Bible

Pourquoi l’évolutionnisme théiste séduit-il certaines franges du monde évangélique français ?

La question de l’origine de l’homme est une question fascinante et passionnante.  Pour le croyant, c’est une question fondamentale, car elle est à la fois à la racine d’une saine et juste compréhension de cette grande méta-narration de l’histoire de la rédemption, mais elle constitue le cadre essentiel d’une droite éthique biblique.

Mais depuis quelques temps, je suis particulièrement stupéfait que certaines personnes puissent encore se dire évangéliques  tout en faisant preuve d’un certain syncrétisme intellectuel où la douce voie des sirènes du mouvement libéral du XXe siècle est accueillie avec une certaine naïveté.

En effet, comment certains peuvent-ils dire que Genèse 1-3 est un mythe tout en disant qu’ils sont évangéliques ? Ces derniers feront alors usage de pirouettes linguistiques pour dire que les événements décrits dans la Genèse sont avant tout là pour parler de vérités communes à l’expérience humaine…mais tout ceci ne se révèle toujours n’être qu’un nouvel écho désespéré d’une entreprise de démythologisation commencée le siècle dernier par la branche libérale du protestantisme.

Pourquoi ces idées sont-elles encore reçues avec faveur chez certains groupes de personnes se désignant comme  évangéliques  ? Quelles sont les brèches qui permettent cet accueil de la part de certains ?

Je vous en propose cinq :

1)     Érosion de la doctrine biblique de l’inerrance et de l’inspiration plénière verbale.

2)     Ignorance de la structure alliancielle de l’histoire de la rédemption.

3)     Absence d’une vraie théologie biblique qui incorpore une droite appropriation de la meta-narration de l’histoire de la rédemption.

4)     Apologétique évidentialiste trop extrême qui ne reconnait pas la différence epistémologique et normative qu’il existe entre révélation naturelle et révélation spéciale.

5)     Érosion de la définition biblique de ce qu’est l’évangile de Jésus-Christ.

 

 

Erosion de la doctrine biblique de l’inerrance et de l’inspiration plénière verbale

Les questions dites  épistémologiques que nous devons toujours nous poser sont  toujours : Comment je sais ce que je sais ?, Comment puis-je être sûr que ce que je crois est vrai ?

Le Christianisme n’est pas une philosophie désincarnée, mais il est avant tout le fruit d’un acte de Dieu au sein de l’histoire. La foi chrétienne est fondée sur une œuvre de Dieu au sein de l’histoire, une œuvre de Dieu qui nous est rapportée et expliquée par Dieu lui-même au travers de la bouche de Ses apôtres et prophètes. L’histoire de la rédemption est une histoire qui nous est donnée dans une histoire de la révélation.

Les 66 livres de la Bible sont ces  écritures  (γραφὴ) qui sont expirées (θεόπνευστος) de Dieu. Les textes bibliques ne sont pas le fruit d’une interprétation humaine d’événements historiques (2 Pierre 1 :20-21), mais ils sont ce que Dieu nous dit aujourd’hui  à propos de son projet de rédemption  accompli et scellé en Jésus-Christ, Son Fils.

Dieu a utilisé des auteurs humains, et la marque « humaine » de cette parole se trouve fondamentalement dans le fait que ce sont des textes à propos d’une œuvre de Dieu au sein de l’histoire de l’homme, des textes dans un langage d’hommes, dans un contexte historique précis. Mais, il serait naïf et inadéquat de croire que l’utilisation divine d’auteurs humains implique nécessairement des écrits qui ne pourraient pas être inerrants, ou qui seraient inaptes à nous transmettre des vérités universelles ou des faits historiques objectifs.

Comme le souligne magistralement  John Frame dans son excellent livre sur la doctrine de la Parole de Dieu, nous nous devons de reconnaître que lorsque Dieu communique à ses créatures, il le fait en tant que Seigneur. Il n’abandonne pas sa seigneurie lorsqu’il nous parle, et ainsi sa parole nous est donnée de façon personnelle tout en portant les marques de sa puissance absolue, son autorité et sa présence (J. Frame, Doctrine of the Word of God, P&R Publishings, p.9-11).

Le devoir de chaque chrétien est ainsi d’approcher la Parole de Dieu avec humilité pour l’interpréter d’une manière cohérente avec le témoignage que cette dernière donne d’elle-même. Nous ne pouvons pas avoir une vision atomistique de la Bible, la Bible s’interprète par la Bible (analogie de la foi). Ceci n’interdit en aucun cas l’utilisation précieuse des outils linguistiques que nous possédons de nos jours. Néanmoins, l’usage de ces outils et des connaissances littéraires des textes du Proche Orient Ancien ou des textes contemporains des écrits bibliques doit être dépouillé de tout geste exégétique qui tendrait à confondre les deux sources.

En ce qui concerne la Genèse, il est particulièrement intéressant de noter l’usage que fait l’apôtre Paul de ces textes (avec un écart de 1200 à 1400 ans entre les textes) et de voir qu’il n’y voit pas là des textes mythologiques ou des fables. Pour Paul, l’histoire d’Adam est un récit historique fondamental dans la compréhension de l’histoire du Salut (voir la discussion intéressante dans Frame, op.cit. , p. 197-199).

Notre exégèse se doit d’être respectueuse du caractère normatif que la Bible réclame d’elle-même. Elle doit être faite dans le respect du genre littéraire, du contexte, et cela dans une approche historico-grammaticale : ce qui nous importe est de comprendre ce que l’auteur voulait dire à ses contemporains.  Comme le souligne R. Plummer (40 questions about interpreting the Bible (Kregel, 2010), p.130), c’est avant tout l’auteur qui est l’ultime arbitre de la signification du texte….pas les autres auteurs contemporains, ni d’autres textes qui lui seraient contemporains (Voir aussi : P. Wells, Dieu a parlé, La Clairière).

 

Ignorance de la structure alliancielle de l’histoire de la rédemption 

Le terme  alliance  est de moins en moins compris dans nos églises, et ceci est dramatique. En effet, la notion de l’alliance est ce qui constitue la charpente principale de l’histoire du salut. Le salut est bien plus qu’un événement individuel pendant lequel nous avons accepté Jésus-Christ comme notre Seigneur et Sauveur. Le salut s’inscrit dans une histoire personnelle au cours de  laquelle Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, interagit avec l’homme dans un cadre allianciel.

La notion du péché ne doit pas seulement être comprise uniquement au travers des lunettes de ma propre expérience, mais elle s’ancre aussi dans une Histoire définie par un avant et un après.

Paul, nous fait une exposition magistrale de la chute en Romains 5.12-21 qui nous oblige à comprendre la notion même du péché dans son cadre allianciel : l’alliance de la création (ou alliance créationelle).

En Eden, lorsque Dieu créa Adam et Eve, il les fit à son image, ce qui fonda entre autre leur devoir de vice-régence et de prêtrise au sein de la création (ce que Dieu lui-même articule en Genèse 1.26-31). Cette alliance possédait une condition (ne pas manger l’arbre de la connaissance du bien et du mal) qui témoignait de la volonté divine que l’homme puisse exercer son mandat dans une attitude d’adoration et de dépendance envers son Créateur.

Sa désobéissance fut en fait une déclaration suicidaire, celle d’un désir incohérent de vouloir être sa propre norme vis-à-vis de ce qui est bien ou mal…d’être son propre dieu. Le péché ne fut alors pas quelque chose de privé dans le cercle familiale primordial, mais à cause de cette seule offense  tous  ont été comptés pécheurs et  la mort a  touché l’ensemble de la descendance.

Le péché est éthique, mais il ne peut être compris uniquement dans notre sphère individuelle lorsqu’on regarde l’histoire de l’humanité.

Le péché possède une histoire, une histoire malheureuse et remplie de souffrances dont le point d’origine englobe l’ensemble de toute la descendance humaine.

