Omniscience: une réponse au blog Didascale

David Vincent a publié hier un court article afin de préciser sa position sur la doctrine de l’omniscience divine. [Article qui n’est désormais plus en ligne]

Ce positionnement faisant suite à une discussion que j’avais initiée sur les réseaux sociaux, il m’a paru bon de répondre à mon tour pour exposer certains problèmes que je crois discerner dans son approche.

Voici donc mes principales préoccupations.

 

1- Un problème dans l’énoncé des positions

David commence son article en contrastant “deux alternatives extrêmes” : la position qu’il baptise “omniscience classique” et celle du “théisme aveugle”.

La première n’est autre que l’approche historique Augustinienne/Anselmienne/Réformée : Dieu hors du temps et le connaissant en tout point
La deuxième désigne l’une des multiples variantes du théisme ouvert, dans ce cas précis celle selon laquelle Dieu aurait volontairement renoncé à connaître l’avenir.

Ma première série de remarques porte sur la description de la position classique.

  • Tout d’abord, il semble y avoir une incompréhension dans l’énoncé de la position. En effet, postuler pour l’existence de Dieu en dehors du temps implique nécessairement l’adhésion à la théorie statique du temps, ou théorie B.
    Selon cette théorie, le temps se réduit à un ensemble dont la structure est façonnée par des relations logiques d’antériorité et de postériorité. Cet ordre structurel est immuable, statique, et par conséquent l’option d’une représentation linéaire choisie par David prête à confusion. (Y a-t-il variation? Faut-il y lire une forme de dynamisme temporel ? etc.)
  • Ensuite, si je suis satisfait que cette position soit présentée comme classique, dire qu’il s’agit du “modèle contemporain dominant dans les grandes religions monothéistes” est loin d’être acquis.
    Dans le Christianisme au moins, la position dite “éternaliste” (Dieu hors du temps) n’est plus majoritaire, et ce sont plusieurs approches sempiternelles qui ont la faveur des spécialistes. (1)
  • Enfin, dans la position éternaliste, sur laquelle la théologie anselmienne de l’être parfait s’appuie largement, Dieu ne se contente pas de connaitre le temps : il le crée et le contrôle.

Ma deuxième remarque est dans la même veine : en présentant le théisme “aveugle” comme la conséquence d’une décision volontaire de Dieu, David Vincent fait l’impasse sur une version plus radicale (et plus répandue) du théisme ouvert.
Selon celle-ci, Dieu ne connait pas l’avenir car l’avenir ne peut pas être connu.

En bref, l’article de D. Vincent comporte d’emblée certains problèmes de cohérence et d’exhaustivité dans l’énoncé des positions, quand bien même sa volonté serait de rester le plus shématique possible.

 

2- Les problèmes du modèle “multi-futurs”

Pour David, “Dieu ne connaît pas l’avenir, comme s’il n’y avait qu’un seul avenir possible, mais tous les avenirs.”

Là encore, la formulation me pose problème, en particulier la notion d’avenir possible (dans un souci de clarté, admettons qu’un possible est “ce qui peut se réaliser”, mais gardons en tête que le futur est “ce qui se réalise dans les faits”)

Si je comprends bien ce qui est exprimé, Dieu ne pourrait pas (ou ne voudrait pas) connaitre le futur, mais il pourrait par contre accéder à tous les “scénarios” possibles.

Pour David, et c’est important de le noter, une telle position “ne remet pas en cause l’omniscience divine qui est clairement affirmée dans les Ecritures”.

Au-delà du fait que l’existence de possibles est sujet à débat, je relève ici deux principaux problèmes : le premier concerne la définition même de l’omniscience, le deuxième se porte sur le témoignage des Ecritures.

 

A- Omniscience et “multi-futurs” : une harmonisation difficile

Comme exprimé plus haut, la doctrine classique de l’omniscience divine s’appuie largement sur la théologie de l’être parfait telle que présentée par Anselme de Cantorbery :

Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu. (2)

Anselme développe autour de cette affirmation une série de raisonnements bien connue de tous les apologètes baptisée “argument ontologique”.
Son présupposé est que les Ecritures décrivent Dieu comme un être parfait en tout point, y compris dans sa connaissance absolue de toutes choses (Job 37:16; 42:2-3; Jér. 15:15).

Pour ma part, j’ai tendance à penser, comme Anselme, que Dieu est situé hors du temps et qu’il en est le créateur. Selon moi, la notion de possibles telle que David l’entend n’existe pas.

Mais que penser dans le cas où Dieu serait sempiternel (dans le temps) ?

La Bible présente sans ambiguité l’omniscience divine comme totale (Hé. 4:13). La définition la plus précise de l’omniscience est certainement celle-ci :

S est omniscient si et seulement si pour chaque proposition p, si p est vrai, alors S connait p, et S n’a aucune fausse croyance (ou “ne croit aucune fausseté”). (3)

Autrement dit, si Dieu est omniscient, il connait toutes les propositions qui sont vraies, et il ne peut se tromper.

Or, si l’on suit la ligne proposée par David Vincent et qu’on la met en rapport avec la théologie de l’être parfait, la problématique suivante émerge :

1- Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu (argument d’Anselme)

2- Un être parfait est omniscient

3- Un être omniscient connait tout ce qui est vrai

4- Dieu ne connait pas le futur (de D. Vincent)

5- Le futur est vrai

6- Par conséquent, Dieu n’est pas omniscient.

7- Par conséquent, Dieu n’est pas un être parfait

Notez que je n’évoque même pas l’idée qu’un possible qui ne se réalise pas puisse être considéré faux, ce qui violerait de facto l’approche initiale de David.

Invariablement, la position de D. Vincent conduit à rejeter l’omniscience et le concept de perfection divine tel que généralement soutenu par les théologiens évangéliques.

A minima, la formulation de David souffre donc d’un problème de définition.

 

B- Un problème biblique

Il existe un deuxième problème : outre l’existence de prophéties (sur lesquelles nous allons revenir), il existe plusieurs témoignages appuyant clairement la connaissance divine du futur.

Le Ps. 139 est à ce titre particulièrement explicite. Certes, quand le psalmiste affirme que “la parole n’est pas sur ma langue, que déjà, ô Eternel! tu la connais entièrement” (v.4), D. Vincent pourrait répondre qu’il en est ainsi car Dieu connait toutes ses paroles possibles.

Cependant, un tel raisonnement s’accorde bien mal avec le v.16 : “quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés” (4)

De même, l’idée que Dieu connaitrait tous les possibles mais pas le futur semble bien mal s’accorder avec la notion de prescience lorsqu’elle est rapportée à la prédestination (Rom. 8:29; Ephésiens 1:4).

D’ailleurs, que penser de toutes les références au Dieu qui “connait d’avance” ceux qui vont se tourner vers lui ?

 

3- L’argument des prophéties

D. Vincent s’appuie sur ce qu’il pense être un non accomplissement de certaines prophéties pour défendre son présupposé.

Pour lui, les nombreux exemples de prophéties non accomplies peuvent s’expliquer par le fait que “Dieu a révélé au prophète UN avenir possible, mais, suite aux actions humaines, un AUTRE avenir s’est réalisé.”

