Pourquoi je crois à l’élection – Charles Spurgeon

Cette citation du célèbre pasteur baptiste Charles Spurgeon démontre à quel point il avait une haute idée de l’élection divine :

Je crois dans la doctrine de l’élection, parce que je suis certain que si Dieu ne m’avait pas choisi, je ne l’aurais jamais choisi moi-même ; et je suis sûr qu’il m’avait choisi avant ma naissance, sinon il ne m’aurait jamais choisi après ; et il devait m’avoir choisi pour des raisons que j’ignore, parce que je n’arrive pas à comprendre en moi-même pourquoi il a jeté son regard sur moi avec cet amour particulier.

Voilà pourquoi je suis forcé d’accepter cette doctrine.

Je suis attaché à la doctrine de la dépravation totale du cœur humain, parce que je trouve mon cœur dépravé, et j’ai chaque jour des preuves qu’il n’y a rien de bon dans ma chair.

Je tiens fermement à ce qu’il y ait expiation avant même que le pardon ne soit possible, parce que ma conscience le demande, et ma paix en dépend.

Cette justice au sein de mon propre cœur n’est pas satisfaite sans qu’une rétribution soit exigée pour le déshonneur fait à Dieu.

 

 

C.H. Spurgeon

Lectures to my students, Second Series, Passmore and Alabaster, p.47

 

D’autres citations de C.H Spurgeon sur ce sujet sont disponibles ici.

 

 

 

 

 

Nicolas B. est marié, contrôleur de gestion et co-responsable du Cercle d'Affaires pour Christ.

  • JB

    « je suis sûr qu’il m’avait choisi avant ma naissance, sinon il ne m’aurait jamais choisi après »… Ca sonne bien en effet. Mais je ne suis pas convaincu… Même venant de Spurgeon. Dire que Dieu nous a choisi avant notre naissance à cause de notre état de péché post-natal est un raccourci trop facile. J’ai une question : Dieu dans sa prescience, sait déjà ce que je serai après ma naissance. Il voit donc mes « péchés futurs. » Donc il voit déjà ma faillibilité avant ma naissance. Pourquoi donc me choisir avant ma naissance ?

    • Nicolas

      Parce qu’il a écrit le scénario du monde et de l’Histoire bien avant ma naissance, et donc la vie de ses élus aussi !
      Oui, je ne pense pas que Spurgeon ignorait Ephésiens 1, c’est vraiment une expression pour souligner ses péchés et son ignorance de la raison de l’élection…

      • Il nous a même choisi « avant la fondation du monde » pour tout dire, JB…

      • Nathanaël

        Mais si Dieu a déjà écrit le scénario du monde, sommes nous vraiment libres? J’ai tendance à penser que Dieu est tout puissant et qu’il est capable de tout mais je ne suis pas sûr qu’il ait tout planifié par avance.

  • Nad

    Et si il en a choisi certains avant la fondation du monde, il n’en n’a pas choisi d’autres ? En lisant, j’ai l’impression que vous niez le libre arbitre puisque la « sélection » était déjà faite d’avance.

  • Nathanaël et Nad,

    Merci pour vos commentaires qui vont dans la même direction.

    – Réponse courte :

    Sans rejeter la capacité de choix de chaque être humain, Spurgeon niait que cette capacité soit libre. Il a parlé à de nombreuses reprises à ce sujet, en particulier dans son célèbre sermon “Le libre arbitre est-il esclave?” dont vous trouverez un extrait ici.

    – Rélexions plus détaillées, en questions :

    (1) S’il n’a pas tout “planifié” (je n’aime pas le mot) par avance, cela signifie t-il qu’il soit surpris quand la chose arrive ?
    [1.1] S’il n’est pas surpris quand la chose arrive, pourquoi n’agit-il pas en amont de cette chose ?
    (par exemple pour empêcher la chute)
    [1.2] Si par contre il est surpris qu’une chose arrive, peut-on réellement dire qu’il est tout-
    puissant ?

    (2) Qu’est que vous appelez “libre-arbitre” ? Est-ce une capacité de prendre des décisions en dehors de toute cause ? Si oui, pouvez vous donner un exemple où un tel libre arbitre a été utilisé ?