Mais, l’histoire ne s’arrête pas là… car par la faute d’un seul, la péché et la mort sont rentrés dans le monde ; mais par l’obéissance d’un seul la justice et la vie sont offertes à beaucoup. C’est le cadre de promesse faite en Genése 3.15, une descendance qui serait victorieuse, une descendance dont la victoire et la vie sont reçues par la victoire de Jésus-Christ.

Cette victoire accomplie dans sa mort et sa résurrection fut le sceau de la nouvelle alliance, cette alliance au sein de laquelle l’église se trouve aujourd’hui et dans laquelle nous avons reçu la promesse de l’Esprit (Gal 3 & 4).

Lorsque nous prenons alors conscience de ces réalités historiques liées à des individus historiques (Adam et Jésus-Christ) et leur fonction structurelle alliancielle de l’histoire de la rédemption, toute approche individualiste ou évolutionniste pour l’homme devient inacceptable et pure spéculation philosophique.

 

Absence d’une vraie théologie biblique qui incorpore une droite appropriation de la meta-narration de l’histoire de la rédemption

Nous en avons déjà parlé, mais il est important de comprendre et lire la bible non comme la somme d’histoires disparates, mais comme une grande Histoire. Dans cette grande Histoire, Dieu a voulu créer et mettre à part un peuple pour Sa gloire (Eph 1.14). C’est la notion bien trop individualiste qui marque souvent certaines églises que je veux dénoncer ici.

Nous devons veiller à toujours posséder une vraie théologie biblique, c’est-à-dire une théologie qui incorpore droitement la continuité de l’histoire de la rédemption au sein des écrits de la révélation biblique.

Ceci est important pour comprendre quel lien existe entre nous et tous les saints qui nous ont précédés, particulièrement les saints de l’ancienne alliance. Ce lien est avant tout historique et rédemptif : ce n’est pas un lien spéculatif fondé sur la notion d’expérience humaine commune.

Nous sommes littéralement les  enfants  d’Adam. Nous ne partageons pas simplement avec lui la caractéristique d’être humain, mais nous lui sommes rattachés par filiation (1 Cor 15).

Abraham n’est pas l’ exemple  d’un homme qui manifesta la foi, mais il est à la fois le  père  duquel la descendance sera engendrée physiquement, à savoir Jésus-Christ (Gal 3.16) ; et il est aussi le  père (dans le contexte de la foi) de tous ceux qui sont en union et communion au Christ par le moyen de la foi (Rom 4), ceux qui ont été engendrés par l’Esprit (Gal 4).

J’ai bien peur que l’érosion du caractère historique de l’histoire de la rédemption soit un réel danger pour l’église dans son appropriation de l’histoire du salut accompli en Jésus-Christ.

John C. Collins, dans son commentaire sur Genèse1-4 (p.17) dit la chose suivante (à propos de son approche littéraire orientée sur le discours) :

(…) Tout type de lecture historico-rédemptive des narrations [bibliques] impose que ces dernières soient vraiment historique – particulièrement, l’histoire réelle de la relation entre Dieu et son peuple. Ces interactions expriment  la fidélité de Dieu, son engagement à avoir un peuple saint, et il fonde aussi la confiance de tous les héritiers de ce peuple dans le fait que Dieu continuera à manifester sa fidélité et son pardon

 

Apologétique évidentialiste trop extrême qui ne reconnait pas la différence epistémologique et normative qu’il existe entre révélation naturelle et révélation spéciale

Lorsque nous défendons notre foi (apologétique), nous faisons usage, à juste titre, d’arguments basés sur la création qui révèlent les perfections invisibles de Dieu (révélation naturelle, Rom 1.20). Ceci représente ce que l’on peut appeler une apologétique évidentialiste. Mais, lorsque nous faisons usage d’une telle approche, il est sage de nous poser la question du contenu et de l’autorité de cette révélation vis-à-vis de la révélation spéciale.

J’ai bien peur qu’il règne une vraie confusion. Souvent la création et la Bible sont comparées à deux livres équivalents.

Je pense que ceci est une erreur et source de confusion. La Parole de Dieu nous a été donnée sous une forme inscripturée, elle est articulée par des phrases et des mots. La création, elle, témoigne de façon non verbale des perfections invisibles de Dieu, de sa puissance éternelle et de sa divinité. Les lois naturelles que nous pouvons essayer d’articuler, et donc d’exprimer dans un langage, ne sont que les causes secondes phénoménales de la présence active providentielle de Dieu au sein de sa création.

Nous nous trouvons sur deux niveaux épistémologiques  différents. Les démarches interprétatives sont différentes. Dieu parle effectivement dans les deux cas ((1) Dans son action créationnelle primordiale non répétée et son action providentielle continue ; puis (2) dans les 66 livres de la Bible), mais c’est uniquement dans la Bible que sa voix est articulée dans un langage verbal avec un contenu historico-rédemptif normatif . Est-il acceptable d’accepter la révélation naturelle comme normative ? Sans aucune réévaluation de ses déclaration d’ordres anthropologiques, historiques et  métaphysiques ? Ceci ne témoignerait-il pas d’une certaine compréhension erronée de la raison humaine comme autonome ou neutre ?

C’est Sa Parole qui est nécessaire pour que nous puissions comprendre droitement qui nous sommes et notre place dans l’histoire et dans l’univers vis à vis de notre Créateur.

C’est Sa Parole qui peut réformer et transformer notre intelligence handicapée par le péché, afin de Le connaitre. Comme le disait Jean Calvin, ce sont les écritures qui sont ces lunettes qui nous aident à lire droitement le témoignage de Dieu au sein de sa Création.
La philologie, la linguistique, les études historico-littéraires sont des outils utiles pour comprendre droitement le langage biblique original (lorsqu’ils sont droitement utilisés, cf. S. Romerowski, Les sciences du langage et l’étude de la Bible, Excelsis (2011)) ; mais une fois ce travail fait nous  nous devons de nous préserver des philosophies qui peuvent y être attachées (voir cet excellent article de Wayne Grudem, The Perspicuity of Scripture (2009)).

Ainsi, au delà des problèmes scientifiques que posent la théorie même de l’évolution, l’enseignement anthropologique qui dérive de l’évolutionnisme n’est pas recevable face à l’enseignement scripturaire (imago dei, origine de la mort et du péché, cadre allianciel primitif).
Or une telle anthropologie impose nécessairement une vision théologique particulière qui contredit le verdict de « très bon » donné par Dieu à la fin de la semaine de création , ou qui ne discerne plus les différence anthropologiques entre l’état prélapsaire (avant la chute), postlapsaire (après la chute) et eschatologique (consommation pleine et entière du dessein divin pour l’homme).

Finalement, je suis convaincu que l’église se doit d’incorporer une démarche présuppositionaliste à son apologétique qui approche droitement les questions épistémologiques (cf. C. Van Til, An introduction to systematic theology: prolegomena and the doctrines of revelation, scripture, and God, P&R Publishings (2007), S. Oliphint, Covenantal Apologetics: Principles and Practice in Defense of our Faith, Crossway (2013)).
L’homme ne doit pas et ne peut être compris comme autonome et neutre dans l’acquisition de sa connaissance, la notion de normativité scripturaire est fondamentale si nous ne voulons pas être ballottés à tout vent de doctrines.

 

Érosion de la définition biblique de ce qu’est l’évangile de Jésus-Christ

Qu’est-ce que l’évangile ? Une question basique et pourtant fondamentale. Vous me direz que c’est l’annonce de la bonne nouvelle du salut.

D’accord, mais nous sommes sauvés de quoi ?