Deux exemples sont cités : la non destruction de Tyr par les armées de Nebucadnetsar, et la non destruction de Ninive suite à la prédication de Jonas.

 

Les destructions de Tyr et de Ninive

L’argument de la prophétie contre Tyr est bien connu, la réponse tout autant. Le texte ne dit pas que c’est Nebucadnetsar qui va faire de la ville un rocher nu non rebâti, mais Dieu lui-même (cf. v. 13-14).

Le passage ne s’oppose pas à ce que l’on connait de l’histoire : un siège de la ville par Nebucadnetsar entre 586 et 573 av. J.C., et une destruction totale par Alexandre le Grand en 332 av. J.C. (5)

Faut-il prendre le langage du rocher nu et et de la non reconstruction comme absolu, ou bien limité à une période donnée ? Que faut-il penser des données contradictoires dont nous disposons au sujet de la destruction par Alexandre ? Tyr a-t-elle été rebâtie sur son emplacement exact ?

Telles sont les questions généralement soulevées dans cette discussion, que David Vincent a malheureusement traitée trop rapidement, selon moi.

Concernant ce que David appelle “la règle de Jonas”, tout l’argument se base sur le fait que la prédication du prophète ne serait pas conditionnelle.
David comprend la proclamation de Jonas 3:4, “Encore quarante jours, et Ninive est détruite !”, comme étant exhaustive et n’allant pas plus loin que les mots précis rapportés dans le texte.

C’est cependant peu probable au regard du style du livre de Jonas, véritable bijou littéraire dont la concision est l’un des traits caractéristiques.

La plupart des commentateurs reconnaissent en Jonas 3:4 un résumé du contenu sa prédication, comme l’exprime Donald Wiseman :

“Le récit du ministère prophétique de Jonas à Ninive est extrêmement concis… L’essentiel de son message est résumé dans la courte déclaration : “Quarante jours et Ninive sera renversée”. Selon toute vraisemblance, Jonas s’est adressé à ceux qu’il a rencontré bien plus longuement que cela. L’auteur, cependant, condense son message en cinq mots hébreux mettant au second plan la capacité d’orateur du prophète.” (5)

Comme dans la plupart des oracles bibliques de jugement, l’objectif est d’amener les destinataires à la repentance. A ce stade, la clause de conditionnalité parait hautement plausible.

 

La nature de la prophétie

Rappelons très rapidement que toute prophétie n’a pas nécessairement pour but de prédire l’avenir. Si certaines ont bien cette fonction, d’autres servent de jugement, d’avertissement, d’exhortation, etc.

Un oracle de jugement peut posséder une dimension prédictive, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans l’exemple de Jonas, que David Vincent transforme en “règle” exégétique, rien n’indique qu’une telle dimension prédictive soit présente.

Quant au prophète, il semblait bien avoir intégré le caractère conditionnel de sa prédication (Cf. 4:1-2).

Que David Vincent tire de ce passage un principe normatif pour interpréter toutes les prophéties est extrêmement hasardeux. Les appels à Ez. 33, Deut. 2 et 30 ne changent rien, et sont de plus systématiquement dissociés de leurs contextes respectifs.

 

La prophétie reste un argument central en faveur de l’omniscience

Prenons l’exemple de prophéties prédictives attestées, par exemple celles accomplies en Christ. Si l’on s’en tient à l’option choisie par David, ce sont des possibles que Dieu a exprimés : les prédictions auraient pu se réaliser, mais auraient pu tout aussi bien ne pas se réaliser.

Or, Christ a accompli bien plus que huit prophéties, certaines de manière extrêmement précises. Le champs des possibles parait extrêmement restreint, de sorte que nous devons conclure en faveur d’une connaissance divine du futur a minima.

D’autre part, le développement de l’histoire du salut tout entier est la manifestation de cet homme qui doit venir “conformément aux Ecritures”. Christ n’est pas venu accomplir une simple série de probabilité, si grande soit-elle, mais les  Ecritures divinement inspirées.

Matthieu en fait son argument apologétique central : Christ est l’accomplissement de ce qui a été annoncé. Ce qui est sorti de la bouche de Dieu, sa main l’a accompli.

C’est la puissance même de Dieu qui est à l’oeuvre dans l’accomplissement des prophéties, comme dans l’oeuvre de rédemption.
L’accomplissement des prophéties démontre que Dieu est capable, qu’il est au contrôle, et qu’il peut sauver.

 

Conclusion

Dans cet article, j’ai tenté de mettre en évidence que la position de David Vincent :

1- Ne saurait s’accorder avec la définition classique de l’omniscience totale

2- Ne peut cohérer avec la théologie de l’être parfait, pourtant largement attestée dans l’Ecriture

3- Ne tient pas compte de certaines données textuelles, et s’en approprie d’autres à tort.

4- Construit une règle inconsistante d’interprétation de la prophétie.

5- Ultimement, atteint la capacité rédemptrice de Dieu.

Jusqu’à ce que David Vincent rédige son article, je restais dans le flou quant à ma compréhension de sa position. J’avais parfois tendance à le classer parmi les théistes ouverts, parfois parmi les arminiens radicaux.

Au vu de ses propositions, notamment sur la notion de possibles, j’estime finalement que son approche s’apparente bien à une forme de théisme ouvert.

La doctrine de l’omniscience est essentielle à l’existence d’un Dieu a se, omnipotent et capable de sauver les pécheurs. Sans elle, Dieu n’a aucun pouvoir de nous préserver de toute chute (Jude 24), et l’assurance du salut devient aussi consistante qu’un écran de fumée

C’est pourquoi il nous fait préserver l’omniscience, tant dans sa définition que dans sa proclamation.

 

GB

 

 

Notes et références :

(1) William Lane Craig, par exemple, estime que Dieu est atemporel avant la création temporelle, mais qu'il devient temporel dès qu'une telle création existe. Alan Padgett postule pour un une forme de “temps métaphysique” distinct du “temps physique”, créationnel, Dieu demeurant dans le temps métaphysique. Cette position fait de plus en plus d'émules dans les cercles arminiens classiques et molinistes, prépondérants dans le monde évangélique contemporain. Enfin, pour d'autres, très nombreux voire certainement majoritaires, Dieu doit nécessairement être temporel. Cf. Gregory E. Ganssle and Paul Helm. God & Time : Four Views (Downers Grove, Ill.: InterVarsity Press, 2001).
(2) Anselme, Proslogion, II.
(3) Définition proposée par Jerome Gellman dans J.P. Moreland, Chad Meister and Khaldoun A. Sweis, Debating Christian Theism (New Yorks: Oxford University Press, 2013), p.181.
(4) Littéralement, “les jours formés pour moi”, יָמִ֥ים יֻצָּ֑רוּ

(5) Wiseman, Donald J., T. Desmond Alexander, and Bruce K. Waltke. Obadiah, Jonah and Micah: An Introduction and Commentary. Vol. 26. Tyndale Old Testament Commentaries (Downers Grove, IL: InterVarsity Press, 1988), p.133.