    (3) Si Dieu est l’être le plus parfait tel que l’on ne puisse le concevoir (Anselme), alors comment un tel être parfait peut-il être sujet à changement, et donc être dépendant des décisions/actions de personnes qu’il a lui-même créées (c’est à dire “causées”) ?

    En Christ,
    Guillaume

    • Nad

      Merci pour ces réponses.

      (1) Il peut ne pas être surpris quand quelque chose arrive,
      mais tout de même ne pas agir en amont pour laisser la liberté de choix à l’être humain.
      Je ne crois pas en des être- humains types robots prédeterminés à répondre ou non à l’appel de Dieu. Aussi parce que je crois pleinement que cette démarche de rapprochement à Dieu est personnelle. Elle est suite à un appel universel de Dieu pour chaque homme, que Dieu aime par dessus tout. Tout comme le père n’a pas forcé le fils prodigue à venir à lui, mais qu’il attendait sa démarche personnelle pour comprendre que c’est une relation de confiance et non d’obligation que le père voulait. D’ailleurs c’est pour ça que (en réponse à un autre article du site), même partisane du libre arbitre, je prie en remerciant Dieu de cet appel plein de grâce et d’amour.

      (2) Libre arbitre n’est pas incompatible avec déterminisme. Oui nous ne sommes pas completement libre, les causes influent nos décisions (causes terrestre ou spirituelle). Je crois que pour le coup vous êtes d’accord. Mais même si il est restreint, je crois qu’il existe et qu’il a existé en commençant avec le choix d’Adam et Eve – certes restreint par la méconnaissance qu’ils avaient de Dieu – en désobéissant. Ou alors ils étaient prédestinés à péchés ?

      (3) Je ne vois pas le problème que Dieu prenne en compte nos nombreux chemins possibles qui s’offrent à nous. C’est de la théorie des systèmes complexes ! Je ne comprends pas pourquoi tu dis que Dieu est sujet à changement en fait. Peut-être ai-je mal compris. Je ne parlerai certainement pas de dépendance, mais plus simplement d’interaction. Et de ma compréhension de mes lectures, le désir le plus cher de Dieu est de vivre cette interaction avec l’être humain.

      • Hello, et merci pour ta réponse 🙂

        Dans l’ordre :

        (1) Je comprends tout à fait ce que tu dis ici, mais dans ce cas, comment fais-tu pour concilier ta position avec le fait que “l’homme naturel (litt. “sans esprit”) n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui; il est même incapable de le comprendre, parce que c’est spirituellement qu’on en juge ?” (1 Cor. 2:14)
        Egalement, en ce qui concerne ton appel universel, comment concilies-tu cette position avec le fait que tous n’entendrons manifestement pas l’Evangile ? (cf. Rom. 2:12-16, 10:14)

        (2) Oui, absolument, Adam et Eve avaient bien un libre-arbitre (je ne crois pas au fatalisme créationnel, ce que tu décris dans ton commentaire). Mais le fait est que ce libre arbitre a été perdu à la chute. L’homme est devenu esclave du péché, et toutes ses facultés cognitives s’en sont retrouvées affectées (Rom. 1 et 2). C’est ce que l’on appelle les effets noétiques de la chute.
        En d’autres termes, depuis la chute, la capacité de choix de l’homme est soit esclave du péché, soit dans les liens de la grâce.
        Impossible de se tourner vers Dieu en dehors de la grâce de Dieu. La grâce de Dieu doit précéder ton choix de te tourner vers Lui, sinon tu en serais incapable. C’est en substance ce que dit Spurgeon ici.

        (3) OK j’explique mieux l’argument, désolé si je n’ai pas été clair. C’est une extension de ma pensée précédente sur les causes, Dieu étant la cause initiale de tout ce qui existe. Si Dieu agit en fonction des actes des uns et des autres (leur acceptation ou non de l’Evangile), alors les actions des hommes sont la cause de l’action de Dieu.
        Comment accorder cela avec la position de l’être parfait d’Anselme, qui implique que Dieu ne change pas ?

