Quel est le lien entre la fin des temps et la mission ?

Charles Kenfack est pasteur et professeur de doctrine, d’histoire de l’Église et de grec à l’Institut Biblique Belge.
Il est titulaire d’un doctorat de la faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine.

Le thème traité dans le cadre de ses recherches doctorales a stimulé notre intérêt, attendu qu’il se situe aux confluences de l’eschatologie et de la missiologie, deux thèmes qui nous sont chers.

Nous sommes heureux de mettre gratuitement à votre disposition le fuit des recherches de Charles Kenfack. Vous trouverez sa thèse en version intégrale en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

L’Evangélisation de toutes les nations comme condition à remplir pour que le Seigneur revienne

 

Nous avons profité de la publication de cet article pour adresser quelques questions à l’auteur.
 –

Le Bon Combat : Charles, tu enseignes à la fois la Dogmatique et l’Histoire de l’Eglise. En quoi ces deux disciplines sont-elles complémentaires ?

Charles Kenfack : Il est tout d’abord important de bien asseoir sa foi sur les données révélées dans l’Ecriture. La doctrine est essentielle car elle permet de réunir en un seul lieu ce que l’Ecriture enseigne en divers endroits.
Ainsi se trouve formulé ce que nous croyons.

Cependant, on on le sait bien : il est possible de se tromper tout en étant honnête, comme l’ont fait certains de ceux qui nous ont précédés. Aussi, est-il important de considérer les écueils de ceux qui nous ont précédés afin de les éviter, de manière à vivre une vie plus à la gloire de notre Dieu sauveur.

Ta thèse de doctorat se focalise sur Matthieu 24:14 et Marc 13:10. Pourquoi avoir choisi de porter spécifiquement ton attention sur de tels passages ? Quels thèmes et concepts souhaitais-tu analyser ?

Comme beaucoup de personnes, j’ai toujours été fasciné par “les choses qui arrivent”. Ce qui m’a frappé dans ces deux versets, ce sont les indicateurs chronologiques au regard de la fin des temps. J’ai alors cherché à bien comprendre ces versets, afin de m’assurer que la pensée limpide qui en découlait était attestée par le reste des Ecritures.

Ensuite, si la fin est vraiment conditionnée par l’évangélisation de toutes les “éthnè” (peuples en particulier non-juifs), alors quel est le pourquoi dogmatique de ce fait, c’est à dire quelle est la raison du conditionnement de la fin du monde à l’évangélisation des “éthnè” dans le “coeur de Dieu” ?

Peux-tu nous dire en quelques mots le lien existant entre l’eschatologie et le Grand Mandat missionnaire ?

En quelques mots, je dirais que la parousie (le retour du Seigneur ou la fin du monde) est conditionnée par l’annonce de l’Evangile à toutes les ”éthnè”.

Ainsi se trouve souligné le rôle crucial du Grand Mandat missionnaire dont le but est le rassemblement en un seul troupeau de tous les élus se trouvant dans les bergeries (juives et non-juives : cf. Jean 10:16).

Quels sont tes projets actuels ?

J’en ai tellement… l’essentiel étant la mise en oeuvre de ce grand projet divin que j’ai trouvé dans les Ecritures.

En particulier, j’aimerais rendre ma thèse accessible à un large public, écrire des livres sur l’Eschatologie pour stimuler le Grand Mandat missionnaire ; j’aimerais organiser des conférences sur le sujet, etc. de manière à conscientiser et induire un maximum dans l’action face à l’urgence de l’annonce de l’Evangile “jusqu’aux extrémités de la terre” (Actes 1.8).
J’aimerais pour cela trouver des partenaires, des sponsors…

Maranatha, viens Seigneur Jésus !

Merci Charles ! 

<p>Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat en Ancien Testament à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).</p>

  • Intéressant, merci d’avoir partagé.

    L’approche de M. Kenfack tranche joyeusement avec l’eschatologie qui est aujourd’hui reçue dans les milieux évangéliques, selon laquelle c’est plutôt une « grande apostasie » et d’autre « doom and gloom » qui conditionne le retour de Jésus-Christ.

    Pour ma part je pense qu’il est possible de retenir une position très proche de celle de M. Kenfack tout en faisant une lecture de Matthieu 24:14 et Marc 13:10 qui resitue ces passages dans leur contexte du Ier siècle. Ainsi « toutes les nations » pourrait plutôt référer à l’ensemble des populations du monde gréco-romain, de la Mare Nostrum (Méditerranée), qui ont effectivement toutes été atteintes par l’Évangile avant que le Temple de Jérusalem ne soit détruit en l’an 70 (indicateur chronologique qui a, ab initio, suscité la question « quand cela arrivera-t-il ? » des disciples, cf. Matthieu 24:2-3 et Marc 24:2-4). Une telle lecture n’empêche pas que le retour de l’Oint à l’Eschaton soit conditionné par une christianisation massive et sans précédent des populations terrestres.

%d blogueurs aiment cette page :