 

<p>Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l’un de ses administrateurs actuels. Il s’intéresse particulièrement à l’intertextualité et à l’exégèse de l’Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Guillaume est titulaire deux masters en théologie (M.Div., Th.M., Southwestern Baptist Theological Seminary, USA) et il est actuellement candidat au doctorat en Ancien Testament à l’Université d’Aberdeen (Ecosse).</p>

  • Brillant exposé, merci!

  • Emmanuel Hechon

    Salut Guillaume,

    J’espère que tu te portes bien.

    Je concoure avec ce que tu dis, mais je voudrais simplement faire une remarque.

    Quelqu’un peut vouloir insister que Dieu n’a prononcé que les paroles enregistrées en Jonas 3.4. Cette personne pourrait même dire que tu fais une extrapolation sans être en mesure de la prouver.

    Ma remarque pour cette personne est donc celle-ci :
    alors Jonas 4.1-2 rend l’argument de Guillaume encore plus fort.

    Je m’explique. Voici ce que dit Jonas :

    Cela déplut fort à Jonas, et il fut irrité. Il implora l’Éternel, et il dit: Ah ! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais quand j’étais encore dans mon pays ? C’est ce que je voulais prévenir en fuyant à Tarsis. Car je savais que tu es un Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui te repens du mal. (Jon 4.1-2 NEG)

    Jonas fait référence à plusieurs passages bibliques, probablement entre autres : Nb 14.18 ; Exode 34.6-7.

    Il nous dit que parce qu’il connait ces passages, il connait Dieu et sa manière d’agir. A cause de sa connaissance de Dieu, il savait que si Ninive se repentait, Ninive serait sauvé. Il a donc refusé d’aller à Ninive pour leur enlever la possibilité de se repentir.

    Ce que Jonas nous dit, et ce que Dieu confirme dans la suite du chapitre 4 de Jonas et que, au vu de ce qui est révélé de Dieu, en particulier dans la Torah, tout oracle de jugement est à comprendre de manière conditionnel, quand bien même la condition n’est pas dite explicitement.

    Penser autrement montre que nous ne connaissons pas le Dieu de la Bible, celui qui est « compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, et qui se repent du mal. »

    Que la grâce t’accompagne mon frère,

    Emmanuel

    • Absolument d’accord avec ton commentaire.
      N’importe quelle lecture historico-rédemptrice du texte biblique démonte l’approche de David Vincent.

      J’ai vu ton mail, au passage. J’essaie de te répondre aujourd’hui (et c’est oui, bien sur!).

      A très vite.

  • De omni re scibili… et quibusdam aliis

    Selon une rumeur tenace ce serait Voltaire qui, pour se moquer de la devise prétentieuse de Pic de la Mirandole : De toutes les choses que l’on peut savoir (De omni re scibili) aurait ajouté : et même de plusieurs autres (et quibusdam aliis).

    En dépit de son côté french grande école, je t’invite au bal de l’X, le théisme ouvert laissera toujours sur le cœur du chrétien le désagréable effet du rictus de Voltaire, cet humour grinçant dirigé non pas tant vers la créature que vers le Créateur lui-même : « Certes nous vous l’accordons volontiers, Dieu est omniscient, il sait tout ce que l’on peut savoir, et même plusieurs autres choses. »

    Il sait où en serait aujourd’hui la France si François premier n’avait pas été fait prisonnier à Pavie, ou si Grouchy été arrivé avant Blücher à Waterloo. Dieu a regardé tous les émissions de télé qui n’ont jamais été tournées faute d’argent ou d’inspiration, il a lu tous les livres qui n’ont pas été écrits, il peut même vous détailler par le menu la biographie de chacun des quatre cents milliards de spermatozoïdes produits par un homme au cours de sa vie, s’ils avaient trouvé leur chemin. En un mot le théisme ouvert ne fera jamais sérieux, parce que le réel n’est pas un virtuel qui a réussi, le réel est la substance même du corps de la Création, il tire son existence non d’une considération philosophique, mais de la volonté de Celui qu’Isaac appelait sa « frayeur », le Dieu vrai, vivant, redoutable, le seul JE SUIS !

    En France, pour être admis à jouer dans la cour des grands philosophes, la tradition veut qu’on assaisonne ses discours avec un peu de maths, (c’est dû à Napoléon qui aimait trop la géométrie et les honneurs, et qui a créé les grandes écoles en conséquence ; en Amérique, avec ou sans maths, un Ph.D reste un Ph.D). Pour ma part, je trouve l’article de David Vincent assez bien conçu et bien écrit, mais je dirais qu’il manque toutefois d’un peu de maths, de mécanique quantique, de multiverses et de théorie des cordes, histoire d’épater le lecteur.

    Par exemple, quelle a été la découverte révolutionnaire de la physique moderne, qui ébranla tous ses fondements voici de plus d’un siècle ? C’est que par essence la nature est imprévisible, indéterministe, nous ne la connaissons que de manière statistique ; les physiciens se retrouvent contraints de proclamer qu’ils ne peuvent pas prévoir l’avenir (dans le détail s’entend, pas les éclipses bien sûr). Les développements qui ont suivi n’ont fait que confirmer ce principe ; l’homme ne sera jamais omniscient non parce qu’il n’a pas un ordinateur assez puissant pour tout calculer, mais parce qu’à moment donné le calcul n’a plus de sens.

    A l’opposé que proclame Dieu sur lui-même ?

    Je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, Je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli ; Je dis: Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté… qu’ils nous déclarent ce qui doit arriver. Quelles sont les prédictions que jadis vous avez faites ? Dites-le, pour que nous y prenions garde, et que nous en reconnaissions l’accomplissement; ou bien, annoncez-nous l’avenir. Dites ce qui arrivera plus tard, pour que nous sachions si vous êtes des dieux; faites seulement quelque chose de bien ou de mal, pour que nous le voyions et le regardions ensemble. Voici, vous n’êtes rien ! (Esaïe, ch. 46 et 41)

    Là ça devient chaud… même le Voltaire il ricane plus…

    • Ah ah Claude je viens de lire en détail ce commentaire et j’ai bien rigolé 🙂
      Belle plume, frère.

      N’oublie pas la présentation de ThéoTex, à l’occasion. On serait très heureux.

    • Tout à fait Claude 🙂
      Merci pour ton travail sur ThéoTex.
      En ce moment je lis la Théologie Systématique de Grétillat, passionnant.
      Je pense même m’en servir pour mon mémoire du coup.

  • Benjamin

    Sa position me semble similaire à celle de TJ à qui j’ai parlé récemment : pour eux Dieu ne connaissait pas l’avenir, seulement si il « exerçait son pouvoir ». Comme si c’était une voyante avec sa boule de cristal….

    Merci pour l’article !

