Les Pères de l’Eglise et l’eschatologie

La patristique -discipline qui se focalise sur l’étude des Pères de l’Eglise (1)- est régulièrement sollicitée dans les débats relatifs à la fin des temps.

Le plus souvent, ce sont les tenants du prémillénarisme (2) qui en usent le plus, affirmant que leur position était partagée par la majeure partie des Pères pré-niceens.

Cette idée semble avoir été développée et popularisée par Georges Eldon Ladd. (3)
Ladd écrivait dans les années 50, période lors de laquelle l’influence du prémillénarisme pré-tribulationiste était à son paroxysme.
Son but était essentiellement de rejeter cette approche et de démontrer que le post-tribulationisme était la seule option possible pour comprendre l’Apocalypse dans une perspective futuriste.

L’un de ses arguments phares était l’historicité du post-tribulationisme : pour lui, la plupart des premiers penseurs chrétiens partageait une telle position.
C’est ce qui l’a conduit à baptiser son approche Prémillénarisme Historique.

Bien que son objectif était de rejeter le pré-tribulationisme, ce qu’il a fait avec efficacité, Ladd a cependant contribué à renforcer les convictions des tenants de cette position.

Paige Patterson, par exemple, dans son récent commentaire sur l’Apocalypse, écrit :

George Eldon Ladd, écrivant en 1956 contre les perspectives d’un enlèvement pré-tribulationiste, a néanmoins démontré jusqu’à un certain point que la foi de l’Eglise Primitive était prémillénariste. Citant la Didaché, l’Epitre de Barnabas, Justin Martyr, Irénée, Lactance et Hippolyte, Ladd a démontré que les premiers chrétiens post-apostoliques attendaient un règne littéral de Christ à la fin des temps. Si cela était l’espérance de l’Eglise dès les temps les plus anciens et celle des plus proches collaborateurs de l’apôtre Jean, il apparait peu rationnel d’embrasser une autre perspective. (4)

Ladd, Patterson, et tous les autres prémillénaristes invoquant un tel consensus parmi les premiers Pères ont-ils raison ?

A titre personnel, j’en doute, et voici quelques éléments qui me conduisent à penser que leurs convictions eschatologiques sont marquées par l’absence de prudence.

 

 

1- L’eschatologie des premiers Pères est souvent peu concluante

Premièrement, il est important de noter que, bien que l’eschatologie jouait un rôle de premier plan dans la théologie de l’Eglise Primitive, peu d’auteurs patristiques l’ont traitée de manière systématique.
Dans la plupart des cas, nous ne disposons pas d’éléments suffisants pour déterminer la position exacte de tel ou tel écrit.

D’autre part, il semble que plusieurs Pères aient évolué dans leurs conceptions eschatologiques, un phénomène qui n’est pas surprenant et que l’on observe encore aujourd’hui.

 

Deuxièmement, souvenons-nous que nous sommes loin de disposer de l’ensemble des sources qui nous seraient nécessaires pour affirmer une position globale de l’Eglise Primitive. Certains ouvrages sont complètement perdus tandis que d’autres sont sérieusement amputés de leur contexte.

L’eschatologie de Papias, par exemple, nous est connue indirectement et de manière très fragmentaire au travers  d’Irénée de Lyon (5) et surtout d’Eusèbe de Césarée. (6)
Or, Eusèbe se montre particulièrement critique à l’égard de la position de Papias, dénigrant le témoignage d’Irénée à son égard et affirmant qu’il “paraît avoir été animé d’un esprit fort médiocre, comme on peut le conjecturer d’après ses écrits.“
En réalité, Eusèbe rejette la croyance en un millenium littéral chère à Irénée et Papias, et l’on peut raisonnablement douter de la fiabilité de son rapport.
Notons cependant qu’il est impossible de dater l’oeuvre de Papias, ce qui est pourtant essentiel pour comprendre la globalité de la pensée eschatologique d’un auteur.

Soyons clair : Papias adhérait bel et bien à l’idée d’un règne millénaire littéral de Christ.
Toutefois, en l’état des données dont nous disposons, il me semble difficile de le classer dans le camps des prémillénaristes modernes.

En effet, Papias adhérait à une forme particulière de chiliasme, ce qui nous conduit tout naturellement à notre deuxième point.

 

 

2- Incompréhension autour du concept de chiliasme

L’une des raisons expliquant la prise de position maximaliste de certains prémillénariste est la confusion qui règne autour de la notion de chiliasme, ou millénarisme.
Ce terme vient du grec kilia ētè (χίλια ἔτη), littéralement “mille ans“ et désigne au sens strict un règne messianique terrestre.