Et c’est ici que les choses se compliquent. Dans certains milieux évolutionnistes théistes, il apparaît que nous sommes sauvés du  péché  que nous faisons fondamentalement par  imitation . Toute la doctrine de la dépravation originelle ou radicale est supprimée. C’est clairement une approche individualiste.
Mais c’est bien plus que cela : le péché devient un ingrédient nécessaire qui découle nécessairement de la faiblesse constitutive de l’humanité (une faiblesse identique avant et après la chute). Or, le témoignage biblique ne peut s’accommoder d’une telle compréhension. Le statut de créature de l’être humain et donc de dépendance vis à vis du créateur n’implique pas nécessairement une faiblesse de type éthique chez la créature.
Adam et Eve avaient à la fois la capacité de pécher et de ne pas pécher. Leur dépendance vis à vis de leur Créateur n’annulait pas leur responsabilité éthique vis à vis de celui-ci. Lorsque l’homme désobéit à Dieu, il perdit cette dernière capacité. Car c’est volontairement qu’il décida de diriger ses passions vers lui-même, de ne plus adorer le Créateur, mais de marcher dans une voie où il se croit être sa propre loi (auto-nome). Cette démarche volontaire devint un esclavage dont la délivrance se trouve uniquement dans une intervention divine. Cet esclavage décrit aujourd’hui l’état de chaque fils et fille d’Adam,de chaque être humain (Rom 5:12-21).

Le salut n’est pas un remède  pour palier à une incapacité propre à notre nature humaine. Le salut offert en Jésus-Christ est une œuvre de rédemption et de transformation accomplie dans l’union et la communion à une personne, Jésus-Christ, par le moyen de la foi. C’est une oeuvre qui nous transforme et non pas une oeuvre qui nous répare. C’est une oeuvre qui nous délivre et non qui  éduque notre vieil homme.

C’est une œuvre de Dieu au sein de l’histoire dont Jésus-Christ, Dieu le fils qui s’incarna, en est le centre. C’est une œuvre historique qui répond à un problème historique. C’est l’œuvre d’un homme  qui répond à un problème occasionné par un autre homme. C’est l’œuvre d’un homme, le second Adam, pour son peuple (fruit d’une régénération spirituelle) qui répond au problème du premier Adam et de sa descendance naturelle. C’est pour cela que nous pouvons crier avec l’apôtre Paul : Christ est ma vie !

En conclusion, cette liste est malheureusement non exhaustive, et je reviendrais sur d’autres problématiques non abordées ici, mais pour conclure je citerai A. Probst (Article dans la Revue Réformée n°192) :

On peut soutenir, à juste titre, qu’un certain protestantisme historique est mort le jour où nos théologiens n’ont plus disposé de la grande doctrine du péché originel  qui fut celle de Luther, Calvin, des péres de Dordrecht,… d’Edwards, Whitefield et des fréres Wesley.

 

“C’est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu’en recevant la parole de Dieu que nous vous avons fait entendre, vous l’avez accueillie, non comme la parole des hommes, mais comme ce qu’elle est vraiment : la parole de Dieu qui agit en vous qui croyez” (1 Thess 2:13)

 

 DS

 

Ps : Pour les anglophones, une excellente série de Podcast de théologie biblique est disponible en ce moment. En fait, c’est une lecture commentée de l’excellent livre de G. Vos, Biblical Theology, Old and new Testament. C’est le Dr Lane Tipton qui le fait (Professeur de Théologie Systématique à Westminster).
L’épisode de ce mois-ci est particulièrement intéressant par rapport à notre sujet, car il parle entre autre de la mortalité et immortalité de l’homme, et ainsi de la position erronée du courant évolutionniste vis à vis de cette question.

Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.

  • Excellente plaidoirie en défense de l’orthodoxie protestante évangélique, qui cependant ne répond pas à la question qu’elle pose elle-même en titre. En effet, les cinq points développés expliquent fort bien pourquoi les chrétiens authentiques devraient placer l’interprétation réformée de l’Ecriture au-dessus des philosophies évolutionnistes, mais ils ne rendent justement pas compte du pourquoi nous constatons chez les évangéliques contemporains une tendance générale inverse, ni du pourquoi ce phénomène est particulièrement perceptible chez les évangéliques français, CQFD.

    Personnellement, je ne crois pas qu’une dérive évolutionniste de la théologie protestante puisse trouver sa source dans un manque de maîtrise de la langue anglaise ; a fortiori, je ne pense pas que la traduction en français de tous les merveilleux ouvrages de nos frères anglo-saxons pour un coût raisonnable, suffirait à provoquer un sursaut pastoral d’indignation envers nos mentors évangéliques, qui aujourd’hui mettent en doute l’historicité du premier Adam.

    Je crois que la solution de l’énigme tient en un simple mot : intention. L’intention c’est en somme le moteur de toutes nos actions ; quand au lieu de considérer les arguments d’un adversaire j’en viens à questionner ses motivations personnelles, il m’est fort justement répondu que je suis en train de lui faire un procès d’intention. Or que signifie cette réplique convenue ? Que je soupçonne chez mon adversaire une intention mauvaise, sans avoir de preuves qu’elle ne soit pas bonne. Par là-même, c’est avouer que la question morale prime toutes les autres. Dieu fait constamment à l’homme un procès d’intentions, à la différence d’avec nous, que Lui ne se trompe jamais sur nos motivations réelles.

    Sans doute il existe des intellectuels évangéliques sincèrement troublés par les arguments évolutionnistes sur l’origine de l’homme. Cependant, entre des perplexités privées et une prise de position publique qui ramène la personne d’Adam au niveau du mythe, rejetant ipso facto l’unicité de la race humaine comme condition essentielle à la rédemption effectuée par Jésus-Christ, fils d’Adam, il existe un grand fossé. L’intention seule permet à un chrétien permet de franchir ce fossé. L’intention d’être vu dans la cour des grands.

    Finalement, je crois que La Fontaine avait depuis longtemps répondu à la question de l’article, dans le début de sa fable : Le Rat et l’Éléphant :

    Se croire un personnage est fort commun en France :
    On y fait l’homme d’importance,
    Et l’on n’est souvent qu’un bourgeois,
    C’est proprement le mal françois :
    La sotte vanité nous est particulière.
    Les Espagnols sont vains, mais d’une autre manière.

    • Merci de votre commentaire. Il est indéniable que la question de prise de position publique, la notoriété, le besoin de reconnaissance peut être un facteur supplémentaire.
      Fraternellement,
      Dan S.

    • Claude,

      Merci pour ce commentaire de qualité, comme à l’accoutumée.

      J’aimerais simplement apporter un élément de correction : je pense pas que l’on puisse dire que les leaders évangéliques francophones remettent en cause l’historicité d’Adam.
      Il me semble plutôt que ceux qui remettent en cause l’existence historique de premier homme sont aujourd’hui peu nombreux, du moins dans le Réseau FEF.

      Je pense que la tendance va s’inverser, au vu de la tolérance voire même de la sympathie que certains ont envers les thèses évolutionnistes-théistes radicales.

      J’ai trouvé très pauvre la défense du Adam historique faite par Matthieu Richelle dans son commentaire sur Genèse 1-11.
      Il n’en reste pas moins qu’elle est bien là, et que cette approche reflète -je pense- la position de la plupart des évolutionnistes-théistes évangéliques francophones.

    • Christoph

      Bonjour,

      J’arrive très tard par rapport à la rédaction de cet article et l’âge des commentaires. Je ne sais pas si mon commentaire sera donc lu.

      Je réagis plus aux commentaires qu’à l’article lui-même, j’en suis désolé. J’apprécie beaucoup le travail du bon combat et j’espère ne pas déclencher des débats inutiles. Mais le commentaire de Claude sur les procès d’intention m’a fait sauté au plafond et j’espère que ma réponse pourra nuancer de tels propos.

      Certes, le notoriété, le besoin de reconnaissance peut être un facteur supplémentaire pour l’acceptation de l’évolution. Je doute très fortement cependant qu’il soit décisif pour la plupart de mes frères.