  • Chose promise, chose due, j’ai lu ton article avant de me coucher :p

    Je pense que, puisque c’est un article réponse, tu aurais pu au moins insérer un lien vers l’article auquel tu réponds, afin que tes lecteurs puissent en prendre connaissance :
    http://didascale.com/omniscience-divine-dieu-connait-il-lavenir/

    Sur le fond, je trouve que, pour le coup, tu tombes dans le piège de la technique de l’homme de paille dont tu me parlais il y’a quelques jours sur Facebook, en confondant deux notions et en réfutant finalement une position qui n’est pas la mienne.

    Ton raisonnement laisse entendre que la théorie des multi-futurs serait incompatible avec la souveraineté de Dieu.

    Je ne me lancerai pas dans un débat chronophage. Je regrette seulement que tu n’aies pas pris compte nos discussions facebook.

    Un seul exemple : ta conclusion sur les prophéties messianiques. Tu m’as pourtant posé la question et je t’ai très clairement répondu que si Dieu veut quelque chose, Il peut toujours l’imposer, y compris de façon arbitraire.

    Ainsi, dans le cas des prophéties messianiques, ce n’est pas une question de possible. Si Dieu veut que telle chose arrive, Il la décrète et elle arrive, peu importe le reste.

    Le fait que Dieu connaisse tous les possibles ne l’empêche pas d’intervenir, n’importe quand, pour faire advenir le possible qu’Il souhaite

    A la limite, on peut même être calviniste ET tenir la position des multi-futurs.

    Dieu choisit des élus avant la fondation du monde et les préservent souverainement quoiqu’il puisse arriver. Peu importe le futur qui se réalise, Dieu peut toujours intervenir en leur faveur pour leur procurer le salut et les préserver de toutes chutes.

    Sur ce, je vais me coucher et je te souhaite une (future) bonne nuit 🙂

    • Oui, dans les commentaires Facebook tu parles d’une intervention divine éventuelle, mais dans ton article tu ne le fais pas. Je dois avouer que c’est l’u des points qui m’a gêné.

      Si Dieu peut décréter une chose et que celle-ci arrive, pourquoi ne le ferait-il pas tout le temps? Pourquoi laisserait-il certaines prophéties clairement prédictives ne pas se réaliser (la chute de Tyr, typiquement) ?

      Le point essentiel est la définition de l’omniscience. Si Dieu ne croit pas de fausseté, alors il n’affirmera pas quelque chose qui ne peut pas se réaliser.

      Mon raisonnement ne dit pas que la théorie des multi-futurs s’oppose à la souveraineté de Dieu, mais à l’omniscience divine (c’est le sujet). Si par omniscience, l’on s’en tient à la définition classique qui découle de la théologie de l’être parfait, je te confirme que cela ne passe pas.

      A la rigueur, on peut admettre que Dieu connaisse tous les possibles, mais il devra à minima connaître celui qui se réalisera, c’est à dire celui qui est absolument vrai. Or, s’il ne le connait pas, quelle qu’en soit la raison, il n’est ni omniscient ni parfait.

      Ma conclusion est simple : soit il connait le futur, soit il n’est pas omniscient. Tu ne peux pas faire coïncider les deux.

      • (Re)-Bonjour Guillaume,

        J’avais lu une première fois ton article à minuit passée, je n’avais donc plus toute ma tête :p

        Après l’avoir repris, voici quelques remarques :

        a) Cette question est pour moi un sujet nouveau et tu avances plusieurs objections qui me conduisent à réviser quelque peu la théorie proposée dans mon article (mais tant mieux, c’est le but de mon blog 🙂 )

        b) En revanche, je pense que tu fais aussi un certain nombre d’erreurs de raisonnement.
        Je ne sais pas si tu l’as vu mais sur facebook Charles-Eric m’a conseillé un livre de Cyrille Michon sur la préscience divine. Je suis en train de le lire, il est vraiment très intéressant, et je te le conseille à mon tour.

        c) Pour rebondir sur ta remarque finale (en commentaire), je pense au contraire que l’on peut affirmer que Dieu est omniscient sans connaître le futur.

        d) Enfin sur la question de l’Open Theism, je pense que je n’étais pas Open Theist. En revanche, je crois que je le suis devenu après ton article.

        Sur ce , je vais devoir laisser quelques temps ces discussions pour me replonger dans mes devoirs universitaires.
        Je reprendrai ces questions après mes examens, pendant les vacances d’été.

        A une prochaine fois 🙂

        PS : Si tu as des remarques à faire sur d’autres articles, n’hésite pas. En public ou en privée. Je n’aurais pas forcément le temps de répondre, mais je ne manquerai pas de les lire.

        • David,

          Point b) et c)

          – Quels erreurs de raisonnement fais-je?
          – Comment affirmer l’omniscience telle que je la définie si l’on tient que Dieu ne connait pas le futur?

          Ce sont les deux points auquel tu dois répondre si tu veux efficacement argumenter contre mon article.

          D’un point de vue plus “périphérique”, tu peux également répondre à mes objections sur tes propres affirmations au sujet de Tyr et de Ninive.

          Sinon, on tourne en rond 🙂

  • Le désir de limiter Dieu dans son omniscience provient du préjugé que la connaissance de l’avenir exclurait tout acte volontaire (libre). Or il n’y a aucun lien nécessaire de cause à effet entre la préconnaissance d’un événement et son accomplissement. Prenons par exemple la prévision de la trahison de Pierre.

    Pierre n’a évidemment pas trahi Jésus parce que ce dernier le lui avait prédit ! C’est tout l’inverse, la trahison future de Pierre a été la cause de la prédiction faite par Jésus. Apparemment l’effet précède ici la cause : comment Jésus pouvait-il savoir que Pierre le trahirait ?

    On peut répondre que connaissant le cœur du disciple sincère mais trop sûr de lui, il le voyait succomber dans une épreuve un peu sérieuse. Cependant la connaissance exceptionnelle qu’avait Jésus du cœur humain ne peut en aucune manière expliquer son annonce du triple reniement de Pierre (rapporté par les quatre évangiles).

    Plus singulier encore, aucun calcul de probabilités n’aurait donné à Jésus l’idée qu’un coq devait se mettre à chanter immédiatement après la trahison de Pierre. La seule explication raisonnable reste ce que les chrétiens ont toujours cru : Dieu est omniscient. Lorsque le Fils était sur terre, dans les jours de sa chair, le Père lui communiquait ce savoir lorsqu’il le jugeait nécessaire.

    Cependant le savoir de Dieu ne doit pas se confondre avec son action : Dieu n’a pas poussé Pierre à trahir Jésus, car il n’est pas l’auteur du mal. Il est de plus grotesque d’imaginer Dieu en train de calculer des probabilités, pour pouvoir choisir parmi tous les univers possibles celui où un coq chanterait, au moment précis ou un homme prononcerait une parole sans apport aucun avec le volatile.

    L’idée des futurs possibles est en réalité assez ancienne, elle a reparu récemment dans les limbes sous la forme de multi-univers, à cause de la théorie des cordes, qui pendant longtemps se heurtait à des difficultés théoriques insurmontables, et qui aujourd’hui semblent se dissiper. Or quels que soient les succès futurs de cette théorie en physique théorique et cosmologie, il serait complètement utopique, et même impie, d’accorder à une construction intellectuelle, aussi belle et intelligente soit-elle, l’autorité d’imposer à Dieu une quelconque limitation. Dieu est le Créateur de Tout, à ce titre il transcende sa création. Son omnipotence, son omniscience, sa transcendance ne sont pas des vains mots.

