Les enfants doivent-ils assister au culte ?

La Bible ne nous dit pas à partir de quel âge les enfants devraient assister au culte dominical. De toute évidence, la pratique varie d’une Église à l’autre. Voici quelques réflexions sur ce propos.

 

Le culte s’adresse aux enfants

C’est de récente date que les enfants ne participent plus intégralement au culte d’adoration depuis que l’école du dimanche a été inventée vers la fin du 18e siècle. Durant toute l’histoire de l’Église, on considérait que le culte d’adoration s’adressait également aux enfants qui y participaient avec leurs parents.

Sans le vouloir, certaines Églises communiquent parfois l’impression aux enfants que le culte n’est pas pour eux. Ceux-ci sont exclus du culte jusqu’à l’âge adulte, puis l’on voudrait qu’ils s’y intéressent subitement lorsqu’il n’y a plus de classe spécifique pour leur catégorie d’âge.

Il n’est donc pas étonnant que plusieurs quittent alors l’Église, « puisqu’il n’y a plus rien pour eux ». On constate que les Églises qui appliquent le principe d’intégration des enfants au culte voient généralement un nombre plus grand d’enfants persévérer dans la vie d’Église une fois adultes.

 

 

L’objectif

L’objectif en cherchant à intégrer les enfants au culte est de leur apprendre à adorer Dieu : chanter ses louanges, écouter la prédication de sa Parole, prier en Église et écouter les prières des autres croyants, apporter une offrande, confesser leurs péchés, etc.

À moins qu’on ne les conduise dans l’adoration, il est rare que les enfants apprennent à adorer Dieu.

Les parents ne doivent pas simplement se contenter que leur enfant se conforme extérieurement aux rituels, mais ils doivent chercher à développer une attitude sincère dans le cœur de leur enfant.

Ils y arriveront petit à petit par la grâce de Dieu lorsque leur enfant prendra conscience de la présence invisible, mais réelle de Dieu et qu’il apprendra à le craindre et l’aimer.

 

 

Comment fait-on pour intégrer un enfant au culte d’adoration?

Intégrer un enfant au culte n’est pas chose facile. La première étape consiste à habituer l’enfant à rester assis sans déranger pendant une assez longue période de temps. Il est sage de débuter de manière progressive jusqu’à ce que l’enfant puisse rester durant tout le culte.

Pour faciliter l’intégration des enfants au culte, il est généralement préférable que les familles avec de jeunes enfants s’assoient à l’arrière de la salle de culte. Ainsi les autres personnes présentes au culte pourront, en s’assoyant vers l’avant, se concentrer plus aisément.

De plus, les parents seront beaucoup plus à l’aise d’intervenir auprès de leur enfant en étant assis à l’arrière et de pouvoir quitter la salle avec leur enfant lorsque cela est nécessaire. Bien entendu, cela peut varier en fonction de la disposition des lieux.

Pour des parents qui n’ont jamais pratiqué ce genre d’exercice avec leur enfant, la tâche paraîtra peut-être impossible. Certains seront effrayés par cette méthode et ne voudront pas même l’essayer, ils chercheront plutôt une Église qui prendra en charge leurs enfants pendant le culte. Ne vous laissez pas décourager si facilement.

L’intégration d’un enfant, même le vôtre, est possible ; votre enfant n’est pas un cas exceptionnel ni désespéré! Généralement les Églises qui pratiquent l’intégration des enfants au culte sont heureuses d’assister les parents dans cette démarche ; n’hésitez pas à demander de l’aide.

 

 

Les enfants, le bruit et le reste de l’Église

Le seuil de tolérance au bruit varie grandement d’une personne à l’autre. Les parents avec de jeunes enfants sont généralement habitués à vivre dans un environnement plus bruyant et arrivent à garder leur concentration même lorsque leurs enfants sont turbulents.

Ceux qui ne vivent pas continuellement avec de jeunes enfants seront plus facilement dérangés par la présence bruyante des enfants qui peut devenir irritante pour eux dans un moment dédié à la méditation et à l’adoration.

Les parents doivent veiller à ce que leurs enfants ne soient pas une source de distraction durant le culte. Si un enfant est incapable de se taire ou de se tenir tranquille sur sa chaise, le parent devrait intervenir rapidement en sortant discrètement de la salle avec son enfant, au moins le temps de lui faire comprendre qu’il doit demeurer silencieux dans la salle de culte.

Il est également important d’éviter les déplacements inutiles durant le culte. Les parents doivent s’assurer que leur enfant n’aura pas besoin de se lever durant la réunion pour aller à la toilette ou pour boire à moins d’une véritable urgence.

Ceux qui n’ont pas de jeunes enfants devraient soutenir les parents en montrant une attitude de support envers eux, en priant et en apprenant à aimer leurs enfants.