      Je n’ai pas été amené à prendre des positions publiques à ce sujet, pas encore du moins. Personnellement, je serai plutôt agnostique sur cette question précises (ma spécialité est la physique et non la biologie donc il m’est difficile d’évaluer tous les arguments). Mais si je devais parler publiquement, j’affirmerais probablement la compatibilité entre l’évolution et la Bible. Et mon soucis n’est pas la notoriété mais d’éviter d’être une pierre d’achoppement pour les autres.

      En effet, l’église dans laquelle j’ai grandi était jeune terre. En vieillissant, et surtout en poursuivant mes études, je suis tombé sur de nombreux arguments pour une terre vieille (d’au moins plusieurs millions d’années). Certains arguments demandaient de la finesse pour les interpréter et donc sont probablement plus faibles. Mais d’autres furent très puissants. À tel point, que j’ai dû accepter un vieil âge pour la terre. Mais mon éducation jeune terre a été une souffrance plus qu’autre chose, puisque j’étais presque incapable de voir une autre interprétation des textes. J’ai fini par adopter une interprétation plus « littéraire » (je ne veux pas dire libérale – en effet, on peut me qualifier de conservateur) qui me permet de vivre en paix avec les deux.

      Quel est le lien avec le sujet abordé puisque je ne parle pas d’évolution ? Et bien, de loin, je vois qu’il existe des arguments pour l’évolution (et même pour l’évolution humaine). Il existe aussi des armées de biologistes qui étudient la question. Il est donc tout à fait possible que certains arguments soient forts (parmi ceux que je connais, certains déjà me semblent pertinents). Je ne veux donner à personne l’impression que la Bible est contre l’évolution si celle-ci s’est produite. Il s’agit d’une pierre d’achoppement bien inutile surtout pour ceux qui ont passé leurs vies à étudier l’évolution.

      Pourrais-je ainsi tourner n’importe quel texte de la Bible ? Non. Déjà, il faut une interprétation cohérente et pertinente des textes. Cela ne s’invente pas comme ça. Celle que j’adopte s’avère ouverte à la possibilité de l’évolution. Mais je l’ai adoptée parce qu’elle me semblait pertinente et non parce qu’elle me faisait plaisir (sinon, j’aurais adopté une interprétation concordiste, bien plus satisfaisante quant à ce qu’elle prétend mais qui me semble beaucoup moins crédible). Ensuite et surtout, nous parlons de sciences (certes on peut faire la distinction entre sciences historiques et sciences expérimentales – mais je veux insister sur le caractère quantitatif ici) et d’arguments qui dépassent de loin « les idées du moment ». Nous ne parlons pas d’envies ou de mœurs qui elles ne sont pas objectivement défendables même en principe, sauf à en appeler à Dieu (et donc à la Bible). En considérant la biologie pour ce qu’elle est, nous devons reconnaître qu’il est possible d’avoir des traces d’une évolution. Tout comme un détective peut avoir des traces d’un coupable. Certes, cela est parfois difficile à interprêter mais pas toujours et certaines conclusions peuvent se défendre d’être des faits.

      Je ne veux pas me faire avocat de l’évolution cependant. D’abord, j’en suis incapable. Ensuite, moi-même j’aurais de fortes inclinations pour une perspective Intelligent Design, avec ou sans ancêtre commun au monde vivant. Mais je veux souligner que les procès d’intention ne sont pas à faire. En tout cas, celui dressé par Claude non seulement ne me paraît pas pertinent, il me paraît même trompeur. C’est aussi une stratégie trop facile pour le débat que de diviser en deux camps : ceux des fidèles et ceux des corrompus. Ce n’est peut-être pas l’intention (blague volontaire), mais c’est l’impression qui en ressort.

      Ce sont souvent de bonnes intentions qui mènent à de mauvaises décisions. Si l’évolution est réelle par exemple, ce sera une bonne intention (défendre la Bible et son innerance) qui auront mené les créationnistes à une mauvaise action (défendre une interprétation littérale, au risque d’en détourner certains de la foi). La question des intentions me paraît donc au minimum déplacée, au pire, méprisante.

      J’espère n’avoir choqué personne, mais je voulais parler vue la polarisation des commentaires.
      Fraternellement,
      Christoph

      • Hello Christoph, merci pour ton commentaire. 🙂

        Non, tu ne choques personne, et tu as absolument le droit de donner ton point de vue.

        Nous n’avons pas trop de réponse à formuler, attendu que c’est essentiellement la forme d’un commentaire dont nous ne sommes pas l’auteur, qui te fait réagir.

        Cependant, est-ce que ej peux te demander deux petites précisions :
        1- qu’entends-tu par “lecture littérale” ? (je suis toujours étonné par ce que l’on met derrière).
        2- Quels sont les arguments bibliques qui t’amènent à incliner davantage vers une compatibilité de l’évolution avec la Bible?

        En Christ,
        Guillaume

        • Christoph

          Bonjour !
          Oulala ! J’ai l’impression d’avoir lancé un débat bien au-dessus de moi…

          D’abord Daniel, je tiens à souligner que je n’ai pas attaqué l’inerrance et ne me suis pas fait promoteur d’une inerrance partielle. Au contraire, je la défends encore.

          Guillaume, tes demandes de précisions sont tout à fait légitimes :
          1) Par lecture littérale, j’entends une lecture qui prend le texte dans son sens premier, laissant peu de place à la métaphore ou à l’allégorie. Cela est souvent accompagné de ce qui me semble être une surinterprétation (bien que ce ne soit pas toujours le cas) surtout sur les parallèles. Voici un exemple de surinterprétation que j’ai récemment vu, sur lequel nous serons d’accord : croire que Jonas est mort et ressuscité à cause du parallèle que Jésus donne avec sa mort et résurrection.
          Sur la question des origines, je vois de tels exemples dans le fait d’insister sur le fait que le serpent était un vrai serpent (c’est de l’ordre du possible, mais je serais loin d’y mettre ma main à couper) ou dans l’utilisation des paroles de Jésus « Au commencement, il n’en était pas ainsi. Aussi, je vous déclare que celui qui divorce et se remarie, commet un adultère — sauf en cas d’immoralité sexuelle. » comme preuve que les hommes ont été créés dès le commencement et donc que la Terre est jeune.

          Par opposition, j’appelle lecture « littéraire », une lecture qui cherche plus le symbole, au risque probablement (il faut le reconnaître) d’en oublier l’aspect historique. Il ne s’agit pas nécessairement de nier l’inerrance du texte cependant : je ne défend pas une fiabilité de la Bible uniquement dans les domaines spirituels. Il s’agit de l’affirmation que les textes (certains, pas tous) ne cherchent pas à coller à la réalité. Des exemples de tels textes abondent et nous serons même d’accord sur certains : les paraboles. Maintenant, il est légitime de se demander si une telle approche est justifiée pour la genèse (surtout pour les 3 premiers chapitres). Ce qui nous amène à ta seconde question.

          2) Il m’est difficile de répondre à ta question, puisque ma position (celle de la compatibilité) par essence prétend que la Bible a peu de choses à dire à ce sujet. Je ne dis pas, par exemple, que la Bible est pour l’évolution. Dans ce cas, je pourrais essayer de citer des « passages preuves ». Je ne dis pas non plus qu’elle est contre. Dans ce second cas, il suffirait également de citer quelques passages. Dans mon cas cependant, puisque je prétends que la Bible ne dit pas grand chose à ce sujet, au peut-être même rien, une telle approche est impossible.

          La meilleure défense que je peux proposer, il me semble, serait de prendre les arguments possibles contre et de voir en quoi ils ne conviennent pas. Sur le sujet de l’évolution précisément, il y a peu à dire, il me semble. Je ne connais aucun argument qui soit contre l’évolution sauf un.
          Je m’explique : il y a, il me semble, deux arguments principaux. Le premier est le problème de la mort avant la Chute et le second est le problème de la négation de l’existence d’Adam. Or aucun de ces arguments n’est vraiment un argument contre l’évolution en tant que tel. Le premier est plutôt un argumentaire contre l’apparition tardive de l’être humain et le second contre l’interprétation des données génétiques humaines (je ne parle pas de la descendance commune avec les singes mais de la diversité du génome humain). Aucun de ces deux problèmes n’émergent à partir de la croyance en l’évolution.