    • A ton avis Claude, Dieu peut-Il créer une créature plus parfaite que Lui ?

      • Bonjour David,

        Ta question est-elle une nouvelle version de celle qui demande si Dieu pourrait créer une pierre tellement lourde qu’il ne pourrait pas la soulever ? Quoiqu’on réponde on a un problème avec son omnipotence

        • Non Claude, tu peux répondre à la question de la pierre sans avoir de pb avec l’omnipotence. Réponse lundi 🙂

          David, évidemment non, Dieu ne “peut pas” créer un être plus parfait que Lui, c’est une impossibilité logique. Dieu est l’être le plus parfait qui puisse être conçu.

          • Je suis d’accord avec toi Guillaume, mais cette remarque sur l’omnipotence s’applique aussi à l’omniscience.

            L’omniscience se définit comme la connaissance de tout ce qui peut être connu. Pour que la connaissance du futur soit inclue dans cette omniscience, cela implique de prouver que le futur dans son ensemble est effectivement connaissable.

            L’argument des prophéties ne suffit pas, car la Providence de Dieu est suffisante pour assurer leur accomplissement.

            Ex : Si je dis : A 21h, je vais voir un film. Je n’ai pas besoin de savoir tout ce qu’il se passera entre maintenant et 21h pour que la prédiction se réalise. Il suffit qu’à l’heure voulue je me mette à regarder le film pour accomplir cette prédiction.

            Dieu étant Tout-Puissant, il suffit qu’il agisse au moment voulu pour que ce qu’il a annoncé s’accomplisse. Rien ne pouvant faire obstacle à son action, il peut annoncer autant de prophéties qu’Il veut, Il aura toujours la possibilité de les réaliser.

            Ainsi, pour moi, la connaissance divine inclut trois choses :

            a) La connaissance du Plan parfait de Dieu

            b) La connaissance de tout ce qui est advenu (le passé)

            c) La connaissance de tout ce qui est (le présent). Cette dernière connaissance a pour conséquence de permettre à Dieu une anticipation de l’avenir, que je n’assimilerai toute fois pas à une connaissance du futur.

            Une deuxième question se pose alors, et qui rejoint cette fois la question du déterminisme, du calvinisme, etc.

            La réalité terrestre correspond-t-elle au plan parfait de Dieu ?

            Si tu réponds oui (ce qui je sais est le cas), alors on peut effectivement considérer que Dieu connait tout le futur.
            Mais cela impose d’affirmer que le mal et toutes ses conséquences font aussi partie de ce plan. Là encore, je connais ta réponse : tout contribue à la gloire de Dieu.

            De mon côté, je réponds non. Le mal ne fait pas partie du plan de Dieu. Cela me conduit du coup à contester ta définition du « vrai ».
            Le vrai n’est pas ce qui se réalise sur Terre, mais ce qui est voulu par Dieu.
            En un mot, le critère de vérité n’est pas l’histoire mais Dieu.

            Tout le mal qui est présent sur Terre, et que je considère comme étranger au plan de Dieu, n’est donc pas vrai. Cela reste de la fausseté et du mensonge.

            De la fausseté parce que cela est contraire à la vérité et du mensonge car cela conduit à penser de fausses choses sur Dieu. D’un sens, je considère donc que les calvinistes sont justement victimes de ce mensonge, puisque l’existence du mal les conduit à déformer la nature de Dieu, en affirmant par exemple que Celui-ci aurait décrété la chute et ses conséquences.

            Voilà le bref résumé des idées que je développerai plus tard.

            En somme, je suis d’accord avec ton raisonnement sur l’être parfait et la connaissance du vrai. Simplement je ne donne pas la même définition au « vrai ».

            Dieu connait tout ce qui peut être connu. Mais le futur tel que tu l’entends ne fait tout simplement pas partie de ce qui peut être connu, car il inclut le mal, et ce mal ne fait partie du vrai.

      • oups j’ai voulu mettre un smiley, ça a coupé le commentaire.

        Sérieusement, je pense que la perfection, comme la plénitude, est toujours relative à son objet : un petit verre plein est aussi plein qu’un grand verre plein, même s’ils diffèrent en capacité. La perfection de la créature consiste à atteindre ce pourquoi Dieu l’a créée. Par contre la perfection de Dieu n’est pas acquise, elle appartient à son essence, à son être. Dire que Dieu est parfait signifie (à mon sens) que rien ne pourrait être changé à sa personne sans qu’il cesse aussitôt d’être Dieu. Par contre dire d’un homme (ou de toute créature) qu’il est parfait signifie qu’il est devenu parfait, il a passé avec succès tous les tests que le Créateur lui a imposé.

        En ce sens je ne suis plutôt favorable au concept d’une évolution de la nature, mais celle-ci bibliquement doit être bien différente de la théorie de l’évolution présentée aujourd’hui comme suffisante pour expliquer l’apparition et le développement de la vie sur terre. D’abord elle serait justement synonyme de l’idée de progrès (devenir parfait), tandis que les évolutionnistes darwiniens nient farouchement que l’évolution soit en aucune façon assimilable à un progrès. D’autre part cette évolution ne pourrait être aveugle, puisqu’elle répondrait à un but fixé par Dieu. Ceci dit je ne puis absolument pas te suivre sur la route prise par Science et foi qui mène à la continuité entre l’homme et l’animal. Dieu a certainement donné à la nature des forces et des buts, mais à moment donné, quand la nature a atteint ses limites, Dieu intervient de manière non conventionnelle :
        La création spéciale d’Adam et Eve a pour moi autant d’importance et de poids dogmatique que la conception virginale de Jésus. Les évangéliques qui aujourd’hui nient l’historicité d’Adam et Eve, courent le danger d’enseigner demain que Jésus n’était finalement lui-même que le fruit naturel de l’évolution. N’avait-il pas un ADN semblable au nôtre ? Argument qui bien sondé, n’a aucune valeur face à la puissance de Dieu.

        Bon j’arrête de dériver du sujet sur l’omniscience et te souhaite une brillante réussite pour tes examens universitaires. Attention avec Gretillat, il est quelquefois un peu trop affirmatif dans ses spéculations sur l’au-delà…

      • Emmanuel Hechon

        Bonjour,

        Si je peux me permettre de rentrer dans la conversation, j’aimerais vous faire remarquer que votre question démontre une mauvaise compréhension de ce qu’est l’omnipotence de Dieu.

        Ce qui est supposé dans votre question est que omnipotence signifierait « être capable de tout faire ». Dans cette définition, tout signifierait « tout dans l’absolu le plus complet. » Toute réponse à cette question donnerait une démonstration que Dieu n’est pas omnipotent. Elle devrait mettre le croyant dans l’embarras et lui faire comprendre que son Dieu ne peut pas tout.

        Mais ni la bible, ni la foi chrétienne historique ne définit l’omnipotence divine comme cela.