De nombreux prémillénaristes modernes ont tendance à lire leur propre position dans celle des chiliastes des trois premiers siècles.
Par exemple, Michael Vlach, respectable Professeur de Théologie à The Master’s Seminary, écrit :

La position prémillénariste est fortement appuyée par l’histoire de l’Eglise. Le prémillénarisme était la vue prédominante durant les trois premiers siècles de l’histoire de l’Eglise, comme le rappelle l’historien Philip Schaff : “L’élément le plus frappant dans l’eschatologie de l’Eglise avant le concile de Nicée est ce chiliasme, ou millénarisme, c’est à dire la croyance en un règne terrestre glorieux de Christ avec les saints ressuscités pour 1000 ans, avant la résurrection générale et le jugement.“ (7)

Nul doute qu’en citant Schaff, le célèbre historien Suisse-Allemand, Vlach cherche à présenter à ses lecteurs un argument d’autorité.

Il est cependant regrettable que ce dernier se fende d’une citation aussi sélective.

En effet, la phrase suivant l’extrait choisi par Vlach met à mal l’argument qu’il pensait en tirer :

Dans les faits, il ne s’agissait pas de la doctrine de l’Eglise telle qu’intégrée à un crédo ou à formule liturgique, mais une opinion répandue parmi certains enseignants distingués comme Barnabas, Papias, Justin Martyr, Irénée, Tertullien, Méthodius, Lactance. Cependant Caius, Origène, Dionysius le Grand, Eusèbe (à la suite de Jérôme et d’Augustin) s’y opposaient. (8)

Pour Schaff, les choses sont claires : le chiliasme existait, mais on ne peut pas parler de consensus.

Schaff n’assimile pas non plus systématiquement le prémillénarisme moderne au chiliasme.
Au contraire, il évalue chacun des partisans historiques d’un millenium littéral et note leurs profondes divergences. (9)

Enfin, Schaff ne manque pas de souligner l’incohérence de la plupart des premiers chiliastes, et surtout le flou qui règne sur certains aspects de leurs positions.
Lorsqu’il identifie le chiliasme avec un règne millénaire de Christ précédant la résurrection (cf. la citation de Vlach), ceci est en réalité loin de s’accorder avec les perspectives prémillénaristes.

 

Dans les faits, le chiliasme désigne simplement la croyance en un règne millénaire de Christ.
D’autres conditions son nécessaires pour que cette position puisse être associé au prémillénarisme moderne, comme par exemple la résurrection des justes avant ou au moment de l’établissement du millenium.

Or, pour certains chiliastes, les choses sont loin d’êtres évidentes, comme nous allons le voir ci-dessous.

Quoi qu’il en soit, parler de consensus prémillénariste dans l’église primitive est aller un peu vite en besogne.
Et, en la matière, citer Philipp Schaff comme argument d’autorité est loin d’être judicieux.

 

 

3- Un consensus prémillénariste avant Augustin ?

Les travaux de Ladd ont largement influencé les prémillénaristes soucieux d’enraciner leur position dans l’histoire de l’Eglise.
Plusieurs de ses conclusions semblent cependant être teintées de partialité, et certains de ses raccourcis logiques sont à évaluer avec beaucoup de précautions.

Ladd invoque huit auteurs chrétiens antérieurs au Concile de Nicée (325) pour appuyer sa position.

Relevons en premier lieu le challenge de son approche : défendre l’idée d’un consensus prémillénariste sur une période de plus de deux siècles en invoquant si peu de sources est pour le moins une tâche ardue.

En deuxième lieu, après analyse, il apparait que ces huit Pères peuvent être classés en trois catégories (référez-vous aux notes de fin d’article pour évaluer le bienfondé de ce classement)  :

  1. Ceux qui -malgré l’argumentation de Ladd- ne paraissent s’accorder ni avec le prémillénarisme, ni avec le chiliasme, au nombre de deux : La Didachè (10) et Le Pasteur d’Hermas (11)
  2. Ceux qui sont bien chiliastes, mais ne sauraient être assimilés au prémillénarisme moderne. Ils sont trois : Barnabas (12), Irénée de Lyon (13), et Hippolyte (14)
  3. Ceux qui peuvent être rapprochés de la position prémillénariste, mais avec réserves. Trois là encore : Tertullien (15), Lactance (16), et Justin Martyr (17)

 

Ladd ne cite pas Commodien, pourtant régulièrement invoqué par les prémillénaristes. Je l’aurais classé sans hésitation dans la deuxième catégorie. (18)

L’approche de Philipp Schaff est beaucoup plus prudente que celle de Ladd. Il note lui aussi que les approches eschatologiques de plusieurs chiliastes avérés sont largement incompatibles avec les positions prémillénaristes modernes, et que plusieurs groupes gnostiques et montanistes en faisaient également la promotion.

Schaff mentionne ensuite une liste de farouches opposants au chiliasme, parmi lesquels se trouve notamment Caius de Rome.
Ce dernier, cité par Eusèbe, associait le millénarisme à l’hérésie Montaniste, et en faisait remonter l’origine à Cérinthe (19), celui là même contre lequel Jean a possiblement écrit sa première épître.