          Je vois tout de même deux problèmes possibles. D’abord, l’évolution nie-t-elle l’action divine ? Je pense qu’une saine théologie permet d’éviter cette dichotomie. Mais même en admettant que l’existence d’un mécanisme puisse évincer Dieu, est-ce vraiment un problème ? Non. Michael Behe (certes catholique) croit à la descendance commune (et donc à l’évolution) mais aussi à l’Intelligent Design. Car on peut croire à l’existence d’un ancêtre commun sans pour autant se prononcer sur le mécanisme.

          Ensuite, il y a un verset et un seul, que je trouve pouvoir aller contre l’évolution, en tant que descendance commune, c’est la locution « selon leur espèce ». J’avoue que ça ne m’émeut pas beaucoup. D’abord, même un créationniste admet une certaine variabilité et donc doit défendre une interprétation large d’espèce. Ensuite, la spéciation (l’apparition de barrière reproductive entre deux espèces qui naissent d’une seule) est progressive. Ainsi à tout moment, au sein du groupe qui se reproduit, la reproduction est bien dans une seule espèce. Quitte à tout prendre à la lettre, ce genre de raisonnement me paraît défendable.

          Pour les deux problèmes mentionnés plus haut, qui ne concernent pas exclusivement les évolutionnistes donc, je n’ai pas de solutions miracles. Le problème de la mort animale ne me semble pas un problème en soi (je crois que seule la mort humaine est un scandale – ou dit autrement, nous mangerons de la viande dans la nouvelle création). Mais cela laisse tout de même quelques problèmes de confort. Pour ceux-là, j’avoue que la solution de William Dembski me semble élégante (la vision qu’il présente dans « Christianity’s end » – très mauvais choix de titre par ailleurs).
          Pour le problème de l’historicité d’Adam, admettons d’abord que l’unique problème est « comment faire pour qu’Adam soit le père de tous les humains ? ». Je ne vois que deux solutions :
          1 – Soit il ne l’est pas. Il est simplement le chef fédéral de la même manière que Christ l’est.
          2 – Il l’est et on doit faire remonter Adam au paléolithique. C’est une possibilité, mais qui demande plus de travail pour arriver à une vision cohérente. On peut alors distinguer deux visions : Adam est-il le père de tous les humains actuels ? Dans ce cas, on a un candidat par les données génétiques elles-mêmes qui remontent à environ 100 000-150 000 ans. Ou bien est-il le père de tous les humains de tous temps ? C’est beaucoup plus compliqué à soutenir, même si je continue de penser que ce n’est pas une impossibilité totale (au regard de la génétique).

          J’espère que cela répond à tes questions.
          Fraternellement,
          Christoph

          • Merci pour tes précisions. Je veux juste te préciser que ta compréhension de “lecture littérale” n’est pas exactement celle des débats académiques qui ont pu avoir lieu sur ce sujet.

            C’est pour cela que je te posais cette question, et du coup, je préfère utiliser le qualificatif “historique” pour décrire ma position : je lis les récits créationnels en tenant compte des caractéristiques littéraires et stylistiques du récit, mais à mon sens cela ne s’oppose pas à ce que les évènements soient décrits de manière historique.

            Mon problème est que si tu appliques ton approche de Genèse 1-3 à l’ensemble des Ecritures (voir simplement aux chapitres suivants de la Genèse), tu arriveras à des conclusions que tu trouveras difficiles, compte tenu de ta volonté de rester conservateur quant à ton approche.

            Regarde cet article de Peter Williams, qui devrait t’éclairer sur ce sujet: http://bit.ly/1ITNE2L

            D’autre part, je ne comprends pas ton argument sur la mort, ni pourquoi pour ti ce n’est pas un pb. Pour moi, c’est LE problème : comment la mort peut-elle apparaitre avant la chute? Quelle(s) est(sont) la/les justification(s) biblique ?

            En Christ,

          • Christoph

            Rebonjour Guillaume !

            Je risque de te décevoir et de ne pas répondre totalement. Surtout que je ne vais pas pouvoir prolonger ma participation vue le temps qu’elle commence déjà à prendre ^^.

            Bien sûr, ma description est un peu caricaturale et je ne nie pas que le côté historique est compatible avec une stylisation du récit. Et bien sûr, Dieu étant aux commandes, rien ne l’empêche en principe, à agir selon un schéma littéraire. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit dans Son habitude ^^.

            Je ne pense pas qu’appliquer cela aux restes des Écritures soient franchement un problème. Il est vrai qu’avec une telle approche, j’aurais du mal à adopter nombre de positions parmi les évangéliques (je pense à la fin des temps notamment). J’avoue, je suis amillénariste ^^.

            En fait, je pense que la question pour Genèse est tout de même assez différente que pour les autres textes, que je qualifierai d’historiques. En effet, il y a une grosse différence dans la date de rédaction.

            Les événements de genèse se passe tous dans un temps reculé bien avant la rédaction des documents, la tradition donnant Moïse comme auteur d’au moins une partie du décalogue (on peut couper les cheveux en quatre à propos de la fin du Deutéronome mais on a au moins une borne inférieure). Alors certes, Dieu aurait pu révélé miraculeusement tous ces événements reculés (soyons honnête, soutenir que cela provient de la tradition orale sur une échelle de quelques milliers d’années est invraisemblable). Mais l’a-t-Il fait ? J’ai tendance à penser que non. La raison est qu’Il ne le fait pas en ce qui concerne le futur. Les prophéties sont certes justes, mais comme derrière un voile. Or rien n’empêcherait à Dieu de tout dévoiler. De même, Genèse est juste mais comme derrière un voile même si Dieu aurait pu tout dévoiler sans artifice (il est à noter que cette façon de penser au temps de manière symétrique est très influencée par mon travail en tant que physicien).

            La question est évidemment totalement différente lorsque l’on parle de témoins oculaires.

            Quant à la mort, mon argument est en deux parties :
            1 – ce n’est pas un argument contre l’évolution précisément, même si elle l’implique, mais contre le fait que des animaux mourraient avant l’apparition d’Adam, ce qui est commun à toute vision vieille Terre.
            Ainsi, si tu me dis, que la mort animale ne peut absolument pas exister avant l’Homme, après mes années d’études en physique, je serai obligé d’admettre que la Bible à tort. Je souligne donc la dangerosité de l’argument.
            2 – mais mon deuxième point est plus important encore : nul part dans la Bible, je ne vois pas la mort animale comme un problème. En fait, j’en tiens à témoins que le Christ ressuscité mange du poisson (et donc le tue). Si la mort animale est un mal, pourquoi se le permet-Il ? Ou pourquoi n’est-ce jamais mentionné dans les Écritures, alors que le meurtre lui est bien proscrit ?
            Un autre argument, à mon avis, est : pensez-vous réellement que Dieu est recréé après la Chute ? Par exemple, a-t-il rendu le chien carnivore ? Pourquoi donc ? Et encore une fois, pourquoi n’est-ce pas mentionné en Genèse 3 ?

            Ainsi dire que la mort animale est due à la chute me paraît une chose étrange.

            Tout comme Blocher cependant, je ne nie pas une trame historique (de la même manière que les prophéties parlent d’une trame historique également). Je ne nie pas une chute historique. Mais la forme du récit est à mon avis beaucoup plus libre que celle suggérée par l’interprétation créationniste jeune terre.

            Malheureusement, je crois que ce sera ma dernière participation ici.
            Que Dieu vous bénisse et vous garde,
            Christoph

          • Christoph

            Là où j’ai écrit « décalogue », il faut évidemment comprendre « pentateuque »…

            J’ai eu une longue journée ^^. Ce qui explique aussi mes nombreuses fautes de grammaire :/

          • Ok Christophe.