        Au contraire, l’omnipotence biblique impose qu’il y a certaine chose que Dieu ne sait pas faire et ne peut pas faire. Dieu n’est pas un homme pour mentir, par exemple. Le fait que Dieu ne puisse pas mentir, qu’il en soit incapable, n’est pas une faiblesse en Dieu mais l’expression de sa perfection.

        Nous pouvons avoir une foi ferme en Dieu parce qu’il y a beaucoup de chose qu’il ne peut pas faire : mentir, être injuste, changer.

        L’omnipotence de Dieu n’a jamais été défini comme sa capacité de pouvoir tout faire, mais comme celle de pouvoir faire tout ce qu’il veut.

        Ainsi le petit cathéchisme de Genèse, écrit par Calvin nous dit :

         » question 23 : quel sens donnes tu au mot tout puissant ?
        Réponse : Il ne signifie pas qu’il aurait un pouvoir qu’il n’exercerait pas, mais qu’il a toutes choses en sa puissance et dans sa main. Sa providence gouverne le monde par sa volonté ; il commande à toutes les créatures selon son bon plaisr. »

        Dans sa réponse, Calvin balaie d’un revers de la main l’omnipotence du philosphe, celle qui est définie par un pouvoir potentiel et jamais utilisé mais qui pourrait l’être au cas où. L’omnipotence divine n’est pas cela. C’est quelque chose qui existe et que nous voyons dans la création, quelque chose d’actuelle et que Dieu utilise sur nous à chaque instant : il fait ce qu’il veut.

        En fait, Dieu ne peut pas mentir car il ne le veut pas. Il ne le veut pas car il est vérité, de la même manière qu’il est amour.

        Si nous prenons la définition philosophique de l’omnipotence, Dieu ne l’est pas. C’est pour cela que le chrétien peut l’adorer et lui faire confiance : précisément parce que, notamment, Dieu ne peut pas créer d’être plus grand que lui. En faîte, Dieu ne peut même pas l’imaginer car Dieu est ce qu’il y a de plus grand.

        La foi chrétienne n’est pas troublée parce que Dieu ne peut pas faire certaine chose, elle l’adore pour cela, elle l’adore parce qu’il ne ment pas et ne le peut même pas. Elle l’adore parce qu’il n’y a pas plus grand que Lui et qu’il ne peut donc pas créer d’être plus grand que lui.

        Dieu est-il omnipotent ? Dans le sens philosophique : non, il est parfait et ne peut donc pas tout faire de manière absolue, il ne peut par exemple pas mentir.

        Dieu est-il omnipotent ? Dans le sens Biblique : oui, il fait tout ce qu’il veut et rien de ce qu’il ne veut pas ne peut arriver.

        Bien à vous,

        Emmanuel

        • C’est une bonne définition biblique, surtout au regard du Psaume 115.

          D’un point de vue davantage théologique, l’omniscience divine exclue ce qui est logiquement impossible à Dieu (typiquement créer un être plus parfait que lui) ou ce qui est contraire à sa nature, notamment sa nature morale parfaite.

        • Cal

          Super réponse Emmanuel.

          David, un des problèmes de ta position c’est qu’elle est atteinte par le mauvais processus. Je m’explique. Nous avons tous des présupposés avant d’en venir à l’étude de la Parole de Dieu et de Dieu lui-même, dans ce qu’il nous est possible de connaitre.

          Ce qu’on peut appeler l’orthodoxie, a pour point de départ que Jésus-Christ est la clef de lecture des Écritures. De là s’en suit que nous devons considérer les Écritures comme inanéantissables car Jésus leur confère la qualité essentielle de « parole de Dieu » (Jean 10:35 et bien d’autres…).

          Quel rapport donc avec notre sujet de l’omniscience de Dieu?
          Et bien, du moyen que nous choisissons comme étant le plus autoritaire dans la matière de la connaissance de Dieu, dépendra la connaissance que nous aurons de Dieu.
          En effet, tu ne tiens ni la doctrine de l’inspiration ni la doctrine de l’inérance en haute estime; s’en suit que tu n’accordes pas une valeur prépondérante à ce que les Ecritures révélerons de Dieu. Au contraire, plutôt que de chercher à en faire une exégèse rigoureuse tel un fin chercheur d’or qui scrupuleusement se familiarise d’abord avec ce qui environne le précieux minerai pour ne point risquer d’en perdre par éboulement et demande conseil auprès de celui qui a créé de toute pièce ce minerai (le Saint-Esprit), tu sembles plutôt choisir l’approche du rugbyman qui, bien que voyant le chemin obstrué par l’équivalent d’un tank, s’en va tout de même encastrer, ayant arrêté d’avance qu’ici serait sa conclusion. C’est la différence entre l’exégèse et « l’eiségèse ». Tu imposes plus que tu ne reçois.

          L’objection de l’académisme ou de la « neutralité » est non seulement hors de propos en matière de surnaturel (ce qui dépasse la nature), mais aussi cet argument ne tient pas face à des monuments du savoir tels que John Owen ou encore John Gill, des surdoués précoces dans le sens le plus stupéfiant du terme.

          J’en reviens donc à ton présupposé que je résume comme suit : puisque la bible contient des erreurs, elle n’est pas toute autoritaire pour comprendre Dieu. Ainsi il nous faudrait plutôt piocher et non pas tout embrasser comme étant vérité. Cette perfection limitée de la Bible témoignerait d’une intervention limitée de Dieu dans la communication/préservation(?) de Sa parole. Par conséquent, le facteur humain est prépondérant dans la transmission des écrits sacrés. Alors, ce que dit la Bible d’elle même et ce qu’elle dit en général n’a de poids que dans la mesure où cela est relayé, confirmé et corrigé par la source extérieure à laquelle tu accordes cette autorité en matière de vérité.

          Il semble que tu as choisi l’autorité de l’histoire séculière et de la théologie libérale. Ce n’est pas une insulte mais un constat simple, que je pense tu confirmeras.

          Ainsi, puisque ces deux autorités semblent réunir arguments et preuves contre la ténacité et la véracité de l’orthodoxie, tu suivras ces autorités sans jamais te soucier (ou simplement te rendre compte) qu’elles t’emmènent toujours plus loin de la personne de Jésus.

          Bientôt, tu seras contraint (si ce pas déjà le cas) de renier aussi la perfection du Seigneur lui-même. Voici le raisonnement : si Jésus tenait les écritures comme indéfectibles « λυθηναι » (Jean 10:35), mais que la réalité serait que des erreurs y ont été introduites de sortes qu’il n’est plus possible de les trier entièrement, Jésus a dû se tromper… Or est-il encore possible de prendre Jésus comme étant La vérité; s’il s’est trompé sur un sujet aussi crucial?
          Sur quoi d’autre ce serait-il trompé? Enfin, je crois que tu comprends le raisonnement.

          Mais lorsque le Saint-Esprit te convainc de péché, la folie des écritures devient vraisemblance, et même plus, elle devient lumière, sagesse et puissance de Dieu lorsqu’elle est appliquée sur le cœur du croyant par la vertu du Saint-Esprit.