  • Nad

    1-Je ne crois pas, comme tu le dis, que l’homme soit tellement perdu et perverti qu’il est ne soit plus du tout à l’image de Dieu, et que par conséquent que sa capacité de reflexion et de choix soient tellement pourries que lorsque Dieu lui demande de le suivre, c’est en fait Dieu qui choisit pour lui ! Je suis d’accord, Dieu nous éclaire, il nous travaille, parce que le péché est venu habiter en nous et que tout va de travers (cf les versets cités) mais je n’éteint pas – comme vous le faites – la capacité humaine à prendre des décisions .. même si elle est contraintes, on est d’accord. Ou alors c’est une illusion quand Jésus nous demande de le choisir ? Il nous forcerait parce que on n’est pas capable de prendre la bonne décision de nous même ? Je ne suis pas vraiment d’accord. Il met en nous le pouvoir et le faire, mais en collaboration avec le cerveau/l’esprit qu’il nous a donné, perverti, mais encore capable de prendre des décisions avec les éléments qu’il a.

    2- Ce que tu dis est cohérent avec le reste …du coup je radote ;): Encore une fois, je ne crois pas que nos facultés de choix aient disparu depuis la chute comme tu le dis. Ce postulat est très discutable. Dieu ne nous demande pas tout au long de la Bible de faire des choix ? Si il responsabilise l’être humain de cette manière, c’est que finalement il admettrait qu’il y a un libre-arbitre (pas libre dans le sens non contraint) existant, et un être humain avec qui il peut encore interagir sans avoir à le forcer ? Ou alors grosse supercherie, on est devenu tellement pécheur, que tout ça est une illusion. En gros, je différencie libre-arbitre contraint et choix forcés.

    3-Un être parfait ne peut pas interagir avec l’être humain selon les orientations qu’il prendrait ? Je ne vois vraiment pas en quoi ça affecterait la perfection de Dieu. En résumé, il a crée un système collaboratif, ou lui est parfait, nous imparfait, mais pourtant, dans sa grâce et son amour immense, il est toujours désireux d’interagir avec nous, nous éduquer, nous questionner, nous éclairer, nous proposer son salut, mais nous donnant également la liberté de décisions. Je ne comprends vraiment pas le fondement de cet argument.

    En tout cas merci pour le développement, je comprends mieux pourquoi je ne crois pas à l’élection qui va avec la doctrine du rejet

    • Yes, merci pour ta réponse.

      Pour les points 1 et 2 on a fait le tour, mais encore une fois il y a incompréhension : ce n’est pas la capacité de choix que je rejette, c’est la liberté de choix.

      Non seulement je ne l’ai jamais observée dans la vie réelle, mais en plus je ne l’ai jamais découverte dans les Ecritures (après si tu as des éléments bibliques et/ou théologiques, je prends). Tu cites des passages relatifs à l’appel à faire un choix. C’est un fait : le choix existe. Mais rien ne démontre que l’on ait quelque capacité de le faire librement. La seule possibilité de choisir Dieu vient de Dieu.

      La Bible est claire, nos capacités volitives sont atteintes, les pensées de l’homme sont uniquement tournées vers le mal (Gen. 6:5), et l’être humain qui veut faire le bien n’y parviens pas (Rom. 7:14-25).

      Comme le dit Paul : “Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair: j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien.” (Rom. 7:18)

      Pour illustrer ce propos : beaucoup de fumeurs voudraient arrêter de fumer. Mais seul 7% d’entre eux y arrivent pendant plus de 5 ans.
      Et le peu qui est possible au fumeur est impossible au pécheur. Nul ne peut aller au à Christ s’il n’est attiré par le Père. Nul ne peut croire s’il ne recoit le don de la foi (car la foi est un don, cf. cet article), un don qui n’est pas donné à tous… (2 Thess. 3:2)

      Il en va donc de même pour le péché : la volition est atteinte. On parle de capacité de choix ici, pas d’intention.