            Je me permets juste d’insister pour que tu lises l’article de Peter Williams (fruit d’un dialogue avec H. Blocher au European Leadership Forum). Les conséquences de telles conclusions sur la partie littéraire vont bien plus loin que tu ne souhaites l’admettre.

            Sur la mort, je ne commenterai dc pas plus si tu manques de temps. Mais je trouve tes arguments peu développés, c’est dommage.
            Tu ne commentes pas, par exemple, des passages explicites exprimant une corruption (=mortalité) du règne animal consécutif à la chute, ou qui étendent le fédéralisme Adamique à l’ensemble de la création. Cf. par ex. Romains 8:19ss

            Au plaisir!
            Guillaume

      • Tout juste Christoph,
        d’autant plus qu’au lieu de respectabilité, les pasteurs et anciens qui ne cachent pas leur acceptation de l’évolution et d’une interprétation non littérale de la Genèse risquent plutôt le procès en hérésie que la reconnaissance de leurs frères!

        • Si cela a pu être le cas il y a quelques dizaines d’années, ce ne l’est certainement plus aujourd’hui !

          En France, c’est même l’inverse, je pense, Benoit.

        • Quelques soient les raisons (bonnes ou mauvaises) d’une mauvaise attitude envers un ancien, une mauvaise attitude demeure « mauvaise » et nécessite une repentance. Mais ne mélangeons pas les combats, les principes philosophiques et herméneutiques liés à l’évolutionnisme théiste sont dangereux et se doivent d’être exposés. Par exemple, comme je vous l’ai dit à plusieurs reprises, la notion d’inerrance limitée ne possède aucun appui biblique. Elle n’est pas acceptable pour l’église de Jésus-Christ. Au niveau de la génétique, c’est n’est pas juste de croire que les reconstructions faites à partir des ressemblances géniques nous offrent une lecture de l’histoire : une telle conclusion était nécessaire à cause du cadre évolutionniste admit dés le début du raisonnement. Le généticien évolutionniste retrouve à l’arrivée le cadre epistémologique matérialiste qu’il s’est imposé dés le départ.
          Bref, je pense qu’une attitude responsable n’est pas de se poser la question « est-ce que cela va choquer mon interlocuteur de confesser ce que la Bible dit? », mais de proclamer toute la Parole. Car, dans le cas de l’inerrance limitée, il n’existerait alors aucune raison valable de contredire une personne qui dirait que la conception virginale est un mythe. Tout le monde sait qu’il faut un père et une mère pour avoir un enfant…et pourtant, dans l’incarnation du Christ, il n’y a pas eut de « père » humain. Pourtant le thème de la « naissance » est d’ordre médical et scientifique….
          Dan

          • Bonjour Daniel,

            La non-inerrance a au contraire un support biblique particulièrement appuyée : l’usage des citations vétérotestamentaires dans le Nouveau Testament.

            Dans la majorité des cas, les auteurs du NT ne se servent pas du texte hébreu original mais plutôt de la Septante qui est une traduction grecque de la Bible comportant de nombreuses modifications, aussi bien historiques que théologiques (je donne des exemples précis dans mes articles).

            J’ai développé tout cela dans une série d’articles et je n’ai jamais reçu de réponse des inerrantistes sur ce sujet, ceux-ci préférant systématiquement ‘ »botter en touche ».

            Si tu as le temps, n’hésite pas à les lire et à m’expliquer comment tu concilies ce fait avec la théorie de l’inerrance que tu défends.

            En particulier, j’aimerais bien t’entendre sur la citation d’Amos 9 faîte par Jacques.

            Si tu n’as pas le temps de tout lire, je te conseille au moins l’article d’introduction et les deux articles de la deuxième partie :

            http://didascale.com/sommaire-septante/

            Cordialement,

            David

          • Bonjour David,
            Je suis désolé mais ta réponse est profondément erronée. L’usage de l’AT dans le NT se manifeste de façons différentes (citations, allusion, échos thématique…) et peuvent être fait dans une visée prophétique, typologique, thématique… . Greg Beale en parle de façon claire dans son « HandBook of the Use of The OT in the NT ».
            L’argument de l’usage de la LXX (ce qui n’est pas toujours le cas selon l’auteur) n’est pas un argument en soi contre l’inerrance biblique, cela n’a rien à voir lorsque l’on considére à la fois l’élasticité qu’il existe dans le domaine de la traduction et les notions d’unité et de diversité en matière de compréhension d’un seul et même texte.

            A propos d’Amos 9, je te conseille de lire :
            – Michael A. Braun, « James’ use of Amos at the Jerusalem council: steps toward a possible solution of the textual and theological problems (Acts 15), » Journal of the Evangelical Theological Society 20.2 (June 1977): 113-121
            – John Anthony Dunne, « David’s Tent as Temple in Amos 9:11-15: Understanding the Epilogue of Amos and Considering Implications for the Unity of the Book, » Westminster Theological Journal 73.2 (Fall 2011): 363-373.
            – Greg Beale & D. Carson, Use of the OT in NT, p.588ss.
            – G. Beale, The Temple and Church’s Mission, p.232-244.

            Le rejet de l’inerrance biblique est le rejet de ce que la Bible témoigne d’elle-même. L’usage de l’AT dans le NT n’est pas un argument valable pour rejeter celle-ci, c’est un argument qui fait appel à la subjectivité du lecteur car de possibles approches différentes existe pour aborder cette question. Une fois de plus, aucun exégète sérieux ne peut rejeter le fait que la Bible témoigne d’elle-même qu’elle est « Parole de Dieu », une Parole inerrante et infaillible. Ce sont les lecteurs qui doivent faire preuve d’humilité et reconnaître que les questions difficiles liées à l’usage de l’AT ne peuvent se résoudre en disant simplement que les apôtres faisaient des erreurs d’interprétation.

            Daniel

          • David,
            Tu écris beaucoup de choses dans ta critique de l’inerrance, et effectivement cela mérite réponse.
            J’espère que nous pourrons interagir avec toi sur ce sujet, d’autant que certains de tes arguments me paraissent franchement peu concluants.
            Ceci étant, il est important de noter que des réponses évangéliques existent, notamment à tes affirmations sur la Septante. Voir par ex. l’excellent commentaire des citations de l’AT dans le NT édité par Beale et Carson.
            Je pense deux choses :
            1- N’exagère pas non plus le rôle et la place de la LXX. Elles ne sont pas aussi ombreuses que tu sembles le dire, même quand elles s’en inspirent, il s’agit parfois d’allusion et/ou de citation libres.
            2- A mon sens, tu as une opinion erronée de ce que les spécialistes évangéliques entendent par “inerrance”. Certains de arguments frappent le vent, car ils se focalisent sur une idée reçue ou une incompréhension plutôt que ce sur quoi les spécialistes conservateurs faisant autorité entendent en usant de ce concept.
            Bien à toi
            Guillaume

          • Bonsoir Daniel,
            Simple curiosité de ma part, as-tu pris le temps de lire les trois articles que je te proposais avant de me répondre ?

            Sinon, merci pour les références bibliographiques, ça simple mes recherches, j’irai les consulter à l’occasion 🙂

            @Guillaume : De mon côté, j’ai plutôt tendance à penser qu’au contraire l’influence de la LXX est minimisée.

            Mais bon, comme tu l’as dit, nous aurons certainement l’occasion d’en rediscuter dans les années à venir 🙂

            PS : avec le décalage horaire, j’hésite toujours à te souhaiter « Bonne soirée ». Il faudrait un jour que je sache combien d’heures de décalage tu as avec Paris.