          Il y a aussi un impact direct sur la piété. Aucun chrétien que l’histoire aura retenu comme libéral n’a eu autant d’influence sur le monde et pour l’avancée du royaume de Dieu, que des orthodoxes (les réformateurs, les puritains, les salvationnistes, etc…).
          S’éloigner des écritures c’est s’éloigner de ce qui est profitable selon Paul (1 Tim. 3:16).

          Pour finir et revenir à la question de l’omniscience… quand bien même tu voudrais raisonner un instant sans la bible… je te conseil la théologie systématique de Bénédict Pictet (en particulier les chapitres sur la théologie propre).

          En étudiant ce que l’être le plus parfait serait, il est rapide de conclure les choses suivantes :

          1) On ne saurait pas concevoir un être parfait qui soit un tyran et adonné au vice car cela heurte la conception intuitive et primaire que chacun se fait de la notion de perfection. Donc cet être parfait doit être résolument tourné vers le bien, plus encore il doit être bon d’une façon que nul autre ne peut égaler. D’où vient aussi que sa volonté est bonne et au service du bien.

          2) Cet être résolument dédié au bien doit être aussi en mesure faire tout concourir au triomphe du bien, de sa gloire. Or si cet être est lui-même le bien absolu, c’est sa volonté qui doit toujours s’accomplir. Sans une toute puissance qui lui permettrait d’ordonner toute chose selon sa propre volonté, il serait possible de concevoir un être supérieur qui aurait cette capacité. Ainsi, si Dieu est l’être supérieur, il est non seulement parfaitement bon mais aussi parfaitement tout puissant.

          3) De cette toute puissance découle un attribut, de manière logique. Si rien ne peut résister à sa volonté (que sert sa toute puissance), il n’est, pour lui, rien de futur qu’il n’ait à découvrir puisque l’accomplissement absolu de sa volonté n’est pas dépendant des résistances éventuelles extérieures à son conseil, mais elle dépend de l’emploi de sa toute puissance. Or un être parfait optimal ne cessera pas d’employer sa toute puissance car il veut parfaitement accomplir parfaitement son plan de la meilleure des manières avec toutes les vertus de son être de sorte à ce que sa personne, qui est la vertu absolue digne d’adoration, soit exaltée et exposée. On ne saurait concevoir un Dieu qui délaisserait totalement une de ses vertus pour l’anéantir.

          4) Si Dieu ne règle pas tout dans le moindre détail, alors certaines choses échappent à sa volonté, et donc sa toute puissance, qui est sensée servir sa volonté, s’en retrouve aussi contestée. Mais cela n’est pas concevable concernant un être suprêmement parfait.

          On peut objecter : il règle tout dans le moindre détail, mais ne peut que réagir à ce qu’il découvre des effets de son action toute puissante. Ce qui montre qu’il n’est pas omniscient.

          Je réponds que Dieu a créé le temps, que Dieu est hors du temps, et qu’il n’est pas logique de vouloir échelonner la pensée de Dieu. En effet, un être parfait doit être en mesure de penser simultanément toutes les pensées qu’il doit accomplir pour toujours. Car en effet, si Dieu ne formulait ses pensées que les unes après les autres, il serait dépendant du temps; et on ne tarderait pas à concevoir la possibilité que ses plans soient contrecarrés, n’ayant pas été assez rapide pour les établir. Mais cela est grotesque. Dieu est hors du temps et toutes ses pensées sont donc dans une dimension que même le concept de simultanéité traduit mal. Dieu est éternel.
          Donc Dieu n’a pas eu à échelonner ses pensées les unes après les autres. Dieu est « voulant », « pensant », dans le sens le plus intemporel des termes.

          Enfin, un Dieu qui apprend ressemble davantage aux idoles païennes desquelles l’Eternel se moque dans les écritures…

          Beaucoup de confusion dans mon commentaire (le format de la fenêtre ne permettant pas de mettre en perspective).

          David, mon ami, tu sais que j’apprécie nos conversations. Je veux vraiment te prier de considérer la personne de Jésus. Car tu ne connaîtras rien en vérité si tu ne te fais pas connaitre à Lui. Regarde à ta vie et à ta contribution pour l’évangile, examine toi comme demanderait Paul, et vois si tu es dans la foi. Car beaucoup font naufrages à cause de la pseudo connaissance.
          Et de même que Paul nous rappelle que notre enseignement nous sauvera et sauvera ceux qui nous écoutent, notre enseignement nous perdra avec ceux qui nous écoutent.

        • Emmanuel Hechon : Il ne faut pas s’arrêter à la question, mais lire la suite.

          La question n’avait pour but que d’attirer l’attention sur un point que je développe ensuite, cf mes autres messages que je te laisse lire.

          Sur ce, comme je l’ai dit, je n’interviendrai plus jusqu’à cet été 🙂

  • J’ai lu ton dernier commentaire David, mais il me semble que ce qui est en jeu n’est pas tant la définition du “vrai” que l’étendue de l’omniscience.

    Ce qui est vrai n’implique pas une qualification morale particulière, mais juste un état de fait, une existence avérée, quelle que soit sa place dans le temps.
    Ce n’est pas parce qu’une chose est moralement mal qu’elle n’en est pas pour autant “vraie”. Ce n’est pas parce qu’une chose n’est pas encore réalisée à l’instant T qu’elle n’en est pas moins vraie. Il s’agit d’un absolu.(encore une fois, note que je raisonne d’un point de vue dynamique alors que j’adhère à la théorie statique du temps. Si la théorie B est vraie, tout ton raisonnement s’effondre. Or tu ne cherches même pas à démontrer la théorie A, ce qui devrait pourtant constituer la base de ton raisonnement.)

    On en revient à ce que je dis dans l’article : c’est à la définition classique de l’omniscience que ta position s’attaque. Tous les théistes ouverts acceptent ce fait : la définition traditionnelle de l’omniscience et de la théologie de l’être parfait ne convient pas à leur volonté d’exclure le mal du plan (et donc du contrôle) de Dieu.
    Or, exclure le mal du plan de Dieu implique nécessairement de le sortir du champ de la connaissance et de la souveraineté divine. Le mal existe, il est avéré, il est vrai, et par conséquent si Dieu ne le connait pas, il n’y a que deux options possibles :
    (a) Soit Dieu a choisi de ne pas le connaître
    (b) Soit Dieu est dans l’incapacité essentielle de le connaître.
    Dans les deux cas, Dieu ne connait pas l’intégralité de ce qui est vrai, et donc il n’est ni omniscient, ni un être parfait aux sens augustinien/anselmien.

    Ce n’est pas un incompressible : tous les non compatibilistes remettent au moins partiellement en cause l’approche anselmienne, rien que parce que selon celle-ci Dieu ne peut pas être l’objet de changement.
    Tous les adhérents de la théorie A reconnaissent qu’il doivent adapter TEP.

    A combien plus forte raison les open theists doivent-ils le faire également!!