Enfin, et c’est particulièrement remarquable, Justin Martyr (? – 165) ne semble pas croire à l’existence d’un tel consensus à son époque.
Dans son Dialogue avec Tryphon, écrit autour de 150, il commente sa propre position millénariste et écrit :

Je vous ai déjà fait l’aveu que plusieurs partageaient avec moi ce sentiment ; mais je vous ai dit aussi que beaucoup d’autres dont la doctrine est pure et saine sont d’un avis différent. (20)

Si un auteur de IIème siècle, chiliaste avéré et militant, est prêt à reconnaitre que sa position n’est pas partagée par “beaucoup“, que penser des affirmations de certains évangéliques modernes qui croient voir un consensus de l’Eglise Primitive autour de cette approche ?

 

Conclusion

Indéniablement, plusieurs Pères pré-nicéens adhéraient à l’idée d’un règne millénaire littéral de Christ.
Mais cela n’accrédite pas la thèse d’une Eglise primitive largement regroupée derrière la bannière du prémillénarisme.

La plupart des positions chiliastes primitives auraient été rejetées par les prémillénaristes modernes.
Quoi qu’il en soit, il parait très difficile de lire une positon eschatologique moderne dans les écrits des Pères de l’Eglise.

Que penser, dès lors, de l’appellation “Prémillénarisme Historique” ?
En ce qui me concerne, je préfère ne pas l’utiliser, car elle me parait être essentiellement fondée sur une lecture conditionnée des écrits patristiques.

La discipline de la Théologie Historique ne tend pas nécessairement à déterminer l’ancienneté d’une position, mais avant tout à montrer l’évolution de la manière dont la théologie est abordée au fil des siècles.

Les désaccords qui existent encore aujourd’hui en matière d’eschatologie prouvent que ce sujet est d’une profondeur immense.

C’est donc avec beaucoup d’humilité et de précautions qu’il nous faut l’aborder, en reconnaissant que “les choses cachées sont à l’Eternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi.“ (Deut. 29:29).

Que Christ nous donne donc de la sagesse pour vivre notre vie conformément à son appel, d’ici à ce qu’il revienne !

 

 

GB

 

Notes et références :

(1) La notion même de “Pères de l’Eglise“ est sujette à caution. Pour ma part, quand j’utilise cette expression, elle désigne l’ensemble des penseurs chrétiens significatifs doctrinalement orthodoxes ayant vécus de la période apostolique jusqu’au concile de Chalcédoine (451).

(2) Pour une définition des principales positions relatives à la fin des temps, voir mon article Comprendre l’Apocalypse… oui, mais comment ?.

(3) Ladd, George E. The Blessed Hope. Grand Rapids: Eerdmans, 1956, p. 20-31.

(4) Patterson, Paige. Revelation. The New American Commentary. Nashville, Tenn.: B & H Publishing Group, 2012, p. 36.

(5) Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, V.33.4

(6) Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclesiastique, III.39.1-12

(6) Ibid., III.39.12

(7) Au moment où j’écris ces lignes, l’ancien blog de Michael Vlach n’est plus accessible, et je ne suis pas en mesure d’indiquer le lien de cette citation. Elle a cependant été reprise maintes fois sur la toile internet. Vlach cite Schaff, Philip, and David Schley Schaff. History of the Christian Church. New York: Charles Scribner’s Sons, 1910, vol. 2, p. 614.

(8) Schaff,  p. 614.

(9) Ibid., p. 618.

(10) Lorsque Ladd cite la Didachè, il met en évidence que l’auteur (si tant est qu’il n’y en ait qu’un) prépare ses lecteurs à un avenir de plus en plus sombre avant le retour de Christ (cf. Didachè, XVI). Pour Ladd, c’est la preuve que “le but du Didachiste […] était de préparer l’Eglise pour la Grande Tribulation et les souffrances qui allaient être infligées par l’Antichrist » (Ladd, p. 21). Par conséquent, selon lui, la Didachè exclue toute forme de pré-tribulationisme et valide donc son modèle prémillénariste historique. Cependant, si la Didachè fait bien référence au “Séducteur du monde (se donnant) comme fils de Dieu“, elle ne fait nullement mention d’un millenium entre son apparition et le retour du Seigneur. Elle n’associe pas non plus “le feu de l’épreuve“ par lequel passera la création avec la Grande Tribulation. En bref, rien qui ne soit incompatible avec une position amillénariste… De plus, les spécialistes sont divisés sur la date de rédaction de la Didachè. Mais si, comme certains le pensent, elle a été au moins partiellement écrite avant la fin du Ier siècle ap. J.C. , alors il serait possible d’y lire une approche prétériste.