 

 

La participation des enfants au culte

Lorsqu’un enfant arrive à rester tranquille durant tout le culte, l’intégration n’est pas complétée, elle vient de commencer ! Il est malheureux que des parents se contentent simplement que leur enfant soit assit dans le culte sans déranger.

Qu’il dorme, lise des bandes dessinées ou joue à des jeux vidéo ne semble pas les préoccuper, pourvu que leur enfant soit « présent » à l’Église…

L’objectif d’intégration au culte est atteint lorsque les enfants participent au culte. Ils ne doivent pas être assis passivement comme s’ils se trouvaient dans une salle d’attente, mais doivent apprendre à rendre un culte à Dieu. Pendant des mois, les parents vont travailler pour atteindre cet objectif.

Ils y arriveront en développant une écoute active chez leur enfant en attirant son attention sur chaque élément du culte en lui expliquant à l’oreille ce qui se passe : « Nous devons maintenant nous lever pour chanter à Dieu. » « C’est maintenant le temps d’écouter la Parole de Dieu. » « Nous allons donner une offrande à Dieu, veux-tu la remettre pour notre famille? »

Il est important d’attirer l’attention d’un enfant sur le déroulement du culte, de lui expliquer les différents éléments du service, de ramener son attention vers la prédication, etc.

Pendant la prédication, les parents peuvent donner de petits exercices à leur enfant : prendre en note toutes les références bibliques, relever les points du message, retenir une illustration pour la raconter à la maison, etc.

Bien sûr, ce genre d’exercice sera surtout possible pour les enfants qui savent lire et écrire, mais même les très jeunes enfants peuvent apprendre à demeurer attentifs durant la prédication. Une façon d’aider ceux-ci consiste à ramener occasionnellement leur attention sur le message par de courtes phrases clés adaptées au niveau de l’enfant : « Le pasteur nous demande d’ouvrir la Bible… » « Écoute bien cette petite histoire qu’il va raconter. » « Le monsieur nous dit que Dieu est très puissant… » « Chante à Dieu! »

Le prédicateur devrait aussi s’adresser directement aux enfants présents et les aider à écouter en leur préparant des questions en lien avec son message.

Malgré l’importance du rôle de l’Église, la responsabilité ultime de l’instruction des enfants dans le Seigneur a été donnée par Dieu aux parents (Ep 6.4 ; Dt 6).

L’Église ne peut d’aucune façon remplacer les parents dans cette tâche. Il est donc impératif que l’instruction chrétienne se poursuive à la maison et que les principes d’intégration au culte ecclésial soient mis en pratique dans le culte familial.

À la maison, les parents peuvent revenir sur le sermon du dimanche en l’adaptant au niveau de leur enfant. En posant des questions à leur enfant, ils seront en mesure d’évaluer ce qu’il a compris.

 

 

Les bienfaits

Pourquoi prendre tant de peine pour intégrer son enfant au culte d’adoration et à la vie d’Église? Parce qu’il en recevra de nombreux bienfaits durant toute sa vie!

Avec un peu de persévérance, cet effort portera son fruit. Cette discipline servira à votre enfant dans toutes les autres sphères de sa vie : à l’école, dans ses relations, pour ses futurs emplois, dans sa vie d’adulte, etc. Mais par-dessus tout, cette route est celle qui mène au Seigneur.

C’est parce que nous désirons voir nos enfants s’attacher à Christ et à son Église que nous cherchons à les intégrer au culte d’adoration…

 

J’ai récemment eu la joie d’animer une conversation avec le pasteur Alexandre Sarran et son épouse Suzanne ainsi que ma propre épouse Caroline sur l’intersection entre la vie de famille et la vie d’Église.

Nous y avons abordé une foule de sujets pratiques en plus de l’intégration des enfants à la vie d’Église. Je rends grâce à Dieu de ce que nos perspectives divergentes (baptiste et pédobaptiste) n’ont pas provoqué d’étincelles… pendant l’enregistrement. 😉

 

 

Retrouvez l’émission ici 

 

 

 

Pascal Denault est pasteur de l’Église évangélique de St-Jérôme. Il est titulaire d’une Licence (BA) et d’un Master en théologie (ThM) de la Faculté de théologie évangélique de Montréal. Pascal est l’auteur des livres Une alliance plus excellente (2016, Impact Académia), Solas, la quintessence de la foi chrétienne (2015, Cruciforme), et The Distinctiveness of Baptist Covenant Theology (2013, Solid Ground Christian Books).

  • Daniel CORONES

    Alors ! Comment dire ? Article intéressant qui peut nous pousser à la réflexion, mais pour moi, il y a beaucoup de points très discutables. Tout d’abord « le culte »! C’est quoi « un culte »… c’est où dans la Bible et ce que nous vivons pendant 2h le dimanche mérite t-il d’être appelé « culte » ? Je pense que ce que nous appelons « culte » était en fait « l’agape » ou se déroulait un vrai repas. Ensuite où on en est avec le concept d’adoration ? Est ce les chants dirigés par l’orchestre ? À mon humble avis, l’adoration est beaucoup plus que ça. C’est d’abord l’obéissance. Lorsqu’on obéit à Dieu, on adore. On peut donc adorer en chantant certes, mais il y a plus… beaucoup plus.
    Revenons un instant sur le sujet : Les enfants ! Perso, j’en ai trois et deux petits enfants. Ça me donne un peu d’expérience. Certains chrétiens que je connais vont bondir de joie en lisant cet article : L’orgue a été réglé (pas un Hammond croyez moi). La chorale est en place et toute la communauté est assise en rang face à une énorme chaire en bois massif avec incrustation de la colombe. Les murs sont marrons foncés, le sol moquetté et il y a même des petits trous derrière les bancs pour poser non seulement le petit gobelet vide. Bref ! Tout y est ! On va commencer par « plus prés de toi Seigneur ! ». Wow ! Les chignons sont parfaits ! Les enfants sont partis pour deux heures de cantiques, vingt minutes de présentation de la Cène et quarante minutes de prédication. Ah, j’allais oublier : Le partage de Mr Brun pendant le moment de prières : 12 minutes. » Prenez des notes les enfants !
    On va bientôt présenter le nouveau bouquin : « Comment vacciner ses enfants de ce qu’on appelle « église » ? » Excusez moi d’être aussi caricatural, mais c’est seulement pour avancer l’idée qu’il ne suffit pas de débattre sur le sujet des enfants. Je suis d’accord qu’il faut faire entrer nos chers petits dans la dimension de la foi. Je suis par ailleurs convaincu que ça se fait d’abord à la maison avec des parents cohérents quoique imparfaits et que « le culte » c’est d’abord une vie consacrée (Rom 12:1-2) que l’adoration se fait au volant de sa bagnole en respectant les limitation et en aimant son prochain comme soi-même. Bien sur que la frustration aide l’enfant à vivre dans la société, mais attention : Les chrétiens ne font pas des enfants chrétiens. Il faut qu’il fassent leurs choix.

    • Emmanuel Hechon

      Bonjour,

      Je comprends que vous voulez éviter que nous limitions la foi chrétienne à se réunir dans un bâtiment une foi par semaine pendant deux heures. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’importance de l’amour dans le quotidien. Ces aspects sont importants et il me semble que pour être honnête aves les auteurs du site, il faut s’apercevoir que ces aspects sont abordés régulièrement.

      Toutefois, s’il y a un aspect individuel de relation avec les autres dans la foi, il y a aussi un aspect où la communauté de la foi se réunit pour chanter, prier, écouter la parole de Dieu être lue et prêchée, baptiser, prendre la Cène, et même donner de son argent pour l’avancer du royaume de Dieu (point très pertinent pour la lutte contre le matérialisme ambiant). Être renouvelé dans notre intelligence pour faire la volonté ce qui est bon, agréable et parfait, c’est aussi participer à ce moment. La Bible nous le présente comme un merveilleux moyen de grâce où nous nous approchons de Dieu, ou plutôt, il s’approche de nous, vient au milieu de nous par la présence de Jésus que nous apporte le Saint-Esprit (Hb 12.18-29).

      Ces moments nous sont autant commandés que les choses dont vous parlez. Si nous prenons l’exemple de chanter ensemble, nous pouvons ainsi penser à Ep 5.19 ou Col 3.16. Ces passages introduisent même une série de commandements qui nous demandent de vivre dans l’amour le reste des jours de la semaine. Dans la Bible, les deux ne s’opposent pas, ils se complémentent.

      Que la grâce vous accompagne,

      Emmanuel

  • Uftou La Touffe

    Bonjour,

    L’article déclare: « On constate que les Églises qui appliquent le principe d’intégration des enfants au culte voient généralement un nombre plus grand d’enfants persévérer dans la vie d’Église une fois adultes. »

    Est-ce que vous avez des chiffres ou des données concrètes pour étayer ce genre de propos? Ou est-ce une impression personnelle? Ca me semble difficilement défendable et limite racoleur quand on connait la situation actuelle des églises qui luttent pour garder leurs jeunes concernés par la foi.

    De mon côté, je dirai que les jeunes qui gardent la foi en grandissant sont le plus souvent ceux dont les parents vivent une vraie foi chez eux dans leur vie de tous les jours. Merci de rappeler d’ailleurs le rôle des parents dans l’education spirituelle de leurs enfants plus bas dans l’article!

    Sinon, merci pour votre site web et les blogs d’une grande qualité!
    Que Dieu vous bénisse dans ce travail.

    • Nous laissons Pascal te répondre directement, mais merci pour tes encouragements !

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