Relation avec Dieu personnelle ou collective?

Article de Michael Horton, professeur de théologie systématique et d’apologétique à Westminster Seminary California.

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Les calvinistes ont toujours souligné l’importance d’une relation personnelle avec Christ, incluant les disciplines spirituelles de la prière privée et de la méditation des Écritures.

Cependant, ces pratiques privées sont alimentées par l’assemblée publique du peuple de Dieu. Là où les spiritualités évangéliques ont tendance à passer de l’individu vers la famille pour atteindre l’Eglise, la piété réformée va dans l’autre sens: les moyens de grâce dispensés publiquement en Eglise (1) vont de la famille jusqu’à l’individu.

Plus important encore : aujourd’hui, dans de nombreux cercles évangéliques, le sens de la piété va du croyant vers Dieu. Comment puis-je améliorer ma relation avec le Seigneur ? Comment puis-je servir le Seigneur ? Comment est ma marche avec lui ?

Ces questions deviennent les plus importantes, et elles peuvent nous tenir étroitement centrés sur nous-même alors que nous devrions plutôt nous concentrer par la foi sur Christ et sur l’amour du prochain.

A l’inverse, dans la piété réformée, la direction va de haut en bas : de Dieu vers nous, et ensuite à travers nous vers nos prochains qui ont besoin des dons qu’il nous a donnés pour leurs bienfaits.

Je ne peux pas améliorer ma relation avec le Seigneur. Je ne peux pas lui donner un cadeau qui l’obligerait à me bénir. Les cadeaux descendent, ils ne montent pas (Actes 17: 24-25; Romains 11:35-36; Jaques 1: 17).

Le Dieu trinitaire m’a choisi, racheté, et m’a appelé à la communion avec le Fils par l’Esprit. Par conséquent, mon souci est d’entendre les promesses de l’Évangile, de recevoir ses dons excellents dans le Christ, et d’être rempli de la joie que l’Esprit produit grâce à cette Bonne Nouvelle.

Bien sûr, il y a aussi des commandements dans l’Écriture. Cependant, les bonnes œuvres ne sont pas pour mon profit ou celui de Dieu, mais pour celui des autres: mes frères et sœurs en Christ, ma famille, et mon prochain ayant besoin d’amour et d’un témoignage.

 

Voilà pourquoi nous nous concentrons tellement sur les moyens de grâce : parce que seule l’œuvre de Dieu envers nous peut nous préparer pour nos œuvres envers les autres.

Lorsque l’on parle de piété réformée, ce n’est pas vraiment les premières choses que nos frères et sœurs [d’autres dénominations] ont à l’esprit en ce qui concerne l’intimité spirituelle.

Oui! Vous parlez de l’église et de ‘formalités’, mais nous parlons de grandir dans la relation personnelle avec le Seigneur.” C’est la façon dont les choses sont souvent dites, ou du moins implicitement, dans de nombreuses conversations que j’ai eu.

Le christianisme réformé n’est pas seulement un ensemble de doctrines. C’est une interprétation commune de l’histoire biblique dont les implications sont résumées dans la doctrine.

Elles deviennent alors le monde dans lequel nous habitons par la foi, la confession, la complainte, la louange, et l’espoir. […] Cette pensée façonne notre adoration collective et notre activité dans le monde.

Ce n’est pas simplement en observant les doctrines réformées – surtout en les réduisant à “cinq points”- que l’on découvre l’identité de cette tradition. (2)

Certainement, les doctrines de la grâce sur lesquelles nous nous sommes penchées dans ce livre sont profondément bénéfiques pour la pratique chrétienne.

Ces vérités façonnent notre compréhension de Dieu, de nous-mêmes, et du monde. Toutefois, les pratiques particulières ont été tout aussi bénéfiques que les doctrines particulières pour entraîner les chrétiens réformés de génération en génération.

 

 

Michael Horton

Extrait de For Calvinism, 2011, p. 129-130. Traduction Matt Massicotte.

 

 

Notes et références :

(1) Les moyens de la grâce, dans la théologie réformée, regroupent les différents procédés par lequel Dieu dispense habituellement sa grâce (par ex. : la prière, la lecture de la Bible, l'écoute d'un sermon, etc..) En parlant de “moyens de grâce dispensés publiquement en Eglise”, Michael Horton a surtout en vue les procédés publics par lesquels Dieu véhicule habituellement sa grâce : la prédication de la Parole, le baptême, la Cène, la prière publique, etc...

(2) Le terme “tradition” est parfois considéré négativement par les évangéliques contemporains. Ici, il s'agit simplement de désigner l'héritage des Eglises issues de la Réforme.

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

  • Dans 1 Jean 4.19, nous lisons : »Quant à nous, nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. » Par conséquent, notre service, notre amour et notre louange pour Dieu prennent leur raison d’être dans l’amour que Dieu nous a offert en premier. Ce sont des marques de reconnaissance.

  • Bernard Reims

    Un article pour ne rien dire …..Je suis désolé
    La relation avec le Seigneur est personnelle et collective à la fois !

    • Personne ne nie cela. Avez-vous réellement pris le temps de lire l’article?

  • Samuel Da Silva

    Super article 😉

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