorieuse, sans tache ni ride, ni
    rien de semblable, mais sainte et sans défaut. (Ephésiens 5:25-27)

    Allez, faites de toutes les
    nations des disciples… enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit.
    (Matthieu 28:19-20)

    Selon ces deux paroles du Nouveau Testament, deux
    visées principales doivent dynamiser les réformés confessants : l’édification
    de la sainte Eglise et la proclamation de la Parole de Dieu, chacune
    en rapport avec l’autre.

    Sous le fallacieux prétexte que
    l’Eglise ne sera jamais vraiment et pleinement pure ici-bas et que la
    proclamation de la Parole de Dieu n’y sera jamais exhaustive et parfaite,
    d’aucuns nous invitent à ne tendre ni à la pureté de l’Eglise, ni à la
    perfection de la proclamation et de l’enseignement de la Parole de Dieu. C’est
    comme s’ils disaient que, puisqu’il y aura toujours en nous ici-bas, et dans
    les fidèles les plus saints, des restes de péché, nous n’avons pas à
    « tendre à la perfection » (2 Co 13:11). Au mépris de la parole de Jésus :
    « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt
    5:48)

    […]Si tant d’Eglises aujourd’hui sont dans une
    situation spirituelle catastrophique, c’est parce qu’elles se sont laissées
    pénétrer par l’apostasie, c’est parce que d’autres dieux que Dieu corrompent
    les intelligences, égarant les chrétiens par leurs mensonges.

    Les réformés confessants, jaloux au sujet de
    leurs Eglises d’une jalousie de Dieu, viseront – et d’abord en eux-mêmes – au
    redressement des intelligences et à la soumission d’amour au seul époux de
    l’Eglise qui est le Christ.

    Les hérésies diverses, tendant toutes à
    l’apostasie, sont des adultères.

    Le pluralisme, tant prôné aujourd’hui, mariant
    l’eau et le feu, veut faire cohabiter dans les Eglises la fidélité à la Parole
    de Dieu et l’hérésie, le mariage avec le Christ et l’adultère, la soumission au
    Dieu révélé et l’apostasie.

    Nos contemporains, jusque dans les Eglises,
    n’aiment pas, ne veulent pas, qu’il soit parlé d’hérésies, d’adultère et
    d’apostasie. Ils accusent les réformés confessants, qui rejettent le
    pluralisme, d’intolérance.

    Quand elle a confessé sa foi et condamné les
    hérésies, aux premiers siècles et au temps de la Réforme, l’Eglise de la Parole
    a été, de même, accusée d’intolérance. Comme si l’amour devait tolérer l’infidélité !
    Comme si l’époux et l’épouse pouvaient tolérer l’adultère ! Comme si la
    jalousie de Dieu n’était pas fondée sur la réalité vivante de son amour ! Comme
    si la maison de Dieu pouvait devenir une maison de tolérance

    […] L’avenir de l’Eglise ne peut pas être, ne
    doit pas être, celui d’une Eglise pluraliste, chaotique, Babylone à sept têtes
    et à dix cornes, affirmant à la fois, dialectiquement le oui et le non,
    maison de tolérance et de prostitution, d’adultère et d’apostasie. Ce
    « projet » n’est rien moins qu’abominable. Historiquement, hélas! il
    est possible : Jésus lui-même n’a-t-il pas dit :
    « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
    (Lc 18:8) ; et la description apocalyptique de la grande prostituée
    n’évoque-t-elle pas le « mystère » affreux d’une Eglise apostate des
    derniers jours ? Thomas d’Aquin, dans son œuvre monumentale apparemment
    tranquille, n’a pas hésité à enseigner qu’il faut s’attendre au règne universel
    du Malin à la fin des temps.

    Mais les réformés confessants ne doivent pas, ne
    peuvent pas, se résigner à cet horrible avenir de l’Eglise.

    […] L’Ecriture n’est pas un outil, une arme, à
    utiliser n’importe comment et pour n’importe quoi ! Mais, comme le dit
    saint Paul, « pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour
    éduquer », et d’abord nous-mêmes ! Mais l’arme spirituelle qui doit
    être nôtre en toutes circonstances, favorables ou non, c’est « la prière
    par l’Esprit », non pas la prière selon les pensées, les désirs et la
    volonté de notre esprit, mais la prière selon le Saint-Esprit qui, lui, peut
    nous vivifier, nous affermir, nous conduire dans le combat de la foi. C’est lui,
    l’Esprit que nous devons mendier, supplier, qui illuminera notre chemin. Oui Veni Creator Spiritus! Viens Esprit
    réformateur !

    • Francine

      Oui, mais Machen et Courthial ont aujourd’hui rejoint la grande nuée, et les réformés, de confessants, sont presque tous devenus conformants, au monde et à ses médias. N’est-ce pas précisément dans l’église réformée que l’on bénit les mariages homosexuels, et que l’on nie l’historicité d’Adam et Ève ? Qu’importe, le demi-millénaire de la Réforme ça se fête ! nous aurons ensemble de belles conférences, et qui sait, peut-être pourrions-nous même demander au pape François de faire dire une messe à la mémoire de Luther ?

      • Pierre BENOIT

        Il y a toujours un reste, un résidu fidèle !
        Il nous faut revenir au schéma doctrinal, Orthodoxe et Catholique, de la
        Réforme : Création, Chute et Rédemption. Pas de Big Bang ! Pas d’évolution, ni
        théiste ni athée !

  • Garder sa Parole et pourvoir aux besoins de chacun?

  • Pierre BENOIT

    L’extrait édifiant de Pierre Courthial avant les commentaires toujours présent à été supprimé. Pourquoi ?

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