    Et, à vrai dire, c’est là ce que je te reproche depuis longtemps : comme sur d’autres sujets, tu prends une position libéralisante ou critique, et tu affirmes qu’elle cadre avec les affirmations évangéliques standard…

    Perso, je ne peux accepter cela, que ça vienne de toi ou de qui que ce soit d’autre.

    Au final, même si tu ne l’admets pas, on est d’accord sur un point : ta définition de l’omniscience et de l’être parfait s’écarte de la position classique.
    On est en désaccord, bien sur, mais ça va mieux en le disant. 🙂

    Je te rappelle ma définition :

    S est omniscient si et seulement si pour chaque proposition p, si p est vrai, alors S connait p, et S n’a aucune fausse croyance (ou “ne croit aucune fausseté”).

    T’appuyant sur les limitations logiques de l’omnipotence liées à la nature de Dieu, tu veux restreindre la définition de l’omniscience ainsi :

    S est omniscient si et seulement si pour chaque proposition p, si p est vrai dans le passé, dans le présent et si elle est conforme à son plan dans le futur.

    Déjà, je te rappelle que ce n’est pas parce qu’on ne peut pas faire une chose qu’on ne connait pas cette chose. Je suis incapable de marcher sur les mains, pour autant je sais que l’expérience de marcher sur les mains existe ! De même, Dieu ne peut pas mourir, mais ça ne veut pas dire qu’il ne sait pas ce que la mort est.

    De plus, le syllogisme suivant s’applique à ta proposition :

    1- Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand
    ne puisse être conçu (argument d’Anselme)

    2- Un être parfait est omniscient

    3- Un être omniscient connait tout ce qui est vrai, sans égard
    à la moralité intrinsèque de l’action

    4- Dieu ne connait pas le futur qui ne correspond pas à
    son plan (de D. Vincent)

    5- Le futur est vrai, quel que soit le plan de Dieu
    à cet égard

    6- Par conséquent, Dieu n’est pas omniscient.

    7- Par conséquent, Dieu n’est pas un être parfait

    Il va sans dire que ta définition pose également de gros problèmes en matière d’omnipotence. Mais nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

    • Mais justement Guillaume, j’ai bien compris ta pensée, et c’est bien cette définition du « vrai » que je conteste.

      D’un point de vue matérialiste, c’est effectivement la seule définition possible, d’un point de vue chrétien, je pense qu’on peut justement lui attribuer une autre définition, en l’occurrence celle que je propose.

      Sur ce, c’était ma dernière intervention. Je reviendrai sur ce sujet en juin/juillet :

      http://didascale.com/absence-prolongee/

      PS : Cal, j’ai bien lu ton message 🙂

      • Ok David, on en reparle.
        By the way, il faudra aussi surement réfléchir à la notion de possible.

        J’ai écrit à mon prof. de Philo, Paul Gould, pour lui demander si l’adhésion à la théorie B amenait naturellement à nier toute notion de possible. Parce que j’en étais venu à rejeter les possibles, essentiellement en raison de ta manière de formuler les choses.

        Il répond non, mais les deux-trois définitions possibles qu’il donne aux possibilia montre que manifestement ce n’est pas non plus la manière dont tu les as compris.

        Pour lui, les possibilia sont éternels, soit existants dans la nature de Dieu ou dans sa pensée, soit ils existent dans la horde platonique (les fameux objets abstraits éternels). Je te précise qu’il est moliniste, et qu’il croit que Dieu est pleinement dans le temps.

        Je te cite ci-dessous ma question suivi de sa réponse.

        A bientôt.
        Guillaume

        Guillaume : “Does the B-theory entails the rejection of the existence of possibilia? Basically, this is what I was thinking. However, reading Craig on middle knowledge, it appears that Aquinas held a ‘scientia simplicis intelligentiae, by which God knows all the possibles.’ So, does God outside time implies a different definition of the notion of ‘possible‘?”

        P. Gould : “I think that B-theory is consistent with the existence of possibilia. I don’t think there is any real problem here for the B-Theorist. Typically, possibly are grounded in God’s nature, or some Platonic Realm, or divine ideas, or something like that. And typically the modal realm of reality is taken to be eternal and timeless anyhow. So, no, I think you can safely be a B-Theorist and endorse the existence of possibilia.”

  • Bonjour à tous,

    Je n’écris pas directement sous le post de David parce que dans mon browser les colonnes deviennent trop étroites, mais c’est en réponse à quelques unes de ses remarques.

    L’enchaînement des idées, m’a sans doute échappé, mais il me semble que la question de départ demandait si Dieu calcule tous les futurs possibles pour savoir celui qui sera. Autrement dit, le mode de connaissance de Dieu peut-il se comparer à celui d’un météorologiste qui à l’aide d’un puissant ordinateur prévoit le temps qu’il fera dans une semaine ? La réponse est non, car même si le météorologiste avait un ordinateur N fois plus puissant il ne pourrait toujours pas savoir s’il fera beau dans N semaines.

    Pour résumer : Dieu n’apprend pas le futur grâce à un super-ordinateur (le mot apprendre est d’ailleurs à lui seul suspect, Dieu sait l’avenir).

    Il me semble qu’ensuite David part sur une nouvelle question, qui pourrait se résumer par :

    Dieu pilote-t-il à vue ?

    Soit un avion devant décoller à 13h00 de CDG Paris pour atterrir exactement 18 heures plus tard à SWZ Sydney ; les deux points connus doivent absolument être respectés, quoiqu’il se passe en route, c’est le job du pilote. Si par exemple il voit qu’un astéroïde va couper sa trajectoire, il devra tirer un peu sur le manche à balai ; autrement dit l’horizon temporel du pilote est limité mais suffisant pour qu’il puisse prendre les mesures nécessaires pour arriver à bon port, d’où l’expression « piloter à vue ».

    D’après David, si j’ai bien compris, Dieu travaillerait ainsi. Il ne sait pas absolument tout ce qui va se passer (puisque de toute façon on ne peut pas prévoir l’imprévisible), mais comme c’est un très bon pilote, qui de plus a à sa disposition une réserve de kérosène quasi infinie, il est sûr de réussir sa mission. Ou encore : le bon et le vrai prévisibles, l’emporteront toujours sur le mal et le faux imprévisibles.

    Pour ma part je trouve le principe excellent au cinéma, car sans accident imprévu le film serait passablement ennuyeux. Cependant, si le scénario n’est normalement pas connu à l’avance des spectateurs, il l’est du réalisateur, qui a justement fait concourir les méchants au suspens du film et à son happy ending. C’est aussi ce que nous apprennent l’Ecriture et l’Histoire : Dieu a intégré le mal et les méchants dans le scénario : Pharaon, Judas, Pilate, y jouent chacun leur rôle

    Pour conclure, il me semble que le concept de « pilotage à vue » décrit assez bien la vie chrétienne, mais qu’il ne convient guère à Dieu, qui n’est pas simplement le Pilote de l’Histoire, mais encore son Auteur.

    • Je retiens la métaphore Claude. 🙂

      Mais de mon côté, je préfère l’idée du pilote que de l’auteur, ça évite d’attribuer à Dieu le mal existant.

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