(11) Le Pasteur d’Hermas constitue un autre exemple de partialité de la part de Ladd. Il examine l’une des fameuses “visions“ de ce texte dans laquelle l’auteur associe une bête fabuleuse à “la préfiguration de la grande épreuve qui arrive“ (Le Pasteur d’Hermas, Vision 4, 2.5). Pour Ladd, nul doute que cette grande épreuve est la Grande Tribulation par laquelle l’Eglise doit passer avant d’entrer dans le millenium (Ladd, p. 23-24). Cependant, le Pasteur d’Hermas ne fait aucune mention d’une telle période de mille ans, et il ne lie pas cette “grande épreuve“ au retour de Christ. Plus troublant encore : dans le même passage, l’auteur affirme qu’il sera possible à certains d’échapper à cette “épreuve“, ce qui ne parait inconciliable avec la position que Ladd cherche à défendre. 

(12) Selon Schaff (p. 617), Barnabas serait pourtant “le premier et le seul [Père Apostollique] ayant enseigné expressément un règne pré-millénaire de Christ sur ​​la terre“.  Cette affirmation est importante, attendu que les Pères Apostoliques sont les auteurs et/ou des écrits datant de la période immédiate après celle des apôtres. On y range généralement le Pasteur d’Hermas et les épitres de Clément de Rome, d’Ignace d’Antioche, de Polycarpe de Smyrne et de Barnabé. Il est courant également d’y voir associé Papias d’Hiérapolis, la lettre à Diognète, la Didachè et le fragment de Quadratus. Cependant, Barnabas place la résurrection des injustes et le jugement avant millénium (cf. Epitre de Barnabas, ch. XV), ce qui ne saurait s’accorder avec le prémillénarisme moderne. De plus, son interprétation allégorique des jours de la création et son usage typologique du jour du Seigneur ferait pâlir le plus modéré des exégètes fondamentalistes modernes.

(13) Le classement d’Irénée de Lyon est très disputé, certains le classant parmi les prémillénaristes, d’autres parmi les postmillénaristes. Sa position est assez ambigüe, et il semble parfois se contredire. Il y a débat sur les “justes“ qui, selon Irénée, règneront avec Christ durant le millenium (Contre les Hérésies, V.28.3), puisqu’il place la résurrection générale des justes et des injustes après le règne terrestre de Christ, selon certains interprètes (voir Schaff, p. 617 et Ziegler, Iren.der B. v. Lyon (Berl. 1871), p. 298–320). Sa référence au millenium semble parfois se confondre avec le règne éternel de Christ (voir C.H. V.27.1). C’est la raison pour laquelle certains vont jusqu’à le classer parmi les amillénaristes (voir par exemple cet article en anglais). Pour ma part, je préfère considérer l’eschatologie d’Irénée inconclusive, et ne pas chercher à la classer selon des critères modernes.

(14) Hippolyte de Rome adhérait bien à un millenium littéral, mais il ne croyait qu’à une seule résurrection et dénonçait le rétablissement d’Israël et la reconstruction de Jérusalem comme une erreur grossière (cf. Réfutations, IX.25).

(15) Les vues de Tertullien sur le millénium étaient assez singulières. D’autre part, son interprétation de Daniel et du Sermon sur la Montagne ne cadre pas avec la plupart des positions prémillénaristes modernes. Pour lui, la chute de l’empire Romain allait précipiter l’apparition de l’Antichrist et les temps de la fin (voir Contre Marcion III.24 ; Apologie XXII ; Résurrection XXIV ; Réponse aux Juifs, VIII). Certains spécialistes estiment que son eschatologie était influencée par la pensée Montaniste, vers laquelle Tertullien se tourna probablement à la fin de sa vie. Cette secte hérétique pensait que la nouvelle Jérusalem allait apparaître en Phrygie, dans l’actuelle Turquie. Tertullien a discuté en détail de l’eschatologie dans De Spe Fidelium, un ouvrage qui ne nous est pas parvenu. Néanmoins, parce que dans Contre Marcion il place la résurrection des justes avant le millénium et qu’il mentionne leur règne terrestre  avec Christ comme étant distinct de l’éternité, je préfère le classer comme prémillénariste, mais avec réserves. Notons toutefois que sa compréhension du timing du jugement et de la résurrection des injustes n’est pas très claire.

(16) L’eschatologie de ce Père très proche du concile de Nicée (il serait mort autour de 325) semble s’appuyer sur “un curieux mélange de christianisme apocalyptique et de littérature prophétique du paganisme tardif“ (Brian Daley, The Hope of the Early Church, Wipf & Stock, 1991, p. 68). Certains spécialistes y ont identifié des citations et des allusions à des oeuvres non chrétiennes comme les Oracles Sybillyns, le tract Asclepius issu du Corpus Hermeticum, ou encore les Oracles d’Hystapes, un texte probablement zoroastrien (voir par ex. Swift, “Lactancius and the Golden Age,“ AJP 89, 1968, p. 144-156). Néanmoins, parce qu’il semble qu’il fasse précéder le millenium littéral de la résurrection des juste, et qu’il place la résurrection des injustes au moment du jugement, je le classe également la liste des prémillénaristes avec réserves. Pour la source primaire voir Lactance, Institutions Divines, VII.17-27

(17) Des trois, Justin est probablement le plus proches des positions prémillénaristes modernes. Il commente son approche essentiellement dans son Dialogue avec Tryphon. Cependant, certains problèmes demeurent : au ch. 80.2, il semble dire que seule une petite poignée de fidèle ressuscitera avant le millenium (voir Schaff, p. 615), tandis que la résurrection générale de tous les hommes aura lieu après le millenium (ch. 81.3). D’autre part, il place le règne millénaire de Christ sur les nouveaux cieux et la nouvelle terre (ch. 80:1-2, voir également ch. 113.4 et 139). C’est donc avec réserves qu’il nous faut le classer parmi les prémillénaristes éventuels.