          • Bonjour,
            Oui, mais tes recherches ne sont pas du tout concluantes. Tu te limites à souligner que les auteurs du NT utilisent quelque fois la LXX plus que le texte MT…d’ailleurs il faut noter que quelque fois les citations de la LXX ne sont pas toujours exactes (cela est évident dans les textes grecs). Mais, soit rassuré, cela fait LONGTEMPS que cela ne choque vraiment personne dans le rang des « inerrantistes », car, à moins de faire preuve d’anachronisme en matière de technique rédactionnelle, il est bien attesté que la notion de « citation » par les auteurs du Ier siècle n’est jamais une citation « mot pour mot » des textes MT ou LXX, de plus les auteurs du NT ne revendiquent jamais cela. Ce sont toujours des citations plus ou moins libres qui peuvent être plus ou moins exacte « mot pour mot », sans pour autant que le texte utilisé soit trahie. Mais ceci fait plutôt partie des réalités linguistiques, pour cela je te conseille l’excellent livre de S. Romerowsky à ce sujet.
            Je te conseille vivement à reconsidérer ton erreur quant à ton rejet de l’inerrance biblique, car c’est une insulte à la Bible et à ce qu’elle revendique d’elle-même. De plus, je pense que tu devrais éviter de dire que tu revendiques l’héritage de la réforme, alors que tu rejettes le sola scriptura. Ce n’est pas compatible, à moins de te considérer « libéral ». Je n’en fais pas une affaire personnelle, mais c’est une erreur epistémologique grave qui ne te permettra plus , à long terme, de posséder une véritable « assurance » sur les choses que la Bible affirme. N’oublie jamais que le Seigneur jugera plus sévèrement ceux qui enseignent, et si tu pense que c’est ton don, alors il vaut mieux le faire dans le respect de la Parole de Dieu. C’est pour cette raison d’ailleurs que les débats précédents avec toi ou Science et foi ne mènent à rien, car en rejetant de l’autorité des écritures vous ne faites plus de la théologie proprement dit, mais de la philosophie teintée de matérialisme et d’un presupposé non-avoué que la raison humaine serait autonome. C’est aussi pour cela que le terrain de l’exégèse est quelque chose sur lequel ne sont jamais présent de façon authentique et poussée chez les évolutionnistes théistes ou les non-inerrantistes, car le combat est perdue d’avance. Je te dit cela dans un but pastoral, car tu sous-estimes fortement les ravages d’une telle position doctrinale.

  • Tatiana R.

    Tout les chrétiens font de la théologie et l’article est interessant mais svp c’est possible de rappeler la definition des termes techniques qui sont très nombreux ??

    C’est ce genre d’article qd je discute avec des frères et soeurs qui les  » dégouté » ou leur fait peur. Cela leur fait croire que la théologie n’est réservé qu’au  » cercle d’initiés  » et c’est dommage .

    C’est décourageant pour certains si le vocabulaire n’est pas accessible.

    • Bonjour,
      Je vous prie de m’excuser, mais j’ai essayé de mettre entre parenthèse un synonyme à chaque fois que le mot aurait été difficile. Quels sont les mots qui vous ont posé un problème ?
      Dan S.

      • Tatiana R.

        il n’y a pas de problème . C’est surtout pour aider les frères et soeurs qui tombent sur l’article et ne comprennent pas les termes employés. Personnelement aucun mot ne m’as posé de problème ( merci au livre Pour une foi réfléchie et les discussions avec certains ^o^, ) , mais les termes ci dessus ne sont pas compris par tous les chrétiens :

        innérence, structure alliancielle,
        meta-narration,
        Apologétique évidentialiste ,epistémologique .

        Est ce possible de faire un mini lexique sur le blog avec les mots qui reviennent souvent dans les articles ? (lien cliquable sur les termes théologiques)

        par exemple : pré lapsarien ^^

        • …Merci, je veillerai à cela dans les prochains articles. Merci encore de votre feedback,
          En Christ,
          Dan S.

          • Salut Tatiana,

            Bonne suggestion, mais c’est un travail colossal que tu nous demande :). Même si cela pourrait s’avérer très utile, en effet.

            Je conçois que certains de nos articles sont moins accessibles que d’autres sur Le Bon Combat.

            Mais dis toi que cela n’atteint pas le niveau technique de certaines publications académiques : notre blog reste relativement accessible.

            En ce qui me concerne, j’ai appris pas mal de vocabulaire en faisant des recherches sur les mots que je ne comprenais pas.
            Franchement, il suffit de “googler“ le terme en question pour en avoir une définition simple, le plus souvent.

            Il faut bien comprendre que l’on se réfère parfois à des concepts qu’il est difficile de définir en deux mots (cf. par exemple “Apologétique évidentialiste“).
            Vu sous cet angle, l’usage d’un vocabulaire particulier n’est pas de la pédanterie, mais dénote plutôt d’un souci de précision et (paradoxalement) de simplification.

            Franchement je te comprends, et je comprends ceux qui peuvent en être dégouté.
            Mais sur un débat comme celui de “Création-Evolution“, il est nécessaire d’appréhender certaines notions essentielles et un minimum de vocabulaire adapté.

            Si certains veulent suivre un débat ou des articles polémiques sans faire l’effort de s’intéresser aux termes techniques employés, peut-on dire qu’ils s’intéressent réellement à la question?

            Mais je suis content que toi tu fasses l’effort, et je suis sur que plein d’autres le font 🙂

            Bise mon amie.
            Guillaume

  • Tom Huguenot

    Merci pour cet article, Daniel. Puis-je, du haut de mes quelques années de ministère en France, suggérer une autre raison, qui en explique selon moi bien d’autres? Je pense qu’une partie de leadership évangélique français a un tel souci de respectabilité qu’il a du mal à tenir ferme sur certaines doctrines jugées comme trop « fermées » ou « fondamentalistes ». Selon moi, une partie de relâchement doctrinal qui frappe ces milieux depuis quelques années ( et dont l’adoption du ministère pastoral féminin par plusieurs dénominations témoigne) s’explique aussi par cela.

    • Cher Tom,
      Merci de votre commentaire. En effet, mon article ne se voulait en aucun cas exhaustif, et je pense que c’est une bonne chose que tous les lecteurs puissent examiner la question et ajouter sa pierre à l’édifice. Je suis d’accord avec vous, les notions très « politiques » de responsabilité, notoriété, reconnaissance, ambitions au sein d’une fédération ou d’un milieu académique entrent souvent en jeu dans ce relâchement doctrinal.
      Très bonne soirée,
      Fraternellement,
      Dan S.

  • Magnus

    Salut, Daniel! La question d’évolution/création est un sujet très debattu chez les évangéliques en Norvège aussi en ce moment. A mon avis le « problème » n’est pas des manques de connaissances théologiques chez les pasteurs et penseurs chrétiens, mais comment interagir de manière honnête et juste aux découvertes de la science. Il existe des bons arguments en faveur d’un âge de la terre bcp plus élevé que les 6000 ans que l’histoire de la Bible couvre. Il existe aussi des faits scientifiques qui rendent l’hypothèse de l’évolution assez probable (comme les fossils génétiques que les découvertes récentes de micro-biologie ont révélé). Qu’est-ce qu’on fait face à ces défis-là? Je pense qu’on devrait au moins être ouvert à revoir notre interprétation de Genèse 1-3, sans oublier que la science par sa nature n’est pas infaillible. Mais ca compte aussi pour nos interpretations. Je ne dis pas par là que je suis devenu évolutionste théiste, mais je me demande s’il n’existe pas une position qui peut à la fois accepter certains faits de la science moderne ainsi que de confirmer l’historicité des premiers chapitres de la Genèse. On devrait par exemple se demander si la Bible enseigne que la mort biologique n’existait pas avant la Chute.

    • Salut magnus,
      J’espére que toi et toute ta famille va bien. C’est en effet une question importante et très débattue. Tout d’abord la question de l’âge de l’univers et de la terre est à mon avis une question différente que je ne traite pas ici. Ensuite, mon but était de critiquer l’évolution théiste, et particulièrement la branche qui comprends que l’homme est le produit d’un processus évolutif. Du point de vue scientifique, cela tiens de l’hypothèse et ce n’est non vérifiable. C’est une démarche scientifique dite « historique » où on essaye de reconstruire un modèle qui ne nous est ni accessible ni vérifiable. Par exemple, nous n’observons aucune augmentation de l’information génétique via un processus d’ évolution. Les scientifiques qui sont pro-ID le montrent très bien (cf. par exemple « signature in the Cell » ou « Darwin’s doubt »). Ensuite la question herméneutique est en effet centrale. Et c’est là que se joue un gros challenge. Je ne crois pas qu’il soit juste de remettre en doute une interprétation biblique lorsque celle-ci est confirmée dans l’analogie de la foi. On aurait alors un problème avec beaucoup de doctrines bibliques comme la création ex nihilo, la conception virginale du Christ, la résurrection. Je te conseille d’ailleur l’excellent livre de Poythress (Redeeming Science) : http://www.frame-poythress.org/wp-content/uploads/2012/08/PoythressVernRedeemingScience.pdf . Je publierai d’autres articles sur ce sujet (en particulier sur la mort), comme cela tu verras un peu plus ma position.
      Que le Seigneur te bénisse toi et toute ta famille et qu’il bénisse ton ministère en Norvège,
      En Christ,
      Dan S.

  • Bonjour !

    Excellent article, qui a le mérite de pointer du doigts les fondements de ce que l’on peut considérer comme une réelle dérive.

    D’autre part, il me paraît particulièrement risqué de tenter de trouver une justification à la théorie de Darwin, d’autant plus que ses conséquences sociales et morales sont manifestes : soit, ce que l’on appelle le « darwinisme social »(fondé sur le principe de « la survivance du plus apte »). A ce sujet, H. Spencer, qui a repris ses thèses, est, semble-t-il, le véritable inventeur du concept « d’évolution », qui représente pour lui « une loi naturelle de progrès ». Et cette confiance en la nature que suppose l’évolution se retrouve également dans la conception de l’éducation de ce penseur. Conception ayant généré quantité d’idées fausses sur l’éducation(vision utilitariste du savoir, croyance au progrès, primauté d’une dimension individualiste de l’apprentissage incluant le recul de l’autorité, système des « réactions naturelles »-cf Rousseau en plus radical-rendant inutile la discipline et les punitions, etc… )qui nous influence aujourd’hui. Il se pourrait d’ailleurs que les chrétiens(not. évangéliques),qui rejettent l’évolution de Darwin, fassent du darwinisme sans le savoir…

    Je renvois à ce sujet à l’excellent ouvrage de Marcel Gauchet et al : « Transmettre, apprendre », chez Stock, 2014(http://books.google.fr/books?id=RdexAgAAQBAJ&pg=PT58&lpg=PT58&dq=transmettre+apprendre+spencer+%C3%A9volution+marcel+gauchet&source=bl&ots=ugFEL1dglE&sig=YdRuOL98Qzwm2fhCLDx9P24lxwk&hl=fr&sa=X&ei=OEGkU83BMcKm0QXt94C4AQ&ved=0CCkQ6AEwAQ#v=onepage&q=transmettre%20apprendre%20spencer%20%C3%A9volution%20marcel%20gauchet&f=false )

  • Benjamin Brgs

    Bonjour tout le monde,
    J’ai mal en voyant un article prendre position aussi clairement en débutant par « je suis particulièrement stupéfait que certaines personnes puissent encore se dire évangéliques… »
    Je crois jusqu’à preuve du contraire que l’évolution est une théorie tout à fait plausible, je l’ai étudié pendant 5 ans au travers de mes études de biologie, et je t’assure que ca n’enlève rien du tout à ma foi, ni à la grandeur de notre Dieu, ni en la condition pécheur de l’homme, ni au salut offert en Jésus Christ… ni en quoi que ce soit d’ailleurs. Pour tout te dire, je crois que tu entretiens une guerre inutile entre la science et la foi, qui certes, à l’origine part de propos d’une catégorie de scientifiques qui croient que la théorie de l’évolution met hors jeu notre Dieu créateur (comme Dawkins pour ne citer que le plus connu), mais qu’au lieu de prendre du recul sur ces affirmations, certains chrétiens essayent tant bien que mal d’attaquer cette théorie en croyant défendre Dieu, mais au contraire, ils le discréditent (et je pèse mes mots).
    Je trouve aussi dommage que « le bon combat », qui je considère être un site de référence, accepte de publier cet article, qui ne fait que diviser la communauté chrétienne, ce n’est pas « un bon combat ».

    Je ne parle pas en leurs nom bien sur, mais j’approuve très largement l’article publié par science et foi, en réponse à celui ci.
    http://www.scienceetfoi.com/pourquoi-levolutionnisme-theiste-seduit-il-certaines-franges-du-monde-evangelique-francais-reponse-a-un-article-du-site-le-bon-combat/
    Merci

    • Le débat devient interminable et stérile quand on le laisse s’échapper vers le bluff théologique, philosophique ou scientifique. Il faut le réduire à une seule question, n’admettant qu’une réponse binaire :

      La totalité des humains ayant vécu ou vivant sur terre, l’humanité, descend-elle d’une seule et unique femme ?

      Dans la négative, c-à-d s’il existe seulement deux humains dont l’ascendance ne passe pas par une même femme, la position défendue par la très grande majorité des évangéliques est fausse.

      Mais la génétique peut-elle prouver que les humains ne descendent pas tous d’une femme unique ? Tout à fait, exactement de la même manière, et avec la même fiabilité, qu’elle peut démontrer que Jésus n’a pas pas été conçu sans un père humain. De manière générale, la science est bien obligée de faire avec les lois qu’elle observe ; si maintenant le Créateur se réserve le droit de changer localement les règles du jeu, en introduisant à sa discrétion quelques exceptions, la science n’a plus qu’à déclarer forfait et en rabattre de ses prétentions.

      Le scientifique chrétien évolutionniste veut bien admettre que dans le cas de Jésus, c’est différent (sinon gare à l’excommunication)… différent mais comment ? il ne sait pas… personne ne le sait. Mais en ce qui concerne tous les autres cas, il ne veut tolérer aucune exception ! Cependant, le même livre qui nous présente la conception de Jésus comme un fait miraculeux, raconte la création de la première femme d’une méthode qui n’a rien de bien naturel non plus : tirée de la côte d’un homme ! quel que soit le sens que l’on veuille donner à ces mots, ils ne désignent certainement pas l’enfantement normal, que la Bible attribue ensuite à tous les descendants d’Ève.

      Embarrassé par le récit de la création d’Ève dans la Genèse, l’évangélique évolutionniste, répond qu’il ne peut pas envisager une exception pour la première femme, parce que cela reviendrait à en admettre une pour chaque homme, car on ne peut expliquer la diversité de leurs ADN. Voilà certes un beau sophisme ! Par définition le miracle n’étant pas accessible à notre compréhension, on ne peut pas l’infirmer ou le confirmer par ses conséquences. C’est comme si notre évolutionniste voulait bien admettre la conception miraculeuse de Jésus, mais seulement au premier stade de la division cellulaire, parce qu’après cela ferait vraiment trop de milliards de cellules, qui devrait être chacune autant de miracles, puisqu’en les analysant on en déduirait faussement l’histoire d’un père humain… qui n’a jamais existé. Il en va de même d’ailleurs d’autres miracles matériels : si Jésus a réellement multiplié les pains et les poissons, il a introduit dans l’univers un nombre astronomique de particules, qui y resteront jusqu’à la fin du monde, et dont la science ne pourra jamais rien déduire.

      Rejeter le surnaturel parce que notre raison aimerait mieux s’en passer, revient à prendre ses désirs pour la réalité. Il existe une contradiction réelle et grosse de conséquences entre la foi évangélique et les conclusions de la science sur les origines de l’homme. Le match nul ne sera pas accepté, à la fin du temps imparti, il faudra qu’une des deux parties soit déclarée victorieuse, et l’autre vaincue.

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