Même les rebuts du diable peuvent être sauvés

Voici quelques pensées de Charles H. Spurgeon sur Matthieu 8.11, « Je vous dis que plusieurs viendront d’Orient et d’Occident et seront assis à table au royaume des cieux, avec Abraham, lsaac et Jacob » :

« Mais outre ce sens naturel et que j’appellerai géographique, les paroles qui nous occupent me semblent avoir un sens figuré et spirituel. Selon moi, cette expression, l’Orient et l’Occident, désigne moins les points les plus reculés du globe, que cette classe d’âmes qui, en apparence, est, pour ainsi dire, aux antipodes du royaume de Dieu. Il y a tels pécheurs dans le monde, du salut desquels chacun désespère. On se dit – « A quoi bon raisonner avec eux? Quel bien pourrait -on leur faire? Tout est inutile; ils sont trop dépravés, trop avilis, trop endurcis pour qu’ils puissent jamais être ramenés à Dieu. »

Ô vous qui passez ainsi condamnation sur quelques -uns de vos semblables; sans vous douter qu’aux yeux de Celui qui juge justement, vous êtes peut -être plus coupable que le plus coupable d’entre eux, écoutez ce que dit Jésus-Christ dans les paroles de mon texte: Plusieurs viendront d’Orient et d’Occident et seront assis à table dans le royaume des cieux. Oui, sachez-le: des dernières limites du royaume de Satan, des derniers degrés de l’échelle du vice, plusieurs viendront qui feront partie de la multitude des rachetés, acquise au prix du sang de l’Agneau. Il y aura dans le ciel, plus d’un pécheur qui, à une époque de sa vie s’est plongé dans la fange des passions; il y aura des intempérants, il y aura des femmes de mauvaise vie, qui, par la puissance de la grâce divine renoncèrent, ceux-ci à leur honteux excès celles -là à leurs débordements, et vécurent pendant le reste de leurs jours dans la tempérance, dans la justice et dans la piété.

Vous souvient-il d’un remarquable incident du ministère du grand Whitefield? Un jour prêchant devant un nombreux auditoire, il dit que « Jésus-Christ était prêt à sauver même les rebuts du diable, c’est-à-dire les âmes que Satan lui -même trouvait à peine assez bonnes pour lui. » Le service fini, son amie, lady Huntingdon, fit comprendre à l’éminent prédicateur que cette hardiesse de langage ne lui avait point semblé tout à fait convenable. A peine venait-elle de hasarder cette remarque, lorsqu’on vint dire à Whitefield que quelqu’un désirait lui parler. Il y va, et remonte un instant après.
– « Madame, dit -il à lady Huntingdon, devinez qui m’attendait en bas? C’était une pauvre femme, tombée au dernier degré de l’abjection.
– Oh! Monsieur Whitefield, m’a -t -elle dit, vous nous avez assuré que Jésus recevrait les âmes même qui sont comme les rebuts du diable, et moi je suis une de ces âmes! » Cette parole fut le moyen de sa conversion.

Que personne ne trouve donc mauvais si les serviteurs de Christ s’adressent aux péagers et aux gens de mauvaise vie. J’ai été accusé, je le sais, d’attirer autour de moi « la vile multitude ». A cela, je réponds: Que Dieu la bénisse, cette « vile multitude! » Que Dieu la sauve par mon moyen, et je serai trop honoré! D’ailleurs, si elle est « vile », comme on le dit, qui a plus besoin de l’Evangile qu’elle? Qui a plus besoin que Christ lui soit annoncé? Certes, ce qui manque dans notre siècle dégénéré, ce ne sont pas des prédicateurs du grand monde, ce sont des hommes qui portent la bonne nouvelle du salut à ceux que l’on appelle la lie du peuple.

Pour ma part, je trouve dans cette déclaration de mon texte: Plusieurs viendront d’Orient et d’Occident, un puissant encouragement à annoncer l’Evangile aux plus grands des pécheurs. Je crois, ainsi que je l’ai déjà dit, qu’à l’exception de ceux qui ont commis le péché contre le Saint-Esprit, il n’est pas d’homme sur la terre assez éloigné de Dieu pour que la grâce ne puisse l’atteindre. Je crois qu’il n’est pas jusqu’à l’un de ces malheureux, opprobre de l’espèce humaine, flétris, dégradés, abrutis presque par le vice, qui, par un effet de la souveraine miséricorde, ne puisse briller un jour dans la gloire, comme la splendeur de l’étendue. Trouvez -moi donc le dernier, le plus vil des pécheurs, je ne dédaignerai point de lui prêcher l’Evangile, car je sais que son âme immortelle est susceptible de salut, et de plus, je me souviens de cet ordre de mon Maître: Va dans les chemins et le long des haies, et presse d’entrer ceux que tu trouveras, afin que ma maison soit remplie. – Plusieurs viendront d’Orient et d’Occident, et seront assis à table au royaume » des cieux, avec Abraham, Isaac et Jacob. »

 

De quoi nous stimuler à partager l’Évangile avec tous ceux qui nous entourent, même ceux que nous jugeons être les moins enclins de se tourner vers Christ !

 

 

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Guillaume Bourin est pasteur de l'Église réformée baptiste de la Trinité, à Montréal (Québec, Canada). Il s'intéresse particulièrement à l'exégèse et à l'intertextualité de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est l'auteur du livre "Je vous purifierai d'une eau pure" : perspectives bibliques sur la régénération baptismale. Il est titulaire de deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat à l'Université d'Aberdeen (Ecosse).