En quoi la nouvelle alliance est elle « nouvelle » ?

Dans l’histoire du christianisme, de Jésus-Christ jusqu’à aujourd’hui, il est commun d’entendre certains chrétiens affirmer que la nouvelle alliance n’est pas si nouvelle que ça. Souvent, une telle affirmation mènent ces derniers à embrasser le pédobaptisme (n.d.e. le baptême des nouveau-nés), ces derniers voyant cette pratique comme une « continuation de la circoncision », une autre manière de l’administrer.

Il était audacieux d’affirmer qu’une alliance appelée « nouvelle » ne fut pas nouvelle. Une telle affirmation était contre-intuitive et exigeait une démonstration laborieuse. Pourtant, les presbytériens, des pédobaptistes, ne croyaient pas que la nouvelle alliance était nouvelle. En effet, leur modèle de l’alliance de grâce les conduisait à voir une identité de substance entre l’ancienne et la nouvelle alliance. Cependant, cette dernière pouvait difficilement être nouvelle tout en ayant la même substance que la première.

Comment les pédobaptistes expliquaient-ils que l’Écriture la présente fréquemment comme étant une alliance nouvelle (Jé 31.31,32 ; Lu 22.20 ; 2 Co 3.6 ; Hé 12.24) ? Ils y arrivaient pourtant en recourant à la séparation entre la substance et l’administration de l’alliance de grâce. Ainsi, les pédobaptistes considéraient que la nouvelle alliance était, en fait, simplement une nouvelle administration, et non une alliance substantiellement différente.

 

Lisez la suite sur REVENIR À l’ÉVANGILE

 

 

Cet article est extrait de mon livre Une alliance plus excellente – La doctrine des alliances : fondement distinctif du baptisme réformé. 

 

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).

  • Fred BICAN

    Merci Pascal,
    de nous aider à mieux cerner cette notion centrale et complexe de la nouvelle alliance, avec une perspective scripturaire qui édifie les évangélique credo-baptiste. Je me réjouis de bientôt lire ton livre (c’est dans mes bonnes intentions de début d’année :-), afin d’affiner pour ma propre foi (puis mon enseignement), cet aspect important du déploiement de la rédemption.
    Fred BICAN

  • Francine

    C’est pourquoi il vaudrait mieux trouver un autre mot que alliance pour exprimer votre idée. Une alliance qui n’engage qu’une partie, inconditionnelle, et non « transgressable » (vous voyez bien que vous savez inventer des mots), ne rentre tout simplement pas dans la définition d’une alliance. C’est un carré rond.

    Cette parole est certaine; car si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui ; si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes incrédules, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même 2 Timothée 2 : 11-13

    • Maxime Georgel

      Je pense aussi, à la lumière de Hébreux, qu’une alliance ne peut être que dipleurique et conditionnelle. Et je pense que c’est un non sens de parler de promesse sans un cadre allianciel. J’aurai l’occasion de répondre à tout cela sur mon blog dans quelques temps.

  • Maxime Georgel

    Pascal, Jer 31 comprend 4 clauses/promesses. Si la clause du pardon est partout répétée dans le NT comme accomplie, les autres ne le sont pas. On le voit clairement en Hébreux où c’est le pardon qui est accompli tandis que la clause du « peuple de Dieu » par exemple est placée dans le futur en Matthieu 5 ou Apocalypse 21. Insister sur Jer 31 pour prouver que la substance est différente passe à côté du but du texte.

    Ensuite, la position réformée est quelque peu mal représentée ici. On dirait qu’elle est présentée afin de la faire paraitre comme évidemment forcée « la Bible dit que c’est une nouvelle alliance, mais les réformés disent que c’est pas vraiment ça ». C’est simplement faux. La nouvelle alliance est nouvelle. Elle est une alliance de grâce comme aucune autre ne l’a été auparavant.

    Finalement, si le NT et l’AT contraste l’Ancienne et la Nouvelle alliance, ils le font quant à l’alliance mosaïque. Autrement dit, il y a bien discontinuité entre l’alliance mosaïque et la nouvelle alliance. Par contre, le NT ne cesse de souligner les continuités entre l’alliance Abrahamique et la nouvelle alliance. Et, quand Moïse, David ou d’autres réclament la grâce divine, ils le font encore en invoquant l’alliance avec Abraham. Autrement dit, si l’alliance avec Moïse est une alliance de grâce, c’est uniquement en tant que continuité de l’alliance avec Abraham. Et si l’alliance avec Moïse réaffirme le principe des oeuvres, c’est uniquement en tant que pédagogue. Mais nier la grâce chez Moïse c’est mal comprendre la discontinuité. On voit clairement qu’il y a une différence entre « le jour où tu manges de ce fruit tu mourras » et « quand vous serez dispersé, si vous vous tournez de tout votre coeur je vous rétablirai »…

%d blogueurs aiment cette page :