(18) Commodien est probablement l’un des premiers poètes latins chrétiens. Dans ses Instructions, il argue qu’il y aura deux résurrections et deux jugements différents (Instructions, LXXX). Pour lui, le millenium sera vécu dans la Jérusalem céleste qui descendra du ciel et sera établie pour mille ans sur terre (XLIV). Enfin, Commodien adhérait à la fameuse croyance populaire du Nero Redividus, selon laquelle Nero serait l’Antichrist devant revenir des morts avant d’accomplir son oeuvre (XLI). Difficile d’y voir un accord avec la pensée prémillénariste moderne.

(19) Eusèbe, II. 25 (contre le Montaniste Proclus), et III. 28 (contre le chiliasme).

(20) Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, 80.2. [Ajout du 22/07/2015] Cette dernière citation parait sans appel. Néanmoins, un frère prémillénariste nous a écrit pour la réfuter, prétextant que nous l’aurions mal traduite. Tout d’abord, il s’agit de la traduction de Phillipe Remacles, et non de la notre. Ensuite, nous l’avons vérifié, et nous n’y trouvons absolument rien à redire ! Si quelqu’un doutait encore du bien fondé de cette citation, nous en reproduisons ici l’original, dans son contexte : Κἀγὼ εἶπον· Οὐχ οὕτω τάλας ἐγώ, ὦ Τρύφων, ὡς ἕτερα λέγειν παρ’ ἃ φρονῶ. Ὡμολόγησα οὖν σοι καὶ πρότερον ὅτι ἐγὼ μὲν καὶ ἄλλοι πολλοὶ ταῦτα φρονοῦμεν, ὡς καὶ πάντως ἐπίστασθε τοῦτο γενησόμενον· πολλοὺς δ’ αὖ καὶ τῶν τῆς καθαρᾶς καὶ εὐσεβοῦς ὄντων Χριστιανῶν γνώμης τοῦτο μὴ γνωρίζειν ἐσήμανά σοι.



Guillaume Bourin est le fondateur du blog Le Bon Combat et l'un de ses administrateurs. Il est titulaire d'un master en théologie (M.Div.) et d'un autre en Ancien Testament (Th.M.) obtenus à la faculté Southwestern Baptist Theological Seminary (Fort Worth, USA).


  • Bonjour Guillaume,

    Quand on emploie aujourd’hui l’expression « prémillénarisme historique » dans les églises américaines, ce n’est pas tant pour promouvoir l’idée d’un retour aux croyances eschatologiques des pères de l’Eglise que pour se désolidariser de l’eschatologie darbyste du 19° siècle.

    En effet, comme ton article le montre fort bien il existe un flou inévitable dans ce domaine, que le Seigneur lui-même n’a pas voulu dissiper : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité » a-t-il répondu aux disciples qui s’enquéraient de son retour.

    De leur question nous pouvons déduire que les premiers chrétiens attendaient un règne physique littéral du Messie à Jérusalem, ce qui ne prouve nullement que leurs conceptions eschatologiques aient été justes, et qu’il nous faudrait y revenir. Mais de la réponse de Jésus, qui ne rejette pas frontalement leur espérance, peut aussi nous laisser penser qu’il y aura bien dans l’histoire un « rétablissement d’Israël » correspondant à ce qu’on appelle depuis la rédaction de l’Apocalypse le « millénium ».

    Or ce n’est pas parce que la mentalité antique laissait vagabonder son imagination enfantine au sujet d’un règne tout matériel du Messie, que l’on ne saurait être aujourd’hui millénariste sans être en même temps chiliaste, c-à-d en réclamant une durée littérale de dix siècles pour le millénium et la présence visible de Jésus avec ses saints ressuscités dans la ville de Jérusalem.

    Des hommes comme Spurgeon, Frédéric Godet, ont été millénaristes sans tomber dans ce littéralisme. Le clivage entre millénaristes et non millénaristes ne doit donc pas se faire sur une description du millénium qui nous échappe, mais sur la question binaire de savoir si tous les hommes ressuscitent en même temps, ou bien si un millénium sépare la résurrection de ceux qui sont en Christ de ceux qui ne le sont pas. De ce point de vue il me semble que la première hypothèse a été la croyance majoritaire des pères de l’Eglise, et qu’ils étaient donc millénaristes.