      Sinon, pour la théologie de l’être parfait, si tu maintiens la position qui est tienne, tu es obligé de croire à un Dieu qui change, puisqu’il adapterait ses décrets en fonction des décisions humaines qu’il voit par avance.
      Et tu rentres en conflit avec les Ecritures qui décrivent un Dieu qui ne varie pas, qui ne change pas.

      L’idée est de s’attacher à la description que les Ecritures nous font de Dieu, pas de le forger selon nos propres désirs.
      Je comprends que l’idée de l’élection choque, mais que peut-on faire si elle est attestée bibliquement?

      A bientôt!
      Guillaume

  • sebfjgil

    Je crois que Dieu a élu tout être humain avant même la création du monde. À chacun de se porter candidat à cette élection. Les chances d’être élus en se portant candidat sont de 100% (contrairement à une election humaine).
    Malheureusement le péché rend l’Homme naturel (charnel) incapable de se présenter à cette election par lui-même (Rom 8:7). C’est pourquoi la prédication de l’Évangile est indispensable (Rom 10:14). Non pas en se basant sur des arguments persuasifs mais par la démonstration de la puissance de Dieu (1 Cor 2:4). Comme Paul l’a dit : il a prêché pleinement l’Évangile par ses paroles, ses actes ET la démonstration de la puissance de Dieu (signes et prodiges) (Rom 15:18-19).

  • Plazbovo Tennis

    tu crois à l’injutice Guillaume ! ce post le prouve
    « Je comprends que l’idée de l’élection choque, mais que peut-on faire si elle est attestée bibliquement? »

  • dan

    Les enfants sont élus sur leurs parents. En effet, on leur doit tout : éducation, santé, nourriture, habillement, etc.
    Ainsi nous sommes de fait les élus de notre créateur, il n’y a pas lieu « d’y croire ou pas », c’est écrit et l’Écriture ne peut être anéantie.
    C’est par contre dans la compréhension de la signification de l’élection qu’il y a un enjeu à percevoir, car si nous devons remercier Dieu de nous avoir élus, il est tout autant important de prendre conscience de cet état de « potentialité » dans lequel nous sommes, et à l’instar des enfants qui grandissent, nous devons affronter les difficultés et obstacles de la vie (qui ne sont là que) pour nous faire progresser dans notre développement.
    Voilà le véritable sens de l’élection, « je suis élu = je dépends de » ce qui est contre-intuitif du sens commun qui affirme plutôt « je suis élu = j’ai été choisi, j’ai donc une supériorité… », qui n’est qu’un très mauvais calcul
    Nos élus, les politiques, devraient bien méditer cette question, tout élu étant « en-dessous » de son électeur, et certainement pas au-dessus. Ils doivent représenter les intérêts des électeurs et pas les leurs propres, car c’est pour cela qu’on les choisit.

  • dan

    Salut Guillaume,
    Ces questions ne peuvent trouver aucune réponse logique, bien que le bon-sens commun y réponde immédiatement.
    L’approche purement spirituelle (i.e. de l’esprit) nous amène à une porte qui ne peut s’ouvrir que de l’intérieur.
    La perfection de Dieu n’est pas celle qu’on croit, là encore l’esprit échoue lamentablement à appréhender l’infini (la perfection d’Anselme n’est qu’un argument suscité par la conscience de notre « imperfection » jugée selon des critères intellectuels (eux-mêmes déduits de nos souhaits contre nos peurs, cad. de notre condition limitée), là où notre imperfection est en réalité la véritable perfection de l’homme ! Anselme réduit la « taille » de Dieu en Le posant « plus » grand (que). Dieu n’est pas « plus » que, Le comparer revient immédiatement à Le qualifier alors qu’Il n’est pas qualifiable depuis nos échelles de valeur. Dieu est incomparable). La vie est pleine de paradoxes inexplicables et la réalité du libre arbitre qui télescope frontalement la destinée en est un exemple manifeste. Il faut, dès lors, se mettre dans un plan de compréhension où le libre-arbitre existe entièrement à côté d’une destinée qui s’accomplit elle-même entièrement en même temps. Cette compréhension est spirituellement impossible. Il faut nécessairement changer de point de vue et passer à l’étape suivante pour y parvenir.

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