Worship | L'influence de la culture sur la Louange

L’influence de la culture sur la Louange (Part 1)

Dans beaucoup de nos églises, les temps de louanges ont revêtu une place importante à l’intérieur du culte. Ceci est une grâce que Dieu nous fait de pouvoir le louer avec tout notre être entier : notre intelligence, notre cœur, nos émotions et notre corps. Et ceci constitue aussi un moyen de grâce au travers duquel le Saint-Esprit œuvre pour que Dieu soit glorifié, et que l’église soit édifiée (Eph 5 :19).
Mais dans le paysage très divers des cantiques récents que nous possédons, il nous arrive à maintes reprises de chanter certains passages de certains cantiques très flous qui ne reflètent pas ce qu’enseigne la Parole de Dieu. En ce qui concerne l’adoration, E.Clowney souligne à juste titre que :
L’adoration n’est pas une faculté de l’imagination qui nous permettrait de nous projeter hors de nous pour entretenir une émotion religieuse. Le culte comme la religion ne peuvent être définis indépendamment de Dieu, car la louange est la réponse de la créature à la gloire révélée du créateur. Lorsque l’adoration et la piété sont vouées à un dieu inférieur, la nature même de ce culte est faussée. Cette perversion est le commencement de la spirale descendance de l’idolâtrie que l’apôtre Paul décrit (Rom 1 :18-32 ). Le culte ne dégénère pas aussitôt dans la prostitution sacrée ou la débauche, mais il se corrompt dès lors que la créature humaine refuse de reconnaitre Celui qui, seul, est digne d’être adoré, à qui l’on doit une entière dévotion, absolue, irrévocable (Rom 1 :21-23).
(Edmund P. Clowney, L’Eglise , Ed. Excelsis 2000, p122)
Il apparaît ainsi de façon claire que notre louange corporative est un témoignage de notre dévotion personnelle au sein du corps de Christ. Et donc, en tant que membres du corps de Christ établis sur le fondements des apôtres et des prophètes  (Eph 5:23), les chants que nous utilisons pour ces moments de culte doivent normalement refléter ce que croit la communauté, ce sur quoi elle fonde sa vie, ce qu’elle considère comme son véritable trésor.
Il convient alors de se poser la question de l’origine de tels cantiques qui sont dissonants avec la Parole de Dieu.
Bien sûr, une grande partie vient d’artistes dont le fondement théologique n’est pas clair, voire déviant. Mais il n’est pas sûr que ce soit l’ultime raison. Je pense qu’il est aussi raisonnable de voir l’origine d’une telle déviance dans une malheureuse influence de  présupposés culturels ambiants. C’est ce que nous essaierons d’analyser, de façon non exhaustive, tout au long de notre réflexion.

La louange
La louange est avant toutes choses une offrande qui peut s’exprimer de différentes façons, une reconnaissance envers le Créateur. En effet,  La gloire transcendante de Dieu suscite la louange  ainsi que la  gloire merveilleuse de Dieu, révélée dans l’évangile, [qui] est la gloire de sa grâce (Ibid). Et c’est cette  gloire du Seigneur qui produit notre adoration [qui] devient une bénédiction [et] qui transforme sans cesse notre existence, et cela nous rendra enfin semblables à Jésus-Christ.  (Ibid).
La louange est ainsi une offrande remplie de reconnaissance envers Dieu, pour adorer Dieu avec tout notre être, en communion avec nos frères et sœurs :
Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce.
(Col 3 :16)
Je voudrais souligner quatre choses à partir de ce verset qui me paraissent fondamentales et qui sont quatre secteurs dans lesquels la culture ambiante de ce monde essaye de s’immiscer pour les corrompre :
(1) Notre louange est l’expression de l’œuvre de la Parole de Christ qui habite en nous  :
Elle est une expression de notre foi. Comme le souligne très bien 1 Pierre 1 :23, nous sommes nés de nouveau lorsque Dieu a implanté en nous sa Parole vivante et permanente. C’est cette Parole plantée en nous qui, sous l’action du Saint-Esprit, nous a régénérés et nous a révélé la gloire de Dieu qui jaillit de la Face de Christ. C’est à ce moment-là que nous avons saisi par la foi Christ comme notre Sauveur et Rédempteur.
Ainsi, l’écriture de cantiques ne peut être séparée du fondement même de notre foi : la parole de Dieu.
Le passage de Col 3 :16 présuppose clairement que notre louange est une expression de la Parole de Dieu qui habite en nous : la louange possède un fondement objectif.
Ce fondement est le fondement apostolique (1 Cor 3, Rom 16 :25), la foi qui nous a été donnée une fois pour toutes par les apôtres (Jude 1, Heb 1 :1)
(2) Notre Louange est un moyen de grâce que Dieu a donné à l’église  pour sa croissance, sa cohésion et sa piété. Notre louange au sein de l’église est une œuvre communautaire dans laquelle nous vivons une véritable  koinonia  avec nos frères et sœurs : elle témoigne de notre unité en tant que corps à la tête duquel règne notre Seigneur  Jésus-Christ.
(3) Notre louange s’adresse à Dieu et c’est Lui qui en est le centre.
(4) Notre louange est  sous l’inspiration de la grâce  (un autre traduction plus précise dit “chantant avec gratitude dans nos cœurs envers Dieu”). De ce fait, notre louange doit exprimer une reconnaissance envers la grâce de la rédemption que Christ nous a acquise à la croix en devenant, pour nous, une victime propitiatoire à cause de nos péchés pour que nous soyons réconciliés avec Dieu (Heb 9:1-2). Notre louange est une réponse face à la grâce que Dieu nous fit en envoyant son Fils unique pour notre rédemption.

La gangrène de la culture ambiante 
Nous allons maintenant voir que la culture ambiante attaque ces quatre secteurs de façon claire, et cela jusqu’à en infecter certains de nos cantiques.

a) Le Postmodernisme et le relativisme :

Notre société est marquée maintenant au fer rouge du postmodernisme et du relativisme. La notion de “vérité” est devenue de façon contradictoire une valeur à décliner au pluriel pour le même sujet, alors que son étymologie ne nous le permettait pas.
En effet, notre société est tellement devenue tolérante qu’elle est devenue intolérante de “l’absolu”, de tout ce qui peut paraître ultime, car c’est l’homme qui est devenu  ultime  pour lui-même. Dès lors, notre foi réformée est rejetée à cause de l’orthodoxie qu’elle défend sur le fondement de l’enseignement apostolique. Et les notions de chute, dépravation totale, providence, souveraineté, rédemption, propitiation, jugement donnent de l’urticaire à nos contemporains.
Et bien, c’est malheureusement ce que l’on peut retrouver parfois dans certains cantiques qui manquent totalement de personnalité , de telle sorte qu’un mormon ou un témoin de Jéhovah pourrait le chanter aussi. Je ne dis pas que tous nos chants doivent être une déclinaison du symbole des apôtres, mais si nous scrutons rigoureusement les doxologies qui sont présentes dans le nouveau Testament, nous pourrons y voir des caractéristiques théocentriques et christocentriques qui sont fondamentales à la foi apostolique.
Notre louange est ainsi une expression de notre foi, et non d’ une foi  parmi tant d’autres. Cette foi est fondée sur ce que nous a dit le Fils en ces temps qui sont les derniers .
Par exemple, Dieu est souvent chanté :
* soit comme très distant (on frôle le déisme).
* soit comme tellement proche que la notion de révérence et de sainteté nous sont des valeurs étrangères.
* soit tellement  en tout  que nous frôlons un panthéisme évangélique.
Un autre exemple, le fait de  reconnaître en chantant notre perversion naturelle (comme dans le cantique Amazing Grace ) pour élever l’œuvre propitiatoire et expiatoire du Christ n’est pas assez souvent présente, car elle choque notre ego.
Un remède contre cela est donc de toujours faire prévaloir la gloire unique de notre Dieu créateur et trois fois saints (transcendance), cette gloire qui s’est manifesté à la croix dans le sacerdoce parfait et unique de Jésus-Christ (immanence).
b) Le danger de l’individualisme :
Notre société française est devenue foncièrement individualiste et particulièrement rebelle à toute forme d’autorité . Aujourd’hui, il nous suffit de regarder les publicités autour de nous, pour voir que la cible première est l’individu et son épanouissement.
Or, autant dans Ephésiens 5 :19 que Colossiens 3 :16, le contexte immédiat des exhortations paulinienne est l’édification  réciproque au sein du corps de Christ pour glorifier Dieu.
Paul nous encourage à nous exhorter les uns les autres, à nous instruire les uns les autres. Lorsque cet individualisme s’introduit dans notre louange, il peut se manifester sous la forme de deux grands dangers :
* L’égocentrisme : Nos chants de louange ne devraient pas contenir uniquement des “ je”, ils doivent en contenir, mais cela ne doit pas éclipser la réalité du “nous”, car Dieu s’est acquis  un peuple  au prix du sang de son Fils bien-aimé.
* L’orgueil : C’est ce qu’on peut appeler le syndrome l’Oréal  évangélique : Parce que je le vaux bien .
Nos chants de louanges ne doivent pas exprimer une telle centralité de l’homme, de sorte que Dieu n’agit plus pour sa propre Gloire mais pour répondre aux besoins de ses créatures.
Ceci est une déformation de ce qu’est la grâce. Elle est un don immérité…et elle le sera toujours.
Dieu manifeste effectivement sa Gloire dans le Salut au travers du jugement alors déversé sur son Fils, mais ce n’est pas l’homme qui est au centre de l’histoire de la rédemption, mais c’est Dieu lui-même qui manifeste sa Gloire en son Fils Jésus-Christ pour la plus grande Joie du peuple qu’il s’est choisi.
Ainsi c’est la Gloire de Dieu et non celle de l’homme qui doit être au centre des cantiques. Ceci est autant plus difficile au sein d’une société individualiste qui chérit sa liberté au-dessus de toutes choses, même au-dessus des autres, car…on le sait… un français n’a ni dieu, ni maître .
…à suivre…
DS

Je suis marié, et le Seigneur nous a fait la grâce d’avoir trois enfants. Je suis actuellement Pasteur Stagiaire sur Montréal. Je suis passionné par le Nouveau Testament, la théologie systématique et l’herméneutique. J’affectionne particulièrement les écrits des réformateurs, de Cornelius Van Til, Vern Poythress, John Frame, Greg Beale et John Piper.

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