    Par contre il est avéré qu’aucun d’eux n’a jamais corroboré le prémillénarisme dispensationaliste, tout simplement parce qu’ils n’ont jamais eu la moindre idée d’une tribulation durant exactement sept ans et commençant avec la signature d’un traité signé entre l’antéchrist et Israël rentré dans son territoire !

    Chaque fois que l’on relance cette question des croyances eschatologiques des pères, on oublie que le dispensationalisme a implicitement changé le sens des questions. Ainsi quand on demande si les pères étaient pré, post ou mid tribulationistes, la question est faussée dès le départ, car elle sous-entend qu’ils croyaient, comme une majorité d’évangéliques aujourd’hui, que la dernière semaine de la prophétie de Daniel était à venir, et équivalente à « la grande tribulation ». Or cette exégèse de 69 semaines séparées de la dernière par la parenthèse de l’Eglise, est complètement étrangère à l’histoire de l’Eglise, et n’a été inventée au 18 ou 19ième siècle que pour les besoins de la cause. Les pères croyaient à une grande tribulation, l’apocalypse en parle, mais ils ne lui ont jamais attribué une durée littérale de sept ans ; Jean parle toujours de trois ans et demi, et très probablement de manière symbolique.

    Donc en réalité le prémillénarisme historique ne doit pas tant son progrès actuel à un intérêt renouvelé envers les premiers siècles du christianisme, qu’à l’abandon accéléré du dispensationalisme aux US. Déjà celui-ci n’existe plus sous la forme classique Scofield et Cie, les « dispensations » deviennent flottantes et progressives ; des instituts réputés comme Biola, Dallas, n’en font plus comme avant leur cheval de bataille.

    Je dirai même plus : le petit conflit calviniste non-calviniste qui a fait de ci de là quelques remous dans les églises américaines trouve bien moins sa cause dans la question de la prédestination que dans le dépit de voir les dogmes dispensationalistes rejetés. Il suffit d’avoir observé le combat d’arrière-garde contre le calvinisme d’un feu Dave Hunt (qui de son propre aveu ne connaissait rien aux réformateurs) pour se convaincre qu’avec lui c’est le vieux disque rayé des élucubrations darbystes entendues dans les églises évangéliques depuis près d’un siècle, qui crachotait ses derniers tours.

    En réalité ce qui a tué le dispensationalisme, n’est pas autre chose que ce qu’il a mis sans cesse en avant, l’Israël de 1948 ; mais ceci est un autre débat…

    • Hello Claude,

      Historiquement non, Prémillénarisme Historique désigne “l’espérance de l’Eglise Primitive“, selon Ladd et ceux qui l’ont suivi. Il est possible que certains l’emploient comme tu l’entends, mais dans ma faculté, pour tout les professeurs cela signifie que l’Eglise des premiers siècles était prémill post-trib.
      A vrai dire, j’ai écrit cet article en réponse aux affirmations similaires d’un ami.

      Tu peux être millénariste et croire que tous les hommes ressuscitent en même temps. C’est la position postmill classique. C’est probablement celle de Spurgeon (cf. son sermon The Restoration and the Conversion of the Jews), bien qu’il n’ait jamais prêché spécifiquement dessus et que certains estiment qu’il était plutôt prémill, comme son prédécesseur John Gill (voir cet article sur le site de Phil Johnson).

      Quand tu écris “de ce point de vue il me semble que la première hypothèse a été la croyance majoritaire des pères de l’Eglise, et qu’ils étaient donc millénaristes“,il me semble justement avoir proposé dans cet article plusieurs arguments définitifs démontrant que tu ne peux pas dire ça !
      Il y a bien sur l’aveu de Justin, mais surtout nous ne disposons que d’une petite dizaine de textes qui statuent clairement pour un millénium littéral, et que parmi ceux-ci seuls trois affirment une position que l’on pourrait rapprocher du prémillénarisme moderne.

      Je n’ai pas voulu lancer de polémique dans cet article, mais au détour de mes recherches j’ai plutôt eu l’impression que Polycarpe, la Didachè, Mathetes (l’épitres à Diogène), Ignace d’Antioche, Théophile d’Antioche, Athénagoras, Cyprien de Carthage, Grégoire le Thaumaturge et d’une manière générale tous ceux qui ont suivi Clément d’Alexandrie (soit Origène et tous les Pères de l’Est) rejetaient l’idée même d’un millenium littéral.

      Songe qu’à la suite de Dyonisius, le disciple d’Origène, la plupart des chrétiens d’orient ont rejeté l’apostolicité de l’Apocalypse, essentiellement en raison de leur rejet catégorique du Chiliasme.
      C’était, bien sur, d’un extrême que nous ne partageons pas, mais je cherche encore où se trouve la “croyance majoritaire“ que tu mentionnes.

      A très vite, frère.
      gb

      • Cher Guillaume,

        Je n’ai pas fait de recherches aussi poussées que les tiennes sur les conceptions des pères de l’Eglise au sujet du millénium, mais j’ai voulu faire remarquer que si nécessairement l’idée d’un règne physique de Jésus-Christ avec son Eglise sur terre laisse la place à plusieurs opinions différentes, il n’en va pas de même sur la question de savoir si la résurrection des chrétiens est distincte de la résurrection générale, puisqu’elle n’admet que oui ou non comme réponse.

        Par exemple tu dis qu’Ignace rejetait sans doute l’idée d’un millénium littéral, c’est possible je n’en sais rien, mais à propos de la résurrection il écrit dans son épître aux tralliens ch. 9 :

        le Père… nous ressuscitera nous-mêmes en Jésus-Christ, selon la ressemblance que nous aurons eue avec lui après l’avoir connu par le don de la foi, lui sans qui nous n’avons pas la vraie vie. Il semble donc ici limiter cette résurrection aux chrétiens, qui seuls ont la vie en Christ.

        Mais comment aurait-il pu croire autrement puisque tout l’enseignement de Paul sur la résurrection insiste sur des distinctions :

        Car, comme en Adam tous meurent, de même aussi en Christ tous revivront. Mais chacun en son propre rang : d’abord Christ, qui est les prémices ; ensuite ceux qui sont à Christ, à son avènement ; ensuite viendra la fin…

        ..pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts.

        Donc même si Paul n’avait pas connaissance de ce qui devait être révélé plus tard à Jean sur l’île de Patmos, ni donc de l’expression millénium, il conçoit une résurrection du corps de Christ devant précéder ce qu’il appelle la fin.

        Je me suis sans doute avancé sans preuves en disant que les pères devaient majoritairement faire un distinguo dans les résurrections, mais comme leurs textes de base étaient les épîtres de Paul, pourquoi en serait-il autrement ? D’autres recherches le montreraient peut-être.

        Or, à mon sens, la question de la résurrection des chrétiens est celle qui décide de l’existence d’un millénium. Car discuter sur sa possibilité littérale ou non, c’est comme parler du ciel, nous n’avons aucun moyen d’imaginer ces bouleversements dans notre mode d’existence.

        • Oui je comprends ce que tu veux dire.
          Ce n’est pas évident que les Pères cités dans mon dernier commentaire aient rejeté le concept d’un millénium littéral. Ils n’en parlent tout simplement pas, mais certains indices laissent à penser qu’ils ne pouvaient pas en accepter l’idée.
          Si cela t’intéresse, regarde ce que ce blogueur à écrit : http://christianityinhistory.blogspot.com/2007/10/eschatology-of-early-church.html
          Je ne suis pas toujours d’accord avec ses conclusions, et parfois je trouve qu’il tombe dans l’imprudence lui aussi. Mais il faut reconnaître que certains de ses arguments sont significatifs et circonstanciés.
          Encore une fois, mon article est avant tout un appel à la prudence.

          Ta remarque sur Ignace et la connaissance du livre de l’Apocalypse par les premiers Pères est intéressante.
          Ignace n’identifie quasiment aucune de ses citations de la Bible dans ces écrits, et il ne semble la citer directement que sur une petite dizaine de livres : certaines épitres Pauliniennes ainsi que Matthieu, Luc et Actes.
          Par contre, Polycarpe fait allusion à 1 et 3 Jean et semblait bien connaître l’apôtre, ayant été son disciple. Or, pas de trace d’un millénium historique chez lui…

          Si ce sujet t’intéresse, jette un oeil à la table de ce site : http://www.ntcanon.org/table.shtml
          En cliquant sur le nom de chaque auteur antique, tu auras davantage d’information.
          C’est triste de voir que les plus anciens écrits en notre possession citant l’Apocalypse sont des écrits Gnostiques…

          Concernant ton argument sur une révélation plus tardive du millenium, il faut quand même reconnaître que les textes bibliques semblent eux-mêmes s’inscrire en faux contre une compréhension littérale d’Apocalypse 20.
          Par exemple :
          – la mort est détruite et engloutie dans la victoire au moment même de second retour de Christ (1 Corinthiens 15:24-26, 50-58),
          – la création est délivrée de la malédiction et de la mort lors de la parousie (Romains 8:18-25, comp. 1 Jean 3:2, etc..),
          – les Nouveaux Cieux et la Nouvelle Terre sont immédiatement créés à la suite de la parousie (2 Pierre 3:10ss ; comp. 1 Pierre 1:13 et 2 Pierre 3:12-13, etc…),
          – la possibilité de recevoir Christ s’achève à la parousie, et la résurrection finale tout comme le jugement éternel des incroyants arriveront lors de la parousie (Matt. 24:36-44 ; Jean 5:28-29 ; Daniel 12:2 ; Actes 24:15, etc…)

          Ce sont pour moi les arguments principaux qui m’amènent à rejeter le prémillénarisme. Je ne vois pas pourquoi Apocalypse 20 devrait m’amener à reconsidérer l’ensemble du témoignages des Ecritures.
          Pour ma part, je préfère laisser à l’Ecriture le soin d’interpréter Apocalypse 20.

  • Merci Guillaume pour ces liens intéressants.

    Je ne vais pas essayer de défendre ici ma propre position prémillénariste, car je n’apporterais rien de nouveau à un débat ancien, mais je voulais juste expliquer pourquoi j’ai entendu l’expression prémillénarisme historique dans un sens différent de celui dans lequel il est employé là où tu fais tes études de théologie.

    1) Si le prémillénarisme historique est simplement synonyme de prémill post-tribulationisme, l’expression est assez inutile puisque la controverse pré-post tribulationiste est agitée depuis des lustres, depuis le début le début du plymouthisme dans la deuxième moitié du 19° s, il n’était pas nécessaire d’en créer une autre.

    2) Si le prémillénarisme historique veut simplement se référer à l’eschatologie des pères de l’Eglise l’expression est de plus malheureuse puisque comme tu l’as bien montré on ne sait pas trop bien ce qu’ils croyaient, et qu’eux-mêmes avaient probablement leurs doutes.

    3) Par contre si, le prémillénarisme historique est une réaction contre l’eschatologie dominante chez les évangéliques depuis Darby, alors il met en exergue des points intéressants dont on ne parlait pas dans le post-tribulationisme :

    a) On revient à l’interprétation classique des 70 semaines de Daniel, à savoir que l’Oint qui est retranché au milieu de la dernière semaine est le Seigneur, et que par conséquent cette semaine n’est pas à venir. L’Eglise se voit délivrée de la théologie-fiction left behind qui la parasite depuis des décennies ; elle n’a pas à prendre position sur les fameux sept ans

    b) Plus de distinction essentielle entre Israël et l’Eglise (le dogme fondamental du dispensationalisme) ; l’Eglise peut donc espérer voir un jour de ses yeux cette conversion nationale dont parle Paul en Romains qu’il et à laquelle il aspirait tant.

    c) On se rapproche de ce qu’enseignaient les commentateurs de référence depuis la réforme jusqu’à Darby, qui sans doute laissaient l’eschatologie dans un certain flou, qui vaut toujours mieux qu’un schéma très net et faux.

    C’est donc dans ce sens là, d’une répudiation du dispensationalisme, que j’ai entendu certains prédicateurs parler de prémillénarisme historique, expression que j’ai retenue évidemment parce que l’idée me convient, même si les mots sont peut-être mal choisis, puisque le côté « historique » se référerait plus justement aux exégètes situés entre la réforme et Darby, qu’aux pères de l’Eglise.

    Claude.

    • Oui, post-trib est l’option prémill la plus sage à mes yeux.
      Sur les positions eschatologiques Réformées, il y avait un vrai foisonnement ! Surtout chez les Puritains. Je ne parlerais pas de flou.
      J’ai récemment lu The Resurrection of the Dead, and Eternal Judgment, de Bunyan. J’étais juste abasourdi par la précision du timing du jugement, selon lui.
      A mes yeux, très spéculatif !

      Je ne sais plus si j’ai déjà mentionné que Joel Beeke a un chapitre intéressant sur l’eschatologie des Puritains dans Puritan Theology, Doctrine for Life.
      Il y avait un semblant de prémillénarisme chez certains 🙂 Mais l’écrasante majorité était postmill historique.

  • Sur la question prétérisme/futurisme également, il n’existait pas de consensus chez les Pères de l’Église, de même que chez les théologiens médiévaux, comme le démontrent les recherches de l’érudit Francis Gumerlock :

    http://monarchomaque.org/2014/06/23/histoire-eschatologie/

  • bonshommes

    Bonjour,
    juste une petite remarque n’ayant rien a voir avec le sujet. Pourquoi appeler vous ces theologiens des premiers siecles  » Peres de l’eglise » en plus avec le « P » majuscule ? Je veux bien qu’on les considere comme ceux qui ont jete les bases doctrinales de bcp de dogmes , mais les elever au rang de pere, leur confere souvent aux yeux de certains une autorite qui me fait penser a celle du pape chez les catholiques, et que je trouve un peu derangeante. Je leur suis reconnaissant pour le travail accompli, non selon leur merite mais par la grace de Dieu, mais je les appelerai jamais pere de quoique ce soit. Nous avons un seul Pere, et tout les autres sont nos freres. N’importons pas du monde dans l’eglise, ces structures pyramidales dont les hommes raffole tant.

    • C’est l’appellation académique, nous ne faisons que respecter un usage, une convention.
      Voir la note 1 : La notion même de “Pères de l’Eglise“ est sujette à caution. Pour ma part, quand j’utilise cette expression, elle désigne l’ensemble des penseurs chrétiens significatifs doctrinalement orthodoxes ayant vécus de la période apostolique jusqu’au concile de Chalcédoine (451).

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