Les gens mourront-ils pendant le millenium ?

Il n’y aura plus de nouveau-né qui vive quelques jours seulement,
ni de vieillard qui meure avant d’avoir terminé tout son parcours.
Celui qui mourra à 100 ans sera considéré comme jeune
et celui qui n’atteindra pas 100 ans sera considéré comme maudit.
(Esaïe 65:20)

Lors d’une récente série sur le millenium, dans une perspective amillénariste, je faisais un parallèle entre Apocalypse 20 et Esaie 65. Une lectrice, troublée par le verset d’Esaïe 65:20, a pris la décision de m’écrire.

 

Ce que lectrice m’écrit :

J’ai écouté et étudié une étude approfondie qui concernait Apocalypse 20 sur le « millenium »… J’ai trouvé très intéressant ce que vous disiez à ce sujet ; j’ai toutefois besoin de l’étudier encore… Une question subsiste toutefois et qui m’empêche de le comprendre plus amplement et que je n’arrive pas à placer dans le contexte de votre exposé. Pourriez-vous m’y aider ?

Je n’arrive pas à mettre en relation Apocalypse 20 sur le millenium avec le verset d’Esaïe 65:20… Si le jugement du grand trône blanc évince tous ceux qui ne sont pas les vrais croyants inscrits dans le Livre de vie, d’où viennent ces personnes ont des limites d’âges qui sont fixées ?

 

 

Ma réponse :

Chère soeur (…)

concernant votre excellente question biblique et exégétique… je ne prétends pas apporter une réponse finale à la difficulté que peut poser le texte d’Es 65.20 à l’approche amillénariste, mais voici ma compréhension. Je crois que le langage d’Ésaïe est figuratif; il décrit la réalité céleste dans des termes terrestres. Il ne faut pas prendre sa description littéralement, mais plutôt voir le point derrière les descriptions qu’il fait. Le verset 20 ne veut pas dire qu’il y aura encore la mort dans le paradis final, mais bien que les douleurs anciennes de la création actuelle seront passées (la mortalité infantile, la mort prématurée, la mort tout court).

Aujourd’hui, lorsqu’une personne meurt à 100 ans, nous ne la pleurons pas de la même façon qu’une personne qui meure jeune. Son existence sur terre a été longue et n’est pas vue comme interrompue par l’anormalité de la mort… Eh bien mourir à 100 ans dans le paradis serait comparable à la tragédie d’une mort précoce qui interrompt la vie dans la force de l’âge. Puisque la vie sera continuellement dans la force de l’âge, il n’y aura personne qui mourra à 100 ans ni à aucun âge (v.22). Mais le point est que « mourir à 100 ans », si cela était possible, serait une malédiction.

Il s’agit simplement d’une comparaison du moins vers le plus en prenant le plus du temps présent et en montrant que cette grande bénédiction actuelle serait vue comme une malédiction dans le temps à venir. C’est dire la grandeur de la bénédiction des héritiers de la vie éternelle! Le prophète utilise un langage et une image que ses auditeurs pouvaient comprendre (une transposition du siècle présent dans le siècle à venir) sans pour autant que le siècle présent sera transposé tel quel dans le siècle à venir. Il s’agit d’une approche littéraire et d’un langage eschatologique et non d’une stricte description des nouveaux cieux et de la nouvelle terre (v.17), car la mort ne fera certainement plus partie de ceux-ci (Ap 21.4).

J’espère que ces quelques lignes vous seront utiles. En Sa grâce!

 

 

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).

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