Nabeel Qureshi savait où il allait

Nabeel Qureshi est décédé hier. Il avait 34 ans. Je l’ai rencontré pour la première fois en novembre 2016, lors de la conférence de l’Evangelical Theological Society, à San Antonio. Nabeel avait appris quelques mois auparavant l’existence de ce cancer à l’estomac qui lui a finalement été fatal.

 

De gauche à droite : Guillaume Bourin, Craig Keener, Nabeel Qureshi, Guillaume Bignon, Timothée Davi, Njato Razafinbahini, Alexandre Bardieu, Mandimby Ranaivoarisoa

 

 

C’était une belle soirée, il faisait bon, et notre groupe de jeunes théologiens francophones déambulait sur les canaux de cette magnifique ville texane. Au détour d’une rue, nous sommes tombés nez à nez avec Alexandre Bardieu attablé avec Craig Keener et Nabeel Quereshi. Nous nous sommes joints à eux et avons diné ensemble.

La perspective de rencontrer Craig Keener, le grand spécialiste évangélique du Nouveau Testament, aurait dû constituer le point d’orgue de ma soirée. Mais c’est bien la discussion avec Nabeel que je retiens. Alors qu’il se savait d’ores et déjà quasi-condamné (son cancer n’a été diagnostiqué qu’au quatrième stade), il manifestait une foi et une assurance que j’avais rarement eu l’occasion d’observer. Pour tout vous dire, à ce moment précis, je passais par de dures épreuves, qui certes n’avaient rien en commun avec celles de Nabeel. Mais, à mesure que je l’écoutais, j’étais subjugué par la paix et la joie qui semblaient l’habiter.

Etait-ce bien cet homme que l’on disait à l’article de la mort ?

Cette simple rencontre de quelques heures a eu un impact déterminant sur ma vie. Nabeel semblait heureux au beau milieu de ses circonstances, et je devais reconnaître que moi je ne l’étais pas. La vision d’un tel homme animé d’une telle foi heurtait de plein fouet mon amertume et ma colère. Nabeel ne l’a jamais su, mais il a été un instrument divin pour me conduire à la repentance, ce soir là.

Je me suis alors intéressé à sa vie -ou plutôt à son combat quotidien pour rester en vie. Jamais je ne l’ai vu se départir de cette paix profonde. Jugez-en vous-même : de vlog en vlog, au milieu de la souffrance et des doutes, sa seule priorité était de rendre témoignage de sa foi. Deux semaines à peine avant sa mort, sa chaine Youtube continuait de diffuser des enregistrements récents à visée apologétique (voir la vidéo ci-dessous avec David Wood).

 

 

 

D’où venaient cette paix et cette persévérance surnaturelles ? Quel était le secret de Nabeel Qureshi ? Il a lui-même répondu à cette question dès l’annonce publique de sa maladie, le 31 août 2016 :

Ces derniers jours, mes esprits sont passés par des hauts et des bas alors que je cherchais la volonté de de Dieu et que je me demandais ce à quoi mon futur allait ressembler. Mais à aucun moment je n’ai douté de ceci : que Jésus est Seigneur, que son sang a payé ma rançon, et que par ses meurtrissures je suis guéri. Je crois fermement que mon âme est sauvée par la grâce et la miséricorde du Dieu trinitaire, et non par quelque accomplissement ou mérite de ma part. Je suis tellement reconnaissant d’être un enfant du Père, racheté par le Fils, et scellé du Saint Esprit ! Non, au milieu de la tempête, je n’ai pas à m’inquiéter quant à mon salut, et à cause de cela je t’adore, Dieu.

 

Frères et soeurs, le secret de Nabeel Qureshi, c’était cette vie éternelle que Christ lui avait obtenu. Voici un témoin qui, quoique mort, nous parle encore. Sa foi et sa persévérance sont un témoignage pour le monde entier.

 

Nabeel savait où il allait… Et vous, où allez-vous ?

 

Avant de mourir, Nabeel Qureshi a mis en place une collecte de fond pour soutenir sa femme Michele et sa fille Ayah qu’il laisse derrière lui. En dehors de ces fonds, sa famille n’obtiendra rien, et de nombreuses traites restent à payer après cette mort prématurée. Si Dieu vous met à coeur de contribuer, cliquez ici.

 

 

Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs actuels. Il s'intéresse particulièrement à l'intertextualité et à l'exégèse de l'Ancien Testament, à la théologie biblique, et à l’ecclésiologie